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on l'applique à 1» thiéologie, et les Supérieurs la lui font professer trois ou quatre ans ouue mürir sa raison et le fortifier dans les études sacrées. Les Père: de l’ancienne Compagnie avaient, par de longs essais , acquis la "“euve que cette laborieuse solitude était la sanction à donner à j'éloquence. Dourdaloue et tous les princes de la parole l'avaient expérimenté ; les nouveaux Jésuites marchèrent dans la même voie.
Une dernière année est laissée aux orateurs futurs, pour se noutrir des Saints Pères et des modèles qui les ont devancés. Ces préliminaires remplis , l'homme d'énergie et de conviction se révèle. Il a eu le temps de méditer, d'approfondir les vérités éternelles qu'il doit annoncer. Il ne se jette pas, en enfant perdu de l'inspiration , dans une chaire où parfois le culte du beau et du vrai est sacrifié à de chimériques impossibilités ou à des utopies d'alliance fraternelle. L'orateur jésuite est plutôt plein d'enseignements pratiques que de théories; il ne doit se livrer ni aux écarts du zèle ni aux intempérances de l'improvisation. Chez lui, chaque parole a sa portée; on ne saisit pas, dans son discours, une phrase,un mot, un geste peut-être, qui puisse prêter à fausse interprétation. Sûr de lui, comme de ses préceptes, il se domine avant de vouloir dominer les autres. C'est cette force intime qui rend les disciples-de l’Institut si puissants en présence de tant de passions religieuses, politiques ou littéraires, qu'il leur serait facile de soulever, pour s'attirer les applaudissements de la foule.
Le chemin des prédicateurs est tout tracé ; la route des autres Novices n'offre pas plus de difficultés. Les Scolastiques qui finissent leurs quatre années de théolagie, et qui n’ont d'aptitude marquée pour aucune scienee spéciale, subissent encore de nouvelles épreuves de travail ou de méditation, puis enfin le ministére pastoral leur est ouvert. Îls se chargent de ces redoutables fonctions dans la maturité de l’âge ; ils n’ont ni besoins ni ambition à satisfaire. Les dignités de l'Eglise leur sont interdites ; ils y renoncent par leurs vœux ; ils peuvent denc apparaître dans le monde comme les guides du Chrétien et les modèles vivants du prêtre.
Les Pères de la Société de Jésus, en entrant au Noviciat, s'astreignent à un plan d’études et de conduite auquel ils ne doi-
vent apporter aucun changement , aucune modification. Le Æatio studiorum est le code des professeurs ; il sera en même temps celui des élèves qui fréquentent les Colléges de l’Institut, Dans un siècle où les principes sont, comme les royautés, remis chaque jour en question , la méthode adoptée par les Jésuites offrait aux familles des avantages incontestables. En ne la supposant pas meilleure que celle des Universités, cette méthode renfermait néanmoins un germe de salut. Elle a pour base une stabilité qu'on cherche inutilement ailleurs ; elle ne dédaigne ni les améliorations ni les perfectionnements ; elle les fait au contraire servir à son unité de vues, à son unité de plan, à sa persévérance dans la même route. Les derniers venus profitent des lumières et de l'expérience de leurs devanciers. Il y a tradition de famille pour les moyens à employer ; et les hommes comme les idées, tout. tend au même point, tout marche du même accord vers le même but. Les Jésuites, dans leur Noviciat ainsi que dans leurs maisons d'éducation laïque , n’ont aucune vanité à satisfaire, aucun intérêt
. à contenter; ils ne s’exposent à aucune oscillation de parti ou de
système ; ils ne sont pas pressés d'assurer le triomphe de leurs idées bonnes ou mauvaises, parce qu'ils savent que le temps seul les légitimera. Ils n'arrivent point au pouvoir pour renverser ce que leurs prédécesseurs édifièrent, et ce que ces prédécesseurs, héritiers hypothétiques du gouvernement, cherchent à maintenir dans des tiraillememts œontinuels. L'autorité qui a toujours besoin d’être une et respectée, ne se laisse ni discuter, ni absoudre, ni condamner publiquement. Elle agit avec réserve, sans se compromettre ; elle est prudente, parce qu'elle se sent forte ; elle inspire confiance aux autres, parce qu'elle sait en avoir en ellemême,
Les Jésuites connaissent le monde des enfants; ils n’ignorent pas que, pour dominer ces volontés étourdies, il faut tenir en respect leur turbulence naturelle et celle que l'instinct des révolutions développe. Dans les siècles de calme et de repos, ils avaient ainsi gouverné les générations qui ne sont plus. De nouveaux errements les ont rattachés plus énergiquement que jamais à ce grand principe de sécurité. L'éducation pour eux ne fut pas un métier ou nn, moyen de fortune, mais un besoin social. Ils
voulurent améliorer l'humanité et non trafiqier du désir que chaque homme a de voir ses enfants participer au bienfait de “l'instruction publique. Débarrassés de tout souci terrestre et trouvant dans cette jeunesse, venue de tous les points à la fois, une famille et des amis, les Jésuites ne portérent pas leurs vœux audelà de l'horizon qu'ils se limitaient. Suivant le précepte d’Horace, ils circonscrivirent une longue espérance dans un étroit espace. Sans arrière-pensée comme sans ambition personnelle, ils s’efforcèrent d'étendre le règne de la vertu en propageant l'amour des devoirs et des belles-lettres.
C'était une tâche difficile; ils ne restèrent pas au-dessous. Au quatrième volume de cette histoire nous avons raconté les moyens ct les ingénieux artifices qu'ils avaicnt su mettre en œuvre pour changer en plaisir ce travail aride auquel l'enfance est condamnée. À peine la Société de Jésus est-elle reconstituée, qu'on voit ses membres les plus distingués se vouer avec un indicible bonheur à l'éducation de la jeunesse. Ceux qui leur succédèrent se.firent une obligation de marcher sur leurs traces. Bientôt les Colléges de l'Institut acquirent une incontestable supériorité. À mérite égal dans les professeurs universitaires et dans ceux de la Compagnie, cette supériorité devait évidemment résulter et de la perfection toujours progressive du plan et de la stabilité même des principes. Au Collége Romain ainsi qu’à Saint-Acheul, à Fribourg et à Clongowes, à Brugelette comme à Madrid, à Naples et à Stonyhurst, à Turin et à Polotsk, à Gênes et à Tarnopol, ils ne déviaient jamais de la voie tracée. Cette apparence d'immobilité, qui devient pour les enfants une force attractive à laquelle ils n'osent se soustraire, n’empècha jamais l’Institut de prendre l'initiative des améliorations. Les disciples de Loyola fournirent même à l'Université de France des préceptes que le philosophe Cousin, alors ministre de l'instruction publique, paraît avoir adoptés, tout en cachant aux yeux profanes la source où il puisait ces modèles. Les Jésuites appliquaient sans bruit les innovations que leur expérience jugeait utiles. Ils n’en tiraient parti que pour le bien de la jeunesse; d’autres exploitérent leurs idées pour la glorification d'un amour-propre ministériel,
Ainsi, en 1838, les ?ères du Collège de Brugelette en Bel-
gique formulaient un nouveau plan d'études ; ils le publiaient en 4839. Le voici dans toute sa simplicité :
« L'enseignement se divise en trois cours principaux :
» Le cours préparatoire, qui comprend les éléments de grammaire française, d'histoire, de géographie, d'arithmétique et les premiers principes de la langue latine. Il dure le temps nécessaire pour s'assurer que l'enfant sait écrire sa langue correctement et que son intelligence assez développée est capable de l'étude des lettres. — Les jeunes élèves de ce cours suivent un réglement approprié à leur âge.
