COUT
à Pahe au
Votre >s par elles erne— dans rquer e ces némaheuactes rage me intde
nature à produire , devient aussi délicate qu'elle est grave. J'exposerai ici avec liberté ces conséquences, afin que Votre Eminence en fasse l'usage qu’elle jugera à propos.
» Et d'abord, quant au droit que la puissance laïque peut avoir ou ne pas avoir de s’ingérer dans les petits Séminaires, il faut en premier lieu se rappeler la différence que l’on met ici entre les grands et ce qu'on appelle les petits Séminaires. Dans les premiers, on enseigne les sciences sacrées seulement; tandis qu'aux seconds appartient l'enseignement des langues jusqu’à la philosophie inclusivement. L'origine des premiers fut toujours et est encere (même après les ordonnances) regardée en France comme purement ecclésiastique, et, par conséquent, tout-à-fait indépendante du gouvernement. Les seconds, au contraire, doivent leur existence à l'autorité royale, qui, à divers temps, en décréta ou en permit l'établissement. 11 convient de dire qu’au temps de Louis XIV il y avait bien peu de ces petits Séminaires en France, puisque, d’après une ordonnance de ce temps-là, on voit que ce Souverain autorisa les Evèques de son royaume à ériger des petits Séminaires, et appliqua à ces établissements plusieurs bénéfices ecclésiastiques pris parmi ceux que possédait alors en si grand nombre l'Eglise de France. C'est aussi un fait que depuis ce roi jusqu’à Louis XVIIE, qui remit sa famille en possession du trône de France, les Souverains intervinrcat toujours avec leurs ordonnances dans l'érection des petits Séminaires. Les Evêques, de leur côté, non-seulement ne s’opposèrent jamais à l’intervention de l'autorité royale en pareils cas, mais ils l'invoquaient au contraire, la jugeant nécessaire pour conserver l’enseignement des petits Séminaires indépendant de la juridiction de l'Université. Cette longue possession dans laquelle était la puissance laïque d'intervenir pour l’établissement des petits Séminaires, et de la part des Evêques, la reconnaissance du bon droit de cette même puissance, me semblent dignes de beaucoup d'attention.
» Maintenant pour la première fois les Evêques ont senti la nécessité de réclamer contre le principe admis jusqu'ici par l'autorité laïque touchant les petits Séminaires, savoir, qu'ils ne peuvent exister sans son bon plaisir. La réclamation est certainement juste et fondée sur les bonnes maximes ; mais malheureusement
cette réclamation est dpminée par une contradiction évidente qui
.la vicie : en effet, la doctrine des Evêques développée dans le Mémoire, et précisément dans le paragraphe qui commence : — d'une et l'autre ordonnance, — jusqu'à ces mots : — avec quelque précision, — reste pour le moins beaucoup affaiblie par l'exposition des droits qu'ils accordent au prince dans le paragraphe qui vient après celui que j'ai indiqué, lequel commence par ces mots : — Que le prince, — où ils disent en propres termes qu'an Souverain appartient le droit d'inspection et la surveillance néecssaire sur les écoles ecclésiastiques, pour assurer l'ordre nublic, empécher les tranagressions des lois et maintenir les droits et l'honneur de la souveraineté. 11 me paraît que ces Prélats, en admettant un tel prineipe, ont ruiné leur cause d'une manière irréparable, puisque le Roi peut maintenant faire tomber toutes leurs remontrances avec ce raisonnement trés-simple : Vous admettez que o'est à moi de surveiller les écoles ecclésiastiques pour empêcher la transgression des lois ; mais j'ai remarqué que la manière dont étaient organisées les écoles secon laires dites petits Séminaires tait équivalente à une véritable transgression des lois qui sont en vigueur dans le Royaume : donc j'ai dû les réformer,
» Ainsi Votre Eminence voit que, d'après la doctrine établie par les Evêques, toute la controverse peut maintenant se réduire , de la part de la puissance laïque, à une pure question de fait, savoir, si la manière dont sont réglés les petits Séminaires est ou n'est pas contraire aux lois. Or, chacun sait que, dans ces questions de fait, le Souverain a toujours beaucoup d'avantages sur des sujets ; et puis comment en proposer, et comment en obtenir même un simple examen ? La réelamation des Evêques aurait pu être plus forte et leur raisonnement plus serré s'ils s'étaient appuyés sur le texte du Concile de Trente. Si, avant de présenter leur travail, ils me l'avaient communiqué, je n'aurais pas manqué de leur faire goûter mes observations, et je les aurais également priés de ne pas prononcer le terrible non possumus, pour éviter aussi de se mettre dans une position fausse, d'où ils n'auraient pu ensuile sortir sans compromettre leur honneur.
