‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 163 sur 250 · EMBARRAS DE L'ACADÉMIE ROYALE · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE L'ACADÉMIE ROYALE

le Consul faisant un Rapport sur ce qu'il avait vu, et récompensait l'écrivain qui faisait un Rapport sans rien .voir. D'après ces précédents , l'Académie pouvait-elle se sentir libre ?

Il lui faut absolument donner satisfaction au Pouvoir. Conséquemment elle doit, par des arguties plus ou moins captieuses, déclarer, contre toute vraisemblance, que « les restes du Colomb reposent dans la cathédrale de la Havane , à l'ombre de la glorieuse bannière de Castille (1) ». Tel était son embarras qu'elle a mis DOUZE MOIS à confectionner son Rapport! A bout d'expédients bibliographiques, la malheureuse Académie conteste la réalité de la découverte survenue , le 10 septembre 1877, dans la cathédrale de Saint-Domingue , par cela qu'en 1795 on avait exhumé de la même église les restes de Colomb, et qu'ils furent transportés solennellement à la Havane.

Mais en 1795, qu'a-t-on trouvé dans la cathédrale de Saint-Domingue ?

Un petit caveau, que l'on crut être la sépulture de l'amiral Christophe Colomb. Il n'y avait là ni statue, ni inscription , ni armoiries , ni aucun signe indicatif de la personne dont on venait de chercher les restes. On vit seulement des lames de plomb , des morceaux d'os , de tibia et d'autres fragments terreux qui avaient

(1) « Los restos de Cristoval Colon yacen en la catedral de la Habana à la sombre de la gloriosa bandiera de CasUIIa. » {Informe de la Real Academia de la historia, p. Iî2.)

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appartenu à un mort quelconque , oLras parles de algun difunlo.

Voilà tout.

Quelle preuve avait-on de l'identité de ces restes ? Aucune. On se persuadait que c'étaient ceux de Christophe Colomb ; mais sur quoi se fondait cette croyance ? Uniquement sur cela que cette sépulture était du côté de l'Évangile.

Au contraire, que s'est41 passé le 10 septembre 1877?

On a rencontré dans la môme cathédrale , en un petit caveau, sous le sanctuaire, du côté de TÉvangile, une caisse de plomb parfaitement intacte, quoique marquée des vestiges du temps. Le nom et la qualité de l'homme enseveli se lisaient au dehors et au dedans de ce dépôt mortuaire.

Qu'objecter à une si claire révélation de la Tombe?

Tout doute disparait maintenant. La tradition locale se trouve confirmée péremptoirement par ce fait d'une indiscutable authenticité. Il n'y a plus à contester : les véritables restes du Révélateur de la Création sont demeurés à Sainl-Domingue.

Accablée sous l'irrésistible évidence des faits, impuissante à rétorquer la démonstration qui en résulte, l'Académie se réfugie dans l'érudition.

Ne nous laissons pas égarer. Il ne s'agit point ici d'une question complexe d'Histoire , mais d'une simple question de Fait. Or, dans toute question de Fait, les témoignages oculaires constituent la plus importante

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