‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 171 sur 250 · MÉCONNUE DES BIBLIOGRAPHES · texte numérisé non relu

MÉCONNUE DES BIBLIOGRAPHES

d'influence céleste, d'homme privilégié. Tous nous sommes renfermés dans d'égales limites. Les aptitudes particulières, le goût de l'observation, la force, la volonté , le courage , sont les seuls éléments de réussite en toute opération de l'humanité.

D'après les exigences de ce pédantesque système, les bibliographes et les biographes modernes ont pensé faire preuve de discernement historique, en pliant l'incomparable grandeiu* de Christophe Colomb sous le joug de l'égalité commune. Ils l'ont rabaissé à leur taille, mettant l'Amplificateur de la Création. au niveau de leur propre intelligence; interprétant ses actes et ses paroles d'après l'étroitesse de leurs sentiments. Tout en accordant à Colomb une assez remarquable perspicacité, un rare talent d'observation et d'inductions ingénieuses, ils n'ont voulu reconnaître en lui qu'un marin principalement doué d'une prédisposition spéciale à s'assimiler les impressions ambiantes, les désirs généraux , les aspirations de son époque , très portée, assurent- ils , aux entreprises maritimes.

L'École rationaliste estime faire im suprême éloge du grand Navigateur, quand elle le déclare le mandataire du Progrès social, l'homme de l'initiative, en qui s'était incarné l'esprit de son temps , plein de tendances vers un développement inconnu. Le Révélateur du Globe ne serait donc que l'ajusteur du Progrès , le metteur en pratique de l'idée de ses Contemporains.

3âÛ DESTINATION PROriDETTIELLE DE GOLOXB

Hors d'état de s'appuyer sur des données scientifiques, dépourvu d'instruction, étrangrer à la physique, à la cosmographie . comme raflKrment des Académiciens de Paris et de Berlin. Colomb ne pouvait , vu son ignorance, exercer de lui-même aucune action générale : mais il se trouvait particulièrement apte à recevoir les impressions de ses contemporains, à s*en pénétrer prc^ondément : et par sa ferme résolution, son opiniâtre ténacité, qu'aidait une patience inépuisable, il était enfin par\'enu à réaliser la pensée commune, les pressentiments unanimes des hommes de son milieu.

Certains bibliographes prétendent qu*au moment où Colomb arrivait à Lisbonne . déjà, des Géographes, des marins, avaient conçu le projet d^agrandir la Terre. Le pilote Génois se serait pénétré alors de ce désir général , et aurait appliqué à son exécution toutes les facultés de son àme éminemment douée de résolution, de constance . d'intrépide courage. A s<m défaut , tout autre individu poun u au même degré de qualités semblables, et placé dans des conditions pareilles, aurait atteint le même résultat.

Et cet homme devait nécessairement se rencontrer, disent-ils, car tout concourait à le susciter. Il v avait un besoin universel d'expansion, un entraînement moral, un courant d'idées, qui poussaient avec une puissance irrésistible au progrès de la Nautique, aux explorations hardies. Le moment de découvrir étant

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