‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 7 sur 119 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

charité, elle attendait le retour du jour, agenouillée au pied du tombeau des saints et des martyrs.

Mais le plus insigne reliquaire est la ville de Rome elle-même, centre de la religion. Les immenses catacombes gardent les restes d'innombrables martyrs. Ainsi, au vu* siècle, Boniface IV fît extraire et transporter trente -deux chariots pleins d'ossements. Depuis, tous les Papes ont continué leurs fouilles et elles ne sont pas encore terminées. Et ce n'est là qu'une partie des reliquaires de la Ville Eternelle. Presque tous les Apôtres sont venus se coucher autour de la chaire infaillible : saint Pierre, saint Paul, saint Jacques le Mineur, saint Philippe, saint Mathias, saint Barthélémy, saint Simon, saint Jude. Et Ton y trouve des reliques notables de saint Mathieu, de saint André et de saint Thomas. Nombreux sont honorés à Rome les Pères de TEglise et les Docteurs : saint Ignace d'Antioche, saint Justin, saint Grégoire de Nazianze, saint Chrysostome, saint Léon, saint Grégoire-le-Grand, etc. ; nombreuses les vierges : sainte Domitille, sainte Prudentienne, sainte Praxède, sainte Agnès, sainte Cécile, etc. ; nombreuses les saintes femmes : Hélène, Monique, Françoise Romaine, etc. ; nombreux les fondateurs d'ordre : saint Ignace, saint Philippe de Néry, saint Paul de la Croix, etc. ; puis les Papes, les martyrs, les confesseurs, les saints prêtres, etc.

Toutes ces réflexions indiquent que le culte des reliques est comme sorti de l'Evangile, et tout de

suite : que ce culte est naturel aussi ; et que plus grande est la religion, plus intense est ce culte du souvenir.

Comme toute idée religieuse, le culte des saints devait rencontrer des contradicteurs et des jours d'efiEaurement. Au rv* siècle, Adrien Eunome, évèque hérésiarque de Cysique, s élève contre ce qu il appelle la superstition des reliques. Au siècle suivant. Vigilance et Fauste le manichéen renouvellent les clameurs d'Eunome. C est en vain, d^ailleurs, car les Docteurs de TEglise, et en particulier saint Jérôme, répondent victorieusement aux erreurs des hérésiarques.

Quelque dix siècles plus tard, le fanatisme protestant devait étonner le monde par ses profanations scandaleuses.

Lyon tomba au pouvoir des protestants, dans la nuit du 29 au 3o avril 1 562 . Et de suite éclatent les passions haineuses de ces hérétiques. Les religieux et les. prêtres sont massacrés en grand nombre. Toutes les églises sont pillées, et quelques-unes complètement renversées. Mais la fureur de ces barbares se tourne surtout contre les reliques insignes que possède Lyon. Saint-Nizier voit disparaître les restes vénérés de ses Pontifes dont les corps, depuis des siècles, reposaient en paix dans ses caveaux funèbres. En Téglise des Cordeliers, les hérétiques découvrent et profanent le corps de saint Bonaventure. A son tour, Téglise de saint Irénée fut témoin d'un ignoble spectacle. Les

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