‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 3 sur 86 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Expulsion des Jésuites de Russie, — Leur situation dans l’empire. — Jalousie des Popes et des Universités. — Alexendre charge les Pères des Missions de Sibérie et d'Odessa. — Le duc de Richelieu et l'abbé Nicolle. — Bzrozowski, Général des Jésuites et le comte Joseph de Maistre, — Leur plan pour émanoiper l’éducation. — Exigences des Universités. — Birozowski s’adresse au comte Rasoumoffski. — Les étrangers dans le corps enseignant. — Fes Jésuites demandent quele Collége de Polotsk soit érigé en Université. — Alexandre hésite. — Le comte de Maistre prend parti pour les Pères, — Portrait de Joseph de Maistre. — Ses lettres au Ministre de l’instruction publique. — Le Czar ordonne que le Collége des Jésuites devienne Université. — Projet des Jésuites de passer en Espagne pour y rétablir l’Institut en 1812, — La Société biblique ct le: prince Galitzin, ministre des cultes. — Caractère d’Alexandre 1cr, — 1l adopte l’idée des Sociétés bibliques. — Les Evé-

ques du rite romain encouragés par le prince Galitzin entrent:

dans la Société biblique. — Les Jésuites refusent d'en faire artie.— Ils combattent.-— Accroissement des Catholiques. —

Larus de cetaccroissement.—Alexandre Galitzin embrasse le

‘tharité et d'éducation populaire, — Ses institutions. — Le Hist. de la Comp. de Jésus. —®. V1. | iérios

ANLLULIRIET

marquis Pallucclet:le Jésuité. — Le Pére Gihes‘Henri au Caucase, — Les colonies de Mozdok. — La correspondance du Missionnaire. — Le gouvernement russe propose aux Jésuites de ne pas sortir de leurs Missions. — Les Jésuites refusent d’adhérer. — Dispersion des Pères. — La Compagnie de Jésus à

Rome. = Travail intérieur deses membresi -< Situstion

. Tinetitäts — Ses premiers Colléges, — LeiNoviciat dé.sa André. — Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne, se fait Jésuite. —.1l meurt au Noviciat. — Mort de Birosoweki, Général de V'Ordre. — Le Père Pétrucci, désigné Vicaire, fixe la Congrégation générale. — Le Cardinal della Genga et son opposition, — Pétrucoi drdônné aux Profés députés de suspendre leur : vos. — Le Père Rozaven leur écrit de passer outre. — Nouvelles exigences du Cardinal della Genga pour entraver l’élection.== Soupçons des Jésuites, — ls s'adreisént au Pape. — Le Cardinal Consalvi les rassure, -- Plan de l’inttigue oufrdie our modifier les Constitutions, — La Congrégation s’assemle. — Pétrucci cherche à se débarrasser des Pères qui se dé- ‘font de Tui. —:Ea Congrégation frappe de déchéance le Vicaire-général: — Louis Fortis est nommé chef de l'Ordre de

Jésus. — Condamnation de ceux qui ont voulu porter la dis-.

éorde dans:l’Institat. — Commissaires nommés pour la révi-

sion du Raño studiorum. | F4 À peine la Société de Jésus fut-ellé, reconstituée dans le monde catholique, qu’elle se: vit bannie de l'Empire devenu son second berceau par les sins de limpératrice. therine et de Paul IT. Le jour des restaurations était arrivé; les rois de la maison de Bourbon, à l'exemple du Souverain Pontife Pie VII,

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protéstérent si énergiquement. Les Jésuites étaient réhabilités par. le Saint-Siége et. par les rois’ qui avaient proscrit l'Institut ;: dans. le:mème temps, la Russie, leur patrie d'adoption, les repoussait de son sein. Après les avoir: reçus exilés, :elle. sémblait regrétter la bonne foi de son hoëpitalité’et: dénoncer à l'Europe les religieux. préservés dela mort. Ce r'evirement d'idées pouvait- être fatal à la Compagnie de Jésus, il l'exposdit à'des soupçons qui, inévitablement, allaient réveiller Jes vieilles haines; il embar-

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au Caulance du Jésuites ent d’ade le Jésus à ation .dé..sa t Jésuite.

