III. — MAISON DE LA PROVIDENCE
Tous les trois ans, trois religieuses professes, désignées par révêque, sortaient de leur monastère de Saint- Charles, pour aller habiter et diriger l'établissement de la Providence. Dans la suite la supérieure seule appartenait au couvent des Ursulines de Saint-Charles, ayant la haute main. sur tous les services de la maison confiés à des personnes laïques (1). On ne tarda pas cependant i^ reconnaître ce qu'il y avait de défectueux, dans ce changement fréquent et périodique de supérieure, pour la marche régulière et sans secousses de l'internat ; et dès l'année 1765, jusqu'au 29 septembre 1792, nous voyons la Providence toujours dirigée par la même personne, la sœur Saint-Martial, mais avec l'adjonction d'une trésorière ou caissière laïque, chargée de fournir à la directrice les fonds jugés par celle-ci nécessaires pour la dépense du mois. Outre les rentes annuelles assurées à l'œuvre, les quêtes faites dans les églises et les offrandes spontanées
(1) Pour le fonctionnement de TOEuvre de la Providence et de la Propagande, on peut voir ce que nous en avons dit dans la Vie de Mgr de Villeneufve, p. 130-U5.
des fidèles, Tœuvre recevait pour chacune de ses pensionnaires une rétribution mensuelle qui variait de 3 à 15 livres, suivant leur âge et suivant la position plus ou moins fortunée de leurs parents. Le nombre des jeunes filles soignées dans la maison variait de 48 à 50. Les comptes arrêtés le 30 novembre 1791, et confirmant une période de 13 mois, donnent les chiffres suivants :
Recettes 5,049 ^ 11 ■
Dépenses 7,053^ 8^1^
Déficit 2,3001 lysidcv
2° Les TJrsulines de Lunel (2). — Les religieuses de Sainte-Ursule, de Lodève, obtinrent de la municipalité de Lunel l'autorisation de fonder dans cette dernière ville une maison de leur ordre (23 novembre 1664). Cette permission fut accordée à la condition que les nouvelles venues ne pourraient jamais prétendre à aucune indemnité de la commune, soit pour leur logement, soit pour leur entretien.
vin. — LES ABBAYES DU VIGNOGOUL ET DE SAINT-GENIÈS(3)
Le monastère de N.-D. de Bonlieu, ou du Vignogoul, fondé en 1150, sur la paroisse de Pignan, non loin de
(1) Privée d'une partie notable de ses revenus (les quêtes et les offrandes spontanées), la Providence ne pouvait plus se suffire à elle-même ; et lors du règlement définitif des comptes (29 septembre 1792), il fut reconnu par le délégué de la municipalité Quatrefages, que la maison était redevable à la supérieure Saint-Martial de la somme de 3,686 livres 8 sous 1 denier.
(2) Arch. de THérault et Arch. municip. de Lunel, Fonds des Ursulines de Lunel. — L'Abbé Rouet, Notice sur la ville de LuneL
(3) Listes officielles des comm. relig. dressées par ordre du déparlement le 4 mai ^792 (V. à nos Pièces Justificatives). — D'AiGREFEUiLLE, Abbaye de Saiîit'Geniês et abbaye du VignogouL — FiSQUET, Diocèse de Montp,