» Le cours des lettres, qui comprend la grammaire, la poésie et l’éloquence. La grammaire occupe l'élève pendant trois ou quatre années, selon ses canacités et ses progrès. Il apprend alors les langues française, latine et grecque. Les deux années suivantes sont consacrées à la poésie et à l'éloquence. On enseigne l’arithmétique dans les classes de grammaire, les éléments d’algèbre et de gégmétrie dans celles d'humanités, l'histoire et la géographie dans toute la durée du cours. Des maîtres de langues modernes sont donnés à ceux qui, désirant se livrer à cette étude, sont jugés en état de le taire avec fruit.
» Le cours des sciences, qui est de deux ans. Il comprend des cours de philosophie, de mathématiques, de physique, de chimie, d'histoire naturelle, particuliers à chaque année, et des conférences sur la Religion, l’histoire et la littérature, communes aux deux années.
» Un cabinet de physique, un laboratoire de chimie, des collections de minéralogie, de conchyliologie, de zoologie, offrent aux élèves le moyen d'étudier avec autant d'intérêt que de fruit les sciences physiques et naturelles.
» S'il se présentait un nombre suffisant de jeunes gens pour former une troisième année de philosophie, on leur ferait suivre des cours spéciaux, tels qu'ils sont indiqués dans le programme général du Cours d’études du Collége. »
M. Cousin, grand-maitre de l’Université, était l'antagoniste systématique des Jésuites; mais ce plan, si sagement conçu et présenté d’une manière si lucide, frappa son esprit ; et soit qu'on le lu eut présenté dans le texte original, soit qu'on lui en eût
exposé les dispositions générales, sans lui en révéler la source, il l’adopta et résolut de le publier comme son œuvre propre. M. Villemain, qui lui succéda à l'instruction publique, n’eut rien de plus pressé que de briser l'édifice dont son prédécesseur avait emprunté l'idée-mére et les détails aux disciples de Loyola. Le 27 août 1840, M. Cousin adressa aux recteurs des Académies une circulaire par laquelle il fait connaître le nouveau réglement des études dans les colléges royaux et dans les colléges communaux de plein exercice. Cette circulaire, paraphrase affaiblie du plan des Jésuites de Brugelette, est ainsi conçue :
« Monsieur le recteur, je viens appeler toute votre attention sur les modifications apportées au réglement des études des Colléges par l'arrêté que je vous communique.
» Il est incontestable que l'éducation n'est ni vraie ni complète si elle n’embrasse pas, avec les études classiques proprement dites, de suffisantes connaissances de mathématiques, de physique, de chimie et d'histoire naturelle. Mais comment l’enseignement scientifique doit-il être combiné avec l’enseignement littéraire dans l’économie du Collége? C’est un problème souvent agité et’ diversement résolu.
» Deux points sont aujourd’hui mis hors de doute par les rapports de MM. les inspecteurs généraux et par ceux de MM. les proviseurs : 4° Les portions d'enseignement scientifiques réparties depuis la sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement ne produisent aucun bon résultat; 2° cet enseignement accessoire, infructueux en lui-même, nuit considérablement aux études classiques. Il a donc fallu, monsieur le recteur, chercher une autre combinaison. : ù
» C’est un principe reconnu que les études doivent être proportionnées à l'âge des élèves. C'est un autre principe également reconnu que, dans un même âge, toutes les études doivent être analogues pour produire une impression forte et durable. Voilà pourquoi l'expérience générale a placé d'abord les études classiques, si bien appelées humanités, parce qu'elles forment l'homme et cultivent à la fois la mémoire, l'imagination, l’esprit et le cœur. La philosophie, les mathématiques, les sciences physiques et naturelles doivent venir après : elles s'adressent à la réflexion
| 433 naissante. Tel m'a paru le plan vrai et régulier des études du Collége. Je n'ai donc point hésité à supprimer tous les accessoires scientifiques répartis depuis la sixième jusqu'à la rhétorique, afin de fortifier par là l'enseignement classique, et j'ai rassemblé dans l'année de philosophie tout l'enseignement scientifique, qui alors devient lui-même plus important et plus sérieux. Les mathématiques auront trois classes par semaine; la chimie est annexée à la physique, ainsi que l’histoire naturelle, et ces divers enseignements, joints à celui de la philosophie, se prêteront un mutuel appui et prépareront directement au baccalauréat.
» Ce plan, monsieur le recteur, serait achevé et définitif s'il instituait deux années de philosophie, au lieu d’une seule. Alors les divers enseignements rassemblés dans cette seule année se développeraient-mieux et pourraient devenir obligatoires pour tou: ‘es élèves, Cette addition d’une année pourrait être utilem.… ." mpensée par le retranchement d’une de ces classes élé- Mvntaires, dans lesquelles on apprend peut-être le latin de trop bonne heure. Il me paraît que six années d'études, depuis la sixième jusqu’à la rhétorique, avec la classe préparatoire de septième, sont parfaitement suffisantes. Les classes qu’on a établies dans plusieurs Colléges sous le nom de huitième, de neuvième même, doivent être complétement dégagées de toute étude latine, offrir une instruction primaire d’un ordre élevé pour les familles qui ne veulent pas envoyer leurs enfants aux écoles primaires ordinaires. »
Entre ces deux plans d'éducation il n'existe qu'une différence, et elle n’est pas à l’avantage de M. Cousin, mettant son éclectisme à la suite des idées de quelques obscurs disciples de saint * Ignace. Au lieu de supprimer totalement les leçons de mathématiques, de physique, de chimie ‘et d'histoire naturelle dans les classes inférieures et de les renvoyer à la philosophie, les Pères de Brugelette veulent qu’on donne aux enfants des notions élémentaires d'arithmétique usuelle et de géographie, notions indispensables à tout âge. À part ce léger changement, qui fut peut-être un calcul, le projet de M. Cousin est servilement celui des Jésuites ; et, s’il n’y a pas eu de contrefaçon, il faut au moins avouer que les Pères de la Compagnie ne sont pas si arriérés en
fait d'éducation, puisqu'ils précèdent même dans cette voie de progrès le grand-maitre de l'Université et l'éloquent traducteur de Platon, leur adversaire.
