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dérobait poinl aux JidbitauU de la terre la Imniére du sqleil , l'orbite de la lune devait être inclinée sur ce^lle de la terre. La justesse de ce raisonnement devint encore plus frappante, en voyant que durant la pleine lune rinterposition de la terre n'empêchait pas le soleil de se réfléchir dans le miroir lunaire» à Textrémité opposée du ciel. Les devins poussèrent leur raisonnement plus loin, et conclurent que si dans Tune ou l'autre période les deux orbites de la terre et de la luqe ^ trouvaient assez près , ou tout à fait en ligne directe dans les voies de la lumière solaire » il devait y, avoir, pour Ips habitants de la terre , éclipse de soleil par l'interposition de la lune noire pendant la conjo^gictiop , et éclipse de lune par l'interposition de la terre, pendant l'opposition. Ainsi fut expliquée la périodicité calculable 4es éclipses , phénomènes de courte durée , si simples dans leur cause , d'une influence si complètement nulle, que nos devins ne voulurent ni l^s prédire, ni le^ qualifier, de peur d'introduire parmi nos tribut les terreurs et les superstitions ridicules dont chaque éclipse est le signal redouté, chez tous les aq^tres peuples de la terre.
Le mois synodique , ou lunaison pleine , complète {Ill&iiethe), composé entre deux conjonctions ou deux nouvelles lunes, de vingt-neuf jours et denii, était par sa durée plus longue, beaucoup plus propre que les
révolutions équinoxiales ou Éidérales de la lune à concorder arec les périodes de Tannée solaire. Le calendrier des devins fut gravé sur les obélisques. Mais est-ce à moi de vous apprendre ce que lestages de la montagne n'ont pas encore oublié ? parlons plutôt des mystères de Tâge reculé , de ces institutions primitives dont celui4à seul peut révéler le secret, qui a reposé sa tète séculaire sur le berceau du genre humain. C'est aux Ibères que les Européens'tloivent leur semaine de sept jours, et c'est par moi qu'elle fut instituée sur l'aspect des différentes phases de la lune pendant sa révolution synodique , qui peut se diviser en deux quinzaines, Amost, et en quatre semaines ou phases, de sept jours à peu prés chacune. Nous comptions par nuits , et lé nom de la semaine , ii^fe , signifie un commencement de phase ou de période lunaire. Nous commençâmes le compte des jours et des semaines avec la nouvelle lune. Le lundi fut appelé Aste-lehena, ou le premier jour de la phase d'obscurité ; le mardi Aste^hartia, ou le médial de la même période; le mercredi Aste-azkena, ou le dernier du commencement ou semaine.
« Les jours complémentaires reçurent des noms significatifs qui tous font allusion aux phénomènes de la lunaison. Des mots ^, six , illa , lune ou octan , et o^e, semaine, fut composé le mot Sèillastia^ désignant.
du lundi au samedi > la sixaine consacTée au travail des champs. Les jours de la sixaine furent appelés eux-mêmes Astegunak, jours de semaine ou de travail. Le septième jour reçut le nom àelgandiaf de igan, monter, s'élever, franchir, pour dire qu'en ce jour la lune atteignait un degré d'illumination , ou franchissait Tune des quatre périodes du mois synodique. Ce jouer fut consacré au repos et célébré par des fêtes ; la dénih mination qu'il reçut était juste , surtout avec la pleine lune qui en donna l'idée ; dans les brillantes nuits qui suivaient, j'instituai les fêtes de la Pleine Lune, qui furent appelés Jat-arin; c'est-à-dire les nuits gaies, folâtres , durant lesquelles mes enfants de la montagne adressent au Très-Haut, Gaihena, au bon seigneur de l'univers, à Dieu, Jaongaikoa» leurs hymnes de jubilation , puis dansent jusqu'au jour avec tant de grâce et de légèreté , au son des flûtes joviales et dee tambourins harmonieux.
