‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 106 sur 141 · CHAPITRE PREMIER LES ÉTATS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LES ÉTATS GÉNÉRAUX

(8 août i788 ' 6 octobre 1789)

SOMMAIRE. — I. Convocation des Etats généraux. — II. Les vœux et doléances du clergé des sénéchaussées de Montpellier, — III . et de Béziers, -— IV. du chapitre Saint-Etienne d'Agde, — V. du tiers-état de la sénéchaussée de Montpellier. — YI. Les chapitres Saint-Nazaire et Saint-Aphrodise de Béziers demandent à être représentés. — VII. Les élections. — VIII. Le clergé de la sénéchaussée de Béziers nomme l'abbé Gouttes, curé d'Argelliers, et Fabbé Martin, curé de Saint-Aphrodise de Béziers. — IX. Le clergé de la sénéchaussée de Montpellier nomme M. de Malide, son évéque. — X. Les députés de Montpellier et de Béziers. — XI. Ouverture des Etats généraux ; Serment du « jeu de paume ». — XII. Prise de la Bastille ; l'abbé Gouttes, secrétaire du comité des recherches. — XIII. M. de Malide soutient la création des milices patriotiques. — XIV. Cérémonies religieuses et réjouissances publiques. — XV. Gouttes sollicite des secours pour les combattants de la Bastille et une amnistie. — XVI. Le chanoine Gigot, membre du conseil permanent et du bureau de sûreté ; Les abbés Cussac, Manen, Crespin et Sabatier, commissaires régénérateivs. — XVII. Abolition de l'ancien régime ; Mandement de M. de Malide. — XVIII. Louis XVI demande des prières aux évéques; Nouveau Mandement de M. de Malide; Mandement de

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M. de Saint-Simon, évoque d'Agde. — XIX. Le « Vélo » et les représentants de Béziera et de Montpellier. — XX. Les biens d'église et l'abbé Gouttes. ^ XXI. Le Roi conduit à Paris; le curé Martin déplore rabaissement de la royauté.

I. — Afin de porter remède au désordre des finances du royaume, pressé d'ailleurs par l'opinion publique, et cédant à la nécessité des circonstances, Louis XVI avait fini par consentir à convoquer les Etats généraux, dont il fixa d'abord l'ouverture au !«' mai 1789. Cette convocation est l'événement le plus important qui se soit jamais produit en France. « L'ancien régime » ne laissera bientôt plus de traces et s'effacera devant « l'ère nouvelle » qui surgit à l'horizon. Le reste de Tannée 1788 est employé à préparer cette phase mémorable de notre histoire nationale.

IL — Dans les nombreuses réunions tenues aux chefslieux des sénéchaussées de Montpellier et de Béziers on s'occupe des brûlantes questions du jour. Les habitants des villes et des villages, les corporations (alors si conéidérables), tous les Français âgés de 25 ans et payant une minime contribution, sont invités à faire entendre leurs plaintes, ou, comme on disait à cette époque, leurs doléances, et à les constater par écrit. Les cahiers sont rédigés. Les trois ordres du clergé, de la noblesse et du tiers-état des sénéchaussées de Montpellier et de Béziers formulent séparément leurs vœux et préparent des réformes.

Dans son cahier de doléances, divisé en 30 articles, le clergé de la sénéchaussée de Montpellier renonce à ses anciennes exemptions pécuniaires et se soumet à contribuer avec toutes les autres classes de citoyens et dans la même mesure à toutes les impositions, royales, provinciales et locales. Il réclame la réforme du Gode civil et

criminel ; la liberté personnelle ; le rachat des péages, la suppression des douanes intérieures et dès gabelles; Tencouragement de l'agriculture. Il demande l'exécution des Ordonnances sur la sanctification des dimanches et fêtes; la tenue des conseils provinciaux et la conservation des ordres religieux ; la répression de la corruption des mœurs et des scandales publics; la prohibition de la liberté de la presse, pour tout ce qui est contraire à la religion, aux bonnes mœurs et à la tranquillité publique ; la régénération de renseignement et l'amélioration du sort de ceux auxquels il est confié; la protection des hôpitaux ; la conservation et l'éducation des enfants nés d'un commerce illégitime. Il prie le roi de veiller à la réformation des chambres diocésaines ; à la correction des abus dans l'administration des économats ; à l'amélioration du sort des curés et des vicaires par l'augmentation de leur portion congrue, et des pensions de retraite pour ceux qui sont âgés ou infirmes; à l'amélioration du sort des chanoines des collégiales de Sainte-Anne, de Saint-Sauveur et des chapellenies du Palais, ou leur suppression moyennant une indemnité accordée à chaque titulaire ; les chanoine» de la Trinité, dont la nomination était du patronage mi-ecclésiastique et mi-laïque, ne demandaient pas leur suppression, mais leur conservation, ' disant que « les supprimer serait attenter au droit sacré de propriété ». Enfin le clergé de la sénéchaussée de Montpellier réclamait l'abolition du casuel forcé, dans les campagnes; il exprimait en outre le désir que la collation des bénéfices-cures, de patronage ecclésiastique, appartint désormais aux évêques diocésains (1).

(1) Cahier des doléances de f ordre du Clergé de la sénéchaussée de Montpellier. — E. Roschach, Etudes historiq. sur la Province de Languedoc; - Toulouse, Privât, 1876,

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m. — Le cahier des doléances du clergé de la sénéchaussée de Bôziers, de moitié moins long que celui de Montpellier, renfermait 34 articles dont plusieurs étaient presque identiques, sinon pour la forme, du moins pour le fond. On y réclamait tout d*abord. le seul culte public de la Religion catholique, apostolique et romaine ; l'établissement d'un séminaire dans chaque ville ayant une Université, où les ecclésiastiques pourraient prendre les grades. On demandait de faire exécuter les Ordonnances relatives à la sanctification des dimanches et des fêtes ; la réglementation des rapports des non-catholiques avec le clergé, pour ce qui concernait l'état-civil ; la remise en vigueur des conciles nationaux et provinciaux, ainsi que des synodes diocésains ; l'uniformité des livres liturgiques et de catéchisme; l'égale répartition des impôts; le retour périodique de la tenue des Etats de la province; l'abolition des lettres de cachet; la suppression des gabelles ; la liberté de la pêche sur tous les parages de la Méditerranée ; la réformation du Gode civil et criminel. On demandait encore l'établissement dans chaque diocèse d'une maison de charité pour les enfants illégitimes et pour les enfants des indigents; une autre maison pour les infirmes et un bureau pour la suppression de la mendicité. On faisait des vœux pour l'abolition de certains édits qui assujétissaient les Congrégations de France et les Bénédictins de Saint-Maur à diverses formalités; pour l'amélioration du sort des membres du clergé attaché aux paroisses; pour l'abolition du casuel, la conservation des ordres religieux, la suppression de tout droit de maîtrise et de jurande, et pour le rétablissement des archiprôtres, des prieurs et des curés dans leurs anciens droits (1).

