ET LE COLLÈGE CLÉRICAL
la table au séminaire, à la charge de remplir les fonctions vicariales à la paroisse Saint-André; ministère qu'il sut exercer avec zèle, édifiant les séminaristes par sa piété et les habitués de la cathédrale par l'exactitude de son assistance aux offices du chœur.
A ces trois hommes recommandables, Tévêque avait adjoint pour la direction provisoire du séminaire l'abbé Martin également bénéficier à la cathédrale qui, lui aussi, méritait toute confiance et, peu après, il nomma comme supérieur définitif, l'abbé Bellenger, prêtre natif de Rouen, docteur en Sorbonne, qu'il attira de Paris à Agde. C'était un excellent choix (1).
Quant au collège clérical (sorte de petit séminaire), par suite des éléments de sa fondation et de sa constitution primitive, il avait à sa tête un bureau d'administration composé des délégués de l'évêque, du Chapitre et de la municipalité. Parfois des difficultés survinrent entre ces diverses catégories d'administrateurs; ces obstacles disparaissaient toujours devant la prudence et l'amour de la paix dont M. de Saint-Simon ne cessait de donner des preuves.
Plus il éprouvait de contradictions pour l'affermissement de son séminaire et de son collège, plus il s'attachait
(1) Ce nouveau venu, d'abord simple professeur de théologie, ajoutait à renseignement de la science sacrée l'exemple de sa conduite. Il se faisait remarquer de ses jeunes élèves par sa tendre piété et la régularité poussée jusqu'au scrupule. Il les soutint et les encouragea sous l'administration sénile du supérieur dont il devait bientôt prendre la place, au point que la discipline et les études ne laissaient rien à désirer lorsque la maison lui fut confiée. Plein de confiance en ses lumières et d'estime pour ses vertus, l'évêque l'employa au gouvernement de son diocèse avec le titre de vicaire général et le Chapitre sur la proposition du prélat lui-môme se l'adjoignit, le priant d'accepter le titre et les fonctions de chanoinesacristain et lui conférant de la sorte le premier personnat de la cathédrale.
à remplir de bons sujets ces deux maisons, à la première desquelles il donna un capital de 36,000 livres, dont le revenu devait servir à l'entretien des jeunes gens qu'il croyait propres au service des autels. Il les voulait studieux et pour être en état de suivre leurs progrès, il s'assujettit à examiner lui-même tous les élèves du séminaire et du collège. Il renvoyait les incapables, secouait les paresseux, encourageait les bons sujets et tenait un registre où il consignait le détail de ses observations (1). Désireux de relever le niveau des études parmi ses élèves, il voulait pouvoir les opposer victorieusement à dos gradués sans science, arrivés par la protection et Tintrigue et qui envahissaient les bénéfices les plus importants de son diocèse. Pour y parvenir, il demanda des lettres d'union de son séminaire à l'université de Valence.
(1) Nous empruntons les détails suivants aux Mém.^ hxsL sur la ville d*Agde, par M. l'abbé Grasset : « Quand la Révolution vint détruire le précieux établissement, il y avait quatre professeurs au collège, tous prêtres ou ecclésiastiques, et trois prêtres au séminaire. Le temps des études était un an pour la philosophie et trois ans pour la théologie. Les élèves étaient tenus de réciter tous les jours dixhuit versets du Nouveau Testament grec et une leçon de l'histoire ecclésiastique; en sorte que, pendant les quatre années, on devait rendre compte des douze premiers siècles de TËglise. M. de Saint- Simon faisait les examens deux fois Tannée. Les élèves se rendaient successivement à l'évéché, chacun au jour qui lui était indiqué, car il n'en voyait jamais plus d'un par jour. On rapporte qu'il faisait souvent cette question : En quelle année a eu lieu le concile d*Agde f C'était en efl'ot la gloire de son Eglise et un élève qui aurait hésité un moment à lui répondre était sûr d*entendre : Comment ! vous ne savez pas en quelle année a été tenu le Concile d'Agde ! Souvenezvous en bien : en 506 ».
Le diocôse d'Agde comptait 22 municipalités divisées en 25 paroisses.
I. Agde. — Le territoire d'Agde était partagé en trois paroisses : S. Etienne, S. Sever et S. André.
1. Saint-Etienne. — Cette église servait en même temps de paroisse et de cathédrale. Le clergé paroissial avait à son usage la chapelle actuelle de la Sainte-Vierge, vis-à-vis la porte d'entrée. Le Chapitre célébrait ses offices à l'autel principal et occupait toute la nef. Un curé desservait la paroisse avec le concours de deux vicaires; ceux-ci pris ordinairement parmi les bénéflciers du Chapitre ; la chose était facile puisqu'il ne s'agissait que d'une seule et même église.
2. Saint'Sever. — Bâtie dans les premières années du IX* siècle, sur l'emplacement d'une autre église, construite elle-même sur le sol qu'occupait un temple païen. L'église paroissiale conservait encore à la Révolution le titre de prieuré et était desservie, comme Saint-Etienne, par des prêtres bénéflciers à la cathédrale.
8. Saint-André. — La moins étendue et la plus ancienne des trois paroisses d'Agde, en était la cathédrale au v* siècle. Le concile tenu en 506, dans cette ville, choisit Saint-André pour le lieu de ses réunions. Ruiné par Charles-Martel, le siège épiscopal fut transporté à Saint-Etienne. En parlant du séminaire diocésain, nous
avons déjà dit que Téglise Saint-André fut unie à cet établissement.
IL AuMEs constituait en quelque sorte un faubourg de Montagnac. Son église paroissiale était dédiée à V Assomption.
III. Bessan. — Son église était sous le vocable des SS. Pierre et Paul.
IV. BouziGUEs, sur l'étang de Thau. Son église paroissiale consacrée à S. Jacques-le-Majeur.
V. Castelnau DE GuERS. — L'égUso paroissiale dédiée à S. Sulpice.
VI. Cette doit son origine à son port, dont la première pierre fut posée le 29 juillet 1666. Avant la Révolution il y avait deux paroisses : Saint-Louis et Saint- Joseph,