< Les phases solaires nous servirent à déterminer la véritable longueur des années. L^éclat du «oleil était permanent ; il différait à tous égards de la clarté lunaire; mais, comme la lune, le soleil, relativement à la terre, avait 9es périodes d'exaltation et d'affaiblissement, mar* quant deux grandes divisions de l'année, conyme ht pleine lune et la nouvelle lune marquaient les deux grandes divisions du mois. Attendu que pendant l'été ,
au mois de juin, ia terre est dans 8on plus grand éloignement et le soleil dans sa plus grande élévation ou aphélie » le mois de juin reçut en euskarien le nom de Ekham,Ekhigain, c'est-à-dire exaltation solaire; et pour mieux consacrer ce fait astronomique , le mot Ekhaîn est seul employé pour désigner le mois de juin, dans presque tous les dialectes de la langue de mon peuple ; taudis que tous les autres mois, dénonunés par des circonstances relatives au travail des champs, reçoivent, selon les tribus , des appellations diverses empruntées a la lune. Et comme , pendant l'aphélie solaire , le p&le nord de la terre s'incline vers le soleil, l'astre du jour se montre à nous plus tôt et disparait plus tard sur l'horizon ; en sorte que VEkaîn se compose des jours les plus longs et les plus chauds de l'année. Dans ce mois le solstice d'été est marqué à sa véritable place, et le solstice d'hiver au mois de décembre. Ce dernier solstice fut pour les Ibères la fête de Noël , ou du nouveau soleil, Eguberria, correspondant à la nouvelle lune //berna, comme V Ekhaîn correspondait à l'exaltation de la pleine lune. Et ce solstice s'appelle encore Eguberia, ou abaissement solaire , à cause du rapprochement de la terre dans sa périhélie d'hiver. Et comme durant cette époque la terre a son pôle méridional incliné vers le soleil , l'astre du jour se montre plus tard à nous et disparait plus tôt sur l'horizon. Ses rayons, malgré la
proximité, sont obliques et dépourvus d^une grande partie de leur chaleur; ils tracent» en commençant rbiver, les jours les plus courts et les plus Troids de Tannée. Ce fut donc entre le solstice dliivcr, EgtAeria, et le solstice d'été, Ekhaina, que les devins signalèrent la plus grande inégalité des jours et des nuits. En étudiant ces phases d-augmentation et de diminutioi^» on reconnut que les pôles de la terre se relevaient de leurs inclinaisons alternatives vers le soleil, et que cette position prodnisciit Tégalilé des jours et des nuits , aux équinoxes du printemps et de Tautomnc. Grâce à ces quatre époques des équinoxes et des solstices s^entrecoupant régulièrement. Tannée fut divisée en quatre saisons de trois mois chacune : le printemps, Bedatse, commencement de la fenaison et de la verdure ; Tété, Uda, époque do la sécheresse ; Tau tomne , Larrasken, arriére-saison , époque des dernières récoltes , des derniers travaux ; enfin l'hiver , Neghia , Tépoque de mort et de sommeil, où la chaleur de la nature se métamorphose en glace, où la sève tarit. Mais Tannée conserva toujours dans cette Péninsule , le nom de Ourthe , inondation , que les premiers parents lui avaient donné par allusion aux débordements du Nil; et parmi nous» le mois januaire des Etrusques s'appelle encore Otirtorilla , c'est-à-dire la lunaison qui prend ou qui commence Tannée , c'est-à-dire le débordement du fleuve.
« Lu fait remar(j[iiable qui prouve que dés Tordue les devins avaient établi dans notre calendrier la concordance des mois lunaires et des années solaires» c'est qu'à part le sixième et le douzième mois,» dont les noms sont empruntés au soleil, tous les autres reçoivent leurs qualifications de la lune » ///a, avec désignation des travaux agricoles ou de quelque autre circonstance empruntée à la vie des champs. — Fé\Tier, Olsa-Illa^ Ceceilla, est le mois du froid ou du loup , et du taureau, suivant les tribus et les^ dialectes. >-< Mars > Ephailla, la lune du fauchage ou des coupes. Avril» JarraUla, Ophailla, la lune du sarclage et des prémices.— Mai, Orilla, la lune de la feuillaison. — Juin, CaragarUla, Ehhaina, Errearo, la saison enflammée, brûlante, celle de Texallation solaire. — Juillet s'appelle Uztarilla, la lune des moissons ; —Août Agorilla, la lune des sécheresses ; — Octobre Ourrieta, Ourilla, la lune des pluies ,. et Bildilla, la lune des vendanges et des dernières récoltes. — Novembre csl Azillaj la lune des seniailles;. — Décembre Lotazilla, la lunaison que l'on passe à dormir ; la lupe ^u sommeil de la nature ensevelie sous les neiges^ et du seul repos que gpûle le laboureur, dans tout le cours de l'année. NomeiiiclûUire exacte et significative qui , dans son ensemble,, caractérise admi-. rablement le climat de la Péninsule ibérique et Tagrir culture de nos ancêtres.
