‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 2 sur 86 · INTRODUCTION. Y · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. Y

suis alléh Rome et, sans demander aux parties intéressées lesceret qui ne leur appartient pasen propre, j'en ai cependant/assez vi, assez sppris pour rendre un compte fidèle de cet escamotage diploniatique dans lequel: certains Prêtres français ont joué un rôle.aussi déplorable pour le caractère dont ils sont revêtus que pour leur dignité personnelle, ht, Les relations du Saint-Siége aveu les puissanees ont toujours eu,quelque chose de mystérieux. La Cour pontificale s'entoure deréserve comme d’un vêtement. Elle comprend, qu’en, dehors des intérêts humains qui cherchent à s’étayer de son apprahetion tacite ou patente, elle a. une force divine dont :elle doit sauvegarder le prestige tout en le-dérobant aux regards. Elle agit peu, lorsque la Foi ou la conscience des peuples ne sont pas menacées; mais de 1814 à 1845, elle a donné assez de gages de sa prudente fermeté. pour espérer qu’elle aura toujours le.courage.de.ses justices comme elle n'a cessé d'avoir le courage. de ses vertus. Dans les circonstances difficiles où la. Compaguie de Jésus s'est trouvée et se trouve encore placée, le Saint-Siége ne lui fit jamais défaut, car il sentait que les imprégations; contre les Jésuites, n'étaient en Allemagne et en Françe,:en; Suisse et en Espagne qu'un cri de guerre, un signal de ralliement donné par les moqueuses hypocrisies de l’impiété révolutionnaire, se liguant avec tous les fénatismes, 1l fallait un mot de passe à ces iadignations de commande qui, après ayoiræenversé les trônes. aspirent à briser la pierre sur laquelle Dieu a bâti. son Eglise, Pour triompher plus sûrement, elles avaient formé le:complot d'associer la papauté à un plan dont elles ne cachaient ni les ramifications ni le but. On essaya d’entrainer le Saint-Siége dans le voie fatale des concessions: Il vit le piége et ne-dut pas consentir à s'y laisser prendre. On démantelait la Compegnie de Jésus afin d'arriver presque sans coùp férir au cœur de la Ce‘ tholicité. Le père commun a résisté à des obsessions inouies dans les fastes de la diplomatie, àsdes menaces irréalisables, à de fallacieuses promesses, à des engagements imposteurs, 1l.a mieux aimé écouter le cri de sa conscience que de prêter l'oreille aux monsonges dorés. La Cour de Rome a suivi l'exemple de son ehef.

vi INTRODUCTION.

C'est done une histoire prise de vies que j'écris anjonrd’hui. Ilfautmontrer quelle est ls pnissance de certains mots sur'des iméginations en travail de crédulité ou sur des natures malfaisantes mettant de stupides préjugés au service de leurs intérêts égoïsteset de leurs calculs irréligieux. L'Histoire de la-Compagnie de Jésus a été commencée quand l’orage menaçait les Jé- ‘suites, je l’achève au moment où la temanêté éclate sur eux. Les guerres civiles faites en l'honneur d’ux principe politique ou'su détriment des rois'et de la liberté des peuples:ne sont plus possibles. 11 ne reste au cœur de l’Europe qu'une agitation fébrile. Cette agitation emporte les esprits vers les idées religieuses. Les uns veulent à toute force maintenir l’intégrité dé leur Foi, les autres aspirent à passer le niveau dessinnovations et de l'incrédulité sur les cultes vivaces. Le monde ‘est ‘encore:devenu au dis-neuvième sièèle un vaste champ-clos théologique. Ce ::mousément, qui se traduit de tant de manières: différentes;geais qui domine la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie plonsise, les provinces rhénanes, la Prusse, la Belgique; la Sue; VEspagne, l'Italie et la Suisse, n’est pas de cout quis’arvêtant à un premier choc:ou qui se laissent ghésN par les re Vus Souverain.

-* L'origine de: cetté conflagration remonte au des politique, à des espérances déçues et au besoin de tenir : d'univers attentif an: breit qu'aspirent à faire: des intriganis que k hasard hissa un jour au pouvoit. Ces intrigañts usètent'tous les ressorts terrestres. Saris autre Dieu que leur intérêt; sans autre | mobile que des calouls individuels, ‘ils ont'essayé ‘de soulever des passions qu’ils croyaient étcintes.: Ces passions se: drèssont devant :lpür scepticisme! moquéur avec toute. là vivadité des éroyanoes anciennes ou d’un prosélytisme nguveau. : : : ::

-xL'Europe tend d'une dissolution chrétienne où à une reconeti. tution: catholique. Tout ‘sera -bieniôt: mûr pour; 06 suprême effort de la-pensée humaine. Chaoun le prépere:avec:les moyens qui toi:sont propres, Quand le jour sera venu; chucan marchera sous” le drapeau de:ses convictions ou de ses rêves ambitieux ; chacun se dévouers pour sa Foi méhaode où combattre pour l'a

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théisme légal. Déjà on inaugure son règne en appelant l’exil ou la mort sur la tête des Jésuites. à

fe ne veux ni défendre les proscrits ni attaquer les proscripteurs, Ce double rôle que remplit la presse militante ne convient pas aux allures de l’histoire. Elle n’a jamais été sous ma plume ua panégyrique ou un pamphlet; je tiens à lui laisser la dignité de son indépendance. Il est nécessaire que toutcs les positions soient nettement tranchées, que tout soit révélé, car ce n'est pas seulement l'Institut de Loyola qui est mis en péril, mais la Catholicité tout entière, Nous ne faisons appel ni aux passions, ni aux espérances, ni aux terreurs; nous ne marchons appuyé que sur la vérité. Si elle se trouve souvent en opposition avec

des erreurs habilement accréditées ou avec desexagérations con-*

venues, si elle froisse des amours-prapres mal engagés, si elle dévoile de cauteleuses intrigues, si elle brise le masque de quelques hypocrisies diplomatiques, parlementaires où sacerdotales. ce sera beaucoup moins à l'écrivain qu'aux actes et aux pièces officielles qu’il faudra s’en prendre. L'écrivain aura rempli son devoir jusqu’au bout, nese prévccupant jamais des conséquences

que pouvait entrainer une demonstration logique, et marchent sans crainte comme sans forfanterie provocatrice au milieu des événements que, pour le besoin de sa cause, chacun a essayé de dénaturer. .

Nous avons été en position de pénétrer le secret d'un grand aombrè d’injustices calculées. De quelque côté qu’elles viennent, qu'elles naissent de la lâcheté ou de la trahison, de l'impéritie ou de la méchanceté, ‘il importe de les mettre à nu. Tout en res-

pectant les personnes et Ice convictions, nous ne pouvons pas

néanmoïns transiger avec les devoirs de l’historien. Dans un temps où l'on se permet tout, il faut tout dire,

J. CRETINEAU-TOLY,

Portiei, 4 septembre 1845.

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