‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 89 sur 141 · LES BÉNÉDICTINES DU SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

LES BÉNÉDICTINES DU SACRÉ-CŒUR

revenus du monastère (dîmes, rentes constituées, fermes, locatairies et cens) étant de 7,199 livres 11 sols 7 deniers, et les charges (pensions, censives, fondations et tailles) de 1,455 livres 6 sols 6 deniers, la communauté pouvait disposer pour son honnête entretien de la somme de 5,744 livres 5 sols 1 denier (1).

Quant au personnel des Bénédictines, sans être devenu nombreux, il s'était pourtant renouvelé en entier depuis l'arrivée de la mère de Gallifet et comptait douze religieuses, savoir : 10 sœurs de chœur et 2 converses. Il est facile de s'en assurer, en jetant un coup d'œil sur le tableau dressé par la municipalité de Clermont le 10 février 1791 (2). Ce document dont on ne saurait contester l'authenticité (3), nous permet de redresser une erreur commise dans la France pontificale (p. 519). Fisquet se trompe en disant que Madame de Gallifet « n'assista pas à l'extinction définitive de l'abbaye, car elle mourut en 1790 ». On a ici la preuve du contraire, puisque le 10 février 1791 elle était encore pleine de vie, et que le même jour, avec toutes ses filles, elle signait de sa propre main la déclaration suivante : « Nous, religieuses bénédictines du Sacré- Cœur de Jésus de la maison de Gorjan, de Clermont, déclarons à qui il appartiendra que nous n'avons pris, reçu ni partagé aucune somme, ni effets appartenant à la maison. A Clermont, le 10"^ de février 1791 ». Fisquet ajoute que « Madame de Castellane se disposait à continuer l'œuvre de Madame de Gallifet et à faire de son couvent un

(1) Arch. de THérault, Fonds de V abbaye de Gorjan, Etat des revenus et des charges du monastère.

(2) Arch. de l'Hérault^ G, 197, 3, Fonds de l'abbaye de Gorjan, Etat des religieuses qui composent la maison de V abbaye des Dames Bénédictines du Sacré-Cœur de Gorjan,

(3) Nous le reproduisons à nos Pièces justificatives, N» XII .

asile de piété et de ferveur, une source féconde de charité et d'aumônes, lorsque les lois révolutionnaires qui supprimaient les ordres religieul vinrent l'expulser avec ses filles de son établissement et de son monastère ». L'erreur est aussi complète que possible; Madame de Gallifet et Madame de Castellane sortirent ensemble du couvent et celle-ci ne prit en aucune façon la suite de celle-là. Madame de Castellane ne fut jamais que coadjutrice de l'abbesse et supérieure du couvent, comme dans les^ grandes maisons religieuses d'hommes on voit l'abbé et le prieur ; c'est si vrai que le 7 février 1792, le Directoire fixant le traitement des Bénédictines de Gorjan, assigna à l'abbesse Gallifet 802 livres 1 sol, et à sa coadjutrice Castellane 561 livres 8 sols 7 deniers, tout comme à chacune des autres 9 religieuses (1).

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