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« Le développement du travail social avait iait natti'e dea intérêts nouveaux , des besoins et des idées inconnus à la rude simplicité des premiers siècles. Les premières créations concen^iont le strict nécessaire ; les choses utiles vinrent à Icnr tour et élargirent le cercle de nos inventions» «a attendant que le génîo de mon peuple se préoccupât de la recherche de la vérité » des splendeurs ineffables de la pure lumière» et de 4a beauté dos arts , en&mts do la richesse et du loisir^ qui achèvent triomphalonent TaHivre de Inhumanité sous le soleil. L^institution do la vie agricole et pastoiia)e fut aecopipagnée des arts serviles ; les premières des sciences introduites dans notre société» comme la -»4decino et l-astronomie » ne sortaionl pas enoore du domaine des choses utiles et nécessaires. Il felliit relever du labeur manuel les hommes d'élite» doués d'ttn esprit heureux» qui censacraient leurs veilles sarantes à dos études d^un ordre supérieur : les fonctions que nous lent assignâmqs dans nos Bépu- Miques sent devenues chez les Barbares infidèles une seu»M de suf erstitîons ridieuies^ dégrada^^s » un objet 4e. spéculations immorales et d'odieux eharl^Manisme. L'Egypte» la Cthal^ée et l'Inde, ont eu» après nous, leurs devins dont Toffice est d'apprivoiser des serpents» d^ngraisser des crocodiles^ d'adorer i'enomsoir à la main des idoles vermoulues sous le verms doré qui
les enduit; tandis qu'ils s'engraissent eux-mêmes de la substance et des sueurs du peuple imbécile qu'ils entretiennent dans la terreur des fétiches. Mais les devins de Tlbérie sont appelés à juste titre Igherle, c'est-à-dire scrutateurs» parce qu'ils ont porté un regard curieux et pénétrant dans les plus profonds arcanes de la nature ; ils sont encore appelés AzU, c'est-à-dire les hommes de docte loisir. Partout où le prêtre imposteur des Barbares ne montre que des sorts imaginaires , des prestiges calculés » dans le ciel où l'astrologue charlatan se vante de lire les destinées, les devins de mon peuple ne veulent apercevoir que l'harmonie silencieuse des astres, el les nombres écrits par la main divine en caractères de feu : ils ne prédisent que la vérité dans la succession des temps et l'ordre des saisons. On voit, sur les bords de l'Indus, du Gange, le char du Bramine insolent et cruel, chargé d'une idole monstrueuse, broyer de sa roue tranchante le peuple bestial prosterné dans la poudre du chemin, aux avenues de la pagode, antre infect de la prostitution. Digne émule des druides gallois, le mage usurpateur fait peser sur l'Iran le sceptre d'une théocratie despotique; et parmi les tribus de mon peuple, l'Ibère s'incline avec un respect filial devant ses magistrats appelés les Pères de là patrie, les honorables, Agoureak. Tous nos vieillards sont
salués du même litre. L'homme libre reçoit de rage, avec ses cheveux blancs» la couronne du sacerdoce naturel. U exerce sa part d'autorité et de censure sur les mœurs. Les Ibères ont des lois justes et des coutumes sages. Le frein de la discipline est puissant dans leurs Républiques. Ils ont des che&» des guides politiques, Ghehien; mais ce nom de chef signifie le plus âgé. Ils ne reçoivent de loi que de la vertu et de rexpérience ; les châtiments sont iniigés par des mains paternelles» et notre langue rendra témoignage à la postérité que le peuple élu d-Aïtor ignora dans TOccident de TEurope jusqu'au nom des