» Quant à nous , il convient de ne pas perdre de vue les dispo-
sitions des derniers Concordats que le Saint-Siége a faits avec la France. Votre Eminence sait que malheureusement le Concordat de 1817 (dans lequel rien ne fut stipulé pour les petits Séminaires) n'a pas été sanctionné par les Chambres : de sorte que le seul Concordat de 4801 continue à être en vigueur, et le Saint- Biége le tolère. Or, l'article 11 de ce Concordat n'accorde aux Evêques qu'un seul Séminaire par diocèse , et, de plus, décharge le gouvernement du poids de toute dotation. Sous Napoléon , on ne pouvait obtenir davantage, et c'est beaucoup que, dans ces temps trés-difficiles, on ait tant obtenu. Mais cependant, même sous les Bourbons, les choses vont de la même manière, et ce Concordat est aujourd’hui encore la seule convention qui ait force de loi. Cela soit dit pour la partie qui regarde le droit dont la puissance laïque pourrait se prévaloir et qu'elle prétendrait soutenir en sa faveur dans la question présente.
» Pour ce qui concerne le fait ou le mode de la destination actuelle des petits Séminaires, on ne peut nier qu'ils servent encore plus à l'éducation des jeunes séculiers que de ceux qui ont des dispositions ou l'intention de se consacrer à l'état ecclésiastique. Ce système de convertir les petits Séminaires en colléges d'éducation fut adopté par les Evêques pour deux raisons :
» 4° Pour procurer aux familles vertueuses les moyens de faire élever religieusement leurs enfants, et de les soustraire ainsi à l'infection universitaire, où, autrement, ils auraient été contraints de chercher l'instruction nécesscire;
» 2 Pour l'avantage économique des retits Séminaires euxmêmes, parce que le profit qu'ils tivaient des pensions des élèves nobles leur fournissait les moyens de conserver ceux qui étaient élevés également pour le sanctuaire. Tel est le fait dont la conservation aurait été souverainement désirable pour l'avantage de la Religion et de la société.
» Toutefois le Ministère actuel est extrêmement faible. Il ne veut point le mal, et l’on croit communément qu'il a de bonnes intentions, et qu’il profitera du premier moment favorable pour adoucir le système adopté sur les peti‘s Séminaires, et même pour le faire cesser entièrement. Il est certain que le Roi a dit
à monseigneur l'Archevêque et à d’autres que, si la très-imprudente publication du Mémoire des Prélats n'avait pas eu lieu, les trois demandes qu'il contient auraient été admises.
» Or, maintenant il convient d'attendre encore un peu pour voir le parti auquel s'arrêteront les Prélats. J'incline à penser que si plusieurs d'entre eux persévérent à ne pas vouloir exécuter les ordonnances, d’autres cependant, pour ne pas perdre leurs petits Séminaires , y adhéreront.
