‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 62 · acte offt= nt pour la contribué e l’entree en Eului-même · texte numérisé non relu

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Tandis que les Jésuites servaient de mot de ralliement aux hérétiques s’efforçant de tuer la Foi, l'Institut de Loyola, rétabli par le Souverain Pontife Pie VIT, se livrait à Rome à un grand travail intérieur *. Le Gesù et le Noviciat de Saint-André leur étaient rendus , ils y revenaient pleins de joie ct d'espérance. Les Papes avaient voulu que la maison-mère fût conservée dans l'état où elle se trouvait au jour de l'arrestation du Père Ricci. La bibliothèque seule avait été vendue à l’encan par ordre des commissaires de Clément XIV. L'église du Gesû était dépouillée de la statue en argent de saint Ignace et de plusieurs objets précieux qui ornaient le temple *; mais, à part ce tribut payé à la

‘ Le cardinal Pacca, l'ami et le conseil du Pape Pie VII, fut un des princes du Sacré-Collége qui, dit-on, exercèrent le plus d'influence auprès du Pontife pour le déterminer à proclamer la résurrection de la Société de Jésus, résurrection à laquelle le cardinal Consalvi semblait s'opposer par des motifs politiques, Dans le manuscrit inédit où Pacca raconte les événements de son second ministère, nous {rouvons un passage qui laisse toute la gloire de l'initiative à Pic VII. Pacca s'exprime ainsi : « Une des premières opérations que le Pape désira faire fut celle, si glorieuse pour lui, du rétablissement de la Compagnie de Jésus. Dans les entreliens que javais chaque jour avec lui, durant notre exil de Fontainebleau, nous avions souvent parlé des graves préjudices causés à l'Eglise et à la société civile par la suppression de cet Ordre, aussi justement célèbre dans l'éducation de la jeuncsse que dans les Missions apostoliques. J'avais donc lieu d'espérer que le Pape ne serait pas éloigné de songer un jour à ressusciter les Jésuites à Rome, ainsi que dans toutes les contrées qui, à l'exemple de l’empereur Paul de Russie et de Ferdinand 1V, roi de Naples, les avaient réclamés pour leurs peuples. Arrivé à Rome le 24 mai 1844, les entretiens de Fontainebleau se préser'tèrent loutà-coup à mon esprit; mais, suivant les vues de la politique humaine, cette opération me paraissait encore peu mère, et, à cause des circonstances, je la regardais peutètre comme imprudente et très-difficile. Nous étions à peine échappés aux tempêtes soulevées par la secte philosophique qui rugissait au seul nom de Jésuites, et nous ignorivns ce que diraient les cours étrangères du rappel d’un Institut dont, peu d’années auparavant, toùs les souverains catholiques avaient exigé l'entière suppression,

» Malgré ces motifs, vers la fin de juin, environ un mois après notre retour à Rome, je voulus faire une tentative sur l'esprit du Pape, et je lui dis un jour à l'audience : « Très-Saint Père, il faudra reprendre de nouveau notre conversation sur l'Ordre de Jésus, » et, sans que j'ajoutasse autre chose, le Pape répliqua : — Nous pouvons rétablir la Compagnic à la prochaine fête de saint Ignace. » Cette hr di spontanée et inattendue de Pie VII me surprit et me remplit de consola-

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? Ce fut le traité de Tolentino qui força Pie VI à ces déplorables spoliations. Bonaparte l'obligeait de payer à la France vingt-cinq millions. Rome était obéréc, et au lieu de faire peser sur le peuple cet impôt d’une injuste conquête, le Pape aima mieux priver les églises de leurs richesses artistiques,

Révolution française, la maison n'avait subi aucun changement. Devenue communauté de prêtres dont le savant Marchetti était le chef, elle fut presque entièrement composée d'anciens Jésuites. Ils y vivaient, ils y mouraient, ils y étaient ensevelis. On avait vu parini ces vieillards les Pères Alberghini, Hervas , bibliothécaire du Pape, François de Sylva , Lascaris, Ximenez et Velasco y terminer une carrière que les travaux scientifiques illustrérent beaucoup moins que les vertus sacerdotales. Tout était maintenu par eux dans la même régularité ; ils n'avaient interrompu ni une cérémonie ni une instruction dans l’église. Muzzarelli y avait même fondé les exercices du Mois de Marie, que plus tard tous les diocèses de la Chrétienté adoptèrent.