Le ministr: ‘le l'instruction publique en France rend aux Jésuites un h: :amage tacite. Dans le mois de mars 1845, la Gazetle de l’Instruction publique ne craignit pas d'avoir son jour de franchise. En examinant le cours d'études du Collége et du -pensionnat de Fribourg, elle osa dire : « On verra qu'il ne manque ni d’étendue ni de variété. Si, d’un côté, les ouvrages théoriques adoptés pour l’enseignement des langues sont peu connus et ne sont point suivis dans nos Colléges, d'un autre côté, il faut reconnaître que ce cours d’études offre dans son ensemble quelques bonnes améliorations et qu’il remplit plusieurs lacunes de notre enseignement universitaire.
» Ainsi, on peut voir quelle attention les Révérends Pères apportent à l'enseignement de la langue et à l'étude de la littérature française. Dans toutes les classes, ils ne cessent d'exercer les élèves sur l'orthographe, l'analyse logique et grammaticale, et les divers genres de composition française ; ils ne brrnent pas leur enseignement aux stricts préceptes de la grammaire et de la rhétorique. Dès la troisième, les élèves apprennent les règles du genre épistolaire, et y sont façonnés par des exercices fréquents. ‘En seconde, ils reçoivent des notions complètes de littérature, et on leur fait passer en revue ces différents genres en prose et poésie. En rhétorique, ils étudient avec étendue les préceptes de l’art oratoire, et en particulier l’éloquence de la chaire, du barreau et de la tribune. Des talents trop négligés et dont les résultats peuvent être précieux pour l'avenir des jeunes gens, la lecture à haute voix et la déclamation, sont l’objet d'études spéciales dans chaque classe. Les principes d'après lesquels l’histoire est enseignée sont indiqués par les livres mêmes portés au programme.
» Le cours de la philosophie de l’histoire, dit le prospectus, en présentant les événements historiques dans leur enchaînement moral et providentiel, donne une connaissance approfondie d'après Jes vrais principes.
» Quant au choix des auteurs d'explication, il se compose en grande partie des auteurs français, latins et grecs suivis dans
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Jé- Gajour t du Lan-
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nos Colléges, et surtout pour le baccalauréat. Quelques auteurs qu'on ne voit pas dans nos établissements, Juvénal , Perse, Tibulle, Catulle, etc., sont expliqués dis les classes supérieures. »
De l’aveu des Universitaires de France eux-mêmes, la Com-
pagnie de Jésus, dans ses Colléges de Suisse et de Belgique, marche au moins de pair avec eux; un autre Universitaire va venir, le 42 novembre 4845, nous apprendre que l'enseignement donné par les Jésuites dans les Deux-Siciles ne le cède ni en améliorations ni en succès à celui qui est imposé et vendu aux sujets du royaume très-chrétien. On a proclamé sur mille tons différents que l'Italie moderne était une terre de plaisir et d'ignorance. Naples surtout a eu sa large part de ces invectives cosmopolites. Sans sé préoccuper des mœurs du pays, les touristes et les romanciers l'insultérent parce qu'il n’adoptait pas leurs lois, leurs usages ou leurs préjugés. Les uns maudirent le soleil versant ses plus généreux rayons sur ce peuple de princes et de lazzaroni; les autres déplorèrent l’abrutissement intellectuel des habitants de la vieille Parthénope qui refusent de secouer le joug des Bourbons et des prêtres. On plaigrit, ou on calomnia les Napolitains. Ils se montraient peu empressés de mettre leur bonheur à l'enchère des révolutions ou de l’impiété dont ils avaient fait une assez triste épreuve. Ils étaient trop voisins du Vésuve pour laisser fermenter dans le sein de leurs villes d’autres volcans constitutionnels, pl's dangereux que le Mongibello. L'Europe libérale les dota d’une paresse voluptueuse ; elle ne les vit qu’à travers l'atmosphère de ses préventions ou de ses mécomptes, qu’ils ne consentaient plu “ partager.
A la fn de 1845, M. Petit de Baroncourt, chargé par le ministre de l'instruction publique en France de visiter les divers établissements d'éducation dans le royaume des Deux-Siciles, adresse son rapport au grand-maître. Le Français est amené à comparer les résultats oblenus par les Universitaires napolitains et par les Jésuites, et il s'exprime ainsi : « L'Université est subordonnée au ministère de l’intérieur et n’a presque aucune influence dans la nomination de ses membres; elle confère seulement les grades dans les diverses facultés, et tient sous sa ju-
ridiction les colléges et les écoles privées. A la tête se trouve un
président de l'instruction publique, un conseil général (géunta di publica instruzione), un secrétaire général de l'Université, des inspecteurs généraux et particuliers. Les cours publics des facuités durent sept :2ois ; ceux de la faculté des lettres n'ont qu’un cours de litter re grecque et un de littérature italienne; il n'existe pas & àav.ce d'histoire, lacune assez significative.
» Les Coiléges de l'Université sont au nombre de dix-sept : quatre portent le nom de lycées, parce qu’on y enseigne un peu de philosophie et les éléments des sciences physiques et mathématiques ; les autres, voués exclusivement à l'étude du latin et du grec, conduisent les élèves jusqu’en rhétorique; encore l'étude du grec est-elle à peu près facultative, et ne l'exige-t-on dans les examens que €-s candidats qui se destinent à certaines professions spéciales, telles que la médecine. L'étude et la littérature italienne, la langue française, un peu de géographie et d'histoire sainte, complètent les indications précédentes.
» L'administration intérieure des collèges est confiée à des ecclésiastiques dont le chef prend le nom de Recteur; les professeurs seuls sont ou peuvent être laïques. Si l'on prend pour exemple le lycée del Salvatore, qui est placé dans la cam..le, on se fera des colléges de l'Université de Naples une idée malheureusement peu satisfaisante.
» Ce lycée ne semble pas avoir une existence propre, il n’a aucun bâtiment qui lui soit spécialement affecté; les élèves pensionnaires sont relégués au-dessus des salles de l'Université, au troisième étage; ils couchent dans de vastes dortoirs, au milieu desquels sont placées les salles d’études ; de telle façon que le bout des tables touche au pied des lits. Les classes se font au premier étage, dans des salles qui font suite aux bureaux de l’Université et donnent sur une arrière-cour.
Le Collége des Jésuites au contraire renferme de vastes jardins, une haute église qui touche à quatre rues différentes et dont la principale façade est une des plus belles de Naples après le palais du roi. Et, si l’on regarde au nombre des élèves, la différence n’est pas moins frappante. Ce Collége est en pleine prospérité, tandis que l’autre se traîne et languit, bien qu'il ait réduit le prix de la pension à six ducats par mois. »
memes
Le parallèle établi entre l'Université sicilienne et la Société de Jésus continue ; il s'étend jusqu'au corps enseignant de France. Le plan suivi par les enfants de saint Ignace est le mème que celui de tous les Colléges de l’Institut. À Naples seulement, il agit sur des natures que la beauté du climat doit rendre plus efféminées et moins propres aux sciences. Petit de Baroncourt ajoute :
« Arrivons maintenant aux établissements qui ne sont pas placés sous la surveillance de l'Etat.
