‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 64 sur 250 · RÉCLAMATIONS DE DON DIEGO · texte numérisé non relu

RÉCLAMATIONS DE DON DIEGO

Catholique avait enfermé la cause du malheureux don Diego. Non seulement ce Mémoire met à nu l'ignoble échafaudage d'équivoques, d'arguties, de sophismes juridiques employés contre le fils de Christophe Colomb, mais il révèle la transmission occulte d'un système d'iniquité qui se confiait comme un secret d'État dans la famille de Ferdinand. Ce que le Catholique a commencé, son gendre Philippe d'Autriche le continue ; son petitfils Charles-Quint le maintient; son arrière-petit-fils l'achèvera, et ses successeurs le prolongeront au delà même de leur dynastie.

Un trop grand intérêt s'attache à ce document, pour que nous n'ayons pas l'obligation d'expliquer comment jusqu'à nos jours il était resté inédit.

Le Mémoire de don Diego Colomb, revêtu des annotations du Fiscal, parvint à la chancellerie vers la fin de 1525. Le 23 février suivant, le fils de Colomb succombait aux tortures morales et aux fatigues corporelles. Pour employer l'expression de l'Archichronographe Impérial, il « terminait sa misérable vie (1) ».

Il y eut, pendant un temps, suspension de la procédure.

Quatre ans plus tard, lorsque Arborio de Gattinara après avoir utilement servi l'Empereur, fut appelé à servir noblement le Pape, et créé, par Clément VII,

(1) « Desta maniera que he dicho acabo el almiranle don Diego Colon miserabile vida. » -^Oviedo y Valdez, Historia gênerai y natural de laslndias, lib. IV, cap. vi

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