» Dans cet état de choses, il me paraît que le parti le plus sage auquel le Saint-Siège puisse s'arrêter pour le moment, c’est de suivre le cours des événements, et d'attendre les développements ultérieurs, avec la pensée de profiter du premier moment favorable pour parler à propos et avec utilité. »
Cette lettre de Lambruschini, si pleine de lumineuse modération, entrait dans le but de la mission de M. Lasagny. Le magistrat la remplit avec tant d’intelligente probité , que, chose assez rare dans l’histoire de la diplomatie , il mérita les éloges des deux cours. Le cardinal Bernetti passa la note suivante au comte Portalis, ministre des affaires étrangères par la retraite du comle de La Ferronnays :
« Sa Sainteté, se confiant d’uu côté en la haute piété du fils ainé de l'Eglise, et, de l’autre, persuadée du dévouement sans réserve des Evèques de France envers Sa Majesté et de leur tendre amour pour la paix et pour tous les véritables intérêts de notre sainte Religion, ne sait pas prévoir que des circonstances malheureuses puissent l’obliger à rompre un silence si conforme aux vœux de Sa Majesté très-chrétienne. Mais si ce malheur arrivait, j'ose répondre que le Saint-Père ne s’adresserait assurément à personne sans avoir auparavant indiqué à Sa Majesté la nouvelle position que son devoir sacré pourrait lui avoir marquée , et il n’oubliera jamais tout ce qu’il doit au maintien de l’ordre et de la tranquillité en France, ainsi qu'à la dignité du trône de saint Louis. »
La fermeté de Léon XII et celle du cardinal Bernetti ne faisaicnt doute pour personne. On les savait aussi disposés que Lambruschini à ne point transiger avec l'erreur ou la mauvaise
foi, mais toujours prêts, comme le Saint-Siége l’a si souvent prouvé, à pacifier les esprits par cette temporisation dont Rome ne s'est jamais départie. L'épiscopat s'était engagé à couvrir d'un voile impénétrable son mémoire zu roi, et le Pape voyait cet écrit distribué à profnsion. La cour pontificale ne se rendait pas un compte bien exact du besoin que certains peuples éprouvent de faire entrer l'univers dans leurs querelles de famille. Les nécessités d'un journal, ses intempérances de zèle, son désir de paraître mieux informé que les autres, la manie constitutionnelle de déconsidérer l'autorité au profit des passions, tout cela était ignoré à Rome, la ville de la discrétion et des ménagements. Un grand conflit éclatait entre le gouvernement et les Evèques français sur la question des Jésuites. Le Pape, que les deux opinions établissaient juge, pensa que la réserve du successeur des Apôtres amènerait peut-être la modération entre les Evêques et les ministres de France. La publicité intempestivement donnée au HMemorandum épiscopal blessa la cour de Rome dans ses usages. C'était, par une espèce d'oubli des promesses contractées, accorder au ministère gain de cause dans la forme. Léon XII prévit que le pouvoir allait profiter de cette imprudence : il chercha à l’atténuer en se renfermant dans les bornes d'une note diplomatique !.
À cette époque, soixante-dix prélats sur quatre-vingts adhéraient pleinement au mémoire; six n’avaient pas fait connaître leurs intentions; trois seulement se montraient disposés à exécuter les ordonnances. La majorité était constatée : les Evêques se sentaient forts de leur unanimité ; mais, dans la crainte qu'on ne tentât de les diviser ou d’affaiblir la vigueur de leur opposition, ils se tenaient plus unis que jamais, tout en condamnant les premiers la funeste précipitation de la Gazette de France. Sur ces entrefaites arrive à Paris la note secrète de Bernetti ; elle est communiquée par le roi au cardinal de Latil; le ministre la fait lire à l'archevêque de Paris et au duc de Rohan, nommé à l'archevêché de Besançon. Ce fut l'abbé de la Chapelle qui la porta à Reims. De quelles instructions était-il chargé? Quels conseils donna-t-il? C’est ce qui reste un mystère. Toujours est-
3 Voyez aussi La note de la page 197.
204 CHAl. IV, = HISTOIRE
il que le cardinal s’empressa de notifier à ses suflragants et aux Métropolitains du royaume la dépêche suivante en date du 25 septembre 1828 : « Le Roi ayant daigné ine faire communiquer les réponses de Rome relatives aux ordonnances du 46 juin, et m'ayant invité à vous en donner connaissance, j'ai l'honneur de vous informer que Sa Sainteté, persuadée du dévouement sans réserve des Evêques de France envers Sa Majesté, ainsi que de leur amour pour la paix et tous autres véritables intérêts de notre sainte Religion, a fait -épandre que les Evêques doivent se confier en la haute piété et en la sagesse du Roi pour l'oxécution des ordonnances et marcher d'accord avec le trône. » Les journaux avaient été indiscrets; le cardinal de Latil fut malavisé en donnant à la note une extension qui n'était ni dans ses termes ni dans son esprit. Cet acte de courtisan devait froisser les Evêques. Ils se plaignirent de cette intrigue, qui leur paraissait à juste titre uh piége tendu par l'administration sous les noms du Pape et du roi, Latil s'était prononcé ainsi qu'eux contre le principe et la fin des ordonnances ; il allait au-delà du texte de la note émanée de la Chancellerie romaine, note dont quelques-uns mettaient en doute l'authenticité, puisqu'elle ne leur était connue que par un commentaire inexact. L'épiscopat se sentait engagé; on prétendait que Bernetti et Lambruschini avaient cédé avec trop de facilité. Les feuilles quotidiennes s'enivrérent de leur colère; elles furent injustes à force de vouloir être justes. Confondant les intérêts de parti et la question religieuse, la preëse incrimina avec véhiémence!, car il est dans l'essence même de sa vie de se nourrir de soupçons, de se passionner sans cesse et de chercher à expliquer les affaires auxquelles, on ne
