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LES BÉNÉDICTINES DU SACRÉ-CŒUR

dévotion les nombreuses et saintes reliques confiées à leur garde (1).

Plus dévotes que financières, les Bénédictines de Gorjan s'occupaient assez peu de leurs intérêts matériels, et ne tenaient aucun registre de leurs recettes et de leurs dépenses, ainsi que Tévêque de Souillac put s'en assurer dans la visite canonique faite par lui, dans cette maison, le 14 juillet 1735. Les religieuses qui étaient alors au nombre de 14 n'avaient d'assurée qu'une somme annuelle de 2,253 livres, produit de leurs possessions afiermées, et quelques sacs de blé ; de sorte que se trouvant tous les ans en déficit, elles étaient obligées de demander au travail manuel le pain de chaque jour. Dans ces conditions, elles étaient peu en faveur dans les familles et ne pouvaient plus que fort difficilement opérer quelques rares recrues. Evidemment, on allait à la ruine.

Tel était l'état du monastère de Gorjan, lorsque la Providence appela Françoise-Elisabeth de Gallifet (2) à prendre sa direction en qualité d'abbesse (10 mars 1759). Nièce du P. de Gallifet de la compagnie de Jésus, l'ardent apôtre* du Sacré-Cœur, elle était venue de l'abbaye des Bénédictines de Marvejols, au diocèse de Monde dans celui de Lodève portant en son âme le trait enflammé de l'amour divin. D'une vertu éprouvée, d'une foi inébranlable, d'une confiance sans limites, elle était digne de devenir la coopératrice de M. de Fumel pour l'établissement de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Choisie, en

(1) Nous trouvons dans le procès-verbal de la visite faite par l'évéque Edme de Hariay, la liste complète de ces reliques : « S. Benoit, Ste Beuoite, Y. et M., S. SifTrède (Siflrein), Ë. et C., des compagnes de Ste Ursule, Y. et M., le chef de Ste Barbe, fragment de la robe de S. Jean Baptiste^ S. Maur, Ste Appolline, S. Placide, M., B. Pierre de Luxembourg, bois de la Ste Croix, S. Antoine, S. Yincent, S. Georges )>•

(2) Née dans le Gévaudan, en 1720,

1758, pour succéder comme abbesse de Gorjan à Rose de Murvieî, elle fut présentée à Tévêque de Lodève^ui fit quelques difficultés ; et ce n'était point sans raison. Le prélat pensait en effet que le gouvernement était dans rintention de supprimer Tabbaye, puisque une lettre de cachet du 21 novembre 1750 avait notifié à Tabbesse précédente, Rose de Murviel, la volonté du roi de ne plus recevoir de novices. Néanmoins et sur le pourvoi au conseil du roi, en date du 10 mars 1759, M^« de Gallifet prit possession du siège abbatial.

Lorsque elle fut installée, la maison était en décadence, les ressources diminuaient chaque jour. La dévotion, au Sacré-Cœur de Jésus, alors dans la ferveur de ses commenceçaents, lui fournit Toccasion de ranimer la communauté expirante. Elle dédia un autel au Cœur de Jésus (1) et adopta daAS toute leur étendue les règles données par son oncle, le P. de Gallifet, pour cette pieuse dévotion.

Dévorées du feu sacré de l'amour divin, les religieuses voulurent manifester leurs sentiments et en faire en quelque sorte une profession publique ; elles s'adressèrent à Louis XV et lui demandèrent l'autorisation de prendre le nom de Bénédictines du Sacré-Cœur de Jésus et de porter sur la poitrine une médaille d'argent représentant un cœur enflammé couronné d'épines, surmonté d'une croix et entouré de rayons. La demande, présentée par l'évêque lui-même fut agréée par le roi qui acQorda un brevet signé de sa main (l" février 1774). A la faveur de cette quasiréforme, les religieuses de Gorjan se relevèrent d'une manière assez brillante, à la grande consolation de la mère de Gallifet. Nous voyons en effet que, en 1789, les

(1) L'Eglise dans laquelle les Bénédictines de Gorjan établirent la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a été restaurée et rendue au cuite» en 1838, par les soins de M« Tailhan.

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