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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 573 de M. Thiers n’est qu’un mensonge parlementaire, celui de Botta est un crime impossible,
En présence de ces hostilités de parti pris qui ne craignent pas d'aller jusqu’à l'absurde, les disciples de saint Ignace ne pouvaient faire qu'une réponse. On leur imputait d’avoir créé un système d’éducation antinationale; ils montraient leurs élèves servant la patrie dans toutes les conditions. On prétendait qu’ils dépouillaient le cœur des enfants de tout sentiment de reconnaissance filiale. Les Jésuites demandaient que, dans cette hypothèse, on expliquât d’une manière raisonnable cette succession non-interrompue de générations qui, depuis trois cents ans, remplit leurs colléges, où le père de famille vient avec bonheur marquer à ses fils la place qu’il occupa lui-même pendant son adolescence. On faisait les Religieux de l’Institut ennemis du mouvement intellectuel et du progrès des lumières; ils acceptaient les innovations utiles, ils. popularisaient l’amour des arts, ils appelaient da jeunesse à l'étude des sciences exactes, ils perfectionnaient les théories modernes de l’enseignement; quelques-uns même d’entre eux se signalaient par de savantes découvertes et par d’incontestables succès. Ils produisaient tous ces arguments; la haine passait outre en souriant de pitié, et elle calomniait encore.
Reconstituée à une époque de transition, la Compagnie de Jésus n’avait pas seulement à s’occuper de former des savants et des littérateurs. Pour elle, ce dernier but n’était qu’un brillant accessoire. L'Église et le monde chrétien attendaient autre chose de son rétablissement. L'Église souhaitait de profonds théologiens, des orateurs éminents, de zélés missionnaires; le monde réclamait d’habiles instituteurs de la jeunesse, des guides spirituels
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574 HISTOIRE pour l'âge mûr. Cette agrégation de devoirs et de sacrifices ne pouvait manquer de fournir, comme par le passé, des intelligences à toutes les études humaines. Les soins si multipliés d’un triple apostolat, et le travail d'intérieur auquel la Société dut se livrer pour rendre homogènes ces diverses parties se réunissant de chaque point du globe, afin de former un tout, ne permirent pas à la première génération de Jésuites de créer de grandes œuvres. Il fallait précher et professer. Ces enfants de saint Ignace, ainsi que les vieux Pères de la Foi, leurs émules, furent donc plutôt des hommes du ministère sacré que des écrivains ou des savants. Dans le monde, dans leurs colléges, ils cherchèrent à faire revivre la piété et les bonnes études. Leurs travaux de cette époque sont utiles, mais peu éclatants. Ils commentent les exercices de saint Ignace, ils apprennent à méditer, ils annotent les livres classiques, ils donnent des préceptes de rhétorique et de littérature, ils dirigent les jeupes professeurs. Sous l'impulsion du Père Barruel, athlète vieilli dans la polémique, ils combattent pour la défense de la Religion et de l’Église. De Brosse, Loriquet, Varin, Louis de Bussy et Chaignon offrent aux Fidèles des opuscules pleins d’onction. Mais la s: tuation précaire qu'ils s'étaient faite en France, où la loi ne les reconnaissait ni ne les proscrivait, dut avoir, surtout dans les premiers moments, de fatales conséquences. Cet état peu normal privait les Pères du stimulant nécessaire pour écrire; il leur fit douter de leur liberté et de leur existence : ils furent donc mis dans l'impossibilité de se produire.
Peu à peu cependant ils s’habituèrent à une position aussi étrange, et comme les autres disciples de l’Institut, plus favorisés qu’eux, ils entrèrent à pleines voiles dans
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, 575 le mouvement <ocial. Les fatigues du ministère ecclésiastique, l'éducation des Novices, celle de la jeunesse, les Missions en Europe et au delà des mers, les contre-coups révolutionnaires devaient absorber leur vie. Ils trouvèrent néanmoins au fond de toutes les Provinces de l'Ordre des moments à consacrer aux travaux qui établirent la gloire littéraire de l’ancienne Compagnie. Les uns se livrérent à l’étude des saintes Écritures et de la théologie; les autres se firent ascètes ou philosophes. Il se forma parmi eux des orateurs et des‘historiens, des astronomes et des archéologues, des polémistes et des littérateurs. C’est ce tableau de quelques années seulement qu’il importe de dérouler pour apprécier sainement les efforts et les succès des enfants de saint Ignace. Nous les avons vus aux prises avec le monde, il faut maintenant les suivre dans la cellule, où la culture de l'esprit devient un délassement des labeurs de l'apostolat.
