TOME IV
maintenant bien près d’être persécuteur, tous se tds faisant à l’envi litière de leur honneur et de leur foi. Alors un homme se lève, le petit prêtre comme le nommait Nipolton à D'une voix un peu tremblante d'émotion, mais d’un cœur ln avec toute la lucidité de sa ferme et saine raison ; ds
| homme ble 1 nt que ce beau geste d'indépendanc e chrétienne fût le dernier de sa mesh ,
RIM NRA On vient de voir les D pie
législatif C rest- ide le Conséit des Cinq one ce le Cons des Anciens, devait, au printemps de 1797, se Rs
fi minal 4 mars 1797), les LS SnlE es denis le 20. Que M 6e nouveau tiers fût choisi parmi les modérés, et du M eoup, la majorité se déplaçant, la liberté des cultes, depu: ; silongtemps souhaitée et poursuivie, deviendrait réalité.
Tout ce que peut tenter un gouvernement inscrupuleux et arbitraire, le Directoire lessaya pe capter | les die ‘et prolonger l'oppression.
T1 s'applique d’abord à regraver les lois de 1792 et de 1798. De toutes ses forces, il repousse les vues libérales de ceux qui, se fondant sur l’abrogation partielle de la loi du 3 brumaire an IV, aspirent à clore l’ère des proscriptions. Tout. au plus, pour ménager ce qui s’est réveillé de sensibilité, Jaisse-t-il entendre qu’à la peine de mort pourra se subs-
Co
tituer, pour les ecclésiastiques réfractaires demeurés en
En ces contrées inhospitalières, les déportés Mourront peut-
ourra soi-même se vanter de n’avoir pas versé le sang.
dversaires irréductibles de la République. Le Directoire n’y | manque pas. Justement, au ministère de la Justice, au minise de la Police, les cartons sont encombrés de délations : les émanent des jacobins fanatiques ou laissés sans place, acquéreurs de biens nationaux, et aussi de quelques tres apostats. Il suffit d'extraire les feuilles et de les ras-
nq-Cents avec un nouveau Message où l’on réclame des
e la patrie ».
4 Quelle ne serait pas la bonne fortune si l’on surprenait les prêtres fanatiques en flagrant délit d’attaques contre les is ! Le 11 germinal (2) — neuf jours avant les assemblées ectorales — le Directoire se plaint que, dans les rapports urnaliers, on paraisse négliger « la surveillance des temples
ins sur cette partie de ses attributions ». Le moment est propice ; car on est dans le temps de Carême ; les églises, les oratoires sont pleins: et il sera facile, on Pespère, de noter quelques paroles où se refléteront l'esprit contrerévolutionnaire et la désobéissance aux décrets.
Un autre artifice serait de subordonner le droit de suf-
(4) 17 février 1797, : ne (2) 31 mars 1797.
France, la peine de la relégation en quelque terre éloignée.
être de fatigue, d’épidémie, de misère; mais on se flatte \ : ! que, dans l'intervalle, le pays les aura oubliés: et Von 1
À la veille des élections, une habileté fort opportune, ce sera de dénoncer les ecclésiastiques insermentés comme les
embler en dossier. On constitue de la sorte soixante-six \ liasses ; et le 29 pluviôse (1) on les dépose au Conseil des
desures proimptes et sévères « contre les éternels ennemis
et autres lieux consacrés à l'exercice du culte »; en COnséuence, il invite le ministre de la Police à « porter tous ses
frage à un engagement qui écarterait les plus scrupuleux des catholiques. De longue date, le Directoire avait porté de ce côté sa sollicitude. Dans ce but, il avait demandé q
les électeurs fussent, comme les fonctionnaires, astreints à. prêter le serment de haine à la royauté prescrit par la loi du.
7 vendémiaire. À l’inique exigence, les Conseils s’opposèren de là une transaction : aucun serment ne serait exigé, ma une simple promesse de fidélité à la république et à la cons titution de l’an III (À). GE
La Villeheurnois, enfin un intrigant vulgaire qu’on appe Duverne de Presles. Ces trois hommes s’agitaient dans Par ma s’efforçant de recruter des partisans. Leur but, bien ambitieux pour leurs faibles moyens, était l'arrestation d Directeurs, la dispersion des Conseils, l'occupation de Paris, la conclusion de la paix avec les puissances étrangères, puis. une amnistie générale au nom du roi. Ainsi qu'il était arri aux amis de Babeuf, trop de confiance les perdit. Ils co fièrent leur plan, plus chimérique que redoutable, à d militaires, le chef d’escadron Malo, et l’adjudant génér d = Ramel commandant la garde du Corps législatif. Ceux se firent tout révéler, puis dénoncèrent tout. Le 11 pluviôse, les conjurés furent arrêtés. Le Directoire tenait sa conspi-, ration et, tout à son aise, pouvait l’exploiter. Cette fois, et. comme par hasard, la justice se montra clémente : le 19 ger-… MR minal, Brottier et Duverne de Presles furent condamnés à dix! mt ans de réclusion, La php à un an d'emprisonnement .
