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dans la plaine française, où leur pyramide apparail plus haute et grandiose par son isolement ; la Madalella , la Punta de Lardana , le Mont-Perdu , rentrent fort avant dans le territoire espagnol : la ligne des frontières^ qui se dirige sur les points moins élevés du centre , offre ainsi des déviations et des irrégularités. Dans les Pyrénées occidentales, les vallées de la Bidassoa, du Bastan, et une partie de celle de Luzaïde , appartiennent au pays basque espagnol , quoique situées sur le versant septentrional.
Les circonscriptions ecclésiastiques désignent assez exactement les anciennes divisions de nos provinces et leurs limites politiques au moyen âge. Une charte d'Ârsius, premier évèque du Labourd, datée de 980, classe dans son diocèse la vallée du Bastan jusqu'au col de Eclate , la vallée de Lérins , le territoire d'Ernani et de Saint-Sébastien jusqu'à Sainte-Marie d'Arost , en Guipuzcoa : preuve que les limites séparativcs de la Franco et de l'Espagne ont varié souvent, et que le principe suivant lequel elles ont été fixées est arbitraire. — « Les Pyrénées commencent à l'Ebre et se terminent à l'Adour, disaient aux Romains les anciens Basques. Greffés sur leurs rochers, suivant l'expression pittoresque de Florus; les Euskariens croyaient en faire partie intégrante ; ils ne concevaient point que , sans égard pour Tidcnlité parfaite d'origine, de langage, de mœurs cl de lois, la
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circonslancc d'habiter le nord ou le mtdi d'une montagne fut suffisante pour scinder politiquement des peu« plades qui se touchent et se confondent à rintersection des vallées. Fondés sur ce principe et sur le droit bistorique, peut-être quelque jour les Basques tenteront de recouvrer Tunité nationale dont ils jouissaient autrefois. L'interposition d'un petit peuple libre prévient les luttes que le seul voisinage des grandes nations est capable de faire naître . Si de mauvaises inspirations ne viennent contredire la voix de la justice et de la saine politique, Tindépendance de la fédération cantabrique sera proclamée sans combat.
Le premier bienfait de cette union serait de mettre un terme aux démêlés que la fixation des limites ou leur déplacement a fait naître entre les Basques des deux royaumes , en armant les droits nouveaux contre d'anciens usages. Les gouvernements de France et d'Espagne se sont toujours fait une tache de fomenter les querelles des montagnards ; et trop souvent Finslinct guerrier des Basques, joint a l'impétuosité de leur caractère , les a rendus victimes de cette odieuse politique; trop souvent les liens sacrés de leur parenté nationale furent méconnus, et les glorieux souvenirs de la fédération do nos ancêtres follement outragés. Les Basques souletins se vantent encore aujourd'hui dti massacre des Navarrais de Boncal , et les rochers de
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notre frontière , témoins de cette aveugle rage , conservent de grossières inscriptions gravées par la hache des vainqueurs.
Les Pyrénées orientales se terminent vers le pic de Hauberme, dans la vallée de la Garonne , où ce beau fleuve prend sa source. La chaîne occidentale acquiert sa plus grande élévation^ à son point de départ, entre les vallées d'Aran et d'Ossau. Le pic d'Âïnhie domine ces vallées pittoresques , habitées par des peuplades de belle et vaillante race , que Ton pourrait facilement confondre avec les Basques, si leur patois béarnais ou romance ne les rapprochait des Gascons. Les Navarrais et les Souletins appellent le pic d'Âïnhie Ahunemendi, Hontagne-du-Ghevreau , dénomination qu'ils appliquent à toute la chaîne des Pyrénées , et dont je n'ai pu découvrir Torigine.
Ahunemendi n'a que douze cents toises d'élévation au-dessus du niveau de la mer, et conserve, toute Tannée « sa robe de neige, quoique les obsei*vations barométriques de Ramond aient déterminé à quatorze cents toises la hauteur des neiges perpétuelles dans les Pyrénées, pour les cimes tournées vers le nord : des roches bizarrement hérissées forment son diadème et défendent rentrée de son glacier. L'imagination des bardes euskariens a fait de celte hauteur inaccessible le séjour enchanté des fées et des péris : la brille un ciel
constamment serein , vivifiant par sa rosée la verdure et les fleurs qu'entretient , sous des riants bocages , un printemps éternel : là des concerts aériens , des chants joyeux, des danses légères; tandis que les vents sif&ent dans la profondeur des vallées , et que les esprits maltaisants, portés sur Taile des grues, errent en hurlant le long des collines , à travers l'épais brouillard d'où la neige se détache en flocons. Voyez- vous étinceler la cime à'Ahunemendi, et ses blocs argentés emprunter au soleil des reflets éblouissants? Ce n'est point un glacier, dont les clartés attirent vos regards, mais le palais enchanté de Matthagarri^ la plus jeune et la plus séduisante des péris ibériennes. Une ceinture magique presse la taille svelte de la jeune fée , et fixe les plis de sa robe d'azur parsemée d'étoiles ; un cerceau diamanté retient sa blonde chevelure , et brille sur son front avec moins d'éclat que le feu divin de ses yeux bleus ; une lance d'argent arme son bras délicat; un daim agile est son coursier. Certain jour d'été, Maîthagarri s'aventura dans un bosquet sombre et toufi'u, pour désaltérer son daim rapide, à l'onde fraîche d'un ruisseau limpide et murmurant : le beau Luzaide, étendu sur la rive, dormait profondément. La surprise de la vierge égala son trouble à la vue du jeune montagnard : elle attacha sur lui des regards où se peignit l'amour ; et le charme qui captivait ses sens, agissant
avec rapidité , livra bientôt son âme à Taveugle délire, à Tivresse effrénée qui caractérisent celte passion. Tremblante , éperdue , elle courut chercher des lianes, pour enchaîner Theureux berger. Ce fut au haut à'Ahuiiemendi que LuzaSde se réveilla dans une grotte où les bras de son amante ravie le pressaient encore: fiction qui rappelle le palais fantastique d'Armide et l'histoire de ses amours.
Plus de cent fleuves et rivières prennent leur source dans les Pyrénées occidentales et traversent les provinces basques y en suivant les mille contours et les sinuosités des vallées , pour se jeter dans TEbrc , TÂdour, ou rOcéan ; les torrents qui viennent les grossir, dans leur course précipitée , sont innombrables : leurs eaux sont belles et d'une extrême limpidité, les rochers dont elles jaillissent en abondance se trouvant à l'abri des éboulements qui rendent si fangeux les glaciers des Alpes ; le poisson de nos rivières contracte dans leurs eaux subtiles une chair ferme et un goût déhcat qui le font rechercher par les amateurs de la bonne chère. Le naturaliste Palassou, que la Gascogne s'honore d'avoir produit , attribue à la chute des torrent» et a l'action érosive des eaux l'excavation des vallées des Pyrénées : Charpentier professe le même système. Pour concilier leur théorie avec la configuration actuelle des montagnes, ces géognostes supposent que la chaîne granitique.