A la tête des nouvelles générations de docteurs apparaît Perrone. Ses œuvres théologiques, adaptées aux ntcessités du siècle, ont déjà obtenu l’honneur de quinze éditions. Avec le Père Jean Martin, dont le traité de Matrimonio fit la réputation, et Rozaven, qui, par son Église catholique justifiée, a élevé le bon sens à sa plus haute puissance, Xavier Weninger remonte à la source des principes. Au fond de l'Allemagne, d’où surgissent tant de novateurs essayant d’arracher leur patrie à l'Unité catholique, Weninger défend la suprématie spirituelle des Papes. Le peuple a besoin d’enseignements précis sur ce sujet : afin de faire descendre la lumière jusque dans les masses, Weninger se sert de sa langue maternelle. Pendant ce temps Patrizi compose ses Cours élé-
mentaires d'Écriture sainte; Roothaan commente les
Evercices de saint Ignace : il publie son livre de Ratione
meditandi, opuscule substantiel; de Bussy jette dans le Mois de Marie l’onction de son âme; de Brosse, Guillermet, Charles Deplace, Arthur Martin sont tout à la fois pieux et pleins d’une élégance qui rappelle saint François de Sales. Joseph Lambillotte, dont la musique sacrée est si populaire, écrit sur son lit de mort le Consolateur des âmes affligées , testament d’un Jésuite, dont chaque parole est destinée à adoucir aux hommes le passage du temps à l'éternité.
Les Pères de la Compagnie étaient théologiens et ascètes. Ils recommençaient au milieu des saintes agitations de leur vie les travaux d’un autre âge; ils voulurent que l’Institut reprît encore son rang parmi les maîtres de la chaire. Nicolas de Maccarthy et Ravignan pour la France; Finetti, Minini et Sagrini pour l'Italie; Caraffa, Puyal, Gil et Montemayor pour l'Espagne, entrent avec éclat dans cette voie que tant de jeunes Jésuites parcourent déjà avec succès. Maccarthy, c'est lé prédicateur d’une époque de transition. Tout a changé autour de lui, les lois, les mœurs, les trônes; lui seul est resté immobile dans sa foi et dans les magnificences de son langage. Ce Bourdaloue improvisateur, dont la tête est pleine d’idées, dont l’âme déborde d’éloquence et de charité, s’est abreuvé aux sources les plus pures de l’art de bien dire et surtout de bien faire. Il fut l’apôtre de la France sous le règne des derniers Bourbonê, ainsi que Xavier de Ravignan l’est devenu sous la nouvelle dynastie.
