LE COLLÈGE-SÉMINAIRE
supérieur du séminaire de Châlons-sur-Marne, était, comme on Ta dit : « Un janséniste radouci, qui, par des routes obliques, revient toujours au système jansénîen ». Plusieurs évêques français censurèrent cette théologie. Fénelon entre autres la condamna comme renouvelant le système de Jansénius « sous un langage d'autant plus dangereux qu'il est plus flatteur et comme fournissant au parti des facilités pour paraître anti-janséniste, bien que soutenant tout le jansénisme (1) ». Du reste, nous aurons donné au supérieur du séminaire de Chalons son certificat d'hérésie lorsque nous aurons dit qu'il fut un des appelants de la bulle Unigenitus ; raison pour laquelle il fut exilé en 1714. Malgré cela, l'ouvrage incriminé fut adopté dans plusieurs maisons ecclésiastiques du royaume et en particulier dans le séminaire de Saint-Pons. Avec le secours de la chronologie et de l'histoire locale, il est facile de découvrir par qui fut prise cette mesure. C'est par Percin de Montgaillard, seul des évêques jansénistes qui ait occupé le siège de Saint-Pons. Chaud et zélé partisan des doctrines nouvelles, il se trouva bien souvent en opposition formelle et directe avec les Souverains Pontifes et plusieurs de ses écrits furent condamnés par la Congrégation de Vlndeœ. Nous dirons cependant à la louange de cet évêque que, avant de mourir, il fit sa soumission et rétracta ses erreurs jansénistes.
Le fameux manuel de théologie n'en demeura pas moins aux mains des jeunes ecclésiastiques. Les évêques, successeurs de M. de Montgaillard, devaient compter sur la prudence du professeur pour redresser au besoin, dans ses cours, le livre d'Habert; c'est, du reste, ce que fit le dernier évêque particulier de SaintrPons, M. de Chalabre. Durant son long épiscopat, il avait pris à cœur Tensei-
(1) Instr. past. du i^r mai i7ii.