CHAPITRE QUATRIÈME
Après les jours consacrés à la douleur et au deuil, le fils aine de Christophe Colomb, don Diego, pria le roi de le mettre en possession des droits de son père, et de renvoyer aux Indes, en sa qualité de vice-roi et de gouverneur général héréditaire.
Ferdinand lui répondit que son père n^étant plus en activité de service au moment de son décès, sa prétention n'était pas absolument fondée; qu'il y avait lieu de réfléchir avant de statuer sur une affaire de telle importance.
Toutefois il donna Tordre au commandeur Ovando, gouverneur provisoire de l'Espagnole, d'expédier à don Diego les effets mobiliers qui avaient appartenu à son père. S'il eût ordonné d'envoyer en Europe la défroque d'un colporteur ou de quelque muletier, sa lettre n'eût pas été conçue en termes plus dédaigneux. Son laconisme témoignait de cette haine toujours vivace, quoique toujours dissimulée, et qui survivait au trépas!
Il se disait généralement alors que la prétendue