Ravignan ne procède pas par les mêmes moyens que Maccarthy. A cette foule d'hommes éminents eu lettrés, à cette jeunesse que la politique a rendue libre, mais dont le cœur aspire à reprendre la chaîne des vieilles croyances religieuses, il faut donner toutes les jouissances
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 577 de l’esprit avec toutes les satisfactions du cœur. Ravignan remplit dans une mesure parfaite les conditions imposées à son talent. Moins heureux que ses émules d'Italie et d'Espagne, il ne trouve pas tout d’abord un auditoire convaincu; mais, le saisissant tantôi par la majesté de sa raison , tantôt par son onctueuse lucidité ou par l’irrésistible énergie de sa foi, il le subjugue, il Pentraîne jusqu’au pied des autels. Le doute, l’indifférence ou la curiosité avaient poussé la multitude autour de sa chaire. Forte de son scepticisme, cette multitude s'était assise en face de l'orateur chrétien pour applaudir à son beau langage. Le Jésuite parle, la vérité se fait jour peu à peu dans les cœurs; les têtes s’inclinent, les genoux fléchissent, les convictions éclatent, et tous, confondus dans la même prière, oublient les distances de rang et de fortune pour se rappeler qu’ils sont Catholiques. Comme lui, plusieurs Pères de la Société ont action sur les masses par l'éloquence; on en voit d’autres qui, sur les pas de Rozaven, de Taparelli, de Vico, de Dmowski, de Rothenflue, de Liberatore, de Buczinski et de Romano, cherchent à donner à la philosophie une direction plus sage. Rozaven, l’implacable logicien, traite de la certitude ; Taparelli, du droit naturel ; Romano, de l’homme intérieur ; Rothenflue initie les jeunes gens aux études philosophiques. Prat compose son Histoire de l’éclectisme alexandrin, sa Vie de saint 1rénée et son Essai sur la destruction des Ordres religieux en France pendant le dix-huitième siècle, vaste champ où d’autres viendront glaner après la moisson; Pointelle, Sewal, Joseph Recve, Manera, Édouard Walsh et Peters Gandolfy se livrent à d’autres travaux historiques ou oratoires. Boone, Vander Moere et Van Hecke reprennent en Belgique l’œuvre interrompue des Bollandistes, tandis que CavL 37
578 BISTOIRE
raffa se livre aux mathématiques transcendantes, Ducis et Della Rovère, à la physique, et que Pianciani devient l’un des chimistes les plus distingués de l'Italie. Le Père de Vico, renfermé dans son observatoire du Collége Romain avec Sestini et de Solis, ses collaborateurs, approfondit le cours des étoiles; il indique aux astronomes d'Europe la marche qu'elles doivent suivre. Vico est, ainsi que Secchi, un Jésuite qui embrasse l’universalité des connaissances humaines, qui correspond avec toutes les académies et tous les ministères, et dont le nom est salué comme une des gloires de la science. Les travaux de ces deux enfants de saint Ignace ont quelque chose de prodigieux ". Secchi, dès ses premiers pas dans l’archéologie, s'élève au plus haut rang des philologues et des antiquaires. Les recherches d'Ennius-Quirinus Visconti sur les musées Pio-Clementino et Chiaramonti, sont célébres. Grégoire XVI, en désignant le Père Secchi pour la publication du Musée étrusque, semble par ce choix seul mettre hors de ligne le Jésuite. Dans sa critique, la force est toujours unie à la modération, et plus d’une fois cette impartialité a procuré à l’écrivain la gloire si raré de voir ceux dont il avait jugé les ouvrages recon-
1 Voici cé qu’en peu d'années les études du Père de Vico ont produit :
Le 23 novembre 1832, découverte de la comète de Biela, à son retour au périélie, faite la même nuit qu'Herschel la vit le premier en Angleterre (Voir Astr, Nachr., n° 236, p. 317, 319).
Le 5 août 1835, découverte de la comète d’Halley, qui n'a été vue ailleurs que quinge jours après (V. Astr. Nachr., n° 293, p. 71, etc.).
En 1838, diverses découvertes sur l'atmosphère de Saturne (Comptes-rendus de l’Académie des sciences, t. xv, 10 octobre 1849, p. 748).
En 1838-1839 , découverte des deux satellites les plus voicins dé Saturne, qui n'avaient été vus que par Herschel. Cette découverte s'est opérée au moyen d'une nouvelle méthode qui les rend visibles avec des lunettes plus petites que le grand réflecteur d'Herschel. La nouvelle méthode du Jésuite, que M. Arago appelle précieuse dans son rapport à l’Académie, donna occasion au même M, Arago d’en faire une autre sur la dispersion des rayons lumineux dans Vœil humain (Comptes-rendus du 10 octobre 1842, p. 747, 750, 751),
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naître eux-mêmes la justice de ses censures. Après Bosio, Daringho, Bottari et Boldetti, on croyait qu’il n’était plus possible de ecueillir quelques faits importants. sur les antiquités de Rome. La Roma sotterranea du Père Marchi démontra le contraire. Arthur et Martin et Cahier révèlent un nouveau Sirmond dans leur Monographie des vitraux de la cathédrale de Bourges. En expliquant les peintures du tuoyen âge, Cahier, au dire des savants, fonde une nouvelle science; il répand de vives lumières dans la patrologie et la patristique, l’his- ‘nise des œuvres et de la doctrine des Saints Pères.