Dans sa sollicitude pour l'accomplissement de ses vœux, Pie VII ne se déguisait point que l'éloignement du Général entraînait des retards inévitables, et que son séjour en Russie ferat naître des difficultés pour l'exécution de la bulle de rétablissement. Au moment même où cette bulle fut publiée, le 7 août 1814, il désigna le Père Louis Panizzoni pour remplacer Brzozowski dans les Etats Pontiticaux, jusqu'à ce que le Général lui-même eût pris d’autres mesures. Le 21 décembre, Jean Perelli fut nommé Provincial de Rome et Vicaire-Général. Proscrits sur tous les points du globe, les Jésuites s'étaient réfugiés autour de la chaire de Saint-Pierre comme dans un asile ouvert à l'infortune. Il n'y eut pas de ville, pas de bourg en Romagne qui nè reçût quelque Père espagnol, portugais ou napolitain. Les Missionnaires du Paraguay, du Chili, du Pérou et du Brésil augmentèrent bientôt le nombre de ces exilés. Au milieu des travaux qu'ils s'imposaient pour le salut des âmes ou pour la gloire littéraire de leur patrie , ils conservèrent vivant le souvenir de l'ancienne Compagaie ; æe Bélisaire collectif de l'Eglise qui, après avoir arraché la Catholieité aux étreintes du Protestantisme, était condamné par un Pape à l’inaction et à la mort. En apprenant que la Société se reconstituait, ils accoururent à Rome. La liberté dont ils avaient joui ne servait qu'à leur faire mieux appécier le bonheur de l'oéissance.

Quelques mois se sont à peine écoulés depuis le 7 août 1814, et déjà les Jésuites occupent les colléges de Terni, de Ferrare,

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d'Orvieto, de Viterbe, de Tivoli, d'Urbin , de Fano , de Ferentino et de Galloro. Par un décret en date du 16 octobre 1815, Ferdinand II, duc de Modène, les introduit dans ses Etats. L'Italie, dont les gücrres de la Révolution et de l'Empire vien nent de bouleverser les lois et de modifier les mœurs, est restée catholique tout en changeant de maîtres. Elle désire consacrer le principe que l'occupation ennemie n’a pu vaincre, elle demande des Jésuites. Afin de répondre à cette unanimité, les jeunes gens des meilleures familles, ceux qui donnent les plus heureuses espérances, se pressent pour entrer au Noviciat de Saint-André. Cette maison est spacieuse ; elle ne peut plus contenir les postulants. En 1816, un second Noviciat se fonde à Reggio de Modène. L'année suivante, un troisième est créé à Gènes. On se précipitait dans les nouvelles Maisons de la Compagnie pour être admis au nombre de ses enfants ; mais cet empressement, que l'on ne put régulariser dans les premières années, produisit des abus auxquels il importait de remédier. La confusion s'établissait à la place de l’ordre. Le bien se faisait au dehors, mais dans l'intérieur il n’en était pas ainsi. L'lastitut ne parvenait point à s'asseoir sur ses vieilles bases ct à retrouver son ancienne discipline, IL se voyait menacé de dissolution au moment même où l'existenee lui était rendue.

Les Noviciats garantissaient une certitude d'avenir, mais ils ne sutisfaisaient aucun besoin du présent. Il fallait y achever le temps des épreuves et des études, discerner la véritable vocation d'un premier enthousiasme et épurer l’alliage qui s'y était glissé. Les vieillards, dont une joie inespérée renouvelait la jeunesse comme celle de l'aigle, succombèrent en peu de temps aux labeurs que le courage ne trouva jamais au-dessus de ses forces. En moins de quatre ans, près de cinquante de ces vétérans moururent, léguant à leurs héritiers, comme tradition de famille, les anciens usages et l'esprit de l'Institut. Quelques-uns , tels qu'Andrès, Iturriaga et Doria, laissaient des titres savants destinés à leur survivre, et le Père Louis Felici un renom de vertus que Rome conserve avec respect. Ces vertus étaient devenues populaires, parce que Felici s'était toujours mis en contact avec le peuple par les associations pieuses qu'il avait eu l’art de

fonder et d'entretenir. En 1819 l'Ordre de Jésus perdait un de ses membres : celui-là avait élé souverain, et il s’appelait dans l'histoire Charles-Emmanuel IV, roi de Sardaigne et de Piémont. .