Les choses furent poussées si loin que le Nonce du Saint-Siége, répondant à l'archevèque administrateur de Lyon qui lui Ces dait des inc actions, ne put s’empècher de lui mander : « Je me prmicls de yous dire que j'ai la certitude . que Monseigneur le Cardinal Bernetti, secrétaire d'Etat du Très-Saint-Père, a réellement écrit une lettre de réponse à M, le ministre des aflaires étrangères du roi. Cela est un fait; mais je dois vous déclarer très-positivement que des articles que Voire Grandeur aura pu lire dans quelques journaux de Paris, ct particulièrement dans lq Quotidienne, par rapport à celle lettre, sur la personne très-respectable du Cardinai Bernetti et sur la mienne aussi, sont pleins non-seulement d’inexectitudes et de faussetés, mais des plus noires et des plus perfides calomuics. Mou:signeur le Cardinal Bernetli est le plus honnête personnage du monde, et msi ie n’ai pu que hautement frémir par rapport aux abominables insinuations qu ou n’a pas rougi de répandre sur son compte. »
l'isitio point, par des défiances dont la rapidité de l'improvisation ne lui permet pas toujours de calculer la portée.
Lo roi avait dit que les ordonnances ne sc "aient pas rigouréu: sement exécutées ; mais les Evêques pensaient ; et avec raison, que le ministère trouverait moyen d'éluder ce..2 promesse. Le ministère voulait vivre; rour cela il fallait l'appui ua Libéralisme. Les royalistes s'étaient séparés de lui, les Catholiques le combattaient à outrance : il n'avait donc de partisans que parmi les adversaires de la Religion et de la Monarchie. Son plan et sa marche étaient connus. Il devait s'opposer à toutes le volontés du roi afin de conquérir dans les chambres une majorité quel : conque. Cette majorité ne lui serait aumônée qu’à la conditior d'être inflexible dans les mesures À prendre contre les Jésuites et contre le Clergé. La dépêche du cardinal Bernetti modifiait sensiblement les dispositions de | épiscopat. L’archevèque de Paris, le Nonce du Saint-Siége et les autres prélats réunis dans la capitale jugèrent qu'il importuit de mettre un terme aux dissentiments, Sans accepter néanmoins l1ègalité des ordonnances, il fut décidé qu'un projet de lettre au ministre des affaires ecclés siastiques serait soumis à chaque Evêque. Le 8 octobre, les prélats firent passer à leurs collègues una note secrète qui expliquait le but de cette démarclie. Elle est ainsi conçue :
« La note adressée à NN; SS, les Evêques, sous la date du 8 octobre 1828 , n’a point été numérotée , parce que , ayant été communiquée au gouvernement, elle n’a point paru devoir être comprise dans la série des notes purement confidentielles,
» On croit utile d'envoyer celle-ci pour mettre NN. SS. mieux à même de juger la position des choses, et de continuer, autant que possible, cette précieuse unanimité de conduite et d'expression de sentiments en des actes d’une si haute importance, Sans doute il reste libre à chacun de penser que l'opinion du Souverain=Pontife a pu être influencée par les envoyés du gouverne< ment ; que Sa Sainteté a pu ne pas être informée bien exactement du véritable état politique et religieux de la France et de l'effet plus ou moins favorable de la résistance des Evêques, comme ausst des conséquences probables qui en résulteraient pour l'a venir. Mais indépendamment de ces réflexions (et de plusieurs
autres qui peuvent faire naître des craintes bien légitimes ), toujours est-il que l'Episcopat semble à couvert par les insinuations et les désirs qu’a manifestés la cour de Rome. On sait que, dès le commencement de ces tristes affaires, le zèle et la fermeté des Evèques ont été louës par le Souverain-Pontife ; toutefois , l'espèce d’obscurité qui enveloppe les motifs de la conduite présente du Saint-Siége a bien son avantage, en ce que les Evèques ne feraient maintenant, par leur déférence, qu’honorer l'autorité prépondérante du chef de l'Eglise et conserveraient intacts leurs droits pour l’avenir. Ce ne serait qu’une condescendance temporaire, qui répondrait à une nécessité actuelle ou présumée telle par le Souverain-Pontife. La question de droit demeure entière, puisqu'il est certain qu’il n’est intervenu, de la part du Saint- Siége, ni jugement ni décision qui combatte ou redresse les principes posés par les Evèques dans leur mémoire, et que Rome n’a fait non plus aucune concession réelle , rien qui puisse légitimer ou consacrer pour la suite les derniers empiétements du pouvoir civil sur les droits incontestables de l’Episcopat. Le parti proposé dans la note et la lettre du 8 octobre, signées par Monseigneur l’Archevêque de Paris, semble offrir l’avantage de conserver plus facilement l'unité dans le corps des Evèques de France , et de retrouver aussi plus facilement cette presque unanimité de conduite et de défense dans tous les graves intérêts religieux qui pourraient encore nous menacer.