» Ce sont d'abord les deux Collèges dirigés à Naples par les Pères Barnabites et celui qui appartient aux Frères des écoles pies (Scolopü); mais les plus dignes d'attention sont les établissements gouvernés par les Pères de la Compagnie de Jésus. Ceux-ci possédent quatre Colléges dans le royaume de Naples, savoir : À Naples, à Lecce, à Aquila e ‘ Salerne; ils ont en outre quinze Colléges en Sicile. Celui de Palerme, entre autres, est un établissement magnifique, dont les richesses sont considérables et dont la bibliothèque fait l'admiration des étrangers.
» La maison de Naples ! contient environ quatre-vingts élèves pensionnaires; on lui donne le nom de Collége des Nubles, parce qu’on n’y admet que des enfants appar’enant aux premières familles. Elle admet en outre dans les classes plus de douze cents externes qui suivent les cours gratuitement. Cette année
1 Le Collége de Naples dont il est question dans le rapport universitaire s’appelle il Convitto dei Nobili; il fut ouvert le 3 décembre 4823. C’est un ancien couvent de Basiliens que le roi François l+" accorda aux Jésuites par décret du 45 septembre 4826. 5a muniflcence fit restaurer l'établissement ; le Monarque voulut que la maison fût dignement appropriée à l’usage auquel il la destinait. Le roi Ferdinand 11 l’a prise sous sa protection , ct il ne cesse d’encourager les. Pères dans la mission qu’ils s'imposent. Afin de leur témoigner la bienveillance spéciale qu’il porte aux lettres, aux sciences et aux bonnes études, le roi accorde des priviléges aux élèves qui se distinguent par leur travail ou par leur piété. Sous la direction du Père Lalini, cet établissement est devenu un modèle de régularité, de perfectionnement, de progrès littéraires et scientifiques. 11 compte parmi ses élèves actuels les enfants des plus grandes familles du royaume et les fils de trois ministres du roi, le chevalier de Santangelo, le prince di Trabia et le prince di Comitini,
Ce Collége, quelque parfait qu'il soit et que nous avons dernièrement visité, ne l'emporte cependaut ni en science, ni en sage administration, sur un grand nombre d’autres que la Société de Jésus possède à Rome, en Piémont, en Angleterre, en Allemagne ct en Belgique. La beauté du local établit seulement la différence , car - Vinstruction y est partout aussi développée. Née du mème principe, elle se répand par les mêmes professeurs,
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mème, au dire d'un des Pères, savant professeur de l'établissement, ils ont refusé d'en recevoir plus de cinq cents, faute de place. À quelques pas de là, le lycée universitaire del Salvatore n'a pas cinquante externes.
» Les classes sont divisées en classes élémentaires et en classes supérieures ; les premières s'élendent jusqu’à la rhétorique inclusivement. Elles comprennent trois années ou quatre au plus pour les classes dites de grammaire, qui embrassent l'étude, des principes du latin, du grec et de l'italien; une année pour la classe dite d'humanité, qui correspond à la seconde de nos colléges, et une année pour la rhétorique; en tout cinq ans ou six ans au plus. Les classes supérieures comprennent deux ans, pendant lesquels les élèves étudient la philosophie, les principes du droit naturel et du droit civil, la physique, la chimie et les mathématiques élémentaires. Il existe une troisième année pour les classes supérieures, dans laquelle on étudie la langue hébraïque, l'éloquence et les lettres sacrées, le droit canon, la théologie et les mathématiques transcendantes ; mais presque toujours le cours des études est regardé comme fini au bout de la seconde année, surtout pour les élèves qui doivent entrer dans les carrières ci viles. Cette distribution des études, comparée à celle des classes de l’Université de France, contient, comme on le voit, des différences notables : l'étude des langues anciennes est comprise dans un espace de cinq ou, à la rigueur, de six années, au lieu de sept et même de huit années employées au même objet dans nos Colléges ; secondement, à partir de la philosophie, l'étude élémentaire des sciences est concentrée en deux années pleines, au lieu d'être intercalée dans le cours des lettres anciennes, à partir de la quatrième classe.
» Quant à la force des études, les élèves dans les classes d’humanité peuvent soutenir la comparaison avec ceux de nos Colléges pour le latin; mais il n'en est pas de même pour la langue
grecque. La seule langue moderne qui y soit enseignée est la langue française; car la France, selon la pittoresque expression d’un révérend Père du Collège de Salerne, est la seconde patrie de tout le monde. À la rhétorique est joint un cours d'archéologie et d'architecture grecque ct romaine. Quant aux cours
tablisute de valore
lasses ue inplus de, des our la collé- SiX ans endant droit émalasses l'éloet les cours nnée, es Cilasses diffé- > dans e sept s Colmenu lieu tir de
d'hu- Coltugue à lanssion atrie héo- Jours
(OST RS rene
scientifiques, ils sont, vis-à-vis des nôtres, d'une supériorité incontestable. »
Les motifs de la guerre acharnée que les Universités, de tous les pays ont déclarée à la Compagnie de Jésus se trouvent dans ces aveux, Longtemps avant de soulever un coin du voile, elles savaient, aussi bien que les familles chrétiennes, à quoi s’en tenir sur les maisons d'éducation dirigées par les enfants de Loyola. C'étaient de redoutables rivaux : les Universités se coalisérent pour les étouffer. Elles ne pouvaient plus accuser les maîtres d'incapacité et jeter un brevet d'ignorance aux élèves. Il était démontré que, sur tous les points de l'Europe, les Colléges des Jésuites se plaçaient, sans le chercher, sans le proclamer, à la tête du mouvement intellectuel et scientifique. On laissa donc de côté les vieilles imputations d'obscurantisme ; puis on essaya d'en faire surgir de nouvelles.
Le fractionnement des partis, les inimitiés entretenues par la politique, les utopies des uns, les crimes des autres, les flagrantes violations de la loi mises par tous et chacun à son tour au compte de la nécessité, avaient introduit dans les pays constitutionnels un esprit d'exclusion qui tôt ou tard brisera l’unité de ces Etats. Les partis commencèrent par s'attaquer les arn.s à la main; ils finirent par se calomnier. De tous les camps à la fois, il s'éleva la plus triste des imprécations. Chacun y-accusa so ennemi politique de ne plus aimer le pays où il était né. La Révolution française avait ainsi procédé. M. Thiers, qui s'est constitué l'héritier direct de ses doctrines et l'avocat de ses forfaits, ne pouvait manquer de suivre cet exemple.
