SA BONNE ADMINISTRATION DES INDES
tin Bernard Boïl, encouragea les mécontents, les rebelles, et se joignit aux déserteurs.
Disons tout de suite qu'il ne tenait point sa mission du Pape, mais du roi Ferdinand. Le monarque, abusant d une ressemblance de nom, avait osé sacrilégement le substituer au zélé franciscain désigné par le souverain pontife.
L'agent le plus actif, le plus impudent de la sédition , suppôt direct de Ferdinand, était TAragonais Gaspar Ferris. Se prévalant de sa situation, il agissait au grand jour, et bravait les magistrats, les alguazils, sous ce prétexte qu'étant sujet du roi d'Aragon il n'était pas justiciable de la Castille.
Ces faits ont leur logique.
Comment, s'ils n'eussent pas compté sur une protection occulte, les bureaux auraient-ils osé , malgré les intentions bien connues de la Reine, rabaisser et bumilier à plaisir l'homme qu'elle honorait? comment lui auraient-ils contesté le droit d'emmener un seul domestique, sous ce prétexte que pouvant commander à tous en général, il n'avait besoin de personne en particulier? auraient-ils osé prétendre qu'il demandait des gardes du corps, voulant un jour, bientôt peut-être, se déclarer souverain indépendant? Croit-on qu'appuyés par le seul archidiacre, ils auraient eu l'impudence de réserver un haut emploi, près de Colomb, à l'ennemi le plus notoire qu'il eût en Espagne?
Qui le premier a supposé, qu'en revenant de son