» ILest d’ailleurs facile d'apprécier à combien peu de choses se réduisent les concessions des Evêques s'ils suivent le mode indiqué ( mode qui a été communiqué au gouvernement, et dont on sait qu'il se contentera s’il est généralement adopté ), surtout si, comme le jugent nécessaire les sept Prélats dont les noms sont inscrits , on s’en tient rigoureusement à ne se servir d'aucun des tableaux du ministre, mais à donner, par forme de lettre, les seuls renseignements désignés dans la note du 8 octobre, savoir : un exposé libre de la situation du ou des petits Séminaires, qui contiendrait le nombre actif des élèves, le nombre présumé nécessaire, le nom des Supérieurs ou Directeurs qui seraient qualifiés de prêtres séculiers ; enfin une note générale sur les ressources pécuniaires du diocèse, qui ferait connaître que la plus forte
toutions , dés é des l'essente es ne jorité leurs npotelle ière , ainte les tome légis du parti
onconss de unaérèts
oses ode dont rtout noms ucun , les oir :
, qui b né— uali-
sourforte
somme de secours serait encore bien au-dessous des besoins. »
Dans la position où l'Eglise gallicane se débattait sous une funeste condescendance du pouvoir, le plan adopté par les Evèques était le seul praticable. Ils consentaient bien à ne pas entraver le ministère ; ils faisaient tous les sacrifices que le bessin de la paix leur imposait ; mais, en s'épargnant Ja responsabilité d’un avenir chargé de nuages, les prélats s'arrêtaient à la limite de leurs droits et de leur conscience. C'était, pour ainsi dire, un armistice que l'épiscopat accordait au gouvernement afin de lui laisser le temps de réparer le mal ou de se précipiter plus avant dans la voie des concessions. Le cardinal de Croi et l’archevêque administrateur de Lyon furent les seuls qui refusèrent toute espèce d'adhésion au projet conciliateur; d’autres, tels que les Evêques de Chartres, de Nevers, de Nantes et de Rennes, s’en rapportérent à la majorité.
Rome avait parlé d’une manière indirecte ; néanmoins la cause fut finie. L'Eglise de France écouta des conseils que le Souverain-Pontife ne donnait que sous forme diplomatique, afin de laisser au Clergé toute sa latitude d'action dans une affaire qui n'intéressait ni le dogme ni la morale. Les Evêques ne reculaient devant aucune des exigences administratives ; mais ils s'opposaient à ce que de nouvelles atteintes fussent portées à la liberté des consciences ; le gouvernement ne sut pas s’en tenir à ce triomphe négatif. Il avait soif des applaudissements libéraux : il brisa les huit maisons d'éducation que, de l’aveu même de l'Université, les Jésuites rendaient prospères. Sous l’empire d’une Charte proclamant la liberté, le ministère réalisa une idée qui avait échappé au génie ombrageux de l'Empereur ; il obligea tous les professeurs à déclarer qu'ils n'appartenaient à aucune Congrégation non autorisée par les lois. Le besoin d'ouvrir les petits Séminaires était flagrant ; MM. Vatimesnil et Feutrier pressaient les Evèques de se soumettre ; il fallut subir avec une douloureuse résignation ce dernier attentat à l'indépendance du prêtre et de l'homme. Il y eut des lettres pleines de dignité adressées au ministre ; le cardinal de Clermont fit entendre son célèbre : £'tiamsi omnes, ego non, et Feutrier répondit souvent
. avec autant de convenance que d'esprit à ce blâme universel.
