PREFACE
L'Iiiât(iifid de la Compare àe Jésod^ p^ M; GféttAeau^ JFoIy y ei6i isff de e69 otnrragds qui ont eu le rara bonheur d'oÈftétiit m peu de temps droit de «tté chez la plupart des nations Civilisées* Traduite dans Ub principales langues de FEnropé*^ feptoduitcr en français -^ outre les deui édi^ ^ns de ï^aris^^par plusieurs contrefaçcms belges^ elle s'evt m quelques années répandue dans les diverses contrées do FAneien et du Nouteau- Monde. La Presse française a été presque unanime * pour louer Toeutre de M. Crétineau-^loiy j et les feuilles les mcrnis sympathiques aux Jésuites^ ainsi que les journaux religieux, ont reconnu et admis Fimpai*^ tialité de Fauteur , et dans leur ensemble la vérité des faite qu'il raéonte. Les critiques peu nombreuses , car il j etî a eu, et il devait y en avoir, n'ont guère porté que sur éés pointsi de détail et de.médio<«e importance^ elles n'ont tou^ . ebé à rien d'essentiel et de londamental dras FoUVrage.
tne nouvelle édition de cette histoire semblait donc né^ eessaire, et pour répondre au bienveillant empressemèitt du public, et pour faire disparaître les taches légères que là ^tique avait signalées. Il était bon aussi de repasser éU^ core ^ pour aiUsi dire , en revue les noms , les faits, les dates si multipliées dans un ouvrage qui n'est qu'un tableau lao"
> L'histoire de la Compagnie a eu trots tradu^Uons en Italien » deuit en è.<pagnol , deux eii allemand; iiné traduction anglaisé inédite sèfâ éôfis p<ni donnée nû \*t\h\\t,
* te Jomnal des Débats a fnfit pnûUn , en IS4JI « tin ^tltle à ptepof de cette histoire; c était plutôt une atlâi^ue contre les Jésuites qu'une critfqné tfë rôofràge.
n PRÉFACE.
courci, mais animé, des trois derniers siècles de Tère moderne ; il était bon de les examiner avec une attention toute nouvelle, de les vérifier en présence des pièces originales , et de collationner une dernière fois les citations et les documents mis en œuvre avec les autographes ou autres monuments authentiques auxquels ils ont été empruntés.
Et si, malgré tout le soin et la vigilance de Tauteur, dont en ce point Fhabileté ne fait aucun doute , si dans une histoire aussi complexe par la multiplicité et la variété des événements, composée d'ailleurs avec une certaine rapidité et dans des circonstances difficiles, il s'était glissé, çà et là, quelques inexactitudes; ces inexactitudes ont été relevées, et, nous croyons pouvoir le promettre sans une présomption trop grande, elles disparaîtront dans cette troisième édition. Mais ce n'est pas là le seul avantage qu'elle présentera : beaucoup de nouveaux faits y ont été ajoutés, qui fortifient et complètent les récits historiques ; des notes assez fréquentes viennent jeter un plus grand jour sur les personnes et sur les choses -, et sans parler de diverses autres améliorations typographiques, une table alphabétique générale des matières ^ composée avec soin, a été placée à la fin du sixième volume.
Quelques personnes auraient désiré que l'auteur indiquât plus souvent les sources où il puise les faits qu'il raconte* Mais, outre que M. Crétineau-Joîy, chaque fois qu'il cite des autorités étrangères à la Compagnie de Jésus , ne manque jamais de désigner l'ouvrage , le volume, et assez ordinairement la page d'où il a tiré le texte reproduit, il a eu soin d'avertir, en plusieurs endroits, et en particulier à la page 137 du premier volume, que toutes les lettres ou documents inédits y qu'il cite dans cette histoire sans indication d'origine, se trouvent aux archives du GesU, à Rome; or, l'histoire écrite par M. Crétineau-Joly a été composée en très-grande partie sur des lettres , mémoires , documents , pour la plupart inédits, déposés dans les archives du Gesù; il eût été, ce semble , aussi fastidieux qu'inutile de répéter, continuellement et presque à chaque page , les mêmes indications.