crimes et des vices abrutissants dont les Barbares sont souillés. Une autre gloire particulière à nK)n peuple» c'est que , dans l'âge de décadence et de corruption , seul, entre tous les peuples de la terre» il a conservé la foi naturelle et le vrai culte de Dieu, sans aucune tache d'idolâtrie. L'Ibère n'a pas bâti au seigneur d'en haut des temples toujours mesquins , quand on y attache l'idée du grand être qui remplît de sa foitee et de son éclat Timmensité du tout éternel. Laissons donc au Barbare ses antres, ses cavernes, ses autels sanglants, ses prêtres jongleurs et sorciers. Que pour nous le sorcier soit toujours l'herboriste patient qui analise le& plantes, connaît leurs vertus médicinales et compose de» breuvages salutaires ^ BelhargnUla. Laissons aux Celtes-
superstitieux leurs ptèlros du ehène » leors dtuidet n différente de nos sages vieîUitfds qui occupent modei* tement des bancft ^egazoki sous le eliène de la Ubertét dmbrag^ saint d'eu jamais il no iortii d'oracle monteur ; ou, condanmant avec anathcmc et malcdiclioB la he» chérie des daorifioos» et Toffiiâîon horr&le du sang humain sous le couteau sacké^ l'homme libre et éclairé de ma race ne fut jamais dévoué qu'à la patrie ; qii la voix -àxt ciel ne réclama jamais d'autare sang que celui dos îeunes guerriers combattant noblement, non pour conquérir dos torros ou pour asservir les hommes» ^Cfâ pour s'enrichir de butin / tûm pour défi:^re les autels de fleurs élevÉs à l'indépendance et à la libûrté primi^ tives dans le sanctuaire de» montagnes*
« Les êtres animés é|irmivent des sensations do hîen^ être et de douleur. Ils ont une voix plaintive, Mùàa>^ pour la souffrance , Mm; tine voii sonoi'e eft harmoM nieuso, Botz^ pour la jubilation et rallé^osse, Botztarioi ils (mt un cri idaus les dai^ci^^ un cri poiir se èoinriiarii l'amour et au plaisir. L'homme seul a une parole înlel* ligeute dos appels articulés, Hel; il a im langage raisoimé, il converse avec ses semblables, Elhesta.Tï ^ donné un nom à ôhaqne chose. Or toute chose créée par Dieu sort do la nuit, Gaê, et iv^ntre dans son néant Les choses créées, les êtres sont appelés en censé* qudnce Gaïzak, ou les enfante da néant, sielon le verbe
de Inintelligence donnée à mon peuple. Tout est néant et vanité dans Tunivers, hormis le laon sublime, hormis le seigneur Dieu. Seul il n^mplît Timmensité de Fespaco et rétcmîlé des temps. Tout ce qui n'est point hri est un fantôme illusoire , une forme, une apparence destinée a retomber âans les ténèbres dèr rétemeïte nuit.
« La réalité de chaque être créé, h, est dans ridée qu'il représente. Cette idée est exprimée dans le nom qui lui est consacré ; d'où le nom des choses est appelé en euskarien/c-eita, e'ost-à-dire la principialo appartenance ou propriété des choses. La fiiculté dont l'homme est doué de percevoir l'idée dos choses et do l'exprimer pstf des sons compréhensibles, constitue potir lui le privilège du verbe, de la parole, appelés Itzà. Le langage lui-même est Ilzlumlza , d'un mot composé qui signifie heureuse découverte^ bonne invention ou improvisation des no;iîs. Le gosier de l'homme est appelé par suite Ilz^tarria , ou producteur de la pai'ole , parce qu'il est le clavier^ rinstruitoent où résomie Cette harmonie , le siégé et l'brgano de l'iniprovisation- L'Eskuàba de mon peuple est le plus beau des dialectes primitifs, comme |il est aussi le plus antique; il est tout lumière, et n'exprime que la vérité.