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inscriptions arabes dont l'Espagne est couverte. Sui- .
vant les pas de Tom Adam, qui, pendant la suppression de l’Institut, continua parmi les Anglais la réputation littéraire des Jésuites, Robert Plowden écrit ses Élévations sur les grandeurs de Dieu. 11 est polémiste comme Kohlmann, Arillaga, Rozaven, François Pellico, Deschamps et Cahour, Les occupations si multipliées des enfants de saint Ignace semblent s’opposer à cette multitude de travaux intellectuels. Bresciani, dont la pensée est si profonde et le style si plein d’élégance an-
lites de Saturne (Comptes-rendus, ib., et fragments sur les corps célestes. Paris, 1840),
En 1839-40-41, détermination de Ja rotation de Vénus sur son axe, exécutée avec un genre d'observations que M. Arago a qualifié de nouvelle méthode et d’heureuse idée, Le résultat que les astronomes tentaient en vain depuis long-temps d'obtenir avec sûreté a été obtenu par cette méthode avec une longue série d'observations, de sorte que, selon M, Arago, il n'est plus permis de douter de la vérité de ces importants résultats (Comptes-rendus, 22 juin 1840, p. 952).
En 1840-41-42, première détermination approximative de la position de l'axe de rotation de Vénus daus l'espace.
En 1841-42-43-44, découverte d'un grand nombre d'étoiles nouvelles,
Le 93 août 1844, découverte d'une nouvelle comète appelée la Comète périodique du Collége Romain (Comptes-rendus, t, x1x, n° 10, p. 484).
Le 25 février 1845, découverte d'une autre nouvelle comète de période inconnue (Comptes-rendus, 1845, mars),
Le 9 juillet 1845, découverte de la comète d’Encke à son retour au périélie dans cette année (Csmptes-rendus, t. xXx1, no 5, p. 323),
580 HISTOIRE tiq. réunit dans ses Prose scelle le précepte à l’exempl : ’autres, comme le Père Wiére, créent des musées et us cabinets d'histoire naturelle; ils franchissent les plus hautes montagnes pour se livrer à des observations hypsométriques, ou, comme le Père Gotteland, ils entretiennent, du fond de la Chine, des relations savantes avec les académies d'Europe. Vich, Bosch, Possoz, Garcia, Carminati, Carlo Grossi, Rostagno, Pitron, Maculewicz, Gury, Freudenfeld, Loriquet, Bearclita, Guibert, Pouget, Gil, Paria, Bado et de Guilhermy sont érudits, philologues, poètes, bibliographes ou maîtres dans l’art d’élever la jeunesse. « Les Jésuites, et c’est M. Libri lui-même qui le confesse', les Jésuites ont des professeurs pris dans toutes les sommités de la science, et l’on rencontre parmi ces Pères des hommes fort instruits. Ce sont en général des hommes de bonne Compagnie. »
En présence de tous ces ouvrages, qui, pour les enfants de Loyola, ne doivent être qu’un soin secondaire, on s’étonne déjà de la grandeur des œuvres entreprises et réalisées. Il n’y a que peu d’années que l'Institut a recouvré l'existence; il a été agité au dedans et au dehors; il s’est vu le point de mire de toutes les attaques, et néanmoins il a marché dans sa force vers de nouvelles destinées. On condamnait à l'impuissance la Compagnie de Jésus; on l’environnait de haines et de défiances; on s’efforçait de l’étouffer en la montran aux nations comme l’ennemie de leurs droits, de leurs lumières et de leur bonheur. Pendant ce temps, son sein se dilatait pour recevoir les hommes de tout rang qu’une sainte vocation appelait aux luttes de l'esprit, aux combats pour la Foi. | Ja Société de Jésus, honorée par les Pontifes, estimée
t Revue des Deux-Mondes, deuxième lettre de M, Libri, 1843,
