AMIS DU CHANOINE 8ANGUINETI
Toutrageaient-ils sans le vouloir et le savoir. Imbus du Panthéisme et du Positivisme , ils voyaient uniquement dans Colomb un savant Marin, l'Apôtre du Progrès; et en plaçant son portrait sur le cercueil de Mazzini, ils pensaient honorer à la fois deux Génois célèbres. Ils ne comprenaient pas Ténormité de leur profanation. Mais sous l'excitation de l'abbé Sanguineti , les chanoines Académiciens l'ont , au mépris de l'opinion Catholique, outragé sur le seuil de sa Glorification prochaine.
Quand déjà l'ancien Archevêque de Gênes, l'illustre M^ Charvaz, avait magnifiquement solennisé les vertus chrétiennes de Colomb , et sollicité du Souverain Pontife l'introduction de sa Cause, alors que le pape Pie IX avait publiquement attesté ses vues évangéliques, après qu'une Postulation , signée d'im grand nombre d'Évêques de toutes nations, le déclarait un Héros Apostolique , venir le calomnier à travers trois siècles, mettre son honneur à le déshonorer rétrospectivement est un acte odieux , impie , qui afflige comme un sacrilège. Cette infamie révolte la conscience de tout Catholique, le sentiment de; tout patriote, et doit susciter l'indignation du civisme comme du sacerdoce.
Tandis que des Alpes Piémontaises à l'extrémité des Calabres et de la Sicile toute l'Italie religieuse honore maintenant le premier Apôtre du Nouveau Monde, seule la Ville où fut son berceau garde sur lui un silence honteux, quand son Clergé ne le calomnie pas.
s'associant a sa diffamation. 257
Profondément attristé de cette ingratitude, le vénérable Cardinal Donnet, en écrivant au Délégat Apostolique du Saint-Siège , à Haïti , ne pouvait retenir ce douloureux aveu : Hélas ! le dirai-je? du sanctuaire luimême ont surgi dans ces derniers temps les adversaires les plus acharnés de celui qui a eu la gloire de donner un Monde Nouveau à TÉglise de Jésus-Christ (1) ! »
Sous la même impression , im Publiciste Français écrivait de son côté : « Chose triste à dire , c'est dans la patrie de Christophe Colomb que se trouvent les plus acharnés détracteurs du grand homme. Sous la protection de leur Archevêque, M^"" Magnasco, certains Chanoines de Gènes ne cessent de calomnier le Héros chrétien, et s'opposent par les plus indignes moyens à sa Glorification Catholique (2) . »
(1) Lettre de S. £m. le cardinal Donnet, reproduite en Italie par plusieurs journaux , notamment à Bologne , dans \Ancora du 28 décembre
(2) La France no'iiveUe, du 10 octobre 1877.
Grâce à Dieu, cette affligeante association de chanoines et de libres-penseurs , s'efiforçant de sacrifier l'histoire à la vanité de leur confrère Sanguineti , a produit un résultat qu'assurément ils ne prévoyaient guère. Quelques esprits loyaux se sont enfin indignés, etThonneur de Colomb a trouvé des soutiens dans cette Ligurie où, depuis soixante-quatorze ans, son nom ne suscitait que dénigrement et stériles débats.
Le premier de ces généreux défenseurs a été, comme il seyait, un Membre de l'Ordre Séraphique, l'illustre et savant Franciscain P. Marcellino da Civezza. Déjà, dans son Histoire Générale des missions Franciscaines, le docte religieux s'était plu à montrer la Grandeur Catholique de Christophe Colomb.
Ensuite, un Académicien distingué, M. Antonio Dondero, solide érudit et profond jurisconsulte , a complètement fait justice des accusations que maintenait sans vergogne l'opiniâtre Chanoine Sanguineti. Il en a démontré la fausseté radicale , mettant à nu la pauvreté de ses arguties et la honte de ses sophismes dépenaillés. 11 a aussi, de sa vigoureuse logique et de sa critique incisive , rudement châtié l'infortuné caudataire du cha-