(!) Cahier des plaintes, doléances et remontrances de l'ordre

ly. — Ce n'étaienl pas seulement les ecclésiastiques des sénéchaussées de Montpellier et de Béziers qui venaient de formuler ainsi leurs aspirations. Tous les corps religieux, appelés également à exprimer leurs sentiments, s'étaient réunis et avaient dressé leurs cahiers respectifs. Qu'il nous suffise de mentionner, comme spécimen des réclamations des chapitres, celles des chanoines de la cathédrale Saint-Etienne d'Agde. Elles ressemblent beaucoup à celles dont nous venons de présenter le résumé. Les chanoines y demandaient « une représentation plus exacte des chapitres à l'Assemblée de la sénéchaussée ; — • la contribution proportionnelle aux charges de l'Etat; — la régularisation de la perception de la dîme; — l'amélioration des cures; — le maintien des Ordonnances touchant la sanctification des dimanches et fêtes; — le rétablissement des Conciles nationaux et provinciaux ; — la fréquence des synodes; — La réintégration des chapitres cathédraux dans leurs anciens droits, au point de vue administratif des diocèses ; — l'allégement des dettes du clergé et une nouvelle répartition des décimes; — la ré formation du Code civil et criminel ; — l'abolition de la vénalité des charges; — la modération des droits de contrôle; — l'abolissement des lettres de cachet; — la suppression ou l'égalité des gabelles;— l'exécution des Ordonnances contre les livres immoraux ou impies ; — la réforme, dans les universités, au sujet de la facilité avec laquelle on conférait les grades ; — la liberté de la pêche sur les côtes de la Méditerranée (1) » .

du Cierge de la sénéchaussée de Béziers ; — E. Roschach, Etude hist. sur la province de Languedoc.

(1) On trouvera le texte de ces doléances parmi les Pièces Justificatives du livre ii, N* XVL

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V. — Nous ne ferons pas le relevé des cahiers des deux autres ordres de nos sénéchaussées : et par un coupd'œil rapide jeté sur un de ces cahiers, on pourra juger des autres. Nous prenons pour exemple celui des vœux, doléances et supplications du tiers-état de la sénéchaussée de Montpellier; nous l'ouvrons à la rubrique, Eglise, et nous voyons l'Assemblée demander la prohibition de la sortie du royaume des sommes envoyées à Rome pour bulles, annates, dispenses et droits quelconques, soit à l'occasion des mariages, soit à l'occasion de la collation des bénéfices, soit pour tout autre motif; — l'abolition de la pluralité des bénéfices et l'observance de la loi de résidence pour ceux qui en sont pourvus ; — le renvoi au dimanche de la plupart des fêtes; — la réforme de ce qui tient à la dîme. Au cas où on la supprimerait, pourvoir à la subsistance des prêtres; mais du moins modifier les règlements établis, attendu que la dîme, à la manière dont elle est perçue, est devenue le plus grand fléau de l'agriculture ; — soumettre à un abonnement pour la dîme tous ceux qui participent aux prières de l'église et à l'administration des sacrements. Le tiers du montant de l'abonnement serait prélevé au profit de chaque paroisse, pour être employé à la subsistance des pauvres. On demandait enfin que la portion congrue des curés fut augmentée et le casuel supprimé (1).

VI. — A Toulouse, le chapitre métropolitain résolut de supplier le Roi d'accorder, suivant les anciens usages, au clergé du second ordre de Languedoc le privilège d'envoyer ses représentants aux Etats généraux, et afin de donner plus de force à sa réclamation, il adressait à tous les chapitres cathédraux de la province une lettre-

Ci) Arch, nat., B, m, 93, f»- 481-553,

circulaire pour les inviter à se joindre à lui. Le chapitre cathédral de Saint-Nazaire, de Béziers, accepta la proposition qui lui était faite et chargea un de ses membres, le chanoine Durand, de communiquer au chapitre collégial de Saint-Aphrodise, la lettre qu'il écrivait au Roi. La raison de cette demande collective est facile à deviner. C'est que les chapitres tout en ayant avec les évêques placés à leur tête des intérêts communs, en avaient aussi de particuliers et qui ne pouvaient être confiés qu'à euxmêmes. Au bas de la lettre signèrent les prévôts et délégués du chapitre cathédral Saint-Nazaire et du chapitre collégial Saint-Aphrodise.

VIL — Un arrêt du 27 décembre 1788 voulait que le nombre total des députés, fixé à 1,000 au moins, fût formé en raison de la population et des contributions de chaque bailliage; que le tiers-état eut autant de députés que les deux premiers ordres réunis, et que tout Français domicilié, majeur et inscrit au rôle des contributions fut électeur et éligible. L'article du règlement concernant le clergé portait : « Les ecclésiastiques possédant bénéfices, les curés des paroisses, etc., comparaîtront en personne, ou par procureur fondé, à l'assemblée du bailliage principal. Dans chaque chapitre séculier d'hommes, les chanofnes nommeront un député sur dix, pour comparaître à l'assemblée du bailliage ; les autres ecclésiastiques attachés au chapitre, un sur vingt présents; les autres corps ou communautés nommeront un seul député. Les ecclésiastiques des villes, non possédant bénéfices, choisiront un député sur vingt ecclésiastiques ; les ecclésiastiques non résidant dans les villes comparaîtront en personne, sans pouvoir se faire représenter par procureur ». Ces députés n'étaient que des électeurs qui se réunissaient dans les lieux désignés pour y nommer des représentants aux Etats généraux. Il en était de même

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pour la noblesse et pour le tiers. Toutes les élections se faisaient à deux degrés. Les assemblées primaires choisissaient les électeurs et ceux-ci les députés.

On avait fait entendre au clergé du second ordre, composé en grande partie de curés et d'ecclésiastiques d'un rang inférieur que, s'il choisissait ses délégués parmi les hauts dignitaires de l'église, il n'obtiendrait jamais la réforme des abus dont il se plaignait, ni l'amélioration de son état matériel. On avait fait circuler des lettres pleines d'insinuations perfides contre les évéques et leur prétendu despotisme. Aussi les élections se ressentirentelles de cet esprit de méfiance et de jalousie, auquel se mêlait un peu d'ambition; 47 évêques seulement furent choisis pour députés, sur 290 ecclésiastiques (1).

VIII. — Dans les généralités de Béziers et de Montpellier, c'était plus que de la méfiance et de la jalousie; c'était bien de l'ambition. Les curés voulaient repousser les évêques et s'emparer de la députation ; ils ne négligèrent rien pour arriver à ce résultat.

A Béziers, l'Assemblée de la sénéchaussée (qui comprenait les diocèses d'Agde, de Lodève, de Saint-Pons et de Béziers) avait été convoquée par ordonnance du jugemage, pour le 16 mars 1789. Les réunions premières se tinrent dans chacune de ces villes épiscopales. A Agde, l'évêque Saint-Simon assembla son clergé dans sa cathédrale et fut désigné avec un de ses chanoines pour assister, en qualité de députés du clergé, à l'Assemblée delà sénéchaussée, à Béziers. Les autres évêques également nommés par leur clergé, se groupèrent et se réunirent chez leur collègue M. de Saint-Simon. Les prétentions des curés

(i)Cf. Bârrdel, HisL du Clergé, t. i, p. 22; — De Robiano, continuateur de Berault-Bercaslel, t. ii, p. 137; - Paris, Gautier, 1836, in-8».