Tous les Français qui ne fléchissaient pas le genou devant la probité de ce Fabricius administratif devinrent suspects à ses yeux, il les accusa de ne pas aimer la patrie. Quelques-uns d'entre eux, pour soustraire leurs fils à l'éducation de l'Université, se privaient de leurs caresses ; ils les envoyaient à Fribourg, à Mélan, à Brugelette et à Chambéry étudier sous les Jésuites. M. Thiers saisit ce prétexte pour prouver que les. disciples de l'Institut étaient les Pitt et les Cobourg de la France libérale, Dans l’éducation si large qu'ils donnaient, l’historien--orateur découvrit un complot tramé contre son pays. Le rapport de M. Thiers sur le
projet de loi d'instruction secondaire formula l'accusation en ces termes ; il dit' : « Qu'autrefois à Saint-Acheul ct aujourd'hui dans des établissements semblables l'esprit était et est encore contraire aux lois du royaume; que les maximes morales des maîtres, leurs doctrines sur la puissance spirituelle et tcaporelle, mettent en péril la moralité et les sentiments nationaux de la jeunesse ; qu'il est nécessaire de savoir si les enfants ne viennent pas de ces écoles placées à nos frontières, dans lesquelles on inspire la haine de ros institutions et un très-faible amour pour la France. »
Le 29 janvier 4846, M. Thiers, à la Chambre des Députés, renouvelait ces attaques : « Il y a, proclamait-il, à Brugelette et à Fribourg des établissements mauvais, dangereux pour tout citoyen qui doit vivre sous les lois de la France. Que des Suisses, que des Belges envoient leurs enfants à Brugelette ou à Fribourg, où on enseigne le mépris de nos lois et de notre gouvernement, à eux permis ; mais je dis qu’on n'y fait pas de bons Français. »
M. Thiers se vosait en juge suprême de la moralité des autres ; il déversait un blâme immérité sur la Société de Jésus. Il accusait les enfants qu’elle forme de sentiments antifrançais, et, dès le lendemain, la calomnie était confondue. Ces enfants avaient grandi ; ils occupaient dans l'Etat d’honorables fonctions ; ils se livraient au commerce, à l’agriculture, aux belles-lettres ou à l’industrie. Plus de six cents parmi eux vinrent, dans une protestation rendue publique , donner à M. Thiers un éclatant démenti. Ils disaient : « C’est en abreuvant nos âmes aux sources les plus pures, que nos maîtres nous ont élevés. Histoire, philosophie, langues, littérature, sciences, tout passait par ce divin milieu pour arriver à nous.
» Nous apprenions ainsi :
» Qu'à Dieu et à la Religion établie par lui il appartient d’éclairer la raison, de lui commander parfois et de régler la conscience ;
» Que tous les hommes sont égaux devant Dieu, et doivent l'être, par conséquent, devant la loi, qui en est l'image;
1 Rapport de M. Thiers, Première question, p. 29; deuxième question, p. 35 et 50.
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« Que les pouvoirs publies sont pour les peuples et non les peuples pour les pouvoirs publics ;
» Que toute noblesse, toute dignité, tout emploi, la simple qualité de citoyen obligent à se dévouer par tous les sacrifices, celni même de la fortune et du sang, au bien de la patrie ;
» Que les trahisons et les tyrannies sont des crimes contre Dieu, des attentats contre l société. »
Les élèves des Jésuites ajoutaient, avec autant de courage que de prévoyance :
» Mais, que l'on ne s’y trompe pas, ces calomnies qui semblent nous atteindre seuls frappent bien réellement, dans l'intention de leurs auteurs, toute éducation vraiment catholique.
» Telle est notre conviction ; les dénégations, les clameurs ne l’affaibliront point ; tout homme sérieux et sincère pense comme nous, eten protestant, comme anciens élèves des Jésuites, nous sommes bien réellement les représentants de tout homme formé à l’école de la Foi, les représentants de l'éducation croyante en France.
» Nous avons voulu faire comprendre à cette chère France, que sur son sol tout genou ne fléchit point, que toute bouche ne se tait point encore devant les hardiesses de la rouerie ;
» Que la calomnie lâche et facile ne doit point, à ses yeux, prévaloir contre la vérité.
» Nous avons voulu qu'elle sût que cette éducation calomniée est profondément et uniquement catholique, et qu’en apprenant ainsi à unir la Foi catholique à la Foi patriotique, nous ne pouvons en être que meilleurs aus et plus vrais arais de nos vraies-libertés.
» L'auteur du rapport avait dressé un acte d'accusation, pré paré une liste de suspects, en laissant pour le moment les noms en blanc; nous sommes venus remplir ce vide et nous inscrire nous-mêmes.
» Beaucoup d’autres, que des considérations respectables em pêchent de s'unir à nous dans cette manifestation publique, mais dont nous avons entre les mains les adhésions sincères, partagent toutes nos convictions, et confirmeront notre parole devant tous ceux qui voudront interroger leur conscience.
« Quant à nons, maintenant, nous attendons sans crainte le jugement du pays; lui-même il dira s'il est juste, s'il est sage, s’il est français, de jeter l'insulte à de jeunes hommes nourris de pareilles leçons, et que la chambre, les conseils élus, le sacerdoce, la magistrature, l'armée, le barreau, la presse, toutes les professions libérales, l'agriculture, l'industrie, le commerce, * voient chaque jour offrant leur sang, leurs veilles et leurs travaux pour la gloire et la prospérité de la France. »
Devant cette protestation, M. Thiers se tut, car il avait derrière lui un passé de deux siècles et demi qui, comme la génération nouvelle, pouvait dire si les Jésuites tiennent école de lâcheté, de trahison, de mépris des lois ou des serments. M. Thiers, il faut en convenir, n’est pas le premier qui donna un corps à cette imposture. Avant Ini Carlo Botta, dans son Histoire d'Italie, avait poussé l'incrimination plus loin que l'historien de la Révolution. Selon Botta, dont un prètre, réfugié piémontais, Vincent Gioberti, reproduisit les paroles dans son introduction del Primato morale e civile deql' Italiani, les Jésuites ne sont plus seulement criminels pour étoufler dans l'âme de la jeunesse tout amour de la patrie ; Botta et Gioberti leur reprochent d'absorber au profit de la Compagnie la respectueuse tendresse que les fils doivent à leurs parents.
