I. — LES COUVENTS D'HOMMES I. — LES AUGUSTINS DE M0NTPELLIER
Un des plus anciens et des plus riches couvents d'hommes établis dans la ville épiscopale était celui des Augustins. Cette maison condamnée à une démolition complète (1563), fut remplacée par une autre, entre l'hôtel des monnaies et le boulevard de l'Esplanade (1643) ; on y ajouta une chapelle qui fut dédiée à Notre-Dame-de-
(1) Voir le N» IV, Les Seigneurs temporels de Fane. Dtoc, de Montp.
(2) Arch, de l'Hérault, SérieH, Fonds des Augustins ;—L. Goiraud, La paroisse Saint-Denis; — D'Aiorffeuille, Hist. de Montp» !!• partie, Ch, vni,
Grâce et qui subsiste encore aujourd'hui sous le nom ^Oratoire de Saint-Avgusiin^ desservie .par les Pères Carmes. A la Révolution, le personnel des Augustins comptait 7 religieux.
IL — LES BÉNÉDICTINS D'ANIANE(i)
Avant la Révolution, les religieux de Tordre de S. Benoît possédaient dans le seul diocèse de Montpellier trois abbayes : une d'hommes à Aniane et deux de filles à ' Saint-Geniès et à Gigean. Nous n'avons à parler ici que de la première. Fondée par S. Benoît, fils du comte de Maguelone, en 782, à l'entrée d'une fertile et riante vallée (2), l'abbaye bientôt peuplée de BOO moines, ne tarda pas à se voir entourée de nombreux colons qui donnèrent naissance à la ville d' Aniane, aujourd'hui cheflieu de canton du département de l'Hérault. Ruinée par les guerres de religion, elle fut rappelée à son ancienne splendeur par un de ses abbés commendataires, Clément de Bonzi, qui la confia aux religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.
En 1789, l'abbé commendataire était Jean-Baptiste de Joussineau de Tourdonnet, vicaire-général de M. de Polignac, évêque de Meaux et chanoine de ce diocèse (3).
(1) Arch. de THérault, Série H, Fonds des Bénédictins d' Aniane; Reg. des recettes et des dépenses; — Paulinier, Saint Benoît d*Antane et la fondation du monastère de C6 nom, dans les Mém. de l'Académ. des se. et lett. de Montp,, t. \, p. 1-87; — Saurel, Vie de Mgr de Villeneufve; — Fisquet, Dioc, de Montp.; — Soupairac, Dtct. hist. et géogr»
(2) L'abbaye d'Aniane avait une partie de ses terres dans le diocèse de Montpellier et l'autre dans celui de Béziers. Les premières donnaient à Tabbé commendataire un revenu de 600 livres (Vie de Mgr de Villeneufve, p. 103).
(3) Nommé en mars 1782, dépossédé par la Révolution, il obtint après le Concordat, un canonicat à Meaux, où il mourut à l'âge de 77 ans, le !•«■ décembre 1810.
LES BÉNÉDICTINS d'aNIANE 29
Les religieux attachés à la maison d'Aniane étaient généralement estimés dans le pays. On y comptait 9 prêtres, y compris le P. Marie-François Raymal, prieur claustral et le P. Pierre Donnadieu, sous-prieur, 6 diacres et 1 sousdiacre (1).
Le service paroissial proprement dit était fait par un curé et deux vicaires, tous nommés et rétribués par l'Abbaye (2).
On attribuait généralement à TAbbaye 12,000 livres de revenus. La vérification que nous avons faite des recettes et des dépenses sur les registres de la maison nous permet de préciser les chiffres et de les combiner. L'inventaire dressé sur les lieux par la municipalité d'Aniane (3) reconnaissait que les recettes annuelles
s'élevaient à 26,780 livres 6 sols 8 deniers
et les dépenses à 13,597 — 11 — 8 —
avec mention des aumônes en argent et en pains distribués habituellement aux pauvres de la localité (4), et des dépenses accidentelles pom^ réédifications,
(1) Arch. de THérault, Fonds des Bénédiclins d'Aniane, Reg, des recettes et des dépenses,
(2) Au moment delà Révolution, Aniane n'avait qu'un seul vicaire, en fonctions depuis 4 ou 5 ans, et nommé Radier. Le curé André Tindel, de Boujan, qui avait sagement administré la paroisse jusqu'en 1785, se rangea du côté de la municipalité contre les Bénédictins, â propos des cérémonies extérieures du culte préludant ainsi à ce qu'il devait accomplir un jour.
(3) Le 6 mai 1790.
(4) D'après une transaction passée entre l'abbé et les religieux du monastère (1648)^ ceux-ci devaient chaque année, de la Toussaint à la Saint- Jean^ donner aux indigents 100 setiers de « misture » (mélange de grains); mais ils ne s'en tenaient pointa celte aumône et donnaient beaucoup plus, ne se refusant jamais à venir en aide aux malheureux; il sulhsait qu*ils leur lussent signalés par le curé de la paroisse.
réparations et entretien des églises et autres bâtiments des prieurés dépendant du monastère, qui élevaient la totalité
des charges à 20,000 livres 11 sols; réduisant ainsi la
véritable recette à 6,585 — 4 — somme qui n'était point exagérée, tant s'en faut, pour Thonnête entretien de 16 religieux et des serviteurs de l'Abbaye. Celle-ci était taxée en Cour de Rome à 813 florins, au dire de Du Mège (1).
in. — LES CAPUCLNS
Les Capucins possédaient 4 maisons dans le diocèse, et comptaient un total de 60 religieux.
lo Les Capucins de Montpellier (2) avaient été appelés dans la ville épiscopale par M. deFenoillet en 1609. Ils en sortirent au moment où les Huguenots se préparaient à soutenir le siège de cette place contre Louis XIIL Rentrés en 1024, ils acquii*ent successivement plusieurs immeubles situés au cœur de Montpellier et formèrent un établissement très considérable dont ils jouirent jusqu'à la Révolution.
2° Les Capucins de Lunel (3). — L'autorisation accordée par l'évêque diocésain d'établir à Lunel un couvent de Capucins date du vendredi 21 décembre 1640. Le roi, par ses lettres de fondation, permit à ces religieux de se servir pour le construire, d'une partie de ce qui restait des murailles de la ville. La première pierre de la chapelle fut posée au nom de M. 'de Fenoillet, par M. Des Andrieux,
(2) D'AiGREFEuiLLE, Hist. de Montpellier y W partie, Ch. x.
(3) Arch. de l'Hérault, Fonds des Capucins de LuneL — L*abbé RoûET, Not, sur la ville de Lunel, Montp., Seguin, 1878, in-80; — Th. MiLLEROT, Hist, de la ville de Lunel, Montp., Martel, J880, in.8^