IL — LE COLLÈGE ROYALE
Dans le courant du mois de septembre 1594, Henri IV autorisait la ville de Béziers à créer un collège sur le modèle de celui de Nîmes. Quelques années après, l'établissement étant terminé, lès pères Jésuites en prirent la direction qu'ils conservèrent jusqu'à la suppression de leur ordre en France (1762), c'est-à-dire pendant 163 ans. Au départ des Jésuites, le collège fut dirigé par des prêtres prébendes, attachés au Chapitre Saiht-Nazaire.
Bulletin de la Société archéoL de Béziers, 2* série, xiv, 2 ; — Mâffre de Fontjoye, Béziers il y a cent ans, p. 10.
(1) Né à Château-Bolard, en Dauphiné, le 20 juillet 1712. Il avait été reçu au séminaire de Lyon le dO janvier 1737 et avait prononcé ses vœux à Annecy le 27 janvier 1739. A propos de la prestation de serment à la Constitution civile du clergé, il engagea une vive polémique épiscopale avec Tabbé Rouanet, vicaire épiscopal de Pouderoux et supérieur du séminaire de Saint-Pons.
(2) Il avait assisté à la profession de Tabbé Chareun qui a laissé un bon souvenir dans l'esprit des vétérans du sacerdoce.
(3) Originaires de Béziers, ils occupèrent dans la suite une haute situation dans la Congrégation des Lazaristes.
(4) A. SoucAiLLE, Not. hist. sur le Collège de Béziers, passim. — Maffre de Fontjoye, Béziers il y a cent ans, p. 26.
qui, dès les premiers mois s'acquittèrent de leur devoir à la satisfaction générale. On invitait alternativement, pour faire l'ouverture des classes, le Chapitre de Saint-Nazaire et le Présidial. On observait le même cérémonial à la distribution des prix (1). Le bureau d'administration, composé des délégués de l'Evêque, du Chapitre cathédral et de la municipalité était présidé par l'Evêque lui-même. On lui abandonna la gestion des biens appartenant aux Jésuites et la jouissance de leurs droits.
Quant au personnel enseignant, il suivit exactement le programme et les méthodes des Jésuites évincés. Il y avait en 1789 des cours de théologie, de philosophie, de mathématiques, de rhétorique, d'humanités, ainsi que des classes élémentaires. Le nombre des élèves était de 150. Les professeurs des hautes classes touchaient un traitement de 600 livres et ceux des classes inférieures de 500. Le principal du Collège, au moment de la Révolution, était Nicolas Millié, prieur de Ribaute.
Le diocèse était divisé en trois archiprétrés dans lesquels n'étaient point comprises les églises de la ville épiscopale.
(1) Reg. plumitif des Dèlih, du vén. Chap. cath. de Béziers, - 26 nov. 1785.
(2) Reg, des Délib. de la paroisse de la Madeleine ; — Soucaille, Etat de la ville de Béziers en i 709 ; — Maffre de Fontjoye, Béziers il y a cent ans; — Eugène Thomas, Dict. topog. de l'Hérault, Intro" duction etpassim; — Fisquet, Dioc. de Béziers, 617 ; — Basville, Mémoires, etc.
savoir : Saint-Nazaire et Saint-Celse, cathédrale; Saint- Aphrodise, collégiale; Saint-Jacques, abbatiale et collégiale; Sainte-Madeleine, paroissiale^ et Saint-Félix, annexe.
Ces cinq églises étaient toutes également affectées au service paroissial. La première et la seconde appartenaient aux chanoines, qui en disposaient souverainement, les curés s'effaçant devant eux. Le curé de Saint-Nazaire n'avait pour l'exercice du culte et l'administration des Sacrements que la chapelle de la Sainte-Vierge; celui de Saint-Aphrodise, que la nef latérale du côté droit. Une grille fermait le chœur occupé par le Chapitre. L'église de la Madeleine, la plus considérable de la ville, tant pour son étendue que pour le nombre de ses habitants, était la paroisse consulaire ou municipale ; sa cure ou vicairie perpétuelle était conférée par le Chapitre cathédral de Saint-Nazaire, dont elle était une succursale (1). Enfin, l'église Saint-Félix (convertie depuis en halle au blé) était une annexe de la Madeleine. En outre de ces cinq édifices consacrés au culte, Béziers possédait encore, soit dans son enceinte murée, soit dans son territoire, jusqu'à 60 églises ou chapelles.
Pour tout le diocèse on comptait 103 paroisses et 31 annexes, à peu près également réparties entre les trois archîprêtrés, dont les chefs-lieux étaient fixés à Cazouls
(1) Le 21 septembre 1776, une transaction fut passée entre le Chapitre Saint-Nazaire et la paroisse de la Madeleine, au sujet des réparations, fournitures et entretien du linge, des ornements et des vases sacrés; portant abonnement « pour le passé et pour TaTenir », les revenus de l'œuvre étant de beaucoup insuffisants pour l'entretien de la sacristie et la réparation des ornements. La transaction avait été provoquée par la Madeleine et basée sur ce que la cathédrale, étant prieur primitif, devait fournir le nécessaire. — En 1779, rétat de l'édifice paroissial demandant des réparations urgentes, la ville accorda la somme de 400 livres (8 juin), et Tévéque Nicolay, afin de venir en aide à l'œuvre réduisit les fondations (29 septembre 1779).
les Béziers, le Pouget et Boussagues (1). D'après Basville, le nombre des ecclésiastiques attachés au service paroissial était d'environ 240. Parmi ces 103 paroisses, 21 étaient des prieurés, dont le revenu total s'élevait, toujours d'après l'intendant Basville, à la somme de 17,500 livres environ; ce qui ne rendait pas la position de ces bénéficiers de beaucoup supérieure à celle des simples vicaires perpétuels ou curés.
Dans le diocèse de Béziers, on comptait à l'époque delà Révolution, 12 couvents d'hommes peuplés par 117 reli-* gieux et 5 ou 6 couvents de femmes avec 167 religieuses; 4 de ces maisons avaient le titre d'abbayes, dont 3 pour les hommes (Joncels et Valmagne de l'ordre de S. Benoît et S. Jacques de Béziers, dont nous avons déjà parlé), et 1 pour les femmes (établissement du Saint-Esprit, ordre de S. Augustin). A Béziers, les couvents et communautés religieuses, avec leurs chapelles, cloîtres, cours, jardins et dépendances occupaient une surface considérable de l'intérieur de la ville.
(1) Voir à nos Pièces justificatives, le Tableau des Paroisses et Annexes de Béziers l N« VI .
(2^ SoucAiLLE, Eltat monastique de Béziers avant i789.