PUBLIQUE LI
BÉRALE
Il faut revenir au Directoire, aux Conseils. Aussi bien histoire religieuse ne peut se séparer ici de l'histoire politique; car, dans les violences qui se préparent, ce sont les
catholiques qui sont visés.
Ce noble effort pour fonder la République libérale attriste
presque autant qu’il attire. La tâche se poursuit à travers de telles embûches qu’on sent qu’elle n’aboutira pas ; et dans
l'esprit, une mélancolique impression se grave, celle que la France ne fera que traverser la liberté et ne s’y fixera point.
Ce n’est pas qu’en leur précaire fortune, les membres des Conseils se soient découragés. Le 2 thermidor (20 juillet 1797), ils avaient, en dénonçant l'avance des troupes,
démasqué les menées de Barras. Ils sentaient que le péril k |
n’était qu’ajourné. Dans cette prévoyance, ils s’appliquèrent, par diverses mesures, à défendre leurs prérogatives et, avec.
elles, la légalité.
Ils décidèrent d’abord, avec une solennité ui nous semble ? {
aujourd’hui un peu puérile, que des poteaux marqueraient
sur chaque route la limite de six myriamètres qu'aucune ï force publique ne devrait franchir. Sur ce poteau serait inscrit l’article 69 de la Constitution de l’an III qui édictait
cette défense. En outre, et sauf le cas d’invasion, aucun chef
d'armée ne devrait ordonner de mouvements de troupes hors de son commandement sans autorisation du Directoire qui, de la sorte, ne pourrait dans l’avenir invoquer son ignorance ou se dérober (1). Les cercles constitutionnels, créés
(1) Lois des 10, 11, 13 thermidor an V (DUVERGIER, Collection des lois, EX p.67)