(1) Séance du Conseil des Cinq-Cents, 26 ventôse an V, et du Conseil des Anciens, 30 ventôse an V (Moniteur, 2 et 5 germinal an V). $
ess be :
On touchait à l’époque des élections. Visiblement ni ma-
nœuvres, mn circulaires, ni étalage de complot, ne réussiraient à conquérir ou à ramener l'opinion publique.
ni
Des lois persécutrices, même légèrement mitigées, le peuple ne veut plus. Longtemps les déclamations anti- | religieuses ont été applaudies. Maintenant les moins dévots demeurent sceptiques : ce qu’ils souhaiteraient, c’est l’ordre dans les finances, un meilleur choix des Lbctionaares par- dessus tout la paix au dehors ; qu’on leur donne tout cela, et qu’on laisse le culte à qui le veut.
Le Directoire recommande au ministre de la Police de
surveiller les églises. Mais le ministre est-il lui-même bien
sûr? C’est Cochon- -Lapparent, un homme habile, de calcul
rafliné pour prévoir l’avenir, assez modéré d’ailleurs par nature et qui le serait tout à fait s’il n'avait le malheur d’être régicide. Il transmet à ses agents les réquisitions du gouver-
nement ; ceux-ci se répandent dans les églises, dans les ora- toires, griffonnent des notes, dressent des rapports, mandent
à tout hasard au bureau nl quelques prêtres. Mais de
l’aveu même des policiers, ces ecclésiastiques ne paraissent
. «ni brouillons, ni fanatiques » ; ils répondent « avec calme et
décence »; en se retirant, ils invitent les agents à continuer
leur surveillance : de la sorte, disent-ils, on s’assurera « de la pureté de leurs intentions et de leurs principes ».
A la politique jacobine décidément la France veut échap-
per. Les officieux font grand bruit du complot Brottier :
. l'impression est médiocre et bien vite dissipée. Le 11 ven-
. tôse, une proclamation est affichée où le Directoire exprime l'espoir que les élections de germinal « creuseront le tombeau
de toutes les factions » : le publie lit négligemment, les uns gardant le silence, les autres observant que la pire faction est celle qui gouverne. Le 15 ventôse, la voie du sort décide quels représentants seront tenus à réélection : quand les journaux publient la liste, un seul regret se formule, non
qu’un tiers des députés parte, mais qu’on soit obligé de
conserver le reste. La promesse de fidélité, imposée comme condition au droit de vote, ne paraît elle-même qu’un médiocre obstacle : elle ne nous embarrasse point, disent les modérés ; elle ne nous lie pas, ajoutent les royalistes, car elle est extorquée par force, et d’ailleurs elle est contraire à la Constitution.
Par une seule puissance, celle de la crainte, le Directoire eût dominé ses adversaires. Mais tout lui manquait, même l'art de tyranniser avec suite ; et il ne soutenait que d’une main débile, quoique capricieusement violente, les lois qu’il refusait d’abroger. On ne le redoutait pas, le jugeant faible, pas plus qu’on ne le respectait, le jugeant peu digne de respect. Une sorte de ridicule s’attachait à ces hommes si fastueux de costume, si solennels de parole mais si vides de conceptions, — et en réalité si minables en leur somptueux palais. Peut-être eût-on subi l’ascendant d’un chef unique; le prestige s’évanouissait en se divisant sur cinq têtes. Une opinion s'était établie — un peu trop vite acceptée, — celle qu’il ne serait jamais bien tragique de fronder les directeurs ou, comme on disait plaisamment, les pentarques. De là un plaisir d’autant plus vif qu’on pouvait, croyait-on, l’acheter. sans trop de risques et que depuis longtemps on ne l’avait pas goûté, celui de braver.
On le vit bien au scrutin qui s’ouvrit. Sur 216 anciens conventionnels sortants, 11 seulement furent renommés (1). Les nouveaux élus étaient, sauf de très rares exceptions, les! adversaires résolus de la faction jacobine. Allait-on, après tant de vicissitudes, voir se fonder la république libérale, celle qui pratiquerait l’équité, répudierait les proscriptions,. assurerait la paix civile? Pendant quatre mois, on put l’espérer.
(1) ScrouT, Histoire du Directoire, t. LIL, p. 317.