LE BON PASTEUR
qui à la fin de Tannée s'élevaient en moyenne à 2640 livres.
Indépendamment de ces dépenses quotidiennes, il y avait les provisions de blé, d'huile, etc., les honoraires des médecins et des divers fonctionnaires, les gages des personnes de service ; une somme de 7 à 800 livres consacrée à récompenser les pensionnaires dont la conduite était irréprochable et auxquelles on accordait un modeste trousseau. En 1792, le chiffre total des dépenses fut de 10,256 livres 10 sols 6 deniers. Cette même année, les recettes, en y comprenant un restant en caisse de plus de 11,000 livres provenant des exercices précédents, avait été de près de 17,000 livres. Des rentes fixes et annuelles étaient la grande ressource du Bon- Pasteur : elles étaient servies par la Province et les Etats du Languedoc, le Diocèse, la ville, le clergé, Thôpital général, les chapellenies du Palais de Montpellier et la communauté de Lansargues. A ces rentes fixes venaient se joindre le produit des aumônes particulières et des bassins placés dans les églises au Jeudi-Saint ; les pensions payées par les familles pour certaines catégories de personnes détenues et enfin le produit du travail manuel des pensionnaires, habituellement occupées à la laine, à la filosèle et, en dernier lieu, à la confection des vêtements pour le compte de Tadministration militaire.
La maison du Bon-Pasteur fut supprimée et son dernier compte arrêté par la municipalité, en double original le 22 Germinal Tan 2® de la République (11 avril 1794) visé par le district le 23 du même mois et par le département le 26 ; lequel compte fut déposé avec les titres et pièces justificatives dans les archives du district de Montpellier, et le double remis au citoyen Poitevin, receveur du district.
L — LES DOMINICALNES, DITES PROUILLANES DE SAINTECATHERINE DE MONTPELLIER(l)
En entrant dans le faubourg du Courreau par le boulevard Saint-Guillera et sur la gauche, existait le couvent des religieuses de Sainte-Catherine de Sienne, autrefois de N.-D. de la Prouille, de Tordre de Saint-Dominique, communément désignées dans le pays sous le nom de Prouillanes ou Catherinettes, Cette maison, fondée vers la fin du XIII® siècle par Bernard Grandis, de Cahors, religieux dominicain, fut pillée, brûlée, démolie par les Huguenots et ses pierres employées à la construction des murailles de la ville, tombée au pouvoir des hérétiques et révoltée contre Louis XIII. Après le siège et la prise de Montpellier en 1622, les religieuses de Sainte-Catherine entreprirent la reconstruction de leur couvent et lui donnèrent des dimensions plus considérables.
Depuis lors et jusqu'à la Révolution, la communauté, dans laquelle entraient les plus nobles filles de la ville et de la région, s'occupa de renseignement et du travail manuel; respectée des personnes du monde et répandant autour d'elle le parfum d'une vie chrétienne et édifiante.
En 1766, les revenus du monastère n'étaient que de 6,497 livres, pendant que les charges s'élevaient à 1,450 livres, 10 sols ; mais en 1790, les revenus étaient montés à 8,190 livres, 3 sols, 6 deniers et les charges réduites à 439 livres, 1 sol, 9 deniers; preuve de la pros-
(1) Arch. départ., Série H., Fonds de Sainte-Catherine j Reg, des recettes et dépenses du ^•' mai 177 i au 6 août i79i ; — Reg. du Directoire du district de Montp, du 15 avril 1790 au ii mars i79i ; — ProcèS'Verbaux de la Commiss, municip. du i 8 janvier et du i 8 mai 1790; — - Etat des religieuses de Sainte-Catherine, dressé par la municipalité ; — L. Guiraud, La paroisse Saint-Denis, de Montp.