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assemblées se tenaient en plein air, sous un des chênes de liberté, en présence de la population réunie. Tous avaient le droit d'observation. Mais soit que les anciens gardassent dans la main le pan de la dalmatique, soit qu'ils en laissassent tomber les plis, la paix ou la guerre, tout était adopté sans discussion. La décision des vieillards était suprême et sans appel ; oà la savait dictée par le patriotisme le plus pur, et c'était la bouche de V homme d'âge qui l'avait prononcée. Une semblable agrégation a nécessairement une force réelle, puisqu'elle présente un ensemble parfait. Les Ibères, après être devenus un objet de pitié, même pour leurs impitoyables ennemis, devinrent aussi un objet d'admiration, de respect et de terreur. Les rôles avaient changé. Aussi, les Celtes d'un côté, les Gaulois de l'autre n'osaient-ils pénétrer dans l'arche des montagnes cantabriques, défendues par un peuple de sages et de héros. Le Celte, qui avait culbuté, détruit les premières colonies ibéiîennes, ne se hasarda pas à en attaquer les débris. Océan , il s'arrêta devant Tordre, la volonté puissante, rugit autour des barrières indiquées, mais ne songea point à les dépasser.
La résignation des Ibères , leur attitude forte , leur sagesse et leur antiquité déjà connue, puisque du Caucase aux Pyrénées ils avaient eu partout des établissements; tant de motifs attirèrent les regards sur eux. Mais tous ces regards n'étaient pas d'admiration ; la cupidité en avait sa part. Les socs de charrue en or, dont les Ibères s'étaient servis dans les premiers temps, à défaut de fer, avaient causé leur destruction par d'avides barbares. Les vastes incendies des forêts pyrénéennes et d'anciennes éruptions volcaniques avaient rejeté l'or et l'argent à la superficie de
— xiij — la croûte végétale, et les faisaient rouler avec Teau des fleuves et des torrents. Les Phéniciens^ poussés par lasoU^ des richesses, se présentèrent en liOO avant Xièsos- Christ, pour établir un rapport commercial avec les Euskariens. Ils savaient, les trafiquants de TOrient, que la sagesse des vieillards avait interdit dusx colons de la montagne Tusage de ces brillants métaux. Les Phéniciens, en échange it quelques marchandises de peu de valeur, chargèrent lauES vaisseaux de richesses, et remplacèrent par de l'argent le plomb et le fer qui entraient dans leurs ancres et diverses parties de leur grément. Par suite de ce résultat, ils furent réputés en Asie une des plus opulentes nations.
Nous voyons dans ce coup d'œil rapide sur les Ibères, la simplicité des mœurs s'unir aux plus touchantes, comme aux plus nobles qualités. Nous retrouverons cette riche nature, comme un sceau ineffaçable dans toutes les circonstances de leur histoire. Nous verrons ce peuple toujours digne de lui à chaque époque; et, disons-le sans crainte, puisque le temps s'est chargé de le prouver et qu'en outre le tableau va s'en dérouler devant nous, les nations devaient, comme les siècles, passer, changer, tomber se relever tour - à - tour devant l'Euskarien. Et lui, du haut de ses montagnes, il devait dominer, inamovible et attentif, la scène de ces gigantesques secousses, spectateur du bouleversement des peuples, comme les astres du haut du ciel assistent aux bouleversements du globe terrestre. Posé, comme un de ses bardes inspirés, l'Euskarien, appuyé d'une main sur le Labarum teint de son sang, monument de son indépendance; tenant de l'autre la hache du guerrier; vierge lui-même de toute domination étrangère; oui, l'Euskarien fut conduit par