énéral de 1 Congrépposition.

ndre leur E.— Nouver l’élecape. — Le üe outdie n s’assemui se déhéance le l'Ordre de rter la dis-ur la révi-

onstituée anaie de sins de jour des jaison de Pie VI, pntre lae Prusse >s étaient vois qui emps, la it de son \blait renoncer à , Ce revih agnie ue il embar-

rassait ses premiers pas: sur un sol encore mal sffermi. Le Cgar. au plus ‘haut. point de sa puissance militaire etimorale, eût été pour les disciples desaint: Ignace, sés sujets ouseshôtes, uh ennemi dangereux; Alexandre trouva assez de justice dans son cœur pour ne:pas laisser dénaturer les motifs de l’expulsion: des Jésuites; il n’en:fit pas mystère, il ne s'attacha poiñt à propager contre sux des mensonges que. leurs:ennemis de tous les temps auraient, accueillis avec avidité, Cette expulsion n'eut.rien de déshonorent ni pour la conscience ni aux yeux des hommes, elle fut le produit d’une rivalité de:religion. L'Empereur.et le gouvernement russc la présentèrent dans. ces termes ; l'Europe T'accepta ainsi: pour là faire comprendre, il:n'y:a done qu'à a we in ments etles caractères, |: HS SU | ‘Æant que les Jésuites, encore peu: nations s'étaient occupéside reconstruire leurisociété avec les débris du naufragé; le Glérgé russe et le: corps enseignaat n'avaient fait éclater aucune défiance: contre: ces proscrits. Sans prendre ombrage de leur aptitude pour éléver la: jeunesse, on: les: laissait, an fond: de la Russie-Blanchie ‘ouauomitièu des colonies: du : Volga, porter l'Evangile et la civilisation. Mais, lors: : que l'amitié de, Paul." ipôur le père Gruber: et; les rapides sucoès d'une milice à, peine réorganitée et: toujours ‘aussi modéré que savante: eurent -platé les. Jésuites sur an plus: vaste tiéêtre, les: Popes at:les;: Univérsitaires: de: Vilna:isentirent qu'un coup funeste’ aklaitiètre porté à leur:omnipotenca.: La-donaparaison: que:toutes les intelligences -établissaient fournait. à. leur détriment. Es: s'avouaient leur infériorité: dans: les:leties humaines somme dans les sciences divines.. Frop'humiliés ; trop tenus en servitude pour se rele-, ver: dé:ost abaissement-normal, ils ne; cansentaient.

pas cependant à perdre le dernier reflet de pouvoir qui assurait leur précaire existence. Le Pope russe. n’est pas dans les conditions du prêtre catholique ; ik: ne peut en avoir l’obéissance raisonnée. il n’en a: jamais eu l'éducation, la charité et le zèle. On ne.le voit point, aumônier du riche et père du pauvre, inspirer à toutes les classes le respect et la confiance. Le spectacle des vertus queles Jésuites lui donnaient la considération dont ils jouissaient, cet ensemble de devoirs accomplis, tout cela fit une profonde: impression sur le clergé schismatique; L'admiration dégénéra bieutôt en jalousie. Il n'était pas possible . d'imiter les disciples de saint Ignace dans l'enseigne- . ment et dans l’apostolat : les [Prêtres grecs, de con-, cert avec les Universitaires, se mirent:à leur déclarer , une guerre sourde. On épia leurs paroles. on.dénatura leurs pensées, on essaya de rendre suspects leurs actes lès plus indifférents; on mit en jeu l'or-: gueil national, on affecta dés craintes chimériques sur la pertétuité de la religion du pays quelôn prétendait menacée par lé prosélytisme. Quand ces:ferments furent semésdans les cœurs, onattendit l'heure : favorable à leur SHOICEPOME RENE ‘heure se tarda pas à sonner. | Alexandre avait suivi, à l'égard des Jésuites, da: ligne de conduite adoptée par son aïeuls:et:per son: père. Il les protégeait, illesencourageait,et;en 1811, : illèur avait ‘ouvert la Sibérie. Une mission : s'était! formée dans ces déserts inhospitaliers, car. l'âme: chrétienne de l’Empereur n’osait pas. abandonner: sans secours religieux les catholiques exilés ou ceux que-l’appât du gain retenait au milieu des: glaces: : Trois pères de la Compagnie désignés par le Monbr:: que; se rendirent à ses vœux; dans la même ännéé d'autres partaient pour Odessa. Cette naissante co:

