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DE LODÈVE

Avec les indigents de la ville, il y avait ceux du diocèse; ces derniers n'étaient point oubliés et les curés n'avaient qu'à les signaler à l'attention du généreux évéque pour en obteûir des ressources, en quelque sorte inépuisables. Afin de mieux connaître les misères, il visitait régulièrement les paroisses et s'appliquait à donner toutes les années pendant l'hiver des missions, avec le concours de plusieurs de ses prêtres ; mais le compagnon habituel de ses courses évangéliques était Fabbé Rebecq, bénéficier au Chapitre cathédral d'Agde, pour lequel il écrivait officiellement toutes ies années aux chanoines leur demandant de permettre à son auxiliaire bénévole de s'absenter du chœur (1).

Il fit, aux Etats de Languedoc, l'oraison funèbre de la reine Marie Leczinska (1768) et celle de Louis XV (1774) et remplit avec bonheur cette tâche difficile ; s'il n'oublia rien de ce qui pouvait relever la bonté du roi, il sut se contenir dans de sages bornes en n'essayant point d'ôter au vice sa laideur et sa diflbrmité.

Devant les disputes théologiques qui portaient alors Igl trouble dans les esprits, il ne demeura point dans l'indifférence et l'inaction; il prit part à la lutte et publia des Instritctions pastorales et d'autres écrits fort remarquables qui lui valurent à la fois d'amères critiques de la presse janséniste (2) et un bref de félicitations du Pape.

Mais l'œuvre par laquelle M. de Fumel s'est à jamais rendu célèbre au sein de l'église catholique, fut le Mandement qu'il publia le 12 novembre 1767, pour l'institution de la fête et de la dévotion du Sacré-Cœur de Jésus dans son diocèse. Cet écrit, comme il devait s'y attendre.

(1) GoHipf, M* du Séminaire,

(2) Nouvelles ecclésiastiques , n»» des 25 septembre et 9 octobre

fut singulièrement maltraité par les partisans de Tappel au Concile. L'évêque soutint sa fondation par la parole et par la plume, répondant aux adversaires de la dévotion nouvelle et faisant imprimer un ouvrage avec ce titre : « Bu culte de Vamour divin dans la dévotion au Sacrée Cœur de Jésus » (1).

Sa sollicitude s'étendait encore aux livres liturgiques : le bréviaire, le missel, le rituel, auxquels il apporta des changements considérables, travail qui témoignait du savoir de son auteur. Son zèle ne s'arrêta point là ; il fit publier un abrégé du bréviaire en forme d'heures « pour procurer, disait-il, aux fidèles l'avantage d'unir leurs voix à celles des ministres des autels (2) ».

Le Chapitre de la cathédrale, dédiée à S. Génies et à S. Fulcran, comptait dans le principe 13 chanoines, dont 4 dignitaires : (l'évêque, l'archidiacre, le précenteur et l'archiprêtre) ; 2 hebdomadiers ; 11 bénéficiers majeurs ; 12 bénéficiers moindres et 1 curé amovible (4). A l'époque de la Révolution, le bas-chœur n'était plus composé

(1) 2 vol. in-12.

(2) Mandement du 3 mars 177 S.

(3) Arch. de l'Hérault, Reg. des Visites pastorales, par M. de Harlay, 26 octobre 1659; — Fisqoet, Dioc* de Lodève.

(4) Voir à nos Pièces Justificatives le N» XL

que de 11 prébendiers, 4 hebdomadiers et 4 bénéficiers tous prêtres, remplissant les fonctions de diacre et de sous-diacre. Les nominations étaient faites par Tévêque pour 2 bénéfices majeurs ; par Tarchidiacre, le précenteur et Tarchiprétre, qui choisissaient chacun les nouveaux titulaires pour un bénéfice majeur et un bénéfice moindre. Toutes les autres nominations appartenaient à tour de rôle à chaque chanoine, Tévêque compris. Celui-ci faisait choix des dignitaires^ parmi les chanoines de gremio. De la mense capitulaire dépendaient les prieurés suivants : Liausson, Lodève, Olraet, les Plans, le Puech, Saint-Chrîstol, Saint-Félix de THéras, Saint-Martin, Soumont et Villecun.

