LE SOUVERAIN PONTIFE DÉCLARE
tien et renfermée entre les murs du Vatican. Le chef de rÉglise caractérisa publiquement ses travaux, et déclara dans quel but le Révélateur du Globe avait combiné son plan de Découverte.
Le Pape avait reconnu Tardeur Apostolique du Héros chrétien, et disait, que « enflammé de zèle pour la Foi
CATHOLIQUE, CE NE FUT POINT EN VUE d'aCCROITRE LES
Domaines de la Couronne d'Espagne, qu^il tenta cette audacieuse route a travers les flots ; MAIS BIEN pour
RANGER DE NOUVEAUX PEUPLES SOUS LE RÈGNE DU ChRIST, CE QUI VEUT DIRE DE L^ÉgLISE (1). »
Ainsi , désormais il n'est plus permis de se méprendre sur les sentiments de Christophe Colomb, et d'attribuer, comme on le fait si arbitrairement, à tel ou à tel mobile ses épiques travaux. Le Vicaire de Jésus- Christ a écarté tout doute , et posé sur le boisseau évangélique Téclatant flambeau de la Vérité.
La Découverte fut uniquement l'œuvre de la Foi, aussi bien que sa récompense.
Cependant, de jour en jour Topinion des fidèles se formait ou se réformait. L'idée de la Sainteté de Colomb allait se propageant et prenant plus de consistance. Un pieux enthousiasme changeait en culte dans un grand nombre de cœurs l'admiration profonde qu'inspiraient les travaux, les souffrances, la résignation et la charité de ce parfait disciple de l'Évangile.
(1) Bref du 24 avril 1863.
On trouvait trop insuffisant le mot tant prodigué de vertu, pour exprimer son héroïsme Apostolique. Beaucoup désiraient pouvoir librement donner cours à leur vénération, mais personne encore n'avait osé porter leurs vœux au pied du Trône Pontifical.
On Ta vu plus haut, et la France surtout ne doit pas l'oublier :
Ce fut un Prince de TÉglise , le Primat d'Aquitaine, l'illustre Cardinal Donnet, qui, ayant compris avec son âme celle de Christophe Colomb , assuma cette généreuse initiative , en se chargeant d'exprimer au Saint Père le désir des peuples chrétiens.
Aussitôt, l'impiété protesta violemment contre le projet de béatifier le grand Navigateur. On prétendait qu'il était uniquement l'homme du Progrès so- QAL, l'expression de la pensée de son époque, et qu'il ne fallait pas souffrir cette usurpation de Rome (1).
Plus tard, le Concile ouvert au Vatican par le pape Pie IX servit à mieux honorer encore Christophe Colomb. Son nom revenait fréquemment dans les réunions particulières des représentants de la Catholicité. En ces jours- là, commença de s'accomplir un grand acte de justice réparatrice.
Sur l'avis d'un grand nombre d'Évèques, un Postu- LATUM fut rédigé qui, déjà, classait Christophe Colomb
(1) ropinion nationale, ^ ]mn 1865.