IV. — LES GÉNOVÉFAINS OU CHANOINES RÉGULIERS DE SAINTE-GÉNEVIÈVE
Les Génovéfains de la Congrégation de France possédaient deux étabUssements dans le diocèse de Béziers :
1<^ Le Chapitre abbatial et collégial de la paroisse Sainte Jacques^ dans la ville épiscopale, et le prieuré royal de Notre-Dame de Gassan. Nous avons déjà parlé du premier à propos des Chapitres collégiaux. Il nous reste à faire connaître le second.
2^» Le célèbre prieuré de Cassan (2) qui se trouve aujour-
(1) Le P. Coste ne porta point sa tête sur Téchafaud ; mnis il eat le bonheur de mourir, confesseur de la foi, dans la maison de détention de Montpellier, le 21 janvier 1793, presque à la même heure où « le fils de S. Louis » montait au ciel.
(2) Arch. de l'Hérault, Reg. des Recel, et des Dép. du prieuré de Cassan, du i*^ janvier 17 Hi au 30 avril (79 i; — Thomas, Dict. topog»; — FisQUET, Dioc, de Béziers; — Gallia Christiana, VI.
d'hui enclavé dans la commune de Roujan, avait été fondé en 1080, sous Tinvocation de la Très-Sainte-Vierge et de S. Jean-Baptiste et donné à Tordre de Saint-Augustin, uni à la Congrégation de Saint-Ruf avant 1417, saccagé et brûlé plusieurs fois pendant les guerres du protestantisme, il avait de la peine à nourrir 6 ou 7 religieux, tandis que dans les premiers siècles de son existence il en entretenait facilement plus de 80. Mais en 1660, les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de la Congrégation de France, prirent possession du monastère et ne tardèrent pas à lui rendre sa première splendeur.
Cinq à six ans à peine avant la Révolution le prieuré fut en grande partie reconstruit. On commença par les greniers destinés à conserver le blé et les autres récoltes (1784), puis vint le tour de la sacristie (1785), et enfin la réédiflcation de l'église. Quand nous parlons de réédification, nous sommes dans la plus exacte vérité. On avait bien résolu dans le principe de ne s'occuper que du chœur et du sanctuaire (1786); mais il fallut en venir à ne conserver que les grosses murailles de la nef et on se vit obligé à refaire à neuf les voûtes, la charpente et la toiture (1787). Une forte inofidation subite, occasionnée parle canal du Midi, enleva bon nombre de pièces destinées à la charpente de l'édifice sacré, ce qui amena des difficultés entre les religieux et l'entrepreneur qui avait fourni les bois. Il n'y eut pas cependant de procès; les parties ayant eu le bon sens de recourir à un accommodement.
Les grands travaux de maçonnerie terminés, il faillit en venir à la décoration intérieure. On le fit avec munificence; boiseries en noyer pour le sanctuaire, le chœur, et la sacristie ; sculptures, balustres, vitraux, etc. Fabre, marbrier à Montpellier, exécuta le maître-autel pour le prix de 8,000 livres et l'expédia par le canal et les étangs