Au milieu des cruelles épreuves que la fin du dix-huitième siècle accumulait sur la tête des monarques, Charles-Emmanuel, né en 1751, avait été réservé à deux bonheurs bien rares dans l'existence d'un prince. Son éducation fut confiée au cardinal Gerdil ; il eut pour épouse Clotilde de France. Les calamités de l'Italie étaient à leur comble, lorsqu’en 1796 Charles-Emmanuel monta sur le trône. La résistance devenait impossible; le nouveau roi, partant pour l'exil, accourut saluer à la Chartreuse de Florence le vieux Pontife Pie VI, traîné lui-même en captivité. Le 7 mars 1809, il perdit cette Clotilde, dont la sainteté est un des plus beaux fleurons des couronnes de France et de Sardaigne. Le 4 juin de lamême année, il renonça, en faveur de son frère Victor-Emmanuel, à un diadème qu'il n'avait ceint que pour suivre le deuil de la Monarchie. Retiré à Rome, il ne voulut plus entendre parler que des choses du ciel. Le Père Pignatelli et les Religieux les plus illustres des différents Instituts devinrent ses amis ct ses commensaux. Quand la Compagnie de Jésus se vit rappelée à l'existence, il témoigna le désir d2 lui consacrer ses derniers jours. Son vœu fut enfin exaucé, ct, le 41 janvier 4815, il entra au Noviciat de Saint-André, sur le Quirinal. Il revêtit l'habit de la Société. Autant que ses infirmités le permirent, il s’astreignit de point en point à la règle ; il pria, il médita, tandis que les autres Monarques couraient dans les Congrès à la poursuite de leurs royaumes morcelés par la Révolution. Calme et heureux dans sa cellule, il laissait ses derniers jours s'écouler au milieu des Novices, qu'il aimait comme un père, et à l'avenir desquels il s’intéressait avec un cœur de vieillard qui a vu gronder sur sa tête tous les orages. Le nouveau Jésuite ne vécut que quatre ans parmi les Frères qu'il s'était choisis. Il expira le 7 octobre 1819, et, comme il l'avait demandé, on l’ensevelit avec le costume de la Compagnie*.

1 Les Ministres de Victor-Emmanuel, dominés par la sagesse du siècle, n’osèrent pas apprécier celle gloire de l'humilité chrétienne et reconnaitre le Jésuite dans 1e

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Le 6 décembre 1818, Louis Fortis succéda au Père Perelli dans la charge de Vicaire-Général. Ce dernier était accablé par l'âge ; et, dans la position des choses, l’on sentit plus que jamais le besoin de conserver le nerf de la discipline, ainsi que l'unité de gouvernement. Le Père Sinéo fut choisi pour Provincial; mais, le 5 février 1820, la mort de Thaauée Brzozowski mit un terme à une situation exceptionnelle. Il avait désigné pour Vicaire-Général le Père Mariano Pétrucci. Pétrucci s'empresse d’accourir à Rome, il désigne quatre Consulteurs pour suppléer à l'absence des Assistants, et il fixe la Congrégation Générale au 4 septembre. Des difficultés de plus d'un genre s’offraient dans l'application des règles à suivre pour élire un nouveau chef. Pie VII consentit, le 2 juin, à valider, par la plénitude de sa puissance, les formalités que les circonstances ne permettraient pas de remplir. Les Provinces nommèrent leurs députés à la Congrégation ; les uns franchissaient les Alpes, d’autres étaient déjà dans la ville pontificale. Tout se disposait pour l'ouverture de l'assemblée, lorsque, le 4° août, le cardinal Annibal della Genga, Vicaire du Pape, écrit, au nom de Pie VII, que les Jésuites polonais forment une partie notable de la Société, et qu’on ne doit pas tenir sans eux la Congrégation Générale.

Un espace d'un mois et demi leur restait encore; les Pères ne tardèrent pas à deviner que cette note du cardinal della Gença cachait un piége; Mariano Pétrucci, sans consulter les Provinciaux et les électeurs, enjoint à ceux qui sont en route de suspendre leur voyage. Cette démarche étonne et inquiète les Jésuites; ils rient le Vicaire-Général de sonder les intentions du Pape, le Vicaire refuse d'obtempérer à ce vœu. Rozaven alors se décide à presser le départ des Profës que la lettre de Pétrucci doit arrêter ; il leur mande de ne point tenir compte des ordres contraires qu'ils pourraient recevoir. Accompagné des Pères Sinéo et Monzon, il se présente au cardinal della Genga; ce dernier leur donne l'assurance qu’aussitôt l’arrivée des Polonais la Congrégation s'ouvrira.