PREFACE. m
Uauteur aurait pu au moins citer les historiens de la Compagnie , qui Font précédé ; — mais les documents originaux qui ont servi à ces écrivains, M. Crétineau-Joly les avait presque tous entre les mains , et beaucoup d'autres encore ; à quoi donc eût-il servi d'invoquer leur témoignage]?
Voici une objection plus spécieuse : Si les documente qui ont servi à composer l'histoire des Jésuites n'ont pour garants de leur véracité que les Jésuites eux-mêmes, de quel poids ces pièces peuvent-elles être dans la balance de l'histoire ? La réponse est facile : 1® Ces documents sont en grand nombre des lettres écrites par des Papes , des Evêques, des princes et autres personnages distingués j étrangers à la Compagnie y dont par conséquent l'autorité conserve ici toute sa valeur. 2® Ce sont , en grand nombre aussi , des lettres écrites par des Jésuites dans ta simplicité et Vouverture d'une cmnmunication intime, de supérieur à inférieur, et vice-versà, pour des affaires qui regardent le bien général de la Société ou le bien particulier de ses membres ; on ne voit pas ce qui ôterait leur autorité à de semblables confidences, pour ainsi dire, de famille. 3** Ce sont des mémoires ou lettres envoyés à Borne pour servir à t histoire de la Compagnie; il suffit de savoir avec quelle exactitude, d'après l'Institut*, avec quelle vérité religieuse, avec quel scrupuleux discernement du certain et du douteux ces mémoires doivent être composés, pour qu'on ne craigne pas de leur accorder une légitime confiance. Enfin, 4*, et voilà ce qui me semble décisif pour la généralité de ces documents, autographes ou autres, c'est que les événements historiques qu'ils contiennent, hors un petit nombre de faits privés et intimes, se sont passés en public , qu'ils ont été racontés par beaucoup d'écrivains non Jésuites; et, qui plus est, ces faits, dès qu'ils sont contro-
* Hsec omnia exponent, quàm plenissime fieri poterit, adhibitis omnibus circumstantiis , etlam nominibus, etc. Vilentur exaggerationes rerum aDipliûcationesque verborum; ut simplex et religiosa veritas in omnibus eluceat; et pro miraculis non ponantur qus miracuia non sint nec incerta , qnsque diligenti adhibità inquisitione oomperla non sint. Institut, Soc, Jesu, t. if, p 128 (De litteris annuis).
versés , M* Crêtineân-loly les expose, ftbn d'âprts la Version où sur la seule autorité des Pète«, mais d'après les féôioignages et le réei< d'auteurs peu ^TôÇatbî(ïiieô, hoBtîIeâ ihême à la Coîttpagriiè ^ et très-souvent, protestaKtts ou piïiïoSoplies. « Ce qu'il y â petit^tre de plu* rennarcpiâMe eri' éèilé œuvre immènSe , écrit à té sujet tm hoifrfi^ d'Etat distingué , c'est que partout , c'est qûè toi^otirs l'âutéuf s^appuie de l'autorité des écrivâinis Protestants , Janséniste^ ou Phiïosophéis. Si les Jésuites ont uft enflemî rêdontabléjr un Pasqùier , un de Tbotr, en France ou ailleurs, c'est â cet enftemï que M. Crétineau-loly va demaiMer ses prettVeS. ik (<M. le baron d'Hauss^iï : La France^ 30 septembre 1844.)
On a reproché à l'historien des Jésuites de n'être pas toti^ jours ^se» en garde cotitrè lé ton louangeur et passionné diC paitégyrique , et de paraître, en certains endroîtsy écrire plu* lot une apologie que de l'histoire. Il peut y avoir du vrai dans ces reprochés.
