‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 80 sur 141 · UANCIEN DIOCÈSE DE LODÈVE · texte numérisé non relu

UANCIEN DIOCÈSE DE LODÈVE

Le diocèse de Lodève était borné au nord par celui d'Alais, au nord-ouest par le Rouergue, à Touest et au sud par le diocèse de Béziers et à l'est par^celui de Montpellier. Sa population était de 27,000 âmes, dont 5,000 au chef-lieu. Lodève avec tout son diocèse était ressortable de la Cour du sénéchal de Béziers et suflfragant de l'archevêché de Narbonne. '

Mis en possession d'une partie de la succession des comtes de Toulouse, après la bataille de Muret, par Louis VIII, père de Saint-Louis, les évêques de Lodève prirent dans leur diocèse l'initiative de toutes les améliorations matérielles et se qualifièrent dès le xiv« siècle de seigneurs et comtes de Lodève et de Montbrun(l); vicomtes de Nébian, du Bosc ou de Gibret et de Cabanes; barons de Clermont, de Saint-André, du Gaylar et de Montpeyroux ; seigneurs des Rives, de Lauroux, de Saint- Saturnin, de Saint-Jean de la Blaquière ; ils étaient en outre prieurs primitifs de : Ceyras, Brignac, Fouscaïs, Salasc, Saint-Frichoux, Parlatges, le Gros, Pégairolles, Saint-ïdaurice, Lavallette et La Vacquerie, Clermont, Saint- André, Montpeyroux, Saint-Saturnin, Saint-Jean de la Blaquière, le Caylar, les Rives, Lauroux.

Quant aux revenus de la mense épiscopale, Basville (2)

(1) Le château de Montbrun, situé sur une élévation à 500 pas de la ville» était le chef-lieu du comté de Lodève.

(2) Basville» Mém. pour servir à l'ffist, de lan^uedoc^ 61,

les estime à 18,000 livres, du Mège (1) les porte à 26,000, et Fisquet à 36,000. L'évôché de Lodève était taxé en cour de Rome 1,060 florins.

A l'époque de la convocation des Etats généraux le siège épiscopal de Lodève était occupé par un prélat qui jouissait d'une popularité incomparable, Jean-Félix-Henri de Fumel (3). Il était né au château de Fumel, dans TAgenais, en 1717, d'une famille où la noblesse du nom s'alliait avec la noblesse des sentiments patriotiques et religieux. Il avait fait ses premières études au collège des Jésuites de Toulouse; il fut les achever, à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice. Il était chanoine-comte deBrioudo et vicaire-général de Vannes quand, en mars 1750, Louis XV le désigna pour succéder à M. de Souillac sur le siège de Lodève. Préconisé dans le consistoire du 27 avril suivant, il reçut la consécration épiscopale le 5 juillet;

(1) Do MÊOE, X, 731.

(2) H.-G. Paris, HtsL de Lodève, U n, p. 51. — Fisquet, La France pontif., Diocèse de Lodève, p. 468 ; — Bêne, Esquisse, etc., - Pézenas, Richard, 1879, in-8» ; — Lazaire, Eloge de Mgr de Fumel, Montp., Firmin et Montané» 1890, in-8*.

(3) Armoiries : D'azur à trois flammes d*or montantes de la pointe de Véçu^

mais, retenu par des devoirs impérieux, il ne put faire son entrée à Lodève que dans le mois de novembre; il avait alors 33 ans.

Son avènement combla de joie le clergé et les fidèles du diocèse et on ne tarda pas à reconnaître en lui la véritable piété unie à l'excellence du cœur. Pendant les quarante ans que dura son épiscopat, il se montra toujours le père et le consolateur de son peuple. Par son influence au sein des Etats de la province de Languedoc, il rendit d'immenses services à ses diocésains. C'est à ses soins et à son zèle qu'on doit les routes qui traversent le Lodevois dans tous les sens et la plupart des ponts rendus nécessaires par les accidents de terrain. Le palais épiscopal fut agrandi, et plusieurs églises réédifiées; la ville de Lodève, embellie et assainie. Ce que ses diocésains ne pouvaient tirer des entrailles de leur pauvreté; Tévêque le tirait des ressources de la Province, et la terreur des Intendants était de voir M. de Fumel demander quelque chose, car on ne pouvait rien refuser à son insistance (1).

Les pauvres furent la constante préoccupation de ce prélat; payer leurs dettes, et secourir les familles honteuses étaient ses actes de bienfaisance de chaque jour. Il se croyait redevable vis-à-vis des malheureux et comme évêque et comme seigneur temporel. C'est pour les pauvres qu'il sollicita et obtint de Louis XVI, au mois de septembre 1783, l'union de l'abbaye de Saint-Guilhem du Désert à l'évêché de Lodève, afin que les revenus du diocèse, fussent annuellement augmentés de ceux de l'abbaye. C'est encore pour abriter les pauvres qu'il leur construisit ce magnifique palais de l'hôpital dont on admire l'ordonnance et la beauté (2).

(1) Panégyrique de M. de Fumel, par Mgr de Gabrières, évêque de Montp. — Semaine relig. de Montp., 26 octobre 1878.

(2) Lazaire, Eloge de Mgr de Fumel, 52.

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