étaient bien connues ; elles ne tendaient à rien moins qu'à demander pour eux, sinon la totalité, du moins une trôs grande partie des revenus des prélats, chapitres et autres décimateurs, soit en augmentation de congrue, soit en dîmes. Les fréquentes réunions des curés entre eux réveilla nécessairement l'attention des chapitres sur leurs intérêts communs, et les chapitres d'Agde et de Pézenas écrivirent au chapitre Saint-AphFodise. Celui-ci, de son côté, se mit en relation avec les chapitres de Lodôve, de Saint-Pons, d'Agde, de Pézenas et de Sérignan, après s'être entendu avec M. de Nicolay, évêque de Béziers, et le chapitre cathédral Saint-Nazaire.

Tous ces différents corps capitulaires reconnurent que le modèle de procuration à fournir aux députés et qui avait été envoyé par le juge-mage, d'après l'intention du Roi, ne paraissait pas suffisant, eu égard aux circonstances; que les députés des chapitres devaient, en outre de la délibération conforme au modèle envoyé, être munis d'une délibération particulière « qui leur donnerait pouvoir d'aviser, remontrer, et consentir à ce qui serait proposé, avec toutes les modifications, restrictions et protestations que leurs lumières, leur honneur et leur conscience leur imposeraient et que les circonstances pourraient exiger. On nommerait un député et on lui donnerait un suppléant, en prévision de maladie ou de tout autre empêchement ».

Le lendemain, 17 mars, l'abbé Martin (Jean-Pierre), chanoine-sacristain de Saint-Aphrodise fut nommé député à l'Assemblée de la sénéchaussée, et chargé de concourir à la rédaction du Cahier des plaintes^ doléances et remontrances. On lui donnait comme suppléant l'abbé de Rives (Etienne), seigneur de Ribaute, chanoine de Saint-Aphrodise. Us avaient mission de prendre part à l'élection des représentants à envoyer aux Etats généraux du royaume.

Le 15 mars, veille de l'ouverture de l'Assemblée des

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Trois Ordres de la sénéchaussée, il avait été délibéré par les évoques d'Agde, de Béziers et de Saint-Pons ; par les fondés de pouvoirs de l'archevêque de Narbonne, des évêques de Lodôve et d'AJais (ce dernier membre de TAssemblée électorale en sa qualité d'abbé de Joncels), ainsi que par les autres abbés commendataires ou leurs procureurs fondés; par tous les députés des chapitres cathédraux et collégiaux, séculiers et réguliers et par un grand nombre de prieurs et autres bénéficiers, de protester par devant M® Hérail, notaire, « contre la forme du règlement de S. M. pour la convocation aux Etats généraux; soit parce que tous les membres des chapitres individuellement n'y étaient pas convoqués, soit parce que on y avait appelé chacun des curés séparément; tandis qu'on n'avait convoqué qu'un chanoine sur dix et un prébende sur vingt. Il fut déclaré dans ces protestations conservatoires des droits des chapitres, que ce n'était que par soumission et par respect pour les ordres de S. M. que les seigneurs évêques, les abbés, députés des chapitres et prieurs paraîtraient à l'Assemblée ; mais qu'ils n'entendaient porter aucun préjudice à leurs droits par leur présence ». Les protestations étaient signées par Martin, pour les chanoines et par Hérail pour les prébendes ; elles étaient également signées par de Rives et Portalon d'Hoursières, soit à raison de leur bénéfice particulier, soit comme procureur, le premier de l'abbé de Valmagne et le second de l'abbesse de Saint-Esprit. Le lendemain 16 mars, l'Assemblée des Trois Etats se constitua et s'occupa de la vérification des titres de tous ses membres. Cette opération finie après plusieurs séances, l'ordre du Clergé se retira dans l'église des Pénitents, sous la présidence de l'évêque d'Agde, en sa qualité de plus ancien, assisté des évêques de Béziers et de Saint-Pons. Il s'éleva une contestation de la part des curés, pour savoir si les chapelains qui étaient membres

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de quelque chapitre pourraient être admis à voter. Les curés tenaient pour la négative, attendu, disaient-ils, que ces chapelains avaient déjà voté dans le chapitre auquel ils étaient attachés. Une commission composée de 4 membres, fut nommée pour étudier cette question et la trancher; elle était composée de Févêque de Saint-Pons, de l'abbé de Gohin, chanoine camérier de l'église cathédrale d'Agde, abbé commendataire de Saint-Polycarpe et des curés de Clermont et de Cette. Les commissaires n'ayant pu s'entendre, eurent recours au juge-mage qui décida la question en faveur des chapelains, membres des chapitres. En conséquence ces bénéficiers furent admis à voter. Ils se trouvèrent néanmoins toujours en minorité en présence des autres bénéficiers propriétaires.

Dans le cours des séances, l'ordre de la noblesse envoya une députation vers l'ordre du clergé, pour lui communiquer un arrêté par lequel Tordre de la noblesse avait délibéré de voter séparément; d'où il suivait, d'après le règlement, que les deux autres ordres devaient se conformer à cette délibération. Le jour suivant la noblesse envoya une seconde députation au clergé, pour lui donner connaissance d'une délibération qu'elle avait prise pour demander le changement de la constitution des Etats de la province et que les Trois Ordres fussent librement représentés dans la nouvelle constitution par des membres librement élus et nommés par chaque ordre, avec pouvoir de faire signifier cet arrêté aux évoques et barons, en leur déclarant que, à l'avenir, on ne les reconnaîtrait plus comme membres-nés des Etats.

Sur cette proposition, le clergé délibéra, sous l'influence des curés, et adhéra à la décision de la noblesse dans tout son contenu. Les évêques d'Agde, de Saint-Pons et de Béziers, ainsi que les procureurs de l'archevêque de Narbonne et des évêques de Lodève et d'Alais protestèrent contre cette délibération, comme attentoire à leurs droits

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et à ceux des barons. A partir de ce moment, M. de Nicolay et M. de Chalabre ne parurent plus à ces Assemblées primaires. Quant à M. de Saint-Simon, qui espérait pouvoir ramener les esprits à des dispositions plus convenables envers Tépiscopat, il voulut essayer de continuer à y assister. Il présida même la réunion suivante, qu'il ouvrit par un discours propre à inspirer Tesprit d'union et à exclure toute discorde parmi les votants. Tous sans exception applaudirent le langage conciliant du prélat, mais s'en tinrent néanmoins à une approbation stérile; ils étaient liés par des promesses. L'évoque, comprenant qu'il perdait son temps, cessa de paraître aux réunions et se retira pour ne pas être témoin du succès de la cabale. Il ne voulut pourtant pas s'éloigner de Béziers, afin de pouvoir plus aisément connaître le résultat, et attendit au presbytère de la paroisse Saint-Jacques (1).

