‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 87 sur 250 · ARRESTATION DE DON LUIZ · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE DON LUIZ

mâle de la postérité de Christophe Colomb. Quelque scandaleuse que fût une telle situation, on ne saurait invoquer, contre don Luiz, la tromperie, la surprise, l'ignorance de ses proches, le manque de publicité.

Ce qu'il y a de certain , c'est que l'impérieuse Maria de Mosquera , jalouse de ses droits , revendiqua hautement la possession exclusive de don Luiz. Tandis que la première et la troisième épouse épanchaient discrètement, au sein de la famille, l'amertume de leur déception, la seconde au contraire menait grand bruit, et jetait au dehors un menaçant tapage. Ses dénonciations, ses poursuites, eurent pour résultat, en 1558, l'arrestation de don Luiz, à Valladolid, et son incarcération préventive. Le malheureux se vit complètement abandonné. La Vice-Reine, sa mère, n'était plus là pour intercéder, et l'Empereur, qui, l'ayant vu adolescent, aurait peut-être été touché de son étrange imbroglio matrimonial, se mourait alors près du monastère de Saint-Just. Il était donc seul, sans défense. On ne vit plus en lui qu'un Colomb, et la Cour fut inexorable.

Assurément les témérités conjugales de don Luiz méritaient un blâme officiel, une punition. On aurait pu lui interdire l'entrée de la Cour, l'interner pour un temps dans un district éloigné. Mais les circonstances atténuantes devaient être accordées à ce galant coupable. Certes elles ne manquaient pas dans cette singulière polygamie , ouvertement accomplie au grand jour, sans la moindre dissimulation , avec l'assurance

Page 1