« Il vous a été raconté que le seigneur Dieu , au commencement , fit une statue d'argile , qui devait être
rhomme, et l'anima d'un souffle divin. Aussi toute semence» Ati, tout commencement» Aste, reçoivent leur nom du mot Ats, qui signifie souffle. L'origine des choses est elle-même appelée AUarre^ commencement, c'esta-dire prise de la respiration et du souffle. L'homme comprit aussitôt combien son existence était précaire et fugitive, et cpie le moment où le souffle vivifiant, Ats, hii serait 6té , J^A^n, serait pour lui le moment appelé à juste titre Asken, c'est-à-dire le dernier. Ses yeux à peine ouverts à la lumière s'appesantirent et se fermèrent aux approches de la nuit; il éprouva la défaillance du sommeil : ce fut pour lui comme une première mort, image frappante de la mort finale. Revenu de cet anéantissement passager, il regarda le réveil comme une renaissance , une résurrection qui fiit appelée Iratzar, c'est-à-dire l^acte par lequel on reprend avec le sentiment de la respiration celui de l'existence et de la vie.
« Tous les êtres qui se meuvent et respirent sur la terre naissent d'un œuf que le mâle féconde , que la femelle dépose ou laisse éclore dans son sein. Voila pourquoi l'œuf est appelé Aur^olzia, l'enveloppe on le vase de l'enfant ; parce que de toutes les merveilles de la congénération celle de l'œuf humain est la plus remarquable dans toute la chaîne des êtres.
« Les beautés de la création frappèrent l'EudiarieE
d'une admiration vive et durable ; il accorda une attention longue et perspicace à ses ravissants phénomènes. Les mots qui les définissent en notre langue peuvent s'appliquer aux œuvres divines ou aux imitations de l'homme ; mais il n'y a que des formes harmoniques , des êtres organisés, des choses parfaites et point de matière primordiale, dans la création de Dieu. La matière se définit donc, selon la vérité, par le mol EkheS, c*est-à-dire Eghingheî, ce qui est destiné à l'être ou à la forme. Dans l'ordre des créations divines, ce qui est Ekhei, ou devant être, n'est point encore et n'existe qu'à l'état d'idée préconçue. L'élément des corps , la matière organisée , nous parut impénétrable dans ses divisions , et néanmoins divisible à Tinfini , qui a pour terme le vide absolu , le néant parfait : et nous conçûmes alors l'existence des corpuscules , des atomes , qui n'ont ni forme, ni couleur perceptible à nos sens grossiers, mais qui n'en forment pas moins , par leurs agrégations variées , tous les corps , dépuis les montagnes granitiques jusqu'aux vapeurs subtiles qui se dérobent à nos yeux dans les champs de l'air. Et l'atome fut appelé Ar; au premier aspect, le granit, les pierres précieuses, dont la plus dure est le diamant, se montrèrent à nous comme les agrégations les plus intimes, les plus solides des formes créées ; la pierre et le granit , le cristal de roche et le diamant, furent appelés d'un mot générique.
Arri; et la poussière , ie sable fio qui proyieBueut de leur division moléculaire , AriOa^ Le renversement de ce mol fournit Inbar, ^pression Jbrillante qui désigne les atomes lumineux.
Les atomes, Ar^ liihar, simplement jiixtaposés, ne jioiuTaient former ni les jnasses consistantes des corps, ni les vapeurs subtiles; ils rosleraienl comme des grains de sablo ou de poussière « sans les pressions qui leur donnent leur adhérence. €ctle faculté d'adhérence, «elle de prendre, de saisir, d'absorbcri fut exprimée par le mémo radical savant Ar, sans autre différence que celle empruntée à Taspiration et aux accents, afin d'éviter la confusion. La première des puissances natuxelle, des £)rces attractive^, étant l'amour, on supposa qae les alomcs en étaient doues ; et, en conséquence» le principe mâle, fécondant, vivifiant, fiut qppclé comme l'atome, Ar. Tout ce qui est fort, puissant, attractif et vigoureux , reçut la qualification de Azkar, c'est-à-dire Aslio-ar, sulTisamment mâlci Enfi^i la forqe elle-même fut exprimée par le mot Indar, ce qui est dans le mâle ou dans ralome,c'est-a-dire,* plus savamment, la puissance attractive qui est le principe constitutif des corps. Aussi la lumière et le feu furout-ils établis comme le type des incarnations mâles, de même que l'eau fut coEisacrée à l'élémentfemelle. Les cornes, apanage des animaux mâles, les cornes lumineuses du feu, Adar,
devinrent on symbole de force, de poissance et à% royauté^ dont les prêtres «ées Barbares •chargent leurs mitres , et dont ils ornent, dans le temple da désert» le front du chef do leurs faux dieux.
