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Histoire primitive du genre humain

Des travaux nombreux ont été entrepris depuis trente ans, avec le zèle le plus louable et le succès le plus heureux, dans le but de jeter quelque lumière sur les commencements du genre humain. Je veux parler de ce que des Français^ des Anglais, des Allemands, des Italiens ont fait avec une noble émulation, pour faire connaître , déchiffrer et juger sainement les plus anciens monuments de l'Egypte, de l'Asie-mineure, de la Babylonie, de l'Assyrie, de la Perse et de l'Inde. Il s'est formé dans la capitale de la France une société qui, à l'aide d'une publication périodique, fait part au monde savant des résultats de ses études sur les antiquités de l'Orient. — L'étude comparée des langues, science à peine connue il y a un siècle, a de son côté fait de grands progrès et aidé à obtenir des résultats que l'on ne peut révoquer en doute, et qu i répandent une lumière inattendue sur des parties de

VI ÀVAINT-PROPOS.

l'histoire primitive au sujet desquelles tout autre document manquait.

À côté de ces vastes travaux, qui ne sont possibles qu'avec l'appui des souverains ou par la réunion et le concours des forces individuelles, des savants isolés ont consacré leurs veilles et leur pénétration à l'étude de l'un ou l'autre peuple ancien ou d'une partie déterminée de l'antiquité. Je me contenterai de citer en ce genre 1° l'Histoire de la Phénicie, par Movers, ouvrage qui a obtenu avec raison une approbation universelle, et les Antiquités indiennes, par Lassen. Ajoutons y encore le travail de Knobel, professeur à Giessen, sur la généalogie des peuples tracée par Moyse au chapitre X de la Genèse ; ouvrage de peu d'étendue, mais qui se distingue par une érudition sage et une grande force historique.

L'histoire de l'humanité est un comme organisme, c'est-àdire qu'une partie, un membre particulier, n'y a sa vraie signification, qu'autant que sa position relativement au tout y est exactement établie. Ma charge de professeur public dans une université allemande, m'impose le devoir de traiter dan mes leçons les époques les plus importantes du vaste domaine de l'histoire, et nommément les commencements de l'histoire des peuples. C'est l'accomplissement de ce devoir qui a attiré mon attention sur les travaux susdits des savants modernes; et, en m'y appliquant, j'ai reconnu la nécessité de considérer chaque partie au point de vue de l'ensemble.

Ce que je viens de dire suffit pour mettre le lecteur au courant du but de cet ouvrage. S'il ne recule pas devant la peine d'en prendre une connaissance exacte, il se convain-

AVANT-PROPOS. Vil

cra que les recherches historiques, favorisées par toutes les ressources qu'une série de circonstances favorables nous ont rendues accessibles dans ces derniers temps, conduisent à des résultats qui s'accordent pour l'essentiel avec l'ancienne tradition, combattue en vain par les décisions magistrales d'écrivains présomptueux.

à.-Fr. Gfroerer.

Fribourg, mars 18So.

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