roi Charles-Emmanuel. Sur le mausolée qu’ils firent élever à la mémoire de ce Prince, ils inscrivirent tous ses titres souverains ; ils oubliérent comme à dessein celui qui lui fut le plus cher, puisqu'il était descendu volontairement du trône pour mourir sous l’habit de Ja Compagnie de Jésus,

Au commencement de septembre, ces Pères touchent à Rome. Rien ne s'oppose plus à la tenue de l'assemblée. Mais, le 6, ic cardinal della Genga mande qu’il faut ajouter de nouveaux Assistants à ceux déjà en exercice, et que, pour régler les difficul'és touchant la Congrégation, des commissaires seront nommés. Les cardinaux della Genga et Galeffi sont à leur tête. Le 14, trois nouvelles lettres de della Genga parviennent coup sur coup : la première confère au Vicaire-Général toutes les prérogatives du chef de l'Ordre, et, selon qu’il l’a désiré, elle lui adjoint d’autres Assistants ; la seconde déclare que, pour remédier aux nullités et aux irrégularités , le Saint-Père souhaite que della Genga et Galefi président à l'élection ; la troisième resta secrète.

Les Jésuites connaissaient l'affection que le Pape portait à la Société; ils savaient qu’il voulait conserver intactes ses Constitutions ; ils ne conçurent donc même pas la pensée de l'accuser ou de le soupçonner ;: mais l'intrigue leur semblait évidente. Dans la manière d'agir, dans les entretiens de Pétrucci, ils trouvaient une preuve palpable de sa participation. Une mesure extrême pouvait seule sauver la Compagnie d’un péril dont les causes étaient encore pour eux un mystère ; la mesure fut adoptée. Les Assistants, les Provinciaux, les députés, au nombre de dix-neuf, adressent une supplique à Pie VII. Deux Pères la remettent au cardinal Consalvi, secrétaire d'Etat. Consalvi était plutôt un grand diplomate, un homme du monde, qu’un ecclésiastique. Il aimait peu les Jésuites, qu’il regardait comme un nouvel embarras politique, au milieu des complications de l'Europe. Mais il savait être juste; il dédaignait de seconder de sa toute-puissante autorité un complot qui allait faire rejaillir sur la tiare le contre-coup d’une trame obscure. Il affirma aux deux Pères qu'il appuierait leur supplique, et qu’à partir de ce moment ils pouvaient regarder l'intrigue comme vaincue.

Uutte intrigue, dont le Vicaire-Général était l'agent, sans en mesurer la gravité, avait pour but de modifier les Constitutions dans plusieurs de leurs points essentiels, et d'amener le Souverain-Pontife, par lassitude ou par dégoût, à laisser crouler le monument que ses mains avaient réédifié. La discorde éclatant au sein de Ja Compagnie, au moment même où il s'agissait de

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procéder à l’élection d'un Général, devait forcer Pie VIT au repentir, ou tout au moins l'empêcher de soutenir un Ordre qui ne savait pas rester uni, pour tâcher de se montrer fort. Le calcul était habile; ceux qui l'avaient fait espéraient que tout marcherait selon leurs vues. Della Genga, dont la religion avait été surprise, se rangeait de leur côté ; ils n'ignoraient pas que Consalvi, absorbé par les soins du gouvernement extérieur, ne prendrait pas longtemps la défense de la Compagnie de Jésus, et que les cardinaux Mattéi, Pacca et Galeffi ne pourraient jamais faire prévaloir leur amitié pour l’Institut contre un plan si bien combiné. Il fallait que l'élection du Général devint une impossibilité morale, afin que le Saint-Siége se décidât à dénaturer son œuvre. On travailla à la réussite de ce projet.

Consalvi avait promis que la Congrégation se 1éunirait immédiatement ; le 3 octobre un rescrit pontifical en ce sens est adressé à la Société. Le Vicaire-Général cherche encore à surseoir ; il se croit appuyé par le cardinal della‘ Genga ; della Genga est excité par les meneurs que la Compagnie renferme dans son sein; ils prétendent l'anéantir ou s'en rendre maîtres. Consalvi n'a pas eu de peine à pénétrer leur intention ; Pie VIL ordonne que le jour de l'ouverture de l'assemblée sera déterminé à la majorité des voix. Cette majorité ne se fait pas at sndre, elle décide que le lendemain la Congrégation se réunira. Pétrucci la préside ; mais à peine a-t-il ouvert la session que, pour se débarrasser d’un électeur aussi clairvoyant que Rozaven, il affirme que les députés de France et d'Angleterre ne sont pas investis de pouvoirs réguliers : il leur enjoint de sortir de la salle. Ces Profès obéissent sur-le-champ. Les difficultés sculevées par le Vicaire sont examinées par les autres et résolnes à la pluralité des voix. Les députés expulsés rentrent pour exercer leur droit, et la Congrégation se déclare, à l'unanimité des suffrages, légitimement convoquée et réunie.