« Dans toutes les formes de la création divine, il s'^n préson^l deux à nobre admiration, par-desmis tout belles et parfaites, 4{ui sont rinoamaâon et la lumière ; Time composée d^atomes brillants, Ar; Vacdré d'atomes nébuleux que nous concevions sous Taspect dé vers infimrncnt petits, i4n-a; et de ce vadical double combiné avec la terminaison Ghi , qui signifie réunion , agrégation , le verbe sacré fit le nom de la chair, de Vinctxmdili(m , Araghi , et le nom de la lumière, Arghi, conservé encore parles Euskanens de rindoustan.
« Au point do vue des œuvres étemelles, les idées de la création et du mouvement sont inséparables; ndée du repos absolu ne se conçoit que dans le néant des êtres, dans le vide ténébreux. Aussi le mouvement et la création sont-ils Mprimés dans le irerbe euskarien par les mots Ighi, Eghin, et le mot l-ghi désigne- 1- il lui-même une agrégation d*ètres,
La lumière étant la plus belle des incarnations de la vie universelle , est regardée comme la première création de notre monde particulier. C'est ce qu'exprime
le nom du soleil , Iguzhia, Ekhia, signifiant auteur de la lumière, celui par qui Ton voit, en un autre sens le créateur; dénominations d'aiitant plus justes que le soleil, créateur du jour, des couleurs, et de la vie sublunaire, est regardé comme le foyer vivant d'où s'élancèrent , à Taube des temps génésiques, les planètes incandescentes et la nôtre , changée en terre habitable par son refroidissement. C'est le soleil, Ekhia, qui fut la première matière créée, Ekei, sous la main du créateur , EguilQ' C'est de lui que procède la lumière physique, le jour bienfaisant, Eghiona; le jour emblème de l'intelligence divine , soleil infini , centre et foyer de la lumière spirituelle, de la vérité, Eghia; mot sublime qui exprime tout à la fois le champ des créations, Eghinghia, et le champ des visions, Ekusghia!
« Vous avez vu un mont , sourcilleux pendant le crépuscule, sourire au lever de l'aurore et laisser verdoyer ses collines fleuries, quand les premiers rayons du soleil changeaient la rosée en diamants : tel est le front de l'homme sorti du sonmieil de la nuit. C'est là que la volonté divine plaça les deux yeux , Beghiac , c'est-à-dire les deux soleils, Bùekhiac, les deux intelligences corporelles, les deux vérités, Bi-eghiac; les deux miroirs d'où l'imagination emprunte ses évocations, d où l'entendement appelle au tribunal du soleil inté-
- K7 rieur et de Tœil spirituel» les merveilles du monde externe. C'est par les yeux que Thonune voit, Ikhus, Ekhas. C'est par cette vision réfléchie dans le miroir intérieur, que Tin telligence s'instruit, apprend, conçoit» Ikhas, c'est-à-dire Ikhus-as ^ commence à voir la vérité. L'homme ayant acquis la science par les yeux du corps et de l'esprit , peut la transmettre au moyen de la pcirole qui peint les choses à l'imagination et retrace les idées à l'entendement , Erakats, c'est-à-dire les montre, les fait voir^ les enseigne, Ikhus-Erai. Ainsi les yeux de l'homme sont les astres illuminateurs de sa pensée , comme le soleil est l'œil de la nature. L'œil vigilant exprime un gardien , et le soleil est encore appolé Beghiraria, l'argus ou le gardien céleste. Les yeux, selon la poésie inspiratrice de l'idiome de mon peuple , sont l'emblème de la science et de h sagesse , comme les cornes sont un emblème de force , d'éclat, de lumière et de royauté : un agneau portant sept cornes et sept yeux est devenu le mythe de la vérité solaire , le symbole des civilisations euskariennes. »
Ici , le barde , après avoir tenu un instant les mains levées au ciel , laissa retomber la droite avec la branche de chêne; il étendit le bras gauche^ latéralement, veA l'horizon du midi, et resta silencieux, comme pour interroger de nouveau l'inspiration des souvenirs. Ce
fut un signal : une triple saWe J'applaudisse meiiU accueillit celle partie de la Légende vénérée. L'attentiim et rintérèt de Tauditoire Paient excités au plus haut point. Le silence qui se rétablit en un moment, indice du plaisir que les spectateurs prenaient à ce divertièsemenl poétique , prouva Timpatience où ils étaient d'entendre encore le barde. Lara, ou plutôt Âitor , car le jeune improvisateur était profiondément absorbé dans la personnalité de son rôle , acheva sa narration : §•« œil noir étincelait d'un feu magique; l'inspiration le dominait ; et , à mesure qu'il poursuivait son improvisation, sa voix prenait une âme nouvelle , son geste redoublait de majesté.