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usées ent les ations ls envantes parcia, ewicz, ouget, hilolod’élemême s pris contre ont en
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par les Peuples, et devenu la conseillère des Rois, *
avait vu jadis les héritiers des plus nobles faniilles de l'Europe se vouer à son service. Cette passion de l’humilité pouvait alors s’expliquer. Le monde disait qu’un grand de la terre se faisait Jésuite pour dominer par la prière, tandis que ses parents gouvernaient les provinces, commandaient les armées ou rendaient la justice au nom du Souverain. Maintenant cette hypothèse ellemême n’est plus qu’une impossibilité. De ses richesses, de sa puissance d'autrefois, la Société de Jésus n’a gardé que sun zèle toujours actif, que ses vertus et ses talents. Dans les conditions que la loi Ini trace, elle n’est pas moins téconde que par le passé, Elle n’a plus d'influence à exercer sur les choses de la terre; elle se renferme dans son action sacerdotale, et pourtant elle évoque encore de grands noms; elle fait naître de ces sacrifices dont les hommes ne veulent pas comprendre l’héroïsme. Des Rois renoncent à leur couronne et des Princes de l'Église à la pourpre romaine pour vivre et mourir Jésuites. Charles-Emmanuel de Piémont et Odescalchi ont offert ce rare exemple. Des jeunes gens à qui le monde, la fortune et les dignités souriaient, arrivent à leur tour, et Nicolas de Maccarthy, Christian de Chateaubriand, Xavier Patrizi, Auguste Altieri, les deux Clifford, Dunin et de Haro se dépouillent de leurs richesses ou de leurs espérances, afin dc consacrer à l'Institut de Loyoia. Les deux Weld, Robert O’Ferral, Polidori, Szczytt, de Theux, Louis de Boisgelin, Pic de Blacas, Camille Pallavicini, della Rovère, de Reversaux, Taparelli d'Azeglio, de Stockalper, Amédée de Damas, Georges de Zeil, Albéric de Foresta, Sinéo della Torre, Sagramoso, Spencer, Grimaldi, Xavier de Ravignan, O’Brien, Philippe de Villefort, de Gottrau, de Frowell,
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Preston, Antici, de Werra, Larrel, Caraffa, Solis, Montemayor, Maxence d’Astros, Amable Du Bourg et Roberti se rangent avec orgueil sous l’étendard de saint Ignace.
Ils sol! irent la gloire des opprobres et l'honneur des humiliations. Ils accourent, plus modestes que le dernier des frères coadjuteurs, se livrer, en enfants d'obéissance, à tous les devoirs de l’Apostolat, de l’enseignement et de la charité. Contre tant d’adversaires que la Société de Jésus voit surgir autour d’elle, les disciples de l’Institut n'ont pour armes que la prière et la patience de la croix. Ils ne provoquent point les tempêtes, mais ils savent les subir sans effroi, sans orgueil, sans découragement. La persécution devient, comme le martyre, l'héritage qui leur est réservé dans les conseils de la Providence; car, du jour de leur fondation à celui où se termine cette Histoire, à qui mieux qu’aux Pères de la Compagnie de Jésus peuvent s'appliquer les paroles que le Christ adresse à ses Apôtres'? « Vous ne m'avez pas choisi; mais moi je vous ai choisis et je vous ai désignés pour que vous marchiez et que vous produisiez des fruits et que ces fruits subsistent. Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Souvenez-vous de ma parole, lorsque je vous ai dit : le serviteur n'est pas plus grand que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous-persécuteront. S'ils ont conservé ma parole, ils conserveront aussi la vôtre. Mais ils vous feront supporter tous ces outrages, à cause de mon nom et parce qu'ils ignorent celui qui m'a envoyé. »
! Évangile de saint Jean, ch, xv.