M. de Souillac, Tavant-demier évêque de Lodève avait fondé un séminaire pour son diocèse, dans sa ville épiscopale, et lui avait assuré quelques revenus ; mais insuflîsants, paraît-il, au point que M. de Fumel, son successeur immédiat, ne jugea pas à propos de le soutenir. Il obtint des lettres patentes (1) pour sa suppression et l'union de ses revenus à la mense du clergé du diocèse. Ce fut un malheur, car cet évêque ne mourut point sans s'apercevoir de la pénurie extrême des sujets pour la vocation ecclé-

(1) Nous ne pouvons donner la date de cette union, les lettres patentes ayant disparu des archives. (Arch. de THérault, L. i, ch. vi. — Séminaires diocésains. Lettre du proc synd, de distr. de Lodève^ 29 oct. 1790.) - P. M* ; Lodève en 1768.

siaslique. A la Révolution, le Collège, dirigé par les Doctrinaires, au nombre de 6, avait pour supérieur le P. Simon et comptait 90 élèves.

L'ancien diocèse de Lodève comprenait 53 paroisses, faisant 50 communautés, desservies par 124 prêtres. Ces paroisses étaient : Arboras, Aubaigne et la Vernède, le Bosc, Brenas, Brignac et Cambous, Canet, le Caylar (ville), Celles, Ceyras, Clermont (ville), la Coste, le Cros, Fozières ou Fouzières, Notre-Dame de la Garrigue, Jonquières, Lauroux, Lauzière ou Lieuzère-Octon, Liausson ou Lieusson, Lodève (ville), deux paroisses (Saint-Fulcran et Saint- Pierre), Malavieille, Montpeyroux, Mourèze, Nébian, Olmet, Parlatges, Pégairolles, les Plans, Poujols, le Puech d'Albaigne, les Rives, Salasc, Soumont, Sorbs, Soubès, Saint-André (ville), Saint-Etienne de Gourgas, Saint-Félix de FHéras, Saint-Guilhem du Désert, Sainl- Guiraud, Saint-Jean de Fos, Saint-Jean de la Blaquière ou de Pleaux, Saint-Martin de Castries, Saint-Martin de Combes, Saint-Maurice, Saint-Michel, Saint-Pierre de la Fage, Saint-Privat, Saint-Saturnin, La Vacquerie, la Valette, Usclas et Villecun.

Les membres du clergé séculier, dans Tintention de

(1) Eugène Thomas, Dicl, iopçg. de l'Hérault; — Fisqiet, Le Dioc, de Lodève^ p. 461. — Durand, Hist. de Clermont, p. 21 4. — Paris, Hist, de Lodève^ t. ii, p. 175.

resserrer les liens de la charité et de maintenir dans leurs rangs Tesprit sacerdotal s'étaient réunis en une confrérie, qu'ils avaient placée sous l'invocation du Saint- Esprit. A Glermont, les prêtres de l'église paroissiale formaient eux mêmes une communauté, depuis deux ou même trois siècles, lorsque Tévêque de Lodêve Plantavit de la Pause essaya de leur donner un caractère régulier et de poser les bases d'un établissement destiné à rendre de grands services à la ville de Glermont et au diocèse de Lodève; mais ces projets n'eurent pas de suite. Ce qui dura plus longtemps ce fut la communauté primitive. Elle faisait des prêtres de l'église Saint-Paul comme un corps de chanoines, à l'instar des collégiales. La confrérie devint une association générale pour tous les prêtres du diocèse, tout en conservant son siège dans le même sanctuaire. Mais à raison de la difficulté des chemins pour plusieurs confrères âgés, les réunions se tinrent, dans la suite, au sein de la ville épiscopale, en vertu d'une autorisation de l'évêque Roger de Haiiay (31 janvier 1669). Cette autorisation fut renouvelée quelques années après, par l'évêque Phelippeaux (15 avril 1693). Tous les pontifes qui se succédèrent ensuite sur le siège de S. Fulcran, s'intéressèrent à cette vénérable association sacerdotale et lui donnèrent de si puissants encouragements qu'elle subsistait encore à l'époque de la Révolution.

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