Mais d'abord esl^ît étonnant qu'un auteur, iri^me résolu $ garder en éèrivant uïiè froide impartialité, ne se îàiéSe qttelquefois entraîner par son sujet, et, s'il a du cé6ur, m se prenne à admirer et à aiiner des hommes qu'il toit iiînoeents et calomniés t Voici ce que pense k ce propos nii écrivain désintéressé dans la queStioiï, M. L. Revelîèré^ éii- Cien député dé la Lohre-Inférîeùre. Dan^ un ârtifcle publié pLTYEcho frài^çais, le d août 1844, M. Révelièrë, aprês^ avdr réndn justice à la modération de M. Crétineau-Jôlj^,* ajoutait : t( iSlon que soii impartialité aille, comme celte dé certains Historiés qtie nous pourrions citer, jusqu'à tenir la balance égfiile entre le vrai et le faux^ le bien et lé mal • à Keu ne plaise ! arrière ces cœurs Sans châleut et Sans ter-' tu^ qui ne sentent aticune iiKiigiiation contre la calomnie^ aucUhe sympathie pour le malheur \ Il n'est pas nécessaire d'être sans conviction pour être juste ; et ce qui nous attache aux récits de M. Crétrneau-Joly , c'est qu'il a des louangè'à poiir toutes les belles actions , et des flétrissures pout toutes les lâchetés, sans acception du drapeau qu'elles glorifient ou qu'elles désholîOi-telit I « l^citis avoris, dit encore le même
I4ÏÏBFACE. V
émvaâû , beaucoup plus 4e confiance dans la véracité dMne Ame ebaleurevse que dans les flasques suMilités d'un avocat <w d'uji pf(rfes«€ur officiel , et nous sommes convaincu que tout kciteujr équitable de lliistoire des lésuites seta de notre avis. » { Echo français ^ 10 avril 1846.)
Second gri^ : L'apologie , dit-on, se serait «ouvent sriî)fllitwée à l'histoire. Avouons-le franchement, Thistoite de la Oompagnte n'est pas dans des conditions ordinaires , dans les mêmes conditions que les histoires profanes, ou même que celle des autres Ordres religieux. Les Jésuites, letirs œuvres , leurs vertus , leurs défauts, leurs intentions, leurs paroles , n'ont^ils pas été dénaturés , exagérés, défigurés par la caloainie, le sophisme et mille autres genres d'injustices et d'impostures î Est-il un fait important dans leur histoire qui ne soit controversé , qui n'ait été attaqué ouvertement ou obscurci par les nuages de k malignité ou de rigfi^ reuiice ? L'historien doit donc , s'il veut présenter à ses lee** leurs la vérité qu'ils attendent de lui, dissiper ces nuages, débrouiller ces sophismes , met^e à nu ces calomnies el ces impostures; il doit, forcé par son sujet, écrire quelquefois des dissertations historiques plutôt que de l'histoire. Voili ce qu'a fait M. Crétineau-Joly avec un rare bonheur, et, nous ne craignons pas de le dire, avec une impartialité ]^s rare encore. Quiconque a étudié sa manière de pro* eéder, aura remarqué avec quelle circonspection et quelle maturité il présente alors les faits et les raisons allégués de part et d'autre, et comment, sans se prononcer luimême, il laisse au lecteur le swn déjuger, de Condamner ou d'absoudre.
Mais, peut-être accusera 4**on M. Grétiijteau-Joly d'a^ voir , en racontant les grandes choses faites dans l'Eglise depuis trois cents ans, mis toujours les Jésuites en avant, et bien souvent les seuls Jésuites , au détriment de la gloire qu'y auraient acquise les autres membres du Clergé séculier ou régulier. L'accusation est grave, si elle est fondée ; cependant pourrait-on faire un crime à l'écrivain qui a entrepris, non l'histoire de l'Eglise universelle ais
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