ACHARNÉ DIFFAMATEUR DE COLOMB
fils Fernando. Pour lui la chute du célèbre Navigateur n'était pas douteuse; elle résultait des expressions mêmes du testament fait la veille de sa mort. Un trouble de conscience lui avait , disait-il , arraché cet aveu au moment du passage terrible.
Or, notre histoire démontrait :
1^ Que Béatrix Enriquez appartenait à la plus ancienne noblesse d'Espagne ;
2^ Qu'elle jouissait d'ime fortime indépendante ;
3** Qu'elle était la femme légitime de Colomb ;
4** Qu'il n'y avait eu ni trouble de conscience ni TESTAMENT la vcillc de la mort.
Exaspéré de voir réduire à néant son accusation, l'acrimonieux abbé nous attaqua violemment par la plume de ses amis dans la Gazette de Gênes , dans la Revue de Florence, dans l'Apologiste de Turin. Il écrivit à Rome , à Pise , à Paris et ailleurs , cherchant à soulever contre nous l'opinion. Depuis vingt-cinq ans il n'a cessé de nous insulter par ses diatribes , ses lettres privées, ses lectures académiques.
Longtemps professeur au grand séminaire avec l'abbé Magnasco, devenu par circonstance, hélas I Archevêque de Gênes , le vaniteux Sanguineti , bouffi de cet appui j^ a voulu imposer au monde, comme un Évangile, son abrégé protestant de Washington Irving. Il n'est pas permis à Gênes de penser autrement que lui sur Colomb. Grâce à la persistance de son acharnement , aux complaisances de la camaraderie , l'Arche-
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vêché de Gênes est devenu le réceptacle des calomniateurs de Colomb. Non seulement M^ Magnasco s'est refusé à signer la Postulation des Évêques , mais il a marqué du visa archiépiscopal le fameux pamphlet de l'abbé Sanguineti, ironiquement intitulé : la Canonisation de Christophe Colomb, élucubration haineuse^ contenant d'abominables accusations contre le Révélateur du Globe , et de graves irrévérences envers le Pape^ protecteur de sa véritable histoire. Le chanoine fit répandre jusqu'aux portes du Vatican ce venimeux opuscule. Le scandale fut grand. Le calomniateur de Colomb soumit par son audace certains esprits timorés. Quelques convictions s'ébranlèrent , et dans sa joie il poussa un cri de triomphe.
Mal lui en prit , car nous fûmes alors publiquement sommé de répondre à ces accusations.
Et nous le fîmes victorieusement, sans effort, par notre livre : Satan contre Christophe Colomb, ou la prétendue chute du Serviteur de Dieu.
Ce volume sapant par sa base l'échafaudage du mensonge , le fit promptement écrouler. Le flatteur accueil fait à notre réfutation par les organes les plus importants de l'opinion catholique , loin de rendre circonspect l'audacieux chanoine , ne servit qu'à exciter sa plume. Il la trempa de rechef dans le fiel. Le lendemain du jour où il venait de lancer contre nous deux nouvelles diatribes, son ami, M^"" Magnasco, pour empêcher le journal ecclésiastique de Gênes de les com-