DE SAINT-PONS
gnement des jeunes gens qui fréquentaient son séminairecollège. Il donna pour cette maison un règlement (6 janvier 1778) qui ressemble en beaucoup de points à celui du collège royal deBéziers, donné en 1765 et modifié deux ans après (1). Un article de ce règlement était ainsi conçu : « M. le Professeur de théologie... se servira de la théologie d'Habert qu^il pourra restreindre ou augmenter^ suivant Veœigeance des cas (2) ». Autoriser le maitre à modifier renseignement du manuel, en y opérant des soustractions ou des additions, était une mesure insuffisante; le livre séducteur n'en demeurait pas moins le compagnon inséparable de Télêve qui pouvait, à loisir, sucer la doctrine perverse, se Tidentifier et en faire la règle de sa croyance et de sa conduite. Mais là n'était pas tout le' mal.
Trois ou quatre ans après sa prise de possession, M. de Chalabre eut à nommer un professeur de théologie, dans son séminaire, en remplacement de l'ancien. Disons-le tout d'abord, son choix ne fut pas heureux; il tomba sur un jeune prêtre qui avait débuté dans les fonctions du saint ministère en qualité de vicaire à Olonzac : intelligent, instruit, modeste, mais tenace et opiniâtre dans le sentiment qu'il avait une fois embrassé. L'évêque se méprit sur la nature de cette opiniâtreté et ne la considéra que comme de la fermeté. Il crut avoir trouvé l'homme dont il avait besoin pour remettre en état son séminairecollège, dont la discipline laissait beaucoup à désirer. Il lui confia les fonctions de professeur de théologie et, en même temps le nomma supérieur de la maison, avec charge de
(1) Bulletin de la Soc. arch. de Béziers, 2« série, t. v, pp. 51-52 et 128-134.
(2) Ce règlement tranche si fort sur nos mœurs actuelles que nous avons cru devoir le conserver, en lui donnant une place parmi nos Pièces justificatives, N» XIV.
la réformer. Sous sa direction ferme et intelligente, les choses changèrent bientôt de face. Son regard seul, diton, inspirait à tous, élèves et professeurs, une crainte salutaire, bien que sa personne fut quelque peu ridicule ; le nouveau professeur-supérieur était bossu ! Nous avons nommé Tabbé Alexandre- Victor Rouanet, le futur évêque constitutionnel du département de l'Hérault, après Pouderous.
Le diocèse de Saint-Pons, en 1789, comptait 41 paroisses et 18 annexes (2) formant 40 communautés et desservies par 88 prêtres.
On vient de voir que parmi tous les évêques de Saint- Pons, un seul avait favorisé les nouveautés jansénistes et les avait même chaudement défendues. Le manuel de théologie introduit dans le séminaire par ce prélat et conservé jusqu'à la Révolution par les trois évêques ses successeurs devait être « restreint ou augmenté, suivant l'exigence des cas ». Or, pendant 17 ans, le professeur chargé de ce travail, tout de confiance, avait toujours été Tabbé Rouanet. L'évêque, de sa solitude de Salnt-Chinian, avait
(1) Arch. de THérault, Procès-verbaux des séaneesde VAssemblée admtn. du Départ, de l'Hérault, t. !•' p. 281 ; — E. Thomas, Ihct. topog. de l'Hérault; — Fisquet, Dioc. de Saint-Pons.
(2) V. à nos Pièces justificatives N» XV, le Tableau des Paroisses ^t Annexes de l'ancien Piocè^e de Saint-Pons,