RÉCLAMATIONS DE DON DIEGO
nement. Enfin, un jour, s'enhardissant par la force de son droit, le gouverneur destitué laissant de côté les anciennes procédures et la marche tortueuse que leur avait imprimées le vieux Catholique, essaya de faire franchement appel à la droiture du jeune empereur.
Dans le Mémoire qu'il lui adressa , don Diego s'appuyait uniquement sur le texte des traités passés entre la Couronne et son père, pour réclamer la mise en possession des charges, titres et dignités qui lui appartenaient héréditairement. Les circonstances semblaient plus favorables, car le haineux don Juan de Fonseca s'était vu obligé de céder la présidence du Suprême Conseil des Indes à une capacité véritable venue du dehors.
Charles-Quint avait attiré en Espagne un homme savant, honnête et ferme, Piémontais d'origine, juriste éminent, ancien premier président au parlement de Bourgogne, Mercurino Arborio de Gattinara. En le nommant son chancelier, l'Empereur voulut l'établir président supérieur de tous les ressorts de Justice. Arborio de Gattinara se trouvait naturellement à la tête du Suprême Conseil des Indes. C'est à lui que, dans le courant de l'année 1525, fut renvoyé le Mémoire de don Diego, après que le Fiscal en eut artificieusement annoté chaque paragraphe.
Grâce à ses annotations, ce document jette une vive clarté sur le ténébreux réseau de faux principes, de négations, de basses chicanes dans lequel le vieux