‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 30 sur 141 · ABBAYES DU VIGNOGOUL ET DE SAINT-GENIÈS · texte numérisé non relu

ABBAYES DU VIGNOGOUL ET DE SAINT-GENIÈS

, Montpellier, dépendait de Tordre de Citeaux. Longtemps son état fut très prospère, même à Tépoque ou nombre d'établissements semblables se dépeuplaient et tombaient en ruines ; au point que les évoques du diocèse durent limiter le nombre des religieuses de cette communauté, ne roulant pas qu'elles fussent plus de quarante. Mais, peu à peu, ces mesures prohibitives devinrent inutiles, les sujets ne se présentant plus pour embrasser la vie claustrale et les guerres ayant achevé de ruiner l'abbaye, au point qu'on n'y compta plus que 4 ou 5 professes. Ce que nous disons de l'abbaye du Vignogoul, il faut le répéter à propos de celle de Saint-Geniès, car ces deux maisons eurent à peu de choses près les mêmes succès et les mêmes revers, avec cette différence que Saint-Geniès existait déjà depuis plus d'un siècle et demi lors de la fondation du Vignogoul.

L'abbaye de Saint-Geniès, œuvre d'un nommé Gondrand, avait été bâtie dans le comté de Substantion, placée sous la règle de Saint-Benoît et soumise à la direction de l'abbé de Psalmodi, au diocèse de Nimes ; les religieuses ayant le droit de choisir leur supérieure. D'après un règlement imposé par les évêques de Maguelone, elles devaient prendre leurs repas en commun, ne jamais sortir du couvent et ne recevoir personne dans leurs cellules, pas même de jeunes enfants. Au commencement du xiv« siècle, ce monastère était si florissant et le nombre des sujets si considérable que Pierre de Mirepoix, évêque de Maguelone décréta, que désormais elles ne pourraient être plus de 50. Avec le temps, les choses changèrent singulier rement de face et, sous l'administration de M. de Villeneufve, évêque de Montpellier, il ne restait plus arec l'abbesse que 2 religieuses, vivant assez pauvrement, bien que percevant un revenu annuel de 5,000 livres ; mais les charges on réduisaient considérablement l'impor-

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tance. Un brevet royal provoqué par le chef du diocèse prononça la suppression de la maison de Saint-Geniès et l'annexa à celle du Vignogoul.

Celle-ci, depuis quelques années, en vertu d'une Ordonnance de M. de Pradel, avait transféré son domicile dans la ville épiscopale; mais la réunion de deux petits ruisseaux, presque à sec, ne pouvait former une grosse rivière et cette adjonction de Saint-Geniès au Vignogoul fut impuissante à ramener la vie dans le corps d'une institution qui avait fait son temps. Les deux communautés ne comptaient plus au Vignogoul que 4 sœurs de chœur : Anne Garrel, Françoise Alric, Victoire Marty et Rose Landes.

VIIl. — LE MONASTÈRE DE Lk VlSITilTION SAINTE-MARIE DE MONTPELLIER (1)

Au mois de mai 1631, six religieuses de la maison d'Annecy vinrent fonder un monastère de leur ordre à Montpellier. Elles étaient envoyées par Jean-François de Sales (2), frère et successeur du saint évêque de Genève, sur la demande de Tévêque Fenoillet (3). Le 25 juin 1636, elles prenaient solennellement possession du bel établissement que ce prélat venait de leur faire bâtir à la rue de la Blanqtcerie, Leur communauté devenue bientôt considérable par le nombre et la qualité des sujets, fonda les maisons de Toulouse et de Nimes. Elle dût plus tard

(1) Listes officielles, etc. ; — Archives de l'Hérault, Série H, Fonds de la Visitation. — Saurel, Vie de Mgr de Villeneufve; — D'AiGREFEuiLLE, Hîst. de Montp., ii« partie, Liv. x, Gh. ii.

(2) Lettre de Jean-Fr. de Sales j évêque de Genève, à M. de Fenoillet, évêque de Monlp., 12 juin 1630.

(3) Lettre de Fenoillet, contenant permission de l'établissement d'un monastère de religieuses de la Visitation Sainte-Marie,

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