‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 189 sur 250 · SUBLIMITÉ CHRÉTIENNE DE COLOMB · texte numérisé non relu

SUBLIMITÉ CHRÉTIENNE DE COLOMB

maines, des odes, des dithyrambes, des invocations profanes, de célébrer justement le Messager de la Providence. Seule la harpe aux divines mélodies du Roi- Prophète pourrait rencontrer des accords dignes de Tamplificateur de la Création. Brûlant de désir à la manière de Daniel , le plus miraculeux des enfants de la fournaise , Christophe Colomb présente en sa personne un caractère « d'homme de Dieu antique ». Suivant l'expression de saint Augustin parlant de saint Irénée , des reflets bibliques fréquemment éclairent ses labeurs. De lui , sont inséparables les solennelles réminiscences de THoreb et du Sinaï. Si Ton énumère les gigantesques travaux du Vainqueur de la mer ténébreuse, son image nous ramène au temps des patriarches, et remet sous nos yeux la colossale figure de Moïse , libérateur d'Israël. Involontairement Tldumée, le Chanaan, la terre de promission, Jérusalem, aussitôt réapparaissent à notre souvenir, dans leur lointaine magnificence.

Qui racontera ces splendeurs ?

Ce n'est point avec des rimes s'accompagnant de la flûte lydienne , des molles cordes du théorbe , ou des sons rêveurs du luth, que jamais un barde chrétien saluera l'héroïsme du bienfaiteur des peuples. Le cinnor des Hébreux, le mâle buccin, le psaltérion, la trompette des lévites mériteraient à peine de répéter des chants en son honneur. Mais, nous en avons la ferme espérance , le jour viendra, où religieusement les enfants de nos fils entendront des hymnes à sa gloire , soutenus des puis»

Page 1