IV. — LES CARMES
I. Les Carmes de l'Ancienne Observance de Montpellier étaient connus dans cette ville sous le nom de Carmes du Palais. Lors du siège de cette ville en 1622, ils durent quitter un vaste établissement qu'ils s'étaient construit en dehors de l'enceinte de la ville, converti de nos jours en hôpital général, et qui a laissé son nom à la porte et à la rue qui conduisent du boulevard à la cathédrale. Après les guerres de religion, ils revinrent à Montpellier et vécurent assez longtemps dans une maison d'emprunt, la leur n'étant plus habitable. Ils finirent par se bâtir une nouvelle résidence non loin du Palais, d'où leur était venu le nom de Carmes du Palais (1).
IL Les Carmes de l'Etroite Observance. — Ces religieux possédaient dans le diocèse deux maisons de leur ordre; la première à Lunel, la seconde à Montpellier.
!• Les Carmes de Lunel (2). A Lunel existait une maison
(1) D'AioREFEUiLLE, llist, de Montpellier , ii® partie, Ch. vu.
(2) L'Abbé RoûET, Not, sur la ville de Lunel; — Millerot, Hist* de la ville de Lunel.
de Carmes qui remontait, parait-il, au commencement du xin« siècle. Ruiné par les religionnaires en 1523 et 1622, ce couvent fut rebâti, en 1632, avec une partie des matériaux de l'ancienne citadelle et prit un développement assez considérable. Son personnel qui, dans le principe, n'était que de trois religieux en compta jusqu'à 12, revêtus de la prêtrise. La malveillance s'efforça de tirer parti de la prospérité toujours croissante de ce couvent pour nuire, au moyen de faux rapports, à la bonne harmonie qui régnait entre le clergé séculier et le clergé régulier de la ville. Elle provoqua même un échange de lettres entre Tévéque, qui pour lors était M. de Malide, et le prieur des Carmes; mais le résultat final tourna tout entier à la louange de l'esprit évangélique des religieux. — A cause de l'ancienneté de leur établissement à Lunel, les Carmes déchaussés du couvent de Notre-Dame avaient le pas dans les cérémonies (processions, enterrements, assemblées publiques) sur les religieux Cordeliers ou Mineurs Observantins, venus après eux.
2^ Les Carmes de Montpellier (1). — En 1662, l'évêque De Bosquet appelait à Montpellier les Carmes de l'Etroite Observance, pour y fonder une maison de leur ordre, sur l'emplacement de l'ancien cimetière Saint-Barthélémy, à quelques pas de l'église paroissiale actuelle Saint-Denis. La première pierre du couvent fut posée le 30 novembre de l'année suivante. L'église, dédiée à Saint-Joseph, ne put être consacrée que le 23 octobre 1707. Certaines conditions avaient été mises par les membres de la confrérie Saint-Claude, propriétaires dés terrains, à l'époque des constructions. Comme dans la suite, les
(i) Arch. de l'Hérault, Fonds des Carmes déchaussés. Série H. — Arch. des Pénitents-Bleus, Séries et G.; — D'Aigrefeoille, ii« partie; — L. GoiRAUD, La paroisse Sainl-Denis; — F. Saurel, Vie de Mgr de Villeneufve,