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tonie devait à deux Français la part la plus merveil- Teuse de ses prospérités. Le duc de Richelieu et l'abbé Nicolle, voyaient, chacun dans sa sphère, triompher lé plan de gouvernement et d'éducation qu'ils avaient proposé. Ils demandèrent des Jésuites pour donner à leur œuvre l'extension dont elle était ‘susceptible ; il fallait agrandir le cercle des progrès Sociaux. Les missionnaires de l'Institut avaient le don des languës, Par la persuasion ou par la charité ils prenaient un ascendant irrésistible sur les Barbares ; ‘ls les réunissaient un famille afin de leur apprendre ‘euà peu à bénir le joug de la civilisation. L'Empereur voulut s'associer aux projets de Richelieu et de Nicolle': d’autres enfants de saint Ignace furent envoyés par lui à Odessa. Cette ville devint le centre ‘d'une nouvelle mission qui répondit en dé ” “Æteufait du Christianisme. :

Le père Thadée Bzrozowski étudiait le travail de l'Ordre dont il était le chef; it connaissait la’ pensée ‘dominante de l'Empéreur. pensée ne tendant à rien -moins qu'à propager l'instruction dans ‘les térres les plus reculéés. Afin de seconder un aussi louable proet; Brrozowski ne craignait pas dé s'engager. dans ‘un: tônflit avec les ambitions universitaires. Doué ‘d’une rare intelligence, esprit tenace: et patient, il se ‘sentaitappuyé par-un homme qui jouissait à la cour ‘de’Russie d'une autorité plutôt due à:son génie qu'à son'titre diplomatique. Le comte Joseph de Maïstre,

‘ambassadeur de Sardaigne auprès du Czar, s'était,

avec la franchise de ses convictions et la roideur un pèu‘absolue de son caractère, prononcé en faveur

‘des Jésuites. Il les soutenait comme une des clefs ide la voûte sociale; et, dans ce laborieux enfantement

d'un pla d'éducation populaire, il excitait Bzrozowskià:créer. à son Institut une position indépen-

40 HISTOLRS

dante. Les maisons des Jésuites étaient subordonnées aux Universités de leur ressort. ILimportait d'affranchir les colléges de ces tiraillements intérieurs: que l'esprit de. monopole ne cèsse de susciter et qui con promettent l'avenir. Des discussions s'étaient plus d'une: fois élevées entre l'académie de Vilna et les pères de Polotsk. L'Université désirait, à force. de surveillance. chicanière et de prescriptions. minutieuses, altérer dans son: essence lédacation donnée par les Jésuites. Elle les entravait dans leur marche et leurs progrès, elle voulait que les jeunes gens sortis du collége de la Compagnie vinssent recevoir dans son sein:le complément de l'instruction. :

