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LES GÉNOVÉFAINS

jusqu'à Mèze, d'où il fut voiture par les soins des religieux. Pour assortir ce bel autel, il fallait de riches accessoires ; on ne les oublia pas.

La croix et les six grands chandeliers en cuivre doré coûtèrent presque autant que Tautel et arrivèrent de Paris le 6 décembre 1789, assez tôt pour être inaugurés le jour de la fête de la Conception de la Très Sainte- Vierge, en même temps que quatre flambeaux en argent. Un grand ^ et magnifique tapis d'Aubusson garnissait le sanctuaire et préservait les pieux chanoines de Thumidité qui se dégageait du carrelage en marbre fraîchement posé.

Après l'église, vint la maison du prieuré, en commençant par la partie réservée aux étrangers ; cheminées en marbre, avec demi-trumeaux et garnitures assorties, rideaux et tentures en satinade, meubles fournis par la maison Gros, de Lyon ; sofas en velours d'Utrech jaune ; deux lits et douze fauteuils, dits cabriolets, pour chaque appartement des étrangers. La grande salle de réception, au rez-de-chaussée, garnie d'une riche et belle tenture en damas jonquille (du prix de 1,647 livres); à côté un autre vaste salon avec billard, tric-trac et tables de jeu; puis, la salle à manger ornée d'une fontaine en marbre sculpté.

Si l'on veut rencontrer la simplicité, la pauvreté religieuse, il faut pénétrer dans la partie du monastère réservée aux chanoines réguliers. Les mui^ n'y brillent que par la blancheur de la chaux et le mobilier n'a d'autre éclat que celui de la modestie. On est frappé en effet de la diff*érence avec laquelle sont traités les vrais habitants de la maison et les étrangers ou visiteurs. Ceuxci sont l'objet de toutes les délicatesses de leurs hôtes, tandis que ceux-là éont oubliés ; c'est à peine s'ils reçoivent le nécessaire. Une fois, on leur achète 6 bonnets carrés avec houppe (30 janvier 1782), pour la somme totale de 13 livres. A défaut d'autres renseignements, le

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nombre des bonnets nous indiquerait le nombre des têtes. Nous trouvons en effet, pour les dernières années de la royauté, cinq chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, savoir : les PP. de Bausset, Meunier, Valioud, Mazel et Duon obéissant au P. Delabat, prieur claustral. Quant au prieur commendataire, Tabbé de Pas de Beaulieu (François-André), dont le père était conseiller du roi en la cour des Comptes de Montpellier, il avait obtenu sa nomination en 1750 ; mais nous ne le voyons figurer en aucune façon dans les registres du monastère, si ce n*est à propos de son traitement annuel qui arrivait à la somme ronde de 8,000 livres (1).

En règle générale (au moins dans nos cinq anciens diocèses, dont la réunion a constitué le département de l'Hérault), les revenus des abbés ou prieurs leur étaient payés contre quittance par la caisse des monastères et les sommes portées aux dépenses. A Cassan, il en était autrement et les biens du prieuré se trouvaient divisés en deux menses d'inégale importance ; la première, et de beaucoup la plus considérable, pour la communauté ; la seconde, de moindre valeur, mais confortable cependant, pour le commendataire. La mense de la communauté s'élevait à 70,000 livres, année moyenne ; celle du prieur, à 8,000 livres.

Rapprochant sans doute les chiffres les uns des autres et tenant compte du petit nombre de chanoines réguliers attachés au monastère, le prieur trouva que les religieux étaient plus riches que lui et demanda itérativement une nouvelle répartition des menses. Il y eut procès entre les parties; procès qui naturellement traîna de longues années et ne fut terminé que par la confiscation de tous

(1) En 1807, Pas de Beaulieu est inscrit parmi les chanoines honoraires de Montp. dans VAlmanach eccL du département.

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