D A D rer
FR | \ù | LE | 4 à Ni:
[I (à | LR Î ï 1 | 11 | A | L!
Le ministère Martignac-Portalis croyait avoir enfin rattaché à sa fortune l'opposition révolutionnaire; le Globe ne lui laissa pas longtemps cette pensée de satisfaction intime. Les Constitutionnels avaient poussé le gouvernement de Charles X à mutiler l'Eglise; ils allaient attaquer le gouvernement lui-même, et ils insultaient le Clergé avec des paroles que l'histoire ne peut omettre. « La querelle des Evêques; disait la feuille doctrinaire le 10 septembre 1828, touche à sa fin; cette petite fronde de sacristie meurt sous le ridicule, comme toutes les insurrections sans force et sans nationalité, qui débutent par des cris de : Vaincre ou mourir! et désarment paisiblement au premier choc. Il y aurait, en vérité, trop de honhomie à se battre plus longtemps contre ce spectre de l’épiscopat; car, si ses clameurs peuvent encore troubler quelques âmes pieuses et crédules perdues çà et là dans la foule, si quelque danger peut venir de ses intrigues et de ses menées, il y a bien un autre danger à se laisser prévenir et à détourner notre attention des actes du ministère. C’est avec le ministère que nous avons affaire. »
Au milieu de ces débats, les Jésuites, que le Libéralisme représentait comme les dominateurs de la France et comme des casuistes toujours prêts à tourner la loi ou à violer les serments, se retiraient de leurs Colléges sans proférer une plainte.
’épiscopat avait soutenu une lutte qui était un glorieux témoignage de leurs services ; les Jésuites jugèrent opportun de ne s’y mêler en aucune façon. Ils se séparërent de leurs élèves, qui versaient des larmes et qui protestaient publiquement contre l’œuvre de destruction ; ils entendirent le Clergé rendre hommage à leurs vertus; ils virent les cités les plus importantes du Nord et du Midi s'associer au deuil de l’Eglise et de la jeunesse; ils ne trouvérent partout qu'estime et regrets. Celte douleur eut une manifestation si saisissante qu'elle se refléta jusque dans les travaux et les vœux des Conseils généraux, les véritables représentants des besoins du royaume , et elle n’échappa point au Constitutionnel lui-même. Le 4 août 1828, il la signale avec terreur : « Ce qui contraste, dit-il, d’une manière bien plus choquante avec les sentiments du pays, c'est l'expression des votes d’un très-grand nombre de Conseils sur l'instruction publique. Ils sol-
aché à laissa istituautiler ,etils e peut rinaire ide de ections is de :
r choc, s longameurs es per de ses se laisnistère.
me reme des rments,
(émoie ne s'y qui verl'œuvre » à leurs d et du e troune ma travaux sentants bnstitu= erreur :
oquante tes d’un Ils sol-
licitent une loi pour qu’elle soit exclusivement selon les uns, on en concurrence selon les plus modérés, livrée à des Corporations religieuses. Le Conseil général du Doubs demande que les Congrégations déjà existantes soient autorisées légalement. Celui du département de Vaucluse est plus franc’: il vote pour que l'instruction publique soit confiée notamment aux Jésuites, dont l'intérêt de la Religion et de la Société réclame le rétablissement. » Ainsi cette persécution de dix ans, organisée par le Libéralisme et sanctionnée par un ministère immolant la Religion et la Monarchie pour vivre quelques jours de plus sous la protection des idées démagogiques, n’aboutissait qu'à faire glorifier la Compagnie de Jésus. La presse libérale la calomniait, le pouvoir essayait de la bannir, et le Clergé, la jeunesse, les pères de famille, les Conseils généraux s’unissaient pour proclamer sa nécessité. La France chrétienne adoptait les Jésuites, la France révolutionnaire les flétrissait. Pendant ce temps, voilà les mesures qu'ils prenaient pour résister à l'assaut permanent que l’impiété leur livrait. Le Père Godinot, Provincial de France, écrivait, le 7 août 1828, aux supérieurs des huit petits Séminaires : « Après votre distribution de prix, qui doit être faite sans éclat et sans discours qui tendent à faire des allusions ou à exciter des regrets, vous donnerez à tous les professeurs les huit jours de vacances pleins que permet l’Institut ; puis, tous feront la retraite annuelle avec le plus de recueillement et le plus de ferveur qu'ils pourront. » Ce fut ainsi que les Jésuites sortirent des établissements que les Evêques leur avaient confiés sous la protection des lois. Les enfants de saint Ignace ne pouvaient plus répandre sur la France
les bienfaits d’une éducation chrétiennement libérale, les pre miers pasteurs des diocèses les conservèrent ou les accueillirent
comme directeurs, prédicateurs ou Missionnaires. Chacun s’imposa des sacrifices pour ne pas priver l'Eglise des secours que lui offrait la Compagnie, et, à l'exemple de Jean de Cheverus, plus d'un prélat consacra une bonne partie de son traitement à l’entretien des disciples de l’Institut.
