‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 110 sur 141 · I. . DROITS FÉODAUX ET REVENUS DE LA MENSE ÉPISGOPAI.E · texte numérisé non relu

I. . DROITS FÉODAUX ET REVENUS DE LA MENSE ÉPISGOPAI.E

Montpellier. — Les Evoques avaient la juridiction de leur maison. Cette résidence était considérée comme chef-lieu de toutes les terres et justices de leur temporalité. (Depuis la démolition du Château de Montferrand les prisons avaient été transférées au château de Lavérune). Sur le territoire de la ville épiscopale les évêques n'avaient presque rien conservé de leur ancien domaine seigneurial, jadis si considérable, malgré les réclamations de M. de Charancy (1739) pour les terrains de la Citadelle, saisis en même temps que toutes les dépendances de la mense diocésaine sur son prédécesseur Colbert.

Parmi le peu de revenus non aliénés on doit compter les suivants :

Produit des lods, fixés au septième 300 livres.

Redevances payées par les Consuls de Montpellier pour les bois de La Valette, Carabettes et Veissières (?) —

Redevances annuelles de diverse nature (?) —

Revenus de deux prébendes de Saint- Pierre 2.000 —

HiST. Rklig. db l'Héràilt. — T. i. — Pièces just, a

îj PIÈCES JUSTIFICATIVES

Ferme du greffe de la justice temporelle de révëchô 300 —

Franc-salé, payé par le fermier des Gabelles 680 —

Redevances annuelles payées par les établissements religieux de la ville épiscopale (Chapitre collégial de Saint-Sauveur^ Frères Prêcheurs^ Augustins^ Carmes j etc.) de très minime importance.

La juridiction et les droits des évoques étaient en somme presque nuls à Montpellier.

Comté de Mauguio, — Le Comté de Mauguio (l'ancien MelgueU), comprenait : Mauguio, chef-lieu de la principauté; Mudaison; la partie de Colombier^, située du côté de Mudaison et délimitée au nord par le chemin de Montpellier à Nîmes ; les paroisses Saint-Aunès d'Auroux, Saint-Marcel, Messouls, Leyrargues, Saint-Martin de Caveirac; les étangs compris entre le Vidourle et la montagne de Cette, et divers lieux dans lesquels Tévêque possédait des biens-fonds avec l'entière justice. Sauf de rares exceptions, toutes les terres et directes étaient affermés et produisaient (vers 1750) 3,150 livres.

Venait ensuite une longue série d'arrière-fiefs, rapportant plus de titres et d'honneur que de revenus : la baronnie de Beaulieu, les terres et seigneuries de Malbosc, de Fabrègues, de Missargues et Sainte-Colombe, de Candillargues, Saint-Jean de Cornies; le fief de Conques; les châteaux et domaines de Soubeyras (avec toute justice), En-Garran, Aignac et Figaut; les Mas -Dieu à Montarnaud; Canois, à Mauguio; Carescause, à Saint- Georges; Dampène des Noals; les terres de Boisseron, du Bosc et de la Colombière ; Saint-Geniès et son monastère, avec toute justice ; le 6® de toute justice de Vie ; le V* de la juridiction de Londres ; plusieurs directes et censives à Mauguio, Mudaison, Saint-Aunès d'Auroux et Montauberou. Les documents originaux, dont nous donnons simplement un rélevé sommaire, évaluent à 400 livres environ le revenu total de ces arrière-fiefs.

Baronnie de Carnon. — C'était une des principales dépendances du comté de Mauguio ; ceux des droits de la

DIOCÈSE DE MONTPELLIER iij

baronnie qui étaient affermés produisaient 3,174 livres. Sur les parties non affermées, Tévêque recevait une sorte de dîme sur les poissons et oiseaux aquatiques, à la charge de la foi et hommage au roi et des redevances dues au domaine royal.

