I. — LES RELIGIEUSES DE SAINTE-GLAIRE DE BÉZIERS
Leur maison fondée vers 1259, hors des murs de la ville, fut dans la suite transférée dans l'intérieur. Ces bonnes filles étaient connues sous le nom de Minorettes, non pas tant à cause de leur commune origine avec les Frères Mineurs que pour leur humilité et leur pauvreté. Elles étaient, en 1789, au nombre de 31, dont 26 professes et 4 converses, et observaient la règle de S. François, sous la réforme de S'« Colette. Ces saintes religieuses vivaient dans la plus grande régularité, sans avoir jamais dévié de leurs constitution, environnées du respect et de la vénération des habitants et des populations environnantes. On avait grande foi et confiance dans leurs mérites. On recourait à elles dans les afflictions et les
(1) Listes officielles du département de THérault, du 4 mai 1792 ; — Maffrb de Fontjoye, Béziers, il y a cent ans; — Fisqoet, Dioc* de Béziers, p. 282.
adversités, et l'on attribuait à leurs austérités et à leurs ferventes prières la cessation des malheurs auxquels elles voulaient bien s'intéresser. La dernière supérieure fut la Mère Mercadier, en religion Marie Saint-Esprit.
IL — LES CHANOINESSES DU SAINT-ESPRIT DE BÉZIERS(l)
Bérenger de Frédol, dit Y Ancien^ évêque de Béziers, de concert avec son Chapitre et après avoir pris conseil du pape Boniface VIII, fonda dans un local annexé à l'hospice des SS. Nazaire et Celse, 30 chanoinesses qui devaient desservir cet établissement, suivre la règle de S. Augustin et porter des vêtements blancs avec une croix rouge sur leur voile (1299). Dans la suite, leur couvent fut transféré de la banlieue dans la ville. De jour en jour le zèle des chanoinesses s'attiédit et leurs mœurs se relâchèrent au point de déterminer l'autorité ecclésiastique, de concert avec la puissance royale, à confier cette maison, à un autre ordre régulier. Les religieuses du Saint-Esprit comprirent heureusement qu'il était temps pour elles d'en venir à une réforme générale. Elles se mirent sérieusement à l'œuvre, revinrent à la régularité de leur état et depuis ne donnèrent que des exemples de piété et des modèles d'édification. En 1789, la communauté du Saint- Esprit se composait de 18 religieuses de chœur et de 3 sœurs converses. Marie-Magdeleine Gabreroles, ancienne chanoinesse dans la maison, avait été nommée abbesse le 8 juin 1767 et vivait encore en 1792. Les revenus annuels s'élevaient à la somme de 8,000 livres environ.
(1) Màffrë de Pontjoye, Béziers il y a cent ans; *- Fisquet, DioCé de Béziers; — Du Mège, Hist. de Languedoc, x; — Gallia ChriS" liana, T. vi, p. 100.
RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES. - FILLES DE LA CHARITÉ 101 III. - LES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES' ' ; . :r ij
Les Religieuses Hospitalières desservaient deux maisons dans le diocèse; la première à Bézlers, la seconde à Pézenas (1). Ces asiles de la souffrance avaient été ouverts et étaient soutenus grâce aux libéralités incessantes des évêques. Ces princes de Téglise considéraient les déshérités de ce monde comme les créanciers des riches et s'acquittaient exactement et largement de cette dette. La plupart d'entre eux instituaient les hôpitaux pour leurs héritiers. Les maisons afi^ectées aux soins des pauvres malades étaient d'ordinaire placées sous la surveillance d'un bureau d'administration dont la présidence était acquise aux évêques. Tel était en particulier YHôpilal- Mage de Béziers, dont la fondation remontait au xi® siècle. On avait commis à sa desserte les Religieuses hospitalières de la Charité Notre-Dame de l'ordre de Saint-Augustin, au nombre de 35, dont 28 de chœur et 7 converses. La supérieure en 1789, était la Mère Martin, en religion Claire de Sainte-Cécile.
A Pézenas, l'hôpital était également desservi par des Religieuses Hospitalières ; elles étaient 13 sœurs de chœur et 3 converses, et avaient en dernier lieu pour supérieure la Mère Dulac, en religion sœur Sainte-Marguerite.