.… L'Université de Vilna, renforcée d'un grand nombre de docteurs étrangers et de régents cosmopolites, affichait: alors ‘des. principes. anti-catholiques.. Elle avait le droit incontesté de professer la religion. de J'Etat, d'exiger même que cette religionfut respeetée dans toutes les chaires; mais ce:droit ne 's'étenduit pas jusqu’à diseuter la foi des autres sujets russes bt à chercher à -la tuer sous l'arbitraire. Lés Jésuites, R comme partout, invoquaient la: liberté: Soumis. à l'inspection des visiteurs universitaires, les pères ne s’opposaient point aux rigoureux examens:dont leurs élèves étaient l'objet; Get état d’infériorité: légale ne nuisait en aucune façon à la Société de Jésus:; mois il entretenait. dans les esprits une irritation: qui, à la longue, pouvait empêcher les novices de:la Compegnie.et les professeurs: de Vilna de.se livrer à des études: sérieuses. Cette. question de: prééminencs avait souvent.été traitée aux deux points de vue; Le flébat l'avait, agrandie ; peu à peu elle était: detente une question:d'Etat; Ee père: Bzrozowski s’effonçait de mettre un. terme-à cette instabilité, et, le 24 août 4810, ik écrivait au comte Rasoumoffski, ministre de

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rendiles Universités si coûteuses à l'Etat, ce sont

l'instruction publique: « Deux; corps en: riva} s'empéchent mutuellement de nuire. Ilest sans doulf très-important que la jeunesse. de, l'Etat soit élevês dans des principes de patriotisme, dans des sent ments de soumission, de respect et. .de dévouemer pour la personne du Souverain.; mais quelle certitude a-t-on que ces sentiments soient soigneusement inculqués dans les Universités, dont beaucoup de professeurs ne tiennent à : Empire que par les appointements qu'ils reçoivent, qui ont. des intérêts différents et indépendants de ceux de l'État, et. qui, par là même, paraissent plus propre à éteindre qu’à enflammer le patriotisme dans le: cœur de la. jeunesse:?. »

Le mode d'enseignement des. Jésuites et ses résultats se trouvaient attaqués par tous ces hommes eppelés:de l'Orient. et de l'Occident. pour féconder la Russie. Les enfants de Loyola défendaient leur Ratio studiorum, L'Université, jalouse de.ses. priviléges et:se confant dans son monopele.pourimmobiliser le progrès littéraire ou scientifique, demandait à assujettir les Pères à ses.lois-et à ses règlements. Les Jésuites, au contraire, prétendaient que du libre concours des diverses méthodes il. devait surgir. une génération:.plus forte. Dans le but.de stimuler l’'émulation, sans faireécraser l'un par l’autre, ils proposaient à l'Empereur d’ériger leur Collége de Polotsk en Uhiversité, sous la surveillance immédiate et.spéciale du gouvernement. Le 11 septembre 1811, le Général dél'Ordre adressait au comte Rasoumoffski une note dans laquelle on lit : « Nous: ne demandons absolument rien que d’être maintenus dans la possession des biens dont nous jouissons actuellement, Ce

les honoraires: des professeurs que l’on «st souvent

- Due de faire venir à grands frais des pays étran- # 1 "86rs. Quand à nous, notre Ordre fournit tous les professeurs dont nous avons besoin, et chacun de ces | priver donne tous ses soins et tout son travail ‘sans aucun salaire, sans aucune vue de récompense temporelle et uniquement pour satisfaire au devoir

de sa vocation. »

Cette corresponéance du Père Brrozowski avec le ministre du Czar, ces notes qu’Alexandre consultait, et qui s'accordaient si bien avec son esprit de justice et les prières de ses sujets catholiques, ont quelque chose de réellement habile; elles forment une véritable théorie de l'éducation. Ce que les Jésuites et leshuoitants deila Russie-Blanche sollicitaient était de toute équité. Alexandre le comprenait ainsi; mais, ‘autour de lui et dans les régions inférieures du pouvoir, il existait des préjugés, des ambitions, des ri- ‘valités de secte ou de culte s'opposant hoët acte d’émancipation. Les uns montraient la Religion grec- :que:én péril, les autres proclamaient que bientôt les Jésuites ‘auraient envahi les diverses branches de

l'administration publique ; tous s’accordatent à dire per K Compagnie abuserait de la liberté pour étouffer les autres corps enseignants. Il paraissait à peu -près impossible aux enfants de Loyola d'obtenir ce qu'ils demandaient lorsque le comte Joseph de Maistre ‘se jeta dans la mélée avec son éloquence incisive et sa raison allant toujours au but, sans se préoccuper des ‘obstacles.

