‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 85 sur 250 · LES MULTIPLES MARIAGES · texte numérisé non relu

LES MULTIPLES MARIAGES

quoique les* autorisations nécessaires eussent été obtenues , il jugea d'après Topinion du jour, qu'une fondation pour perpétuer au souvenir le dépôt tem^aoraire d'un cercueil déjà oublié, serait montrer une importance exagérée, une infatuation étrange de sa race. Il eut peur de déplaire à la Cour, en rappelant un nom qu'elle eût voulu ensevelir avec celui qui l'immortalisa , et il abandonna son projet. La crainte de la défaveur, et surtout du ridicule, fit reculer sa piété filiale.

Vers ce temps , se produisit dans la famille de Colomb un événement regrettable , qui fournit à la Cour l'occasion de laisser percer sa malveillance pour la postérité du grand homme.

L'impétueux et galant Amiral don Luiz, au lieu d'aller à la recherche de terres nouvelles, se bornait à celle des cœurs. Aventurier d'amour, il se dirigea d'abord vers la jeune créole Maria de Orozco, résidant à Saint-Domingue, et l'épousa, nonobstant l'opposition formelle de la Vice-Reine. De là, rupture ouverte entre la mère et le fils. Ce mariage n'étant point béni du ciel , ne fut pas heureux longtemps.

Lassé de son bonheur, ou peut-être même blessé dans son honneur, don Luiz, avant la septième année, portait ailleurs ses regards. Excipant d'un vice de forme , soutenant l'irrégularité de ce premier mariage, il ne craignit pas de contracter une nouvelle union , en engageant sa foi à la fière doîia Maria de Mosquera.

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