SÉVÉRITÉ PRÉVENTIVE
et les tranquilles allures de rhomme qui chemine honnêtement dans la légalité.
La bonne foi pouvait être supposée ici , et peut-être avait-eUe existé réellement.
En effet, le premier mariage étant nul, et le second ne valant rien , le troisième paraissait mériter quelque indulgence. Mais hélas! don Luiz était le petit-fils du bienfaiteur de TEspagne. Il s'appelait Colomb, et dès lors la justice s'appesantit sur lui de toute sa rigueur. Sur la réquisition du Fiscal don Contreras, il est conduit, sous escorte, de Valladolid au fort d'Arevalo, puis transféré au château de Médina del Campo. L'année suivante, sur un ordre donné le 1" janvier 1559, don Luiz est emmené à la citadelle de Simancas. Quelque temps après on Tinte rne à Gétafe. Plus tard il est conduit à Madrid pour qu'il puisse conférer avec ses avocats; mais on l'y tient en surveillance , il est aux arrêts dans un hôtel. Ensuite on le transfère à San Torcas.
Après cinq ans de détention intermittente , d'isolement forcé , d'anxiétés , de privations de tout genre , durant lesquelles la procédure prend amplement ses aises, on le juge enfin.
Le 4 août 15*63, l'arrêt est rendu.
La sentence le condamne à dix ans d'exil, avec transportation en Afrique et emprisonnement dans la citadelle d'Oran. Ce n'est pas tout. Son incarcération s'aggrave d'une pénalité aussi arbitraire qu'inique. On commet à sa garde dix Cavaliers , et on l'oblige à payer