‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 84 sur 141 · IV. — LES DOMINICAINS OU FRÈRES PRÊCHEURS DE CLERMONT(i · texte numérisé non relu

IV. — LES DOMINICAINS OU FRÈRES PRÊCHEURS DE CLERMONT(i

En 1321 (2), les Dominicains fondèrent à Clermont un couvent de leur ordre et justifièrent pleinement leur titre de Frères-Prêcheurs. Dans la première moitié du xvii® siècle, ce couvent fut en France le .plus célèbre de Tordre, non point par ses malheurs ou ses richesses, mais par la réforme que le P. Michaelis (3) y entreprit, secondé du P. Claude Dubel et de quelques religieux qui, d*un commun accord, se soumirent à la règle primitive. La renommée de ces hommes de dévouement se répandit dans le pays et parmi les enfants de S. Dominique ; et, malgré certaines oppositions, la réforme fut à jamais assurée dans la maison de Clermont et dans vingt-cinq couvents, notamment à Montpellier et à Béziers.

A Clermont, comme du reste dans les autres localités, les religieux dominicains vivaient dans la meilleure intelligence avec le clergé paroissial, confessant, prêchant, présidant même parfois les cérémonies religieuses. Au moment où éclata la Révolution, leur maison ne comptait qu'un fort petit nombre d'habitants: trois pères et un

(1) Durand, HisL de la ville de Clermont, - Montp., 1837, in-8*. — Mgr DE Gabrières, Mougères.

(2) Cette fondation est due à la piété et à la munificence de l.i famille de Laiizière, de Clermont (Crides de la Court de M. de Lauzière, par Tabbé Léon Vinas, - Montp., Gras, 1870, in-8«).

(3) Le P. Michaelis (Sébastien), né à Saint-Zacharie, village situé au pied de la Sainte-Baume, successivement professeur de théolo<^ie, prieur de plusieurs couvents, provincial de la province d'Occila nie, fut suscité de Dieu pour travailler à la réforme de son ordre. Appelé à Montpellier pour prêcher la vraie foi et disputer avec les Calvinistes, il se rendit à ce poste d^honneur, malgré les menaces de mart qu'on faisait arriver jusqu'à lui. Sa prédication produisit un grand bien ; elle était éloquente, vive et courageuse. Il mourut en 1618 et fut déclaré Vénérable par l'église.

frère convers. Parmi les premiers, deux portaient le nom de Fabre, l'autre était le P. Combes.

VL — LES GRANDMONTAINS DE SAINT-MICHEL, A SOUMONT(l)

L'ordre de Grandmont avait été fondé au xii« siècle, dans le diocèse de Limoges, par S. Etienne, de Muret. A sa mort, arrivée en 1224, Tanachorète avait eu tant d'imitateurs qu'ils darent quitter le bois de Muret et se disperser dans les diverses provinces de la France. Ils fondèrent deux maisons dans nos pays ; la première dans un bois de la paroisse de Montauberou, voisine de Montpellier; l'autre sur une des pentes les plus cachées du Lodevois. Celle-ci remonte, au plus tard, à l'année 1207, d'aprèà un vieux cartulaire, cité par Plantavit de la Pause. Une charte de ce recueil était un acte de l'évêque Guillaume de Cazouls, qui donnait au prieuré de Saint- Michel les revenus de l'église de Mazon, ou de Salelles, et le bois appelé depuis le « bois de Grandmont, » à cette condition que le prieuré constituerait et entretiendrait un collège de 12 moines de l'ordre de Grandmont. L'évêque voulut aussi être inhumé dans l'église du prieuré.

La maison de Saint-Michel subit les vicissitudes de celle du Limousin. En 1316, le Pape Jean XXII imposa à cet ordre une grande réforme. Il réduisit les 140 prieurés qui dépendaient de l'abbaye de Grandmont à 39. Il élisaient chacun leur prieur, confirmé ensuite par le supérieur général ; et celui-ci reçut le titre d'Abbé. La maison de S. Michel fut un des 39 prieurés conservés et

(1) J. Renouvier, Histoire, antiquités et architectonique de l'église de Lodève et du Prieuré conventionnel de Sainte Michel de Grandmont y Montp. Bohem, 1839, in-4o; — Paris, Hist, de Lodève, p, 156; — FisouET, Dioc. de Lodève, p. 362; — Plantavit de la Pause, Chronol. PrœsuL Lod.j p. ^; — Thomas, Dict. topogr. de l'Hérault.

embrassa, cela va sans dire, la réforme de Tordre. Au XVIII® siècle, elle n'était plus occupée que par 4 ou 5 religieux qui ne se faisaient remarquer ni par leur luxe ni par leur amour du bien-être. Du reste, les revenus du prieuré étaient plus que modestes, puisque ils ne dépassaient guère 3,000 livres, sur lesquelles on avait à en payer 800 au prieur commenda taire, 300 au vicaire de Salelles et 700 au receveur des dîmes. Le prieuré ne pouvant plus se suffire, M. de Fumel en demanda l'union à la mense de son diocèse et l'obtint (1772), comme il obtint quelques années plus tard l'union de l'abbaye de Saint-Guilhem du Désert. (Protégée par sa pauvreté, oubliée dans sa solitude, l'antique maison de Saint-Michel de Grandmont échappa aux ravages révolutionnaires.)

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