« L'empire que les Jésuites usurpaient sur la volonté, ainsi s'exprime Botta!, était plein de dangers, parce que leur première pensée, et ils la mettaient à exécution, était d’arracher du cœur des jeunes gens l'amour de la famille. Les Jésuites agissaient ainsi pour que leurs disciples fussent plus dévoués en tout à euxmêmes et à la Compagnie. Les enfants de la vieille Rome s'écriaient : Patrie! patrie! et, préparés à ce dévouement, ils faisaient passer la patrie avant leur famille. Les élèves des Jésuites disent au contraire : Les Jésuites! les Jésuites! et au hesoin, ils préférent leurs maîtres à leurs pères. Parmi ces générations, les unes tendaient à l’honneur et à la liberté, les autres allaient à l'abjection et à la servitude. » |
Botta et Gioberti, son enthousiaste commentateur? , peuvent
1 Storia d'Italia continuala da quella del Guicciardini, xcvir. 2 Le Primato morale e civile avait été dédié ex 4848, par Vincent Gioberti, à
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bien, à l’aide de quelques phrases déclamatoires, jeter la pierre à l'Ordre de Jésus; mais, en lisant ce passage, chacun s'avouera, comme nous, qu'ils n'ont oublié qu'une chose : c'est d'expliquer comment il se fait que des pères de famille, élevés par les Jésuites dans ces principes néfastes, aient consenti à se priver de l'amour de leurs enfants, Une pareille éducation pourrait à toute force sg supposer. Elle abusera peut-être une génération ; est-il possible qu'elle s'étende à la seconde? Faudra-t-il admettre que, depuis trois cents ans, les pères de famille se soient laissé vc'ontairement dépouiller de l'affection de leurs fils; et que, pour plaire à des Jésuites, corrupteurs de tous les sentiments les plus naturels, ces parents se soient prêtés à cette désolante combinaisor: ? Car, il n’y a point à tergiverser, le plan des Jésuites est toujours le même. Ils l'ont appliqué dés l’origine de l'Institut, et, après avoir appris à leurs premiers élèves à détester les auteurs de leurs jours, il faut que ces élèves, devenus pères, aient trempé dans le complo:. révélé par Botta et par Gioberti. Celui de M. Thiers n’est qu'un
Silvio Pellico, Le prôtre réfugié à Bruxelles voulait placer sous le patronage d’un beau génie et d’une haute probité un ouvrage contre la Société de Jésus, Silvio Pellico répudia cette dédicace, en publiant le 46 juillet 4845 la déclaration suivante :
« Ami de Vincent Gioberti, écrivait l’auteur de Mie Prigioni, à la date de Turin, 28 juin 1845, et profondément attaché à François Pellico, Jésuite, mou frère, j'ai lu dans l'avertissement de son Primato morale e civile degl'Italiani une manifestation violente de colère contre les Jésuites. Si je me taisais, non-seulement je manquerais à l'amitié qui m’unit à mon frère, mais je laisserais supposer que j'adhère aux préventions de Gioberti sur la Compagnie à laquelle mon frère appartient, Je ne suis pas éloquent, et j'ai peu de foi dans l'effet des apologies ; je me borne à déclarer ce qui suit :
» Je ne partage pas les opinions de Gioberti sur les Jésuites. ?1 # cru les peindre avec vérité, il n’en a fait qu’un odieux tableau. Pour le tempé:+x, il dit, il répète qu'il y a des exceptions honorables à faire; mais tel est le blàme qu’il répand sur la Compagnie entière, que même les individus, à excepter, auraient, à son avis, le tort de s'être dévoués à servir une Société devenue me!fiisante,
» Sur ce point, je déclare qu'ayant une connaissance intime de mon frère et de quantité de ses collègues, je sais que ce ue sont point de faibles esprits, entrainés daus l'illusion, mais des hommes forts de discernement et de vertu.
» Comme j'estime les Jésuites, les autres Religieux et en général le Sacerdoce, quelques-uns ont porté contre moi une accusation qui est bien vulgaire aujourd’hui, en disant que je suis ce qu’ils appellent un affilié du Jésuitisme, un instrunent de celte prétendue secte artificieuse, Je suis seulement un homme d’étude ct de réflexion, qui a lu et examiné, qui n’a pas la faiblesse de se rendre le serviteur des opinions véhémentes, qui sourit des letires anonymes et d’autres bassesses semblables par lesquelles quelques-uns ont eu la simplicité de vouloir m’apprendre à penser. Je pense et je me conduis sclon ma conscience; je ne m’asservis à d’autre lieu qu’à celui de ne vouloir haïr personne et d’être Catholique, Apostolique et Romain. » SILVIO PELL1CO. »
mensonge parlementaire, celui de Botta est un crime impossible. En présence de ces hostilités de parti pris qui ne craignent pas d’aller jusqu’à l'absurde, les disciples de saint Isaace ne pouvaient faire qu’une réponse. On leur imputait d'avoir créé un système d'éducation antinationale ; ils montraient leurs élèves servant la patrie dans toutes les conditions." On prétendait qu'ils dépouillaient le cœur des enfants de tout sentiment de reconnaissance filiale. Les Jésuites demandaient que, dans cette hypothèse, on expliquât d’une manière raisonnable cette succession non-interrompue de générations qui, depuis trois cents ans, remplit leurs colléges, où le père de famille vient avec bonheur marquer à ses fils la place qu’il occupa lui-même pendant son adolescence. On f:isaitles Religieux de l’Institut ennemis du mouveraent intellectuel et du progrès des lumières ; ils acceptaient les innovations utiles | ils popularisaient l'amour des arts, ils appelaient la jeunesse à l'étude des sciences exactes, ils perfectionnaient les théories modernes de l’enseignement ; quelques-uns même d’entre eux se signalaient par de savantes découvertes et par. d’incontestables succès. Ils produisaient tous ces arguments; la haine passait outre en souriant de pitié, et elle calomniait encore. Reconstituée à une époque de transition, la Compagnie de Jésus n'avait pas seulement à s’occuper de former des savants et des littérateurs. Pour elle, ce dernier but n’était qu’un brillant accessoire. L'Eglise et le monde chrétien attendaient autre chose de son rétablissement. L'Eglise souhaitait de profonds théologiens, des orateurs éminents, de zélés missionnaires ; le monde réclamait d’habiles instituteurs de la jeunesse, des guides spirituels pour l’âge mûr. Cette agrégation de devoirs et de sacrifices ne pouvait manquer de fournir, comme par le passé, des intelligences à toutes les études humaines. Les soins si multipliés d’un triple aposwlat, et le travail d'intérieur auquel la Société dut se livrer, pour rendre homogènes ces diverses parties se réunissant de chaque point du globe, afin de former un tout, ne permirent pas à la preraière génération de Jésuites de créer de grandes œuvres. Îl fallait prêcher et professer. Ces enfants de saint Ignace, ainsi que les vieux Pères de le Foi, leurs émules, furent donc plutôt des hommes du ministère sacré que des écrivains ou des
savants. Dans le monde, dans leurs colléges , ils cherchérent à faire revivre la piété et les bonnes études. Leurs travaux de cette époque sont utiles, mais peu éclatants. Ils commentent les exercices de saint Ignace, ils ‘apprennent à méditer, ils annotent les livres classiques, ils donnent des préceptes de rhétorique et de littérature , ils dirigent les jeunes professeurs. Mais la situation précaire qu'ils s'étaient faite en France, où la loi ne les reconnaissait ni ne Jes proscrivait, dut avoir, surtout dans les premiers moments , de fatales conséquences. Cet état peu normal privait les Pères du stimulant nécessaire pour écrire; il leur fit douter de leur liberté et de leur existence : ils furent donc mis dans l'impossibilité de se produire.
Peu à peu cependant ils s'habituërent à une position aussi étrange , et comme les autres disciples de l'Institut, plus favorisés qu'eux , ils entrèrent à pleines voiles dans le mouvement social. Les fatigues du ministère ecclésiastique, l’éducation des Novices, celle de la jeunesse, les Missions en Europe et au-delà des mers, les contre-coups révolutionnaires devaient absorber leur vie. Ils trouvèrent néanmoins au fond de toutes les Provinces de l'Ordre des moments à consacrer aux travaux qui établirent la gloire littéraire de l’ancienne Compagnie. Les uns se livrèrent à l'étude des saintes Ecritures et de la théologie; les autres se firent ascètes ou philosophes. Il se forma parmi eux des orateurs et des historiens, des astronomes et des archéologues, des poïiémiates et des littérateurs. C’est ce tableau de quelques années seulement qu'il importe de dérouler pour apprécier sainement les efforts et les succès des enfants de saint Ignace. Nous les avons vus aux prises avec le monde, il faut maintenant les suivre dans la cellule, où la culture de l'ebprit devient un délassement des labeurs de l’apostolat.