« L'homme est, après Ddeu, la première puissance de la terre , le représentant , l'ouvrier du Grand-Esprit. Toute œuvre sortie de ses main9 est la réalisation d'une idée préconçue par lui, à l'imitatioa du procédé divin ; il est le créateur du monde soeîal et l'imitateur de Dieu. Composé d'esprit et de matière incarnée; rh<>ixmie est encore regardé, à ju$te titre, oomme l'image du Grand-Etre et l'abrégé de l'univer». Dans sa tète et derrière ses yeux, comme le Très^Haut, Chfhena, voilé par ies astres du firmament « se IrQpve Tesprît terrestre, la lumière périssable, Gogoa, c'wt-à'direla sensation culminante^ ce ipi'il y a do plus haut» ce ipli est éleyé, ce qui plane sur la mémoire et rimaginatîon.
L4I mémoire est le miroir de TinteUigence» et fui appelée en euskarien Oro-Uza, c'est-Mlire le rerbeocealte, la parole universelle, le lîrre inlériour où revivent les sensations et les images, les idées et les couleurs.
« La brute n'a point reçu comme Thomme le don de rintelligenco; elle n^a quo le cri des passions enfantées par le seul appétit: elle ne pense point et n'a ; au lie« d'idées , que des scmations isolées et des senâmento av«Dgles ; elle est incapable do raisonnement. La bnrte* est donc sans liberté morale ; la pensée ne modifie jamais ses impressions irrésistibles, ses besoins impérieinx, dont Tharmonie préétablie forme Tinstinct. Et comme Tinslinct animal réside dons les sens et principalement dans Todorat, du mot Ats, désignant le soufBe, la respiration, la langue sacrée a fait le mot Asm»,, qui qualifie et définit Tinstinct.
< L'homme est appelé dans la langue sacrée G/^t^itm, c'est-à-dire le plus excellent des êtres suMmiaires. htk justice, dont le sentiment est inné dans son cœur, l'ordre^ dont son esprit comprend la beauté et la magnificence, doivent être le but de ses pensées, de ses paroles, de ses actions ei de ses oBuvres. En ce sens le devoir de l'homme, dans la signification la plus étendue que comporte ce mot sacré , est appelé dan» la langue de mon peuple Eghitibidia; mot à mot, le sentier des créations , le chemin des œuvres.
Les Euskariens , par-dessus tous les peuples primitifs, furent les hommes du devoir. Ils ont créé la parole, Tart, la science, adoré la vérité, pratiqué la justice; ils ont fondé, avecla société, la liberté civile principe de tout ordre, de toute harmonie ; et plutôt que d'accepter la servitude des Barbares ou de Timposer aux tribus infidèles , ils se sont résignés à la fuite , à Témigration ; ils ontSeut un pacte avec la mort. L'étranger, au contraire, fut le père de Tesclavage , il imagina la guerre , et produisit Tiniquité ; peuple cruel, superstitieux, idolâtre, il méconnut Dieu, dans sa révolte contre les lois providentielles ; cette révolte fut le résultat des ténèbres spirituelles, et des mauvaises inspirations de Terreur: d'où Terreur et le mensonge reçurent dans la langue sacrée le nom de Ghezurra, qui signifie la source intarissable de tout mal ; et le mal lui-même fut appelé Gaitz, ou Tenfantement ténébreux consacré par une parole trompeuse.
