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les choses de la foi. Le:concile œtuménique qui avait précédé:s’était tenu à@onstance; celuide Trente, qui, par sa durée, embrasse un‘espace de dix-huit ans, est le dernier et peut-être le plus célèbre.
A la première session, qui va du. mois de décembre 1545 au 11 mars 1547; on comptait trois cardinaux-légats : Jean-Marie del Monte, qui plus tard sera le Pape Jules IIT; Marcel Cervini devenu Pape , lui aussi, sous le nom ‘de Marcei H;et Réginald Polus, d'une illustré famille anglais ‘alliée aux Tudor. Deux autres cardinaux Christophe Madfucci et Pierre Pachéco, renommés par leur science, y asistaient avec Claude d'Urfé, avec Jacques de Lignières, ambassadeurs de François I:", et don Diégo Urtado de Mendozza, ambassadeurs de l'empereur Charles- Quint.
Le jour de l'oüverture, ils se trouvait à Trente six *
ambassadeurs des princes catholiques, onze archevéques, soixante-neuf évêques, deux chargés d'affaires ou procureurs d'évêques, six abbés, sept généraux d'ordre, huit docteurs en droit canon et en droit civil, douze docteurs en théologie, douze théologiens de l'ordre des dominicains, quatorze-des F-*-#28 mineurs, onze des conventuels, six de l'orfr. saint François, neuf des carmes et cinq des services. :#
Les docteurs les plus célèbres étaient. dominie Soto, Barthélemi Miranda, ambroise Catharin, : ndr du Véga, Wolfgeng Remius. et Gentian-Hervet.:
. La Compagnié de: Jésus ne faisait que de’ ire: mis les services déjà rendus,-miais les hommes: éminents qu'elle avait lancés au-plus fort de la meélée théologique, ne permettaient pas à l'Eglise, ese priver. des lumières qu'ils devaient jeter. les dis= cussions. Le souverain Pontife avait. choisi comme
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théologiens du Saint-Siége attachés aux légats le Père Laynès et le Père Salmeron. Lejay représentait le cardinal-Othon Truschez, évêque d'Augsbourg.
Les premiers n'arrivèrent à Trente qu'au mois de mai 1546; Lejay les y avait précédés. La présenceau concile de deux membres de la Société de Jésus, et l'honneur que le Pape leur faisait, fixaient l'attention générale sur cètte même société. Son accroissement était la conséquence d’un pareil choix, mais:Loyola s'inquiétail de tant de faveurs; dans sa pénsée, dessuccès inespérés étaient autant à redouter pour son institut au berceau que des revers ; il pressentait les périls auxquels Laynès-et Salmeron allaient être exposés et de la part des hérétiques et de la part des envieux.
Laynès et Salmeron étaient jeunes. Le: premier n'avait que trente-quatre ans, et le second à peine trente et un. Leur prudence ‘était bien connue d'Ignace; cependant il:ne les laissa point partir sans.les prémunir contre le danger. Il leur donna donc les conseils qu'on va lire, conseils qui, comme ceux adressésaux deux jésuites envoyés légats en Irlande, révèlent toute la sagacité de son esprit.
» De même, leur dit-il par écrit, que lorsqu'on traite avec un grand nombre de personnes pour le bien spirituel et le salut des âmes, onavance beaucoup la gloire de Dieu, si Dieu nous est propice: de même aussi, si nous ne veillons pas sur nous. et si Dieu ne nous aide, perdons-nous beaucoup et portons-nous préjudice à ceux avec qui nous traitons. Mais, comme, en vertu du genre de vie auquel nous nous sommes voués, il ne nous est pas permis denous abstenir de ces relations, le fruit qui en résultera dans le seigneur sera d'autant plus prompt, d'autant
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plus sûr que nous nous: serons mieux préparés et prémunis d'avance et que nous aurons une règle de conduite plus clairement tracée, C'est pour celsique je vous donnerai quelques avis qui pourront vous être utiles dans le seigneur, soit en les conservant tels qu'ils sont, soit en en retranchant ou en y ajoutant de seniblables.
» Je désire ardemment, pour parler en général, que dans l'exercice de ce nouvel emploi vous ne perdiez jamais de vue trois points principaux :
» 1° Dans le concile la plus grande gloire de Dieu et le bien de l'Eglise universelle ;
» 2" Hors du concile, votre ancienne règle et méthode d'aider les âmes, fin que je me suis principalerene proposé de voir atteinte par votre départ ;
» €°Le soin particulier de votre âme, afin que vous ne venez pas à vous négliger et à vous abandonner vous-mêmes, mais que vous vous efforciez au contraire, par une application et une attention assidues, de vous rendre de jour en jour plus dignes de soutenir votre emploi,
». Dans le concile, il faut que vous soyez plutôt lents que prompts à prendre la parole, réfléchis et charitables dans vos avis sur les choses qui se font ou qui doivent se faire, attentifs et calmes en écoutant, vous appliquant à ‘saisir l'esprit, l'intention et les désirs de ceux qui parlent, afin que vous sachieg plus à propos vous taire ou parler. Dans les discussions + qui s'élèveront. il'faudra apporter les raisons des deux sentiments, afin que vous ne paraissiez:pas attachés
à votre propre jugement. Vous devez toujours, selôn
votre ipouvoir, faire en sorte que personne-ne se retire:après vos discours moins disposé à {à paix: qu'il ne l'étdit. au:commencement. Si: les chosesiquiserorit
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controvérsées sont de naftire à vous 6bligér à firen: dre la’ parole, exprimez votre ‘sentiment ‘avec Mo; déstie’et sérénité. Terminez totjours par ces mots Sauf meilleur avis, où tout autre équivalent. Enfin soyéz bien pérsuadés d'une ‘chose: c'ést que, pot? traîter convenablement les questions importantes des sciences divines et humaines, il sert béaucoup d'en discourir assis et .avec calme, et non à la hôte et comme en passant, Il ne faudra done pas régler l'ordre et le temps de la discussion d'après votre loisiret votre commodité, mais prendre l’heure de celui qui voudra conférer avec vous afin- qu'il puisse plus facilement aller jusqu'où Dieu veut le‘conduire.
.» Hors du concile, ne négligez aucun moyen dé bien mériter du prochain. Cherchez plutôt.les occasions d'entendre les éonféssions, de précher, de donner lés exercices, d'instruire les enfants et de visiter les pauvres dans les hôpitaux afin que la grâce del'Esprit Saint descende avec d'autant plus d’abondance sur lés Péres du Concile que vous l’attirerez avec plus de ferveur par ces œuvres d’humilité et de charité. Dans vos sermons, ne touchez pas les points mis en controverse par les Hérétiques, mais tendez toujours
à la réforme des mœurs et à ineulquer fortement
l'obéissahee due. à l'Eglise catholique. Il vous faudra “éanmoins parler souvent du concile et exhorter le peuple adresser des prières pour son heureuse issue. En entendant les confessions, pensez que tout ce que vous dites à vos pénitents peut être publié sur les toits. Pour pénitence, imposez-leur des prières pour le concile. En donnant les Exercices et toujours, parlez comme vous le feriez en public.. Vous visiterez les hôpitaux tour à tour tous les quatre jours, c'est-à-dire chacun une fois par semaine, à des‘hon- Hist. de la Comp. de Jésus Tu 12
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