‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 4)Chapitre 5 sur 51 · RATE EN RE REG · texte numérisé non relu

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les religieuses qui sont sous la direction des frères conventuels. Dans la plupart. des monastères de femmes se commettent des sacriléges publics ; au grand scandale des citoyens. Que Votre Sainteté ôte donc-aux conventuels toute autorité sur les religieuses, et qu'elle donne aux évêques, ou à d’ autres, la cirection de ces couvents, »

Ce désolant tableau n’est pas tracé par une main ennemie; il. se trouve dans les archives du Vatican, et ne s'arrête pas à ces révélations. La congrégation jette un regard sur l'instruction des peuples et.sur l'éducation des enfants. Elle déclare qu'après avoir corrompu par l’exempleïles hommes faits , on.corrompait encore la jeunesse" par de coupables doctrines. Elle continue donc ainsi :

« Un abus grand et pernicieux existe dans des écoles publiques, principalement en Italie, où plusieurs professeurs de philôsophie enseignent l'impiété. Dans les églises même, il se tient des disputes scandaleuses; et si quelques-unes. sont orthodoxes, on y traite devant le peuple les.choses divines d’une manière très-irrévérencieuse. »

Telle était la situation de l'Eglise. Les ordres religieux ne pouvaient, dans le péril commun, lui offrir d’efficaces : ecours. De la plupart même elle n'avait à attendre que scandale ou abandon.

Ce fut dans ce moiuent qu'Ignace, Lefèvre et Laynès vinrent se prosterner aux pieds du Pape. Paul IIL accueiliit avec joie ces nouveaux ouvriers qui avaient déjà fait leurs preuves , et pour. ne pas laisser. refroidir. leur zèle, il confia à Laynès la chaire de scolastique, et à Lefèvre celle d'Ecriture- Sainte dans le, collége de la Sapience. Le pontife chargeait Loyola du. soin de travailler, sous son

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autorité apostolique, à la réformation ‘+5 mœurs de Rome, qu'avaient effeminées un bonheur trop con: stant et l'a. our des arts poussé jusqu’à la passion. La bénédiction du ciel s’étendit sur leurs travaux: mais ce n'était pas assez pour Loyola, il fallait donper un corps à sa pensée toujours présente. Il appelle à Rome les sept prêtres qu’il a laissés dans différentes villes d'Italie , il les réunit autour de lui au commencement de l'année 1689, puis il leur dit : « Le ciel nous a fermé l'entrée de la Palestine pour ouvrir l'univers. Votre petit nombre ne suffisait pas à une pareille œuvre, il a crû, il s’accro:tra encore, nous formons presque un bataillon. Mais les mem-

‘bres ne se fortifient dans un corps qu’autant qu'ils

sont attachés entre eux par un même lien. Il faut fonder des lois qui règlent la famille réunie à la voix de Dieu, et qui non-seulement donnent la: vie à la société que nous allons établir, mais encore une éternelle durée. Prions donc ensemble et séparément pour que la divine volonté se manifeste. »

Elle se manifesta selon le désir d’Ignace ;, et dans la seconde assemblée tous s’accordèrent à déclarer que leur société serait soumise à l'approbation du Pape pour être érigée en religion. Mais le, Pape était absent de Rome ; il avait assisté dans la ville de Nice à l’entrevue de François I°".et Charles-Quint. Le cardinal Vincent Caraffa, son légat, ne put que leur continuer les pouvoirs de précher. L'onction de leurs discours produisit partout des effets si surprenants que bientôt la, ville changea complétement d'aspect.

Ils avaient choisi pour théâtre de leur apostolat des églises populaires. Ignace préchait en espagnol à Notre-Dame de Mont-Serrat, les autres en italien ;

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En

Lefèvre et Xavier, à San-Lorenzoin Damaso; Lejay. à Saint-Louis des Français ; Laynès, à Saint-Sauveut in Lauro:; Salmeron, à Sainte-Lucie; Rodriguez, à Saint-Angc in Pescheria; Bobadilla, à SaintiCelse. Le oardinal Saveli, vicaire du Pape, avait en outre donné pouvoir à Laynès de visiter et deréformer los paroisses de Rome. |

Il se rencontrait dans cette ville ahirciigient de l'ordre des £rmites.de Saint- Augustin, dont la réputation comme oratenr était très-grande. Ce moihe, qui s'appelait Augustin de Piémont, était un partisan des doctrines de Luther. et, sous prétexte de itonner €n chaire contre le relâchement de ka discipline ecclésiastique, il tèchait d'inoculer au peuple ke venin delThérésie. Loyola est-avertide ce scandaleaucentre même de la catholicité, H refuse d'y ajouter foi ; mais par précaution il charge Leynès et Salmeron, qui avaient le secret du Luthéranisme., de suivre îles prédications de l'Augustin. La vérité Jour est démontrée. Ignace le fait prévenir: mois l'Augustin n5 tient compte de l'avis que pour déclarer la guerre à œux qui l'arrétaient inopinément dans la propagation del'erreur Alorsies futurs jésuites ne gardent plus de ménagements humains; ils montent en œhaire, et par la tucidité de leur discussion ils &é-

masquent le loup qui entrait dans ta bergerie sous

ta peau de la brebis.

L'Augustih ne pouvait trionrpher d'eux ‘par à persussions il-espéra es vainere par ‘la vatemitie. Quatre espagnots prétendirent qu'Igrave était héré tique, sorcier , et qu'il avait été brûlé en effigie à dosta, à Paris ot à Venise: ls vffraient d'en apporter des preuves. Ces révélations parurent si gra ves au peuple que bientôt Ignace perdit tonte sf

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