L'abbé de Gohin, en sa qualité de plus âgé des députés des églises cathédrales, fut nommé président. Il n'y eut pas de séance les deux jours suivants, afin de donner aux commissaires le temps de rédiger le cahier des doléances. Sur 17 commissaires, 4 seulement appartenaient aux chapitres, savoir : 1° Le précenleur de Saint-Nazaire, pour les cathédrales; 2° André, chanoine de Pézenas, pour les collégiales; 3« Farret, syndic des prébendes de Saint-Nazaire, pour tous les prébendes de la sénéchaussée ; 4^ de Rives, chanoine de Saint- Aphrodise, pour les chapelains. Le cahier des doléances (déjà connu du lecteur), ayant été dressé et approuvé par les commissaires, fut présenté à l'Assemblée pour qu'elle en prit connaissance.

Il y eut un moment de trouble à l'occasion des dîmes distribuées aux pauvres des paroisses par les délégués

(1) ât' de M. de Gohtn.

des chapitres. Les curés auraient voulu servir d'intermédiaire entre les donateurs et les déshérités de leurs paroisses, comme connaissant mieux les misères de leurs ouailles. Les commissaires des chapitres s'opposèrent à cette innovation, disant qu'ils n'avaient jamais refusé de faire l'aumône et qu'il était juste de les laisser eux-mêmes distribuer les secours aux indigents. Ils protestèrent contre cette délibération, qu'ils trouvaient injurieuse pour les corps capitulaires, et refusèrent de signer le cahier des doléances.

On en vint ensuite à la nomination des scrutateurs qui, toujours à raison du nombre des curés, furent choisis dans leurs rangs. Enfin, dans la 'séance de relevée du 27, on procéda au choix des représentants à envoyer aux Etats généraux. L'élection avait été préparée dans le presbytère de la Magdeleine. On savait d'avance que les deux élus seraient l'abbé Gouttes, curé d'Argelliers, et l'abbé Martin, curé de Saint-Aphrodise de Béziers. En effet, Gouttes obtint 185 voix et Martin en eut 186. Ce nombre égal de voix, à un suffrage près, était une preuve de l'entente préalable (1).

Après la proclamation des résultats des élections, et séance tenante, à la suite d'un discours prononcé par le juge-mage, Tabbé de Gohin, abbé de Sain t-Poly carpe, vicaire général, chanoine et député d'Agde, président le clergé depuis la retraite des évêques, pria et requit le juge-mage d'insérer dans son procès-verbal les protestations qu'il entendrait faire au nom des évêques, chapitres cathédraux et collégiaux, abbés et prieurs contre la nomination de Gouttes et de Martin; attendu qu'en leur qualité

(1) Arch. de l'Hérault, Reg. des Délib. du Chap. Saint-Aphrodise ds Béziers, du i janvier 1766 au 3 octobre 1789; - Rapport de M. Martin, sacristain de Saint-Aphrodise sur ce qui s'est passé à l'Assemblée des trois Ordres le 6 avril 1789»

HisT. Relig. de l'Hérault. — T. i. 15

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de curés ils ne pouvaient représenter les prélats et autres grands propriétaires du clergé. Le juge-mage donna lecture à l'assemblée de ces protestations. Le Tiers et la Noblesse se récrièrent, quoique ces protestations dussent leur être indifférentes. Devant cette opposition, et dans la crainte d'exciter un plus grand trouble, le juge-mage ne voulut point insérer dans son procès-verbal le texte des protestations et se contenta de donner acte dans ce même procès-verbal du refus qu'il faisait. Sur ce, Tabbé de Gohin et un grand nombre d'autres ecclésiastiques se retirèrent et se rendirent en l'étude du notaire Hérail, pour faire dresser acte de leur protestation et du refus dont elle avait été l'objet. Dans ce document, on exposait que les prélats, chapitres et autres grands propriétaires n'étaient pas représentés par les deux curés élus, dont les intérêts étaient diamétralement opposés aux leurs. On suppliait S. M. d'agréer l'évêque de Béziers pour représenter un archevêpue, quatre évêques, un chapitre métropolitain, quatre chapitres collégiaux, sept abbés, deux abbesses, plusieurs chapitres réguliers, un grand nombre de prieurs et de chapelains formant le principal clergé de la sénéchaussée.

IX. — Le diocèse de Montpellier formait, à lui seul, la circonscription de la sénéchaussée. Les corps ecclésiastiques, tant réguliers que séculiers, avaient été invités par le procureur du roi à se réunir dans leurs Assemblées primaires, à l'effet de désigner les électeurs qui devaient faire choix de l'unique représentant qu'ils avaient à envoyer aux Etats généraux. Ils s'assemblèrent plusieurs fois, tantôt dans la salle des délibérations du chapitre cathédral, tantôt dans la chapelle intérieure du collège.

Ces réunions furent souvent orageuses et des dispositions hostiles du Clergé inférieur contre le haut Clergé s'y manifestèrent sans déguisement, et l'on fut obligé de

réitérer plusieurs fois le scrutin, qui finit par être favorable à M. de Malide, évêque de Montpellier, grâce à la présence d'esprit de Tabbé CoUstou, vicaire de la paroisse Saint-Denis. « M. Fédiêre, curé de Guzargues, homme d'une foi vive, d*une instruction théologique très étendue et d'une grande fermeté de caractère, désirait vivement la députation. Ses antécédents lui avaient fait des partisans nombreux. Dès sa jeunesse il avait lutté, même par voies d'huissiers, contre les mesures despotiques et jansénistes des PP. de l'Oratoire, et avait triomphé ; il semblait donc par là-jnême, le candidat naturel de tous ceux qui voulaient le redressement des abus. Déjà les premiers scrutins avaient été favorables à M. Fédière et lui avaient donné une prépondérance marquée sur l'évêque; encore quelques voix, et il allait l'emporter. Le vicaire de Saint- Denis, tendrement attaché kM. de Malide, ne voyait pas sans un grand déplaisir la tournure que prenait l'élection. Trop modeste et trop jeune pour prendre la parole, il dit à demi-voix à M. Théron, curé de Notre-Dame, qui se tenait à côté de lui : « Si vous disiez à M. Fédière de monter à la tribune? » Or, le prieur de Guzargues avait un certain défaut de langue qui le rendait complètement inintelligible à ceux qui n'avaient pas une grande habitude de l'entendre. M. Théron comprit la pensée de son spirituel interlocuteur, et s'approchant de l'abbé Fédière, entouré de quelques amis, à qui il rendait leurs poignées de mains : « Vous devriez, lui dit-il, remercier l'Assemblée des sympathies qu'elle vous témoigne et lui dire quelle sera à Paris, votre ligne de conduite. » L'abbé Fédière donne dans le piège; il parle; il parle longuement. Personne ne comprend ses explications et chacun se dit : Mais comment pourra-t-il se faire entendre aux Etats généraux? La surprise, le désappointement, les regrets se peignent sur tous les visages; on va au scrutin et M. de Malide est nommé ! » (Coste, Vie de Vabbé Coustou, p. 60-61.)