Le comte de Maistre était plutôt un grand écrivain, un hardi penseur, qu’un diplomate. Il y avait dans so-esprit et dans son cœur une telle surabondance de vie, un dévouement si complet à l’idée qui lui pà-

‘raissait être la vérité révélée ou démontrée parle raisonnement, qu'il la portait.en triomphe aussi loin

ys étranttous les un de ces on travail compense au devoir

ski avec le consultait, | de justice nt quelque | une véri- Jésuites et ent était de insis mais, ‘es du pou- >ns,-des rià ot acte igion grec- Mieontôt les anches de tent à dire jour étoufssait à peu ’obtenir ce de Maistre cisive et sa pccuper des

d'écrivain, avait dans abondance qui lui pétrée par le e aussi loin

qu'il est permis à la faiblesse humaine. Les demimesures de l'esprit de parti, les atermoiements de l'intelligence, les dificultés de temps ou de lieu, rien ne faisait obstacle à cette sève de génie débordant sur tous les sujets auxquels il touchait et laissant sur chacun d'eux sa vive empreinte. Possédé de l'amour du vrai, du bon et du juste, mais ne se défiant peutêtre pas: assez de sa mordante ironie, de son originalité et de sa polémique passionnée, Joseph de Maistre avait conquis à Saint Pétersbourg une position aussi neuve que tranchée. Catholique ardent. il avait su se créer chez les Schismatiques grecs des am is-qui-honoraient sa foi, qui estimaient ses vertus pri et:qui se montraient fiers de son. génie. La utte entre les Universités russes et les Jésuites était acharnée, car pour les uns il s'agissait de se donner an rival, pour les autres, d'être ou de n'être pas. L'Ambassadeur de Sardaigne à la cour du Czar n'avait rien à voir dans:ces démélés intérieurs ; ÿ le Catholique ydécouvrit une mission à remplir, il s'en chargea. = Bzrozowski avait, combattu .les Universitaires de Xilna:avec les armes de la logique; de Maistre élève 4x question aussi haut que lui. Alexandre s'occupe de fonder l'éducation dans son Empire: Par devoir, par epnviction, par reconnaissance, le grand, écrivain piémontais, qui enrichit la langue. française de. tant d'ouvrages célèbres.:vient offrir, son tribut à la cause. de:la:liberté religieuse et paternelle. Le Général des Hfsuites s'est adressé.an Ministre: de. l'instruction publigue : s'est au, même: personnage que. s'adressera Aoseph.de Maistre. Dans ses.einq. lettres encore inédlites, il.ne plaide pas seulement: pour la Compagnie da: désus,, il.a. élargi presque, involontairement la gphère des idées ; il développe le système qu’ilregarde comme le plus propre aux mœurs, au caractère x à aux

T4 DORE". dE

ibisde R Russie: H'fait ce travail avec cette prodigæ Hité d'images: et d'aperqus: nouveaux :qui saisissents pe xUs’estémparédéson sujet, ilarrive, dans &'quatri id‘ lattré, * ‘son but principal. Les trois premières riotes appartiennent à la: pensée philosos phique ; les deux dernières; dans: leur ensemble: ét dons:leurs: détails, sont consacrées: à la ‘Société de Jésus. Joseph: de Maistre l'étudie dans ses rapporté avec lès peuples ainsi qu’avecles Rois. Plagant sous ses yeux'16 tabfeau'des folies et des crimes qu'a prôi duif Pesprit révolütionnaire, il s'écrie avec'un accent prophétique que les- événements dé 1812: n'ont'pas plus déinenti que'ceux:de'1845 : «Cette secte, qui est à la fois unieet plusieurs, énvironne or ah pour mieux dire, la ‘pénètre de toutes parts et l’attæ que jusque dans:ses racines: les plus profondes. It'ne Ii Faut pour le moment que l'oreille des enfants de tout Age et la patience: dés Souverains. Elle réserve l:broït pour K fin: » Après: avoirtracé