Comté^ de J^ontferrand, — La principauté de Montferrand tirait son nom d'un château, plus fortifié par la nature que par la main des hommes. Elle se composait des paroisses et domaines suivants : Tréviers, Valflaunès, Le Triadou, Gazevieille, Saint-Jean de CucuUes, Saint- Gély du Fisc, Saint-Clément et le moulin de Lafoux, Saint-Bauzile de Putois et Agonôs, Saint-Sauveur du Pin, Combaillaux, Les Ma telles, le mas de Calages, Gamboax, le mas et le moulin de Figuières, Viols, la Peyre de Maipétrach del Fesc, Baguet, Aissolas, Boissière, Mègre de Arnuel et Amanis, Restincliôres, Font-Froide, etc., dont le revenu total était d'environ 14,000 livres.

Quant aux arrière-fiefs, très nombreux dans le comté, nous nous bornerons à en marquer les principaux. Ils étaient à Brissac, Camboux, Sainte-Foy, Valflaunès, Juvignac, Grabels, Saint-Clément, Saint-Martin de Londres, Teyran, Mûries, Vailhauquès, Saugras, Combaillaux, Sàinte-Croix de Fontanés, Les Matelles, etc.

Marquisat de la Marquerose. — Nous trouvons cette appellation féodale appliquée aux évêques de Maguelone dans une charte de Philippe de Valois, datée du 26 Juillet 1344. La seigneurie comprenait dans sa circonscription : Balaruc, Cournonsec, Cournonterral, Frontignan^ Fabrègues, Gigean, Launac, Lavérune, Mire val, Murviel, Montbazin, Pignan, Poussan, Saint-Félix de Montseau, Saint-Jean de Védas, Saussan, Villeneuve et Vie. Au milieu du xviii® siècle, La Marquerose avait déjà perdu de son importance son chef-lieu était le Château du Terrai, sur le territoire de Saint-Jean de Védas. Les localités les plus considérables demeurées sous la dépendance épiscopaleétaient: Lavérune, Gigean et Villeneuve.

Les droits et revenus de la seigneurie provenant des châteaux, terres, prieurés et bénéfices, carrières de pierre (de Saint-Jean de Védas), fours, moulins, fruits décimaux, usages, censives et directes, péages, etc., produisaient en moyenne 22,170 livres, non compris le

iV PIÈGES JUSTIFICATIVES

revenu d'un grand nombre de terres non aflermées et dont révoque s'était réservé la jouissance.

Quant aux arrière-flefs, situés principalement sur les territoires de Lavérune, Gigean, Poussan, Saint-Georges, Mireval, avec les droits de lods et autres redevances, leur produit était assez médiocre ; les documents officiels ne l'estiment qu'à 3,000 livres.

Le revenu total de la Marquerose diminua beaucoup à la suite des ventes consenties par M. de Villeneufve, non seulement pour cette principauté, mais encore dans le comté de Mauguio. Le prélat aliéna plusieurs terres à Grabels, Combaillaux, Lavérune et Villeneuve. Ces diverses opérations produisirent environ 25,000 livres qui furent employées en réparations au château de Lavérune.

Baronnie de Sauve. — Sauve était autrefois le chef-lieu d'une baronnie, dont les terres appartenaient en partie au diocèse de Nimes et en partie au diocèse d'Alais. Donnée par Philippe-le-Bel aux évêques de Maguelone en échange d'une portion de la seigneurie de Montpellier, elle avait été échangée par Ch. de Pradel, qui s'était réservé le titre de Baron de Sauve^ la haute justice, les directes de l'enclos de la ville de Sauve et la totale justice de Saint-Hippolyte, autre seigneurie dont nous allons parler. Au moment de la Révolution, les droits des évêques de Montpellier sur la baronnie de Sauve se réduisaient à bien peu de chose.

Seigneurie de Saint-Hippolyte. — Nous en dirons autant de la seigneurie de Saint-Hippolyte, dont les terres voisines de Sauve faisaient avec elles partie de la baronnie. Les droits de lods étaient évaluées à 200 livres par an.

Seigneurie de Durfort, — Nous ne la mentionnerons que pour mémoire. Acquise du roi de France au même titre que la seigneurie de Saint-Hippolyte et la baronnie de Sauve par les évêques de Maguelone, elle avait été démembrée de Tévêché de Montpellier en 1570.

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