A la tête des nouvelles générations d'écrivains apparaît Perrone. Ses œuvres théologiques, adaptées aux nécessités du siècle, ont déjà obtenu l'honneur de quinze éditions. Avec le Père Jean Martin, qui, dans son traité De Matrimonio, aborde les questions les plus ardues, les Pères Rozaven, Passaglia, Gury, Xavier Weninger publient divers ouvrages de dogme, de polémique ou de morale. Pendant ce temps Patrizi compose ses Cours élémen-
taires d'Ecriture-Sainte; Roothaan commente les exercices de saint Ignace, et adresse aux Pères de la Société des lettres, monuments de sagesse et de piété. Louis de Bussy jette dans son Mois de Murie ct dans ses f'isiles .au. Saint-Sacrement l'onction de son âme; Pouget, Boone, Arthur Martin, Xavier Gautrelet offrent aux fidèles de pieux opuscules. Louis Lambillotte popularise la musique sacrée, tandis que son frère Joseph écrit sur son lit de mort le Consolateur des âmes affligées, testament d’un Jésuite, dont chaque parole est destinée à adoucir aux hommes le passage du temps à l'éternité.
Les Pères de la Compagnie étaient théologiens et ascètes. Ils recommençaient au milieu des saintes agitations de leur vie les travaux d’un autre âge; ils voulurent que l'Institut reprit encore son rang parmi les maîtres de la Chaire. Nicolas de Mac Carthy et Ravignan pour la France; Finetti, Minini, Sagrini, Ferrara, Hercule Grossi et Marc Rossi pour l'Italie; de Carassa et Montemayor pour l'Espagne, entrent avec éclat dans cette voie que tant de jeunes Jésuites parcourent déjà avec succès. Mac Carthy, c’est le prédicateur d'une époque de transition. Tout a changé autour de lui, les lois, les mœurs, les trônes; lui seul est resté immobile dans sa foi et dans les magnificences de son langage. Ce Bourdaloue improvisateur, dont la tête est pleine d'idées, dont l’âme déborde d'éloquence et de charité, s’est abreuvé aux sources les plus pures de l’art de bien dire et surtout de bien faire. Il fut l'apôtre de la France sous le règne des Bourbons, ainsi que Xavier de Ravignan l’est devenu au milieu de la tourmente révolutionnaire. |
Ravignan ne procède pas par les mêmes moyens que Mac Carthy. A cette foule d'hommes éminents ou lettrés, à cette jeunesse que la politique a rendue libre, mais dont le cœur aspire à reprendre la chaîne des vieilles croyances religieuses, il faut donner toutes les jouissances de l'esprit avec toutes les satisfactions du cœur. Ravignan remplit dans une mesure parfaite les conditions imposées à sua talent.
Comme lui, plusieurs Pères de la Société ont action sur les masses par l'éloquence ; on en voit d’autres qui, sur les pas de Rozaven, de Taparelli, de Vico, de Dmowski, de Franz Rothenflue,
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de Chastel, de Liberatore, de Buczinski et de Romano, cherchent à donner à la philosophie une direction plus sage. Rozaven, l'implaçable logicien , traite de la certitude ; Taparelli, du droit naturel ; Romano, de l'homme intérieur ; Rothenflue initie les jeunes gens aux études philosophiques. Prat compose son Æistoire de l'éclectisme alexandrih, sa Vie de saint Irénée et son Essai sur la destruction des Ordres religieux en France pendant le dix-huilième siècle, vaste chanip où d’autres viendront glaner après la moisson ; Sewal, Joseph Reeve, Manera, Peters, Gandolphy, Boëro, se livrent à d’autres travaux historiques ou oratoires; Vander Moere et Van Hecke reprennent en Belgique l'œuvre interrompue des Bollandistes; tandis que Caraffa se livre aux mathématiques transcendantes , della Rovére à la physique ; et que Pianciani devient l’un des chimistes les plus distingués de l'Italie. Le Père de Vico, renfermé dans son observatoire du Collëge Romain avec Sestini et de Solis, ses collaborateurs, étudie le cours des astres, et indique la marche qu'ils doivent suivre. Vico de même que Secchi, son frère dans l’Institut, correspond avec les académies de l'Europe, et publie de nombreuses et im— portantes découvertes ‘. Secchi, dès ses premiers pas dans l’ar-
1 Voici ce qu’en peu d’années les études du Père de Vico ont produit :
Le 23 novembre 1839, découverte de Ja comète de Riela, à son retour. au périélie, faite la même nuit qu’Herschel la vit le premier en Apgleterre (Voir Astr. Nachr., n° 936, p. 347, 849).
Le 8 ‘août 4835, découverte de la comète d’Halley, qui n’a été vue ailleurs que quinze jours après (V. Astr. Nachr., n° 293, p. 74, etc.).
En 41838, diverses découvertes sur l’astimosphère de Saturne (Comptes-rendus de l’Académie des sciences, t, xv, 40 octobre 4842, p. 748).
Eu 1838-1839, découverte des deux satellites les plus voisins de Saturne, qui n'avaient été vus que par Herschel. Cette découverte s’est opérée au moyen d’une nouvelle méthode qui les rend visibles avec des lunettes plus petites que le grand réflecteur d’Herschel. La nouvelle méthode du Jésuite, que M. Arago appelle précieuse dans son rapport à l’Académie, donna occasion au mème M. Arago d’en faire une autre sur la dispersion des rayons lumineux dans l'œil humain (Comptesrendus du 40 octobre 4849, p. 747, 750, 751).
En 1838-1839, détermination du temps périodique de révolution des deux satelliles de Saturne (Comptes-rendus, ib., et fragments sur les corps célestes, Paris 4840).
me 1839-40-41, détermination de la rotation de Vénus sur son axe, exécutée avec un genre d'observations que M. Arago a qualifié de nouvelle méthode et d’heureuse idéc. Le résultat que les astronomes tentaient en vain depuis longtemps d’obtenir avec sûreté a été obtenu par celle méthode avec une longue série d’obrervations : de sorte que, selün M, Arago, il n’est plus permis de doutcr de la vérité de ces importants résullats (Comptes-rendus, 22 juin 4840, p. 952).
