ET DES COLONIES EN ESPAGNE
attaché au cabinet du Roi ; le licencié Mogica, qui s'incrusta dans les bureaux; le licencié de Santiago, le licencié Polanco, le licencié Francisco de los Cobos, que son habileté devait porter aux plus éminents charges; le licencié Carbajal, le licencié Salmeron, qu'on présume parent du compagnon de saint Ignace de Loyola.
C'était là une organisation complète et considérable autant que considérée. Assurément ces employés présentaient toute garantie d'aptitude et de capacité. Il est à remarquer cependant que dans ce Ministère relevant uniquement de la Reine de Castille, les membres les plus élevés de la hiérarchie administrative étaient exclusivement des créatures directes du Roi Ferdinand. Cette singularité s'explique par la date de l'époque où fut institué l'Hôtel des Affaires des Indes. Déjà, en 1503 , la Reine Isabelle, bien que le sentiment du devoir royal la portât à surmonter son affaiblissement physique, triste prélude de la maladie qui allait l'enlever au bonheur de l'Espagne , se trouvait malgré ses efforts souvent obligée de se décharger d'une partie des affaires, et de s'en rapporter, pour les Indes, à la pratique des bureaux.
Beaucoup de choses se faisaient et surtout se défaisaient sans son ordre ou même à son insu. Et quoique le Ministère des Affaires des Indes eût été établi par la Reine de Castille, c'était par le Roi d'Aragon qu'il se sentait dirigé. Voilà pourquoi, dans la création du Su-
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prème Conseil des Indes, on ne trouve presque aucun des grands fonctionnaires de la Castille ni des attachés intimes du cabinet de la Reine. Tous ceux qui sont appelés à faire partie du Suprême Conseil , dont les fonctions étaient si magnifiquement rétribuées, appartenaient ou avaient appartenu à la maison du Roi.
Quatre ans après la mort de Colomb, THôtel des Affaires des Indes prenant progressivement plus d'importance, la multiplicité des transactions étant proportionnée à l'extension des colonies , une ordonnance du 15 juin 1510 imprima une activité nouvelle à son administration, par de nouveaux règlements qui astreignaient les employés à une régularité de travail fixée rigoureusement.
Le vieux Ferdinand ne craignit pas d'entrer dans les menus détails. Après avoir établi pour les bureaux un service semestriel dont les heures d'entrée et de sortie différaient suivant la saison, le Roi, apprenant que le travail ne s'accompUssait pas avec la ponctualité désirable , et que malgré le règlement , messieurs les employés en prenaient un peu trop à leur aise, rendit l'année suivante, le 18 mai 1511, une nouvelle ordonnance qui frappait d'une amende d'un demi-réal d'argent chaque inexactitude, sauf le cas d'un légitime empêchement ; ce que le délinquant était tenu de prouver. En outre, si l'amende n'était pas payée le jour même, elle serait portée au double par chaque jour