‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 94 sur 141 · UANCIEN DIOCÈSE DE SAINT-PONS · texte numérisé non relu

UANCIEN DIOCÈSE DE SAINT-PONS

Le diocèse de Saint-Pons, démembrement de celui de Narbonne, actuellement compris (en grande partie du moins) dans le 4« arrondissement de l'Hérault, était séparé au nord du diocèse de Castres par la montagne de TEspinouse et situé entre ce diocèse et ceux de Béziers, de Narbonne et de Lavaur. Il était suffragant de Narbonne. Indépendamment de son évêque, il envoyait par tour aux Etats généraux de Languedoc un député, élu par l'une des sept villes suivantes : Angles, Cessenon, Gruzy, La Salvetat, La Livinière, Olargues et Olonzac. La ville de Saint- Pons était représentée par deux députés, dont l'un était toujours le premier consul. Cette dernière avait l'option d'aller au sénéchal de Carcassonne ou à celui de Béziers. Toutes les autres localités du diocèse répondaient au sénéchal de Carcassonne.

Le siège épiscopal de Saint-Pons avait été érigé en 1317, par le pape Jean XXII, sur la source même du Jaur, en un lieu jadis consacré au culte des divinités aquatiques. Les évêques prenaient le titre de comtes de Saint-Pons, et avaient la justice haute, moyenne et basse de la ville. Ils se qualifiaient en outre de seigneurs-prieurs de la Salvetat et de Riols, et de prieurs la Livinière, d'Agel et de Ferrières. Ils possédaient quatre châteaux, savoir : à Saint-Pons, à la Salvetat, à Riols et à Saint-Chinian. Ces prélats habitaient dans le principe à tour de rôle et

(1) FisQUET, Dioc. de Saint'Pons de Tomières.

chaque année, chacune de ces résidences, mais toujours en accordant de plus en plus la préférence à cette dernière, qui par la douceur de son climat les avait peu à peu attirés presque totalement, au point que, sous le dernier évêque particulier, le secrétariat et les archives de révêché étaient non pas dans la ville épiscopale, mais à Saint-Chinian (1).

L'évôché jouissait d'un revenu annuel de 33 à 35,000 liv. que M. Soucaille(2), après Du Mège (3), porte à 45,000 liv. La taxe en cour de Rome était de 3,450 florins (4).

Mgr Louis-Henri de Bruyères de Chalabre (6), que la Révolution trouva sur le siège épiscopal de Saint-Pons, était né, en 1731, dans le diocèse de Saint-Papoul. Il était

(l) Lettre de M. de Fonclare, curé doyen de S. Chinian, 15 janv.

(2) Récit d'une excursion; - Béziers, Granié, 1863, in-8*.

(3) Hist. de Lang., t. x, p. 731.

(4) FisQOET, La France pontif., Dioc. de Saint-Pons de Tomières.

(5) FisQUET, Loc. dt. ^

(6) Armoiries : D'or, au lion de sable, lampassé et armé de gueules, la queue fourchée et passée en sautoir. Devise : Sola fides sufficit.

vicaire-général de Tévêque de Carcassonne lorsqu'il fut nommé abbé commendataire de TÂbsie, au diocèse de La Rochelle (l*^ novembre 1753), et envoyé, par la province ecclésiastique de Toulouse, à l'Assemblée générale du clergé de France, en qualité de député du second ordre (1755). A la mort de M. de Guenet, désigné pour Tévêché de Saint-Pons par brevet royal du 25 décembre 1769, préconisé dans le consistoire du 29 janvier 1770, il obtint ses bulles le 12 mars et fut sacré à Paris le 22 avril de la même année. Le lendemain, il prêta le serment de fidélité au roi et ne tarda pas à venir prendre possession de son siège, qu'il occupait par conséquent depuis une vingtaine d'années à l'époque de la Convocation des Etats généraux du royaume. Toujours fidèle à la devise de sa famille Sola fides sufficit^ sa vie s'écoula calme et solitaire dans le château de Saint-Chinian.

LE CHAPITRE GATHÉDRAL^*>

Le Chapitre de Saint-Pons était une ancienne abbaye de Tordre de S. Benoît, fondée, en 936, par un comte de Toulouse, qui la soumit à Téglise romaine. Ce monastère fut enrichi, par les soins de son pieux fondateur, d'une partie considérable des ossements de S. Pons, martyr,

(1) FiSQUET, La France pontif,, Dioc, de Saint'Pons ; --E. Tho- HAS ; — L'abbé Soupairac; — Hist. des Évéques de Saint-Pons; - Béziers, 1703, in-4».

166 LE CHAPITRE CATHËDRAL

peuplé par des religieux bénédictins et placé sous l'invocation du bienheureux dont il possédait les précieuses reliques. Il reçut aussitôt de nombreuses dotations des seigneurs et des évêques delà Province sans que la régularité monastique eut à souflfrir de la prospérité matérielle. L'abbaye fut môme transformée en évêché par le pape Jean XXII. La discipline qui avait fait la splendeur de cette maison continua d'y fleurir après cette érection et les religieux conservèrent la vie commune. Le monastère ayant été pillé et rasé par les Calvinistes, on entreprit avec courage de le reconstituer, mais non point dans les mêmes conditions que précédemment, et, à la demande de révêque Pierre de Fleyres, le pape Paul V donna une bulle de sécularisation quant à la discipline et à Thabit (22 octobre 1616). Lors de sa suppression la magnifique abbaye de Saint-Pons avait existé pendant 725 ans.

Telle fut l'origine du Chapitre cathédral. Disons maintenant comment il était composé ; 1 dignité (l'archidiacre), 2 personnats (l'aumônier et le précenteur), et 14 chanoines. Pour le bas chœur il y avait : 1 maître des cérémonies^ 14 prêtres (dont 10 devaient être bons musiciens), 4 enfants de chœur ^ 2 clercs sacristains^ et 1 bedeau. L'archidiacre était désigné par le Chapitre et confirmé par l'évêque. Ce dernier nommait l'aumônier et le précenteur, les choisissant parmi les chanoines. Quant à ceux-ci, ils étaient élus alternativement par l'évêque et par le chanoine en tour de semaine. Un prêtre désigné par l'évêque remplissait les fonctions de théologal, sans cependant jouir d'un titre canonial.

En outre de la paroisse Sainl^Martin du Jaur (de Saint- Pons), le Chapitre cathédral était prieur et curé primitif des paroisses suivantes : Cessenon, Fraïsse, Ferrais, Montouliers, Rieussec, Pardaillan, Villespassans, Assignan et la Verrerie.

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