En 1840-41-42, premitre détermination approximative de la position de l'axe de rotation de Vénus dans l'espace,
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chéologie, s'élève au plus haut rang des philologues et des antiquaires. Les recherches d'Ennius-Quirinus Visconti sur les mu< sées Pio-Clementino et Chiaramonti, sont célèbres. Grégoire XVI, en désignant le Pêre Secchi pour la publication du Musée étrusque, semble par ce caoix seul metire hors de ligne le Jésuite. Dans sa critique, la force est toujours unie à la modération, et plus d'une fois cette impartialité a procuré à l'écrivain la gloire si rare de voir ceux dont il avait jugé les ouvrages reconnaître eux-mêmes la justice de ses censures. Après Bosio, Daringho, Bottari et Boldetti, on croyait qu'il n'était plus possible de recueillir quelques faits importants sur les antiquités de Rome. La Roma sotterranea , du Père Marchi, démontra le contraire. Arihur Martin et Charles Cahier dans leurs Mélanges archéologiques, et dans la Monographie des vitraux de la Cathédrale de Bourges, nous initient aux secrets des vieilles époques. En expliquant les peintures du moyen âge, Cahier, au dire des savants, fonde une nouvelle science ; il répand de vives lumières dans la patrologie et la patristique, l’histoire des œuvres et de la doctrine des Saints Pères. Artigas étudie les langues orientales; il déchiffre les inscriptions arabes dont l'Espagne est couverte. Suivant les pas de James Adams qui, après la suppression de l'Institut, consagra ses loisirs à la littérature, Charles Plowden publie ses lettres de Clericus à Laicus. Il est polémiste comme Kohlman, Arrilaga, François Pellico, Curci, Deschamps et Cahour. Les occupations si multipliées des enfants de saint Ignace semblent s'opposer à cette multitude de travaux intellectuels. Bresciani, dont la pensée est si ingénieuse et le stylesi plein d'élégance, réunit dans ses Prose scelle le précepte à l'exemple. D'autres, comme le Père Wiere, créent des musées et des cabinets d'histoire naturelle ; ils franchissent les plus hautes montagnes pour se livrer à des observations hypsométriques , ou, comme les Pères Bosch, Garcia, Carminati, Markijanowicz, Sauri,
En 1841-42-43 +44, découverte d’un grand nombre d'étoiles nouvelles.
Le 93 août 1844, découverte d’une nouvelle comète appelée la Comète périodique du Collége-Romuin (Comptes-rendus, t. x1X, ne 40, p. 484).
Le 25 février 1845, découverte d’une autre nouvelle comète de période inconnue (Comptes-rendus, 4845, mars).
Le 9 juillet 4515, découverte de la comète d’Encke à son retour au périélie dans cette année (Comptes-rendus, t. xx1, n° 5, p. 323).
Gury, Freudenfeld, Loriquet, Gil, Latini, ils sont érudits, philologues, poëtes, biographes ou maîtres dans l'art d'élever la jeunesse. « Les Jésuites, et c'est M. Libri lui-même qui le confesse 1, les Jésuites ont des professeurs pris dans toutes les sommités de la science, et l'on rencontre parmi ces Pères des hommes fort instruits. Ce sont en général des hommes de bonne compagnie. »
En présence de tous ces ouvrages, qui, pour les enfants de Loyola, ne doivent être qu'nn soin secondaire, on s'étonne déjà de la grandeur des œuvres :atreprises et réalisées, Il n’y a que peu d'années que l’Institut a recouvré l'existence : il a été agité au dedans et au dehors ; il s’est vu le point de mire de toutes les
attaques, et néanmoins il a marché dans sa force vers de nou-
velles destinées. On condamnait à l'impuissance la Compagnie de Jésus; on l’environnait de haines ei de défiances; on s’efforçait de l’étouffer en la montrant aux nations comme l’ennemie de leurs droits, de leurs lumières et de leur bonheur. Pendant ce temps, son sein se dilatait pour recevoir les hommes de tout rang qu'une sainte vocation appelait aux luttes de l'esprit, aux combats pour la Foi.
La Société de Jésus, honorée par les Pontifes, estimée par les peuples, et devenue la conseillère des rois, avait vu jadis les héritiers des plus nobles familles de l’Europe se vouer à son service. Cette passion de l'humilité pouvait alors s'expliquer. Le monde disait qu'un grand de la terre se faisait Jésuite pour dominer par la prière, tandis que ses parents gouvernaient les provinces, commandaient les armées ou rendaient la justice au nom du souverain. Maintenant cette hypothèse elle-même n’est plus qu'une impossibilité. De ses richesses, de sa puissance d'autrefois, la: Société de Jésus n’a gardé que son zèle toujours actif, que ses vertus et ses talents Jans ies conditions que la loi lui trace, elle n’est pas moins féconde que par le passé. Elle n'a plus d'influence à exercer sur les choses de la terre; elle se renferme dans son action sacerdotale, et pourtant elle évoque envore de grands noms; elle fait naître de ces sacrifices dont les hommes ne veulent pas comprendre l’héroïsme.
1 Revue des Deux- Mondes, deuxième leitre de M, Libri, 4843.
Des rois renoncent à leur couronne et des Princes de l'Eglise à la pourpre romaine pour vivre et mourir Jésuites. Charles Emmanuel de Fiémont et Odescalchi ont offert ce rare exemple. Des jeunes gens à qui le monde, la fortune et les dignités sou: riaient arrivent à leur tour, et Nicolas de Mac Carthy, Christian de Chateaubriand, Xavier Patrizi, Auguste Altieri, les deux Clifford, Dunin et de Haro se dépouillent de leurs richesses ou de leurs espérances, afin de se consacrer à l'institut de Loyola. Les deux Weld, Robert O’Ferral, Polidori, Szczytt, de Theux, Louis de Boisgelin, Pio de Biacas, Camille Palavicini ; della Rovêre, Taparelli d’Azeglio, de Stockalper, Amédée de Damas, Georges de Zeil, Albérie de Foresta, Sinéo della Torre, Sagra- . moso, Speucer, Grimaldi, Xavier de Ravignan, O'Brien, Philippe de Villeiort, de Gottrau, de Forrell, de Gagarin, Preston, Antici, de Werra, d: Canossa, de Bouchaud, Solis, Montemayor, Maxence d'Aëtros, Araable Du Bourg et Roberti et plusieurs autres se rangent avec orgueil sous l’étendard de saint Ignace.
Ils sollicitent la gloire des opprobres et l’honneur des humiliations. Ils accourent, plus modestes que le dernier des Frères- Coadjuteurs, se livrer, en enfants d'obéissance, à tous les devoirs de l’apostolat, de l'enseignement et de la charité. Contre tant d'adversaires que la Société de Jésus voit surgir autour d'elle, les disciples de l'Institut n'ont pour armes que la prière et la patience de la croix. Îls ne provoquent point les tempêtes; mais ils savent les subir sans effroi, sans orgueil, sans découragement. La persécution devient, comme le martyre, l'héritage qui leur est réservé dans les conseils de la Providence; car, du jour de leur fondation à celui où se termine cette Histoire, à qui mieux qu'aux Pères de la Compagnie de Jésus peuvent s’appliquer les paroles que le Christ adresse à ses Apôtres ! ? « Vous ne m'avez pas choisi; mais moi je vous ai choisis et je vous ai désignés pour que vous marchiez et que vous produisiez des fruits et que ces fruits subsistent. Si le monde vous haïit, sachez qu'il m'a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Souvenez-vous de ma parole lorsque je vous
1 Evangile de saint Jean, ch. xY.
ai dit : le serviteur n'est pas plus grand que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront. S'ils ont conservé ma parole, ils conserveront aussi la vôtre. Mais ils vous feront supporter tous ces outrages, à cause de mon nom et parce qu’ils ignorent celui qui m'a envoyé. » :