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X. — Munis des instructions de leurs commettants, les députés élus par le clergé des sénéchaussées do Montpellier et de Béziers, partirent pour Versailles où devait avoir lieu l'ouverture des Etats généraux définitivement fixée au 5 mai.

Le lecteur connaît déjà le premier de ces députés, M. de Malide, évêque de Montpellier, par ce que nous en avons dit dans notre Livre I•^ Dans son Mandement, pour le carême de 1789, il avait recommandé à ses diocésains d'attirer par leurs prières les bénédictions du ciel sur l'Assemblée nationale qui allait se réunir (1). Peu de jours après son arrivée dans la capitale, il en fit parvenir un autre à ses vicaires généraux, par lequel il demandait de nouvelles prières afin d'intéresser la divine Providence au succès des grandes entreprises qui devaient être le résultat de cette auguste Assemblée.

« Il ne s'agit, dit-il, de rien moins que de la régénération de toutes les parties de cette grande monarchie, que la durée des siècles a respectée et qui, depuis Clovis jusqu'à notre auguste Monarque, a trouvé son principal appui dans l'amour des François pour leur Souverain. Vous ne permettrez pas N. T. G. F., qu'il s'afl'oiblisse dans vos cœurs et, loin de vous prêter aux illusions dangereuses qu'une fausse philosophie cherche à semer parmi vous, vous ranimerez plutôt au dedans de vous ce feu sacré qui a toujours fait la gloire de vos pères et la vôtre, l'esprit patriotique, inséparable de l'amour du Souverain, se réveillera dans toutes les âmes et rendra à cette antique monarchie son ancienne splendeur, pour la félicité des peuples et le bonheur du Monarque. Mais, en vain, s'occuperoit-on dans l'Assemblée nationale de tout ce qui peut

(1) Mandement qui accorde les dispenses pour le carême, donné à Montpellier le 12 fétrrier 1789.

tendre à la perfection du corps politique, si nous ne portions tous nos soins de rétablir parmi nous le règne de la loi, les bonnes mœurs et le respect pour la Religion. C'est, n'en doutons pas, l'abandon et le mépris de tous les principes religieux et moraux qui a fait naître parmi nous cette eflTervescence dangereuse qui semble n'avoir d'autre but que de détruire tous ce que nos pères ont respecté et qui faisoit leur bonheur. Méritons par un retour sérieux sur nous mêmes, que le Dieu qui veille à la prospérité de cet empire daigne exaucer les prières que nous ne cesserons de lui adresser pour le succès de l'auguste Assemblée qui se prépare ; offrons lui nos vœux et nos supplications pour tous nos concitoyens^ pour notre Souverain, pour tous ceux qui sont élevés en dignités et particulièrement pour ceux qui sont en ce moment chargés des grands intérêts de la patrie, afin que, selon les paroles de l'Apôtre, nous menions îcy-bas une vie tranquille et paisible, mais une vie sanctifiée par la piété et l'innocence (1). »

Disons maintenant un mot des deux autres députés, les curés Gouttes et Martin, nommés par le clergé de la sénéchaussée de Béziers.

L'abbé Gcouttes, curé d'Argelliers, né à Tulle, en 1740, avait interrompu, jeune encore, ses études théologiques pour s'engager dans un régiment de dragons, où il servit en qualité de simple soldat. Il quitta l'état militaire pour reprendre ses études, reçut les ordres et fut nommé curé dans les environs de Bordeaux. On ignore comment il devint curé d'Argelliers, paroisse qui, tout en étant voisine du diocèse de Béziers, appartenait au diocèse de Montpellier. Il s'était déjà fait connaître par des écrits qui

(I) Mandement qui ordonne des prières publiques pour les Etals généraux du royaume, donné à Paris le S7 avril i789.

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témoignent de ses opinions libérales. En 1778, il avait déjà fait parvenir au Roi un Mémoire sur les réformes du clergé (1).

Quanta l'abbé Martin (Jean- Jacques) qui depuis quelques années était curé de la paroisse Saint-Aphrodise, il était né à Béziers le 24 novembre 1740, et entouré de l'estime et de TafiTection générales, à cause de la sûreté de son jugement, de son esprit délié et pratique, de Tamabilité de son caractère et de ses vertus pastorales. Il appartenait à une famille d'artisans pauvres qui trouvèrent le moyen de lui donner une éducation sérieuse. Après avoir fait ses études classiques au collège des Jésuites de sa ville natale, il suivit les cours de philosophie et de théologie à Toulouse, où il fut ordonné prêtre en 1764. Peu de temps après, il était nommé vicaire de la Magdeleine de Béziers, malgré son désir d'embrasser la carrière des missions étrangères. « Restez en France, lui dit M. de Beausset, son évoque ; vous ne tarderez pas à y trouver l'occasion d'exercer utilement le zèle qui vous dévore et de combattre pour la défense de la Religion. » Et trois ans s'étaient à peine écoulés que le même prélat lui confia la cure de Saint-Aphrodise dans la ville épiscopale (2).

XL — On inaugura par une imposante cérémonie religieuse la réunion, objet de tant d'espérances et de craintes (4 mai 1789). Le lendemain, le Roi fit l'ouverture des Etats généraux, composés de 1,148 membres. On y comptait, dans l'ordre du Clergé : 47 évêques, 35 abbés ou chanoines et 208 curés; dans l'ordre de la Noblesse : 270 députés; et dans le Tiers-Etat 598 membres, c'est-à-

(1) Maffre de Fontjote, Béziers il y a cent ans, p. 63.

(2) Maffre de Fontjoye, Loc dL, p. 10-28; — Sabatier, Hist. de la Ville et des Évéques de Béziers; — A. Dorand, Vie des hommes illustres de Béziers; Le curé Martin,

dire autant et plus que daDs les deux premiers ordres réunis. Le Tiers sentit la force du nombre et demanda que le vote se fit non par ordre, mais par tête, ce qui lui assurait la majorité. Le Roi se prononça au contraire pour le vote par ordre et prit ainsi parti contre le Tiers. Un grave conflit s'annonce. Les députés du Tiers, après avoir plusieurs fois invité les députés du Clergé et de la Noblesse à se réunir dans un même local, afin de délibérer en commun, déclarent qu'ils n'attendront pas plus longtemps. Le gouvernement s'alarme et fait fermer la salle. Lorsque les députés se présentent, ils la trouvent entourée de soldats. Aussitôt, ils se rendent dans une salle du Jeu de Paume et font le serment de ne point se séparer jusqu'à ce que la Constitution du royaume soit étabUe (20 juin 1789).