Cette fermeté déconcertait les trames hostiles ; le Père Piétroboni est l’un des fauteurs du complot, il refuse d'intervenir à l'élection ; il arrache à Pétrucci une protestation contre la légitimité de l'assemblée; il force même ce dernier à insinuer qu'il

aura recours à un tribunal extérieur. Le péril était imminent ; vi. 4

par un décret solennel, la Congrégation frappe de déchéance le Vicaire-Général ; le lendemain 11 octobre, Piétroboni est exclu. Le cardinal della Genga était son protecteur; il épouse sa querelle, il veut faire partager au Souverain-Pontife son irritation contre les Jésuites. Pie VII refuse d'associer le Saint-Siége à des intrigues dont Consalvi lui a découvert le jeu; il passe outre, et le 18, la vingtième Congrégation est en permanence. On remarquait parmi les Pères, Fortis, Rozaven, Billy, Charles Plowden, André Gallan, Sinéo, Szvietokowski, Montesisto, Vulliet, De'fa, Raymond Brzozowski, Korsack, Landès, Grivel, Grassi et Ganu:x, Le même jour Louis Fortis se vit nommer Général de la Société au deuxième scrutin.

Le Père Vincent Zauli, théologien de la Sacrée-Pénitencerie , Jean Rozaven, Augustin Monzon, et Raymond Brzozowski furent élus Assistants, Monzon, Admoniteur du Général, et Joseph Koricki, Secrétaire de la Compagnie.

Quand le pouvoir fut régulièrement établi, on constitua un tribunal pour juger les Profès qui avaient ambitionné le pouvoir ou essayé de porter le désordre au sein de l'Institut. Le 27 octobre, ce tribunal condamna Ftrucci et Piétroboni. Ils se soumirent à la sentence, ils reconnurent leur fcute, et les Jésuites se contentèrent d’un repentir tardif. Mais les deux chefs apparents du complot n'étaient pas les plus coupables. Il y avait au sein de la Compagnie des jeunes gens dont l'expérience n'avait pas müûri la fougue de caractère, des esprits inquiets aspirant à tout réformer ou à tout briser, et qui, récemment entrés dans l’Institut, voulaient l'appliquer à leurs fins particulières. La Congrégation les jugea dangereux, soit comme réformateurs sans intelligence, soit comme Religieux faisant servir leur état à une ambition coupable. Elle les expulsa.

Ces mesures étaient nécessaires pour assurer le repos de i Ordre de Jésus. Quand elles furent prises, la Congrégation s "occupa de rendre les décrets dont elle sentait l'urgence. Par le sixième elle conirme, en tant que besoin est, les anciennes Constitutions, régles et formules de l'Institut. Par un autre elle fortifie, elle explique de nouveau le vœu de pauvreté, afin de prévenir les abus que peut entraîner la réunion de tant de Pères qui, pen-

dant si longtemps, jouirent de la liberté et disposérent de leur fortune. Les idées sur l'éducation avaient subi, dans le monde, de notables changements. On résolut d'adapter le Ratio studiorum aux besoins de la société moderne. Saint Ignace avait prévu ces besoins, il avait laissé à ses disciples la faculté d'y pourvoir. Une commission composée des Jésuites les plus versés dans l'enseignement fut formée. Le résultat de leurs investigations et de leur examen dut être soumis au Général, qui, aidé de ses Assistants, se vit chargé de coordonner les améliorations proposées.

Une certaine uniformité, au moins dans chaque Province, paraissait indispensable à établir sur-le-champ. L'éducation était partout livrée à des novateurs dont les doctrines hasardées pouvaient produire de tristes conséquences. Les Jésuites s'avouaient que même parmi eux il y aurait des combats intérieurs à livrer sur ce point fondamental. Il fut décidé que l’on tracerait et soumettrait au Général des règles provisoires qui obligeraient tous les maitres. Ainsi se termina la première Congrégation de l’Institut renaissant.

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