« Mais le mal et le bien, qui sont de Thomme, appartiennent moins à Tindividu qu'aux peuples. L'individu n'est rien que par son agrégation à Thumanité collective ; c'est la goutte dans le torrent. Dans une société forte comme celle de mon peuple, où la loi règne, où les mœurs sont saintes, les exemples sages, l'opinion éclairée, le frein de la discipline puissant, le mal individuel est bientôt réprimé; il ne prend point de
racine dans les esprits el dans les cœurs. La vertu solitaire , au milieu d'un peuple corrompu, est comme un agneau parmi les loups , comme la clarté d'une lampe qui n'éclaire qu'un seul point dans l'épaisseur de la nuit. Aussi, Tavenir prépare dans ses voies providentielles une grande révolution à l'humanité idolâtre, aux Barbares féroces et superstitieux. Ecoutez une vieille prophétie tombée du ciel dans Tesprit des siges; elle a circulé d'un bout du monde à Tautre, parmi les Infidèles, comme une parole mystérieuse, un murmure précurseur des grands événements. Dieu reparaîtra, et avec lui le soleil des intelligences. La vérité des premiers jours chassera les ténèbres, et les acclamations des peuples esclaves salueront un libérateur.
< Que disent les bardes et les devins sur rintelligence divine ! Us la comparent à un fleuve intarissable de lumière « à un océan sans rives de feux et de clartés. Ainsi, des deux mots consacrés à Teau intarissable, au feu clarifiant, m» our, la langue de mon peuple inspiré donne le nom de Znhwr à tous les vieillards , à tous les sages dont Tœil intérieur s'illumine de la vérité de Dieu. Dieu est tout lumière > et tout esprit : ses privilèges suprêmes sont réternité , l'immutabilité , la sagesse infaillible, l'indépendance, la souveraineté,
le libre arbitre , la justice , la miséricorde et par-dessus
tout la lionté , qui lui fit donner dans la langue sacrée de mon peuple , le nom de Joa-am Goihoa , ou le bon Seigneur d'en haut ! Mais aux enfants de ma race, qui avaient Tœil simple et droit, pour trouver ce nom adorable, il ne fallut ni des réflexions pénibles ni le spectacle dégradant de ridolatric qui forme la religion des Barbares. Dans la sérénité des premiers jours qui suivirent les créations génésiques, et dans le jardin terrestre où le Père suprême Tavait placé , TEuskarkai, doué de grâce , d'innocence et de beauté , ne se levait point de la couche nuptiale pour créer le culte superstitieux des fétiches et pour encenser le soleil levant. Le matin avec Taurore, le soir avec les astres de la nuit, il chantait Thymne de Tétemel, Bethikoa; et c'est alors qu'enivré de son bonheur, exalté par la reconnaissance, l'œil inondé des clartés du ciel, et l'esprit de la véritable lumière , il proclama l'être suprême par un cri inspire, le plus beau, le plus expressif des noms divins: lAO ! qui résume à lui seul toutes les puissances de la parole, toutes les harmonies du verbe : nom sacré, resplendissant, dont les Barbares adorent le symbole trinitaire et qui est resté pour les enfants de ma race prédestinée un cri de jubilation , un cri national auquel les Infidèles reconnaissent le guerrier de la montagne, l'Euskarien, comme le chasseur reconnaît le lion du désert à ses rugissements sublimes ! »
A cet endroil , les jeunes Vardules , unissant leurs voix éclatantes, interrompirent le barde et poussèrent leur cri national dont les syllabes trois fois répétées, ia , /// , ia , 6 , ô , n ! reproduisent exactenient le nom divin. Et quand ces acclamations vibrantes eurent cessé de se faire entendre , et que les échos de la montagne eux-mêmes furent rentrés dans le silence; un vent frais, sorti do la profondeur du vallon de Ghérékiz, vint agiter l'arbre de la peuplade et faire frissonner son feuillage. . . semblable a ce souffle mystérieux et terrifiant qui se lit sentir à la face du prophète , pour lui annoncer le passage de l'Esprit. . .
Pour nous, fidèle imitateur des anciens bardes, nous n'avons pas le dessein de décrire ici les fêtes de la Religion des Cantabres; cette peinture demanderait un autre cadre et d'autres pinceaux. Nous nous bornerons à constater que la légende d'Aïlor dévoile le sens historique et les richesses philosophiques d<; la langue ibériennc , aulanl que le permettaient les difficultés du récit. Où nous avons glané, que d'autres chercbont une moisson plus bcllo !
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