XII. — Bientôt les décisions de l'Assemblée nationale apprennent au peuple qu'il est libre ! Le peuple ne sait pas encore ce que c'est que la liberté, mais il se souvient de l'excès de ses maux et ne voit autour de lui que des oppresseurs et des opprimés; il se hâte de frapper ses ennemis et de briser toutes ses chaînes (1). Il attaque et prend la Bastille (14 juillet). Les provinces s'insurgent à l'exemple de la capitale. Le crime et le meurtre sont à l'ordre du jour sur toute la surface de la France. Plusieurs villes deviennent le théâtre de réactions sauvages, qui portent partout au loin le deuil et l'effroi.

Pour rétablir l'ordre et veiller à la sûreté générale, l'Assemblée créa deux comités l'un des Rapports et l'autre des Recherches, qui se mêlèrent à la fois d'administration, de justice et de police, correspondirent avec toutes les autorités, reçurent les rapports, les dénonciations des

(1) Moniteur de i7H9, N* 33.

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autorités constituées et des simples particuliers. Le Comité des Recherches était institué pour recevoir les dénonciations contre les agents civils et militaires et les conseillers du Roi entrés dans la prétendue conspiration du 14 juillet ; elle s'occupait moins de punir les pillards et les assassins, que de persécuter des adversaires politiques, menacés déjà dans leur vie et dans leurs biens. Par ces comités, l'Assemblée s'empara en réalité du pouvoir exécutif et, à côté du gouvernement qui fonctionnait officiellement, elle en installa un second, à demi caché, irresponsable, détruisant auprès des autorités diverses l'influence morale du premier et permettant seulement au véritable pouvoir exécutif de s'occuper des affaires dont il ne lui plaisait pas de se mêler. Il annulait l'autorité du Roi et des ministres et ne savait point, par compensation, prendre le pouvoir d'une main ferme. Il ne montra d'énergie que pour persécuter le Clergé (1).

Peu de temps après son établissement, les membres du comité des Recherches voulurent apporter un peu de méthode dans leurs travaux et firent un règlement d'après lequel, l'abbé Gouttes, curé d'Argelliers, devait faire un journal des opérations du comité à compter du jour où ce comité était entré en fonctions et dans lequel seraient inscrites toutes les découvertes de quelque importance. Le Berthon, président de la commission, et Gouttes, secrétaire, devaient ouvrir les lettres et paquets adressés au comité, les enregistrer et les remettre à ceux de leurs collègues qui avaient été désignés pour en faire le rapport à l'Assemblée et y faire les réponses jugées nécessaires. Ce règlement dressé le 7 septembre 1789, porte

(i) L. SciouT, Hist, de la Constitution civile du Clergé, t. î, p. 85; - Paris, Firmin Didot, 1872, in-8».

deux fois la signature de Tabbé Gouttes, comme membre du comité et comme secrétaire (1).

XIII. — Un autre député, M. de Malide, évéque de Montpellier, prit part dans l'Assemblée nationale à la discussion relative aux moyens à employer pour rétablir la tranquillité publique; et, tandis que certains membres demandaient l'emploi des troupes régulières et que d'autres proposaient seulement de faire marcher des brigades de maréchaussée, ce prélat soutint la création des milices patriotiques destinées à servir sous la direction des officiers municipaux (2).

XIV. — Un courrier extraordinaire, arrivé à Mont^ pellier dans la matinée du 22 juillet et adressé à Gambon, annonçait les événements du 14 et le prochain retour de Necker. Des nouvelles si importantes déterminèrent Gambon à porter la lettré au comte de Périgord, commandant en chef de la Province. Gelui-ci, en ayant pris connaissance, pensa qu'il fallait la rendre publique pour tranquilliser le peuple, tant sur la personne du Roi que sur c«lle des représentants. Les nouvelles furent reçues avec transport par les habitants qui, dans ce moment de joie, seportèrent à la cathédrale pour aller rendre grâces à Dieu de ces heureux événements. La Cour souveraine des Aides, entraînée par le mouvement enthousiaste de la population, se rendit aussi à la cathédrale, en robe rouge suivie de près par les consuls et le greffier, également en robe. A peine ces magistrats eurent-ils paru à la porte de l'église que le peuple immense dont ils étaient précédés, les reçut avec les démonstrations de la joie la plus vive

(1) SciouT, Loc. cii., p. 437; Police du Comité des Recherches.

(2) De vie et Vaissette, l. xiii, p. 1390; - 18 juillet 1789.

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et des applaudissements réitérés. La Cour des Aides et les consuls se placent dans le chœur, où viennent pareillement s'asseoir le comte de Périgord et le comte de Cambis. Les différentes compagnies de troupes bourgeoises revêtues de leurs uniformes, arrivent bientôt à la cathédrale, officiers en tête, et bordent la haie au milieu de l'église. Le portrait du Roi et celui de Necker sont portés en triomphe, aux cris répétés de Vive le Roi! Vive Necker ! Vive la Nation ! On chante un Te Deum en musique, avec le psaume Exaudiat, Au sortir de l'église, se forme un brillant cortège auquel prennent part toutes les troupes. On fait le tour de la ville, portant toujours en triomphe l'effigie du Roi et celle du ministre. Arrivés sur l'Esplanade le comte de Périgord passe les troupes en revue et, le soir, sur l'ordre des consuls, a lieu une illumination générale.

Le lendemain, nouvelle cérémonie religieuse, dans l'église du collège, avec force discours ; puis, le soir, nouvelle illumination. Le surlendemain, grand cortège officiel; on se rend à la paroisse Saint-Denis pour assister encore à un Te Deum, Le 25 et les jours suivants, à la chapelle des Trésoriers de France, à celles des Pénitents blancs et des Pénitents bleus. A Notre-Dame des Tables, à la Merci, autres cérémonies religieuses, avec processions, cortèges, discours, fêtes et réjouissances publiques (1).

A Béziers les manifestations ne furent pas moins considérables. Un Te Deum y fut chanté sur la demande de la municipalité, pour remercier Dieu du calme qui avait succédé aux troubles. Les chanoines, priés par l'administration, avaient transmis l'invitation aux prébendes par l'intermédiaire de leur syndic, le Te Deum

(1) Arch. municip. de Montp., Mêm. des Greffiers de lu ville, YoU X*, p. 73-78,

devant être chanté le 26 juillet. Il ne faut pas oublier d'ajouter à toutes ces manifestations bruyantes, les adresses envoyées dans les derniers jours du mois de juillet et au commencement du mois d'août, à l'Assemblée nationale, par les villes des sénéchaussées de Montpellier et de Béziers, adresses dont il fut présenté des analyses à l'Assemblée. Montpellier avait même envoyé une députation, dont les membres obtinrent la faveur d'assister aux séances, dans la tribune réservée aux suppléants (25 juillet 1789).

XV. — A l'Assemblée, l'abbé Gouttes est un des premiers à solliciter des secours pour les veuves et les enfants des combattants de la Bastille. Il se joint à Mirabeau qui réclame une amnistie pour les auteurs des troubles de la province (1). Elu, par une partie des membres inférieurs du Clergé, un des six commissaires chargés d'inviter les dissidents à faire vérifier leurs pouvoirs en commun et nommé rapporteur de l'élection du cardinal de Rohan, il la déclare régulière ; mais, il fait décréter que ce haut dignitaire devra se présenter en personne et ne pourra être remplacé par son suppléant, malgré la demande formulée par le cardinal, alors malade (24 juillet 1789) (2).