La Révolution venait de faire une large plaie au Catholicisme. Elle avait pu mesurer jusqu'à quel degré Charles X pousserait les sacrifices. Après ce premier succès, elle résolut de tenter une VI. 14
campagne décisive contre la Royauté. Le Monarque, aveuglé par de menteuses déférences, hésitait devant les Libéraux ne tirant leur audace que de la pusillanimité des administrations, On espéra amener le roi à briser de ses propres mains le sceptre que sa loyauté trop débonnaire n'osait changer en épée de justice. La Révolution avait dit , même sous les ministres Villèle et Portalis, que les Jésuites règnaient et gouvernaient !, Quand le prince de Polignac fut appelé aux affaires, elle ne mit plus de bornes à ses débauches d'intelligence. Les Jésuites devinrent les promoteurs des coups d'Etat ; ils furent les conseillers, les agents invisibles de la réaction ; ils formérent avec le nonce Lambruschini une camarilla de prélats et de courtisans qui n’exista jamais que dans l’imagination de la presse ; ils furent les incendiaires ? qui
1 Un homme qui a élé calomnié lui-même, mais qui, à force de courage et de talent, a contraint ses ennemis à l'honorer et à lui décerner publiquement des témoignages d’estime, le comte de Peyronnet, ancien ministre de la justice et de l'intérieur, résumait ainsi, dans ses Esquisses politiques publiées en 4829, la sifuation faite aux Jésuites. Ce passage élait vrai à cette époque; nous croyons qu'il aura longtemps encore un intérêt d'actualité :
«On a dit que les Jésuites nuisaient à la Religion : et qui a dit cela? des hommes qui n’aspirent qu’à la ruine de Ja Religion.
» On a dit qu’ils étaient ennemis des rois : et qui a dit cela? des hommes qui n’aspirent qu’à la chute des rois,
» On a dit qu’ils étaient ennemis de la Charte : et qui a dit cela ? des hommes qui la violaient ouvertement à leur détriment.
» On a dit qu’ils exerçaient une influence pernicieuse dans l'Etat : et qui a dit cela? des hommes dont la funeste influence fait depuis trente ans tous les malheurs de l'Etat,
» On a dit qu'ils n’élaient pas tolérants ; et qui a dit cela? des hommes qui sont animés envers eux de la plus coupable intolérance qui fàt jamais; intolérance des hommes qui ne croient point.
» On a dit qu’ils étaient ennemis de la liberté : et qui a dit cela? des hommes qui les chassent de leurs églises, de leurs écoles et de leurs pays ; des hommes qui blessent à la fois dans leur personne la liberté religieuse, la liberté politique et Ja liberté civile.
» Ni la sottise de l’accusation. ni l’effronterie des accusateurs n’ont suffi, On savait bien qu’on était trompé, mais on voulait lètre,
» Quand je haïrais et redoulerais les Jésuites autant que leur plus fanatique ennemi, je croirais encore que le maintien de la liberté de conscience est d’un plus grand prix que leur expulsion, »
3 Pendant l'instruction du procbs des Ministres signataires des ordonnances de juillet, M. Béranger, commissaire-accusateur près la chambre des pairs, reçut de Toulouse une lettre datée du 4: octobre 4830. Cette lettre était ainsi conçue :
« Monsieur, des malheurs inouïs me forvèrent à devenir l'instrument d’un parti dont j'étais un principal agent dans les incendies qui désolèrent la Normandie, et qui devaient s'étendre sur la France entière, si j'avais rempli les instructions données à ce sujet.
» Mais le cri d'alarme des journaux, le tableau qu’ils présentaient du déplorable état de ces viclimes et, si j’ose le dire, mes propres sentiments, n’inspirèrent une horreur de moi-même. Je suspendis mon infâme mission ; je pris la fuite pour me