XVI. — Dès le 21 juillet, c'est-à-dire la veille du jour où la double nouvelle de la prise de la Bastille et du rappel de Necker était parvenue à Montpellier, on s'était occupé dans cette ville de la création d'un conseil permanent, chargé de veiller aux intérêts de la cité, tout en laissant subsister la municipalité. On avait nommé le chanoine Gigot pour chef de ce conseil, composé de deux catégories

(1) Maffre de Fontjoye, Béziers il y a cent ans, p. 64.

(2) Maffre, p. 60-65,

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de membres, les régénérateurs et les coopérateurs, les premiers chargés de préparer un plan de régénération municipale et de s'occuper de l'intérêt général de la commune ; les seconds devaient se joindre aux consuls et autres pour le régime de l'administration et le maintien de la police.

Si nous mentionnons ici la création du conseil permanent qui, par sa nature sort de notre cadre, c'est que nous y trouvons le chanoine Gigot (1) et quatre autres prêtres en qualité de commissaires régénérateurs, savoir :

Pour le sixain de Sainte-Anne, Cussac, Curé de Sie-Anne.

— — Sainte-Foy, Manen, Curé de Saint-Denis.

— — Saint-Paul, Crespin | Chanoines

— — Sainte-Croix, Gigot j de la cathédrale,

— — Saint-Mathieu, Sabatier, Prêtre (2).

Le conseil régénérateur cessa de fonctionner le 24 janvier 1791, veille des élections de la nouvelle municipalité. Il avait non pas, si l'on veut, supplanté l'ancienne admi-

(1) Daniel Gigot, membre du Chapitre cathédral de Montpellier depuis 1765, resta longtemps simple diacre avant de consentir à son élévation au sacerdoce. A l'époque de la Révolution, nous le voyons toujours ajouter à sa signature : Prêlre-Chanoine. Il jouissait d'une grande influence à Montpellier. Peu de jours aprrs la prise de la Bastille, il avait été nommé par ses concitoyens chef du conseil permanent de la commune (21 juillet), chargé de s'occuper des mesures à prendre selon les circonstances et d*établir des confédérations avec les villes voisines (Cette, Nimes, Aigues-Mortes, Ganges, Aimargues, Lansargues et Marsillargues). Dans la commission régénératrice, il fut élu secrétaire du bureau de sûreté (7 septembre), et au nom de ses quatre collègues les abbés Cussac, Manen, Crespin et Sabatier, fit un discours à TAssemblee municipale sur ce texte, tiré du psaume 126 : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. »

(2) ProcéS'Verbaux de r Assemblée générale des Représentai de la commune de Monlp,, 1789 ; — Duval-Jouve, Monip, pendant la Révolut., t. I, p. 58.

nistration, mais dominé; il avait rendu au pays de grands services, et maintenu Tordre et la paix; tandis que, dans d'autres localités, à Montpeyroux, en particulier, des troubles sérieux étaient survenus. Béziers devint le théâtre d'événements déplorables, sanglants préludes de la Révoluion dans nos contrées. On dut armer les citoyens : cette mesure imposa silence pour quelque temps aux malveillants (1).

XVII. — L'Assemblée nationale avait tenu, dans la nuit du 4 au 5 août, une séance à jamais célèbre dans l'histoire. Une espèce d'ivresse et de délire s'était emparée de ses membres. Chacun se pressait de faire des sacrifices et de renoncer aux droits qui lui étaient personnels. On promena la faulx sur toutes les institutions avec un enthousiasme fébrile. La Noblesse avait donné l'exemple ; le Clergé se hâta de le suivre. Il consentit au rachat des dîmes, demanda la mise en vigueur des lois ecclésiastiques concernant la pluralité des bénéfices; et plusieurs curés offrirent le sacrifice de leur casuel. Les évêques, ordinairement si calmes, avaient ressenti aussi la secousse électrique. M. de Malide, évoque de Montpellier, avec M. de Béthisy, évêque d'Uzès et M. de Balore, évêque de Nîmes, proclamèrent le titre de la nation aux biens ecclésiastiques, disant qu'il leur serait doux d'être possesseurs d'une terre, pour en faire le sacrifice; mais que tenant leurs titres et leurs droits de la nation, elle seule pouvait les détruire et qu'ils se soumettraient aux décisions de l'Assemblée. N'était-ce pas s'avancer un peu trop que de tenir un pareil langage ? (2).

(1) A. Durand, HisL de Béziers, pendant la RévoL p. 19.

(2) Du Mège, p. 682, — Jager, Hiai. de l'EgL de Fr. pendant la Révol. 1. 1, p. 192.

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Dans les séances des 6, 7, 8 et 11 août^ les représentants accomplissaient l'œuvre de destruction de l'ancien régime; et dans tous les diocèses, on chantait des Te Deum^ sur Tordre des évêques. Celui de Montpellier ne se mit pas en retard, et publia, dès le 13 du même mois, un Mandement qu'il faisait suivre des extraits des procèsverbaux de l'Assemblée nationale (pour les séances des 4, 6, 7, 8, 10 et 11 août) et dont le dispositif était précédé de ces courtes considérations :

« Témoins, N. T. G. F., des sacrifices généreux faits à l'envie par tous les ordres de l'Etat et par tous les Représentants de la Nation, dans cette journée à jamais mémorable dans nos fastes, nous nous empressons de vous en faire part, et de vous exhorter au nom de Dieu, auteur et consommateur de tout bien, à lui en rendre de solennelles actions de grâces. C'est en sortant des Autels, où notre Auguste Monarque, à la tête de l'Assemblée nationale, vient de remplir ce devoir religieux que nous vous invitons à vous en acquitter avec le même zèle, à unir vos vœux à ceux de tous les fidèles Sujets pour la conservation des jours précieux d'un Prince, Restaurateur de la Liberté Française, qui ne connaît pas de sacrifice pénible lorsqu'il s'agit de procurer le bonheur d'un peuple dont il est l'ami. Qu'à son exemple aucun sacrifice ne nous coûte quand il a pour objet le bien général. Apprenons à user de cette liberté précieuse qui nous est rendue ; et, pour y parvenir, ne la séparons jamais du respect que nous devons à Dieu, de qui toute puissance émane ; aux lois, sans le concours desquelles la liberté dégénère en licence ; et au Monarque bienfaisant sous l'Empire duquel nous avons le bonheur de vivre. » (1) *•

(1) Mandement donné à Versailles, le 13 août 1789*

XVIII. — Le malheureux Louis XVI, vivement affecté de la violence des débâts à TAssemblée nationale et de l'agitation qui régnait à Paris et dans les provinces, mais plein de confiance dans la miséricorde divine, eut recours aux prières publiques et les demanda par une lettre touchante adressée aux évêques du royaume, sous la date du 3 septembre 1789. Ceux-ci s'empressèrent de se conformer aux intentions du roi; ils ordonnèrent des prières publiques pour la paix et la tranquillité et pour attirer sur la France la bénédiction du ciel. Le nouveau Mandement de M. de Malide était plus long et plus pressant que le premier d).

Celui de M. de Saint-Simon, éyôque d'Agde, débutait par ces lignes : « Que pourrions-nous ajouter, mes très chers frères, qui ne fût trop au-dessous des paroles du Roi, et de la vive peinture des malheurs qui affligent le cœur paternel de Sa Majesté f Empressons-nous de nous conformer à des intentions si dignes d'un Roi très chrétien. Chers et dignes Coopérateurs dans la conduite du troupeau qui nous a été confiée, ne cessez pas de rappeler au peuple cette belle maxime de S. Paul : Soyez soumis aux puissances établies au-dessus de vous, etc. Que tous les fidèles se réunissent pour apaiser le ciel irrité, et pour obtenir la fin des fléaux qui désolent Tâme de Sa Majesté et la remplissent d'amertume » (2),

On sentait dans les familles chrétiennes le besoin de fléchir la clémence divine pour détourner les malheurs dont la France se voyait menacée; une pieuse propagande répandait partout dans nos cinq diocèses des instructions qui se terminaient par cette prière : « Vierge Sainte, nous vous offrons notre Roi, notre Reine, les

(1) Mandement donné à Versailles le iO septembre i789.

(2) Mandement donné à Agde, le 22 septembre 1789,

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Princes Augustes. Nous vous offrons Tarmée et nos commandants; enfin nous vous offrons la France entière » (1).

XIX. — En attendant, à l'Assemblée nationale, après la fameuse Déclaration des Droits de Vhomme et le vote par acclamation que la personne du Roi était inviolable et sacrée, que la couronne était héréditaire dans la famille régnante, on se demandait quelles limites on mettrait à la puissance législative du Roi. L'Assemblée, comme Constituante, proclama d'abord que ses décrets constitutifs ne seraient sujets à aucun contrôle ; la sanction royale ou son veto, comme on l'appelait, ne pouvait donc tomber que sur les lois et concernait principalement les chambres législatives à venir. Etre pour ou contre le veto royal, c'était « vouloir ou repousser la tyrannie ». L'Assemblée n'accepta pas le veto absolu, et admit seulement le veto suspensif (^),

Seul des députés du Clergé envoyés par les sénéchaussées de Montpellier et de Béziers, l'abbé Gouttes opina contre le veto absolu. L'abbé Martin, son collègue, comme M. da Malide, demeura fidèle à la prérogative royale. A la suite de ce vote, l'abbé Martin fut attaqué par des pamphlets outrageants, auxquels il répondit par diverses brochures (3).

(1) Renseignement fourni par M. Tabbé Cabanel, vicaire à Saint-Denis de Montpellier.

(2) Moniteur, 12 septembre 1789.

(3) Parmi ces dernières nous citerons les suivantes : 1. Une lettre de 14 p. m-i^ àses Commettants (27 septembre 1789); 2. Une lettre de 32 p. aux Consuls de Béziers (2 décembre 1789); 3. Une lettre de 40 p. in-4* à Castan (17 oct. 4790); 4. Une lettre de 15 p. au Club politique de Bédarieux (27 janv. 1791); — (A. Durand, Uist. relig. et polit, de la ville de Béziers, p. 13-14.)

XX. — Selon les désirs de l'Assemblée, le Roi promulgua les décrets de la nuit du 4 août. Ces décrets avaient supprimé bien des revenus qui n'étaient point remplacés et le trésor était vide. Le Roi et la Reine avaient été obligés d'envoyer leur vaisselle à la monnaie pour se procurer un peu de numéraire. Un membre de la Noblesse, M. de Jessé, député de Béziers, proposa de prendre sur le trésor de l'église. Selon lui, la moindre évaluation de l'argenterie de l'église de France monte à un milliard. Il veut donc que toute cette argenterie, peu nécessaire à la religion, qui n'a j)as besoin de tant de luxe pour être ditnne, soit converti en numéraire dans les monnaies et employée au soulagement des pauvres, les premiers amis du ciel et de la religion. L'orateur, comme l'abbé Jager en fait la remarque, eut mieux dit : « Au paiement des frais de la Révolution ». Il y eût un instant d'hésitation. Tous les yeux étaient tournés vers le Clergé. L'archevêque de Paris, M. de Juigné, ayant pris l'avis de ses collègues, se leva pour consentir au nom de son ordre à la motion qu'on venait de faire et pour demander que, dans toutes les provinces, les archevêques, évêques et curés, fussent autorisés à conserver des trésors des églises, ce qui était indispensable à la décence du culte et à envoyer le reste aux hôtels des monnaies, pour être converti en numéraire au profit du trésor public. L'archevêque ne fut contredit par personne (1).

L'abbé Gouttes, fut plus loin que lui et, reprenant la proposition de M. de Jessé, soutint que les richesses avaient fait beaucoup de mal à la religion, en introduisant dans le corps ecclésiastique des sujets qui n'avaient d'autre vocation que l'amour d'un bénéfice. « Ce sont elles, dit-il, qui ont mérité à l'église les persécutions qu'elle a éprou-

' (1) Jager, L'Eglise de Fr» pendant la RévoLy 1. 1, p. 25J. HisT. Relig. tR l'Hékâult. — T. 1. 14

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vées et qu'elle éprouve encore. Ce sont elles qui ont étendu le mépris, dû à quelques individus, sur tous les pasteurs sans distinction. » Le député biterrois admettait donc que l'Etat fit de larges emprunts aux biens d'église; mais il souhaitait que les pasteurs jouissent d'un revenu en biens fonds, afin de ne pas s'exposer aux chances que pourrait courir le culte, s'ils étaient payés par le fisc. En vue de détruire les mauvaises impressions causées dans le peuple par la vie mondaine de certains bénéficiers, il voulait faire donner Tordre de quitter Paris sur-le-champ à tous les membres du Clergé qui n'y étaient pas retenus par leur charge (1).

XXI. — Mais les événements se précipitaient. Nous n'avons pas à parler de ces journées trop fameuses des 5 et 6 octobre, où une nuée de brigands en armes vint insulter le monarque à Versailles, massacra ses gardes, força son palais et remmena lui-même prisonnier à Paris, escorté d'une députa tion de l'Assemblée nationale. Au nombre de ces députés nous retrouvons un homme fidèle, l'abbé Martin, curé de Béziers, qui déplorait l'abaissement de la royauté, désarmée et humiliée (2).

(1) F. RoscuAcfl, liv. V, Louis XVI et la RévoL, p. 1,396; — Jager, p. 321; — Gazette nationale, 1789, p. 300, séance du 3 octob. ; — Moniteur du 13 octob. 1789 ; — Maffre, Béziers il y a cent ans, p. 64.

(2) A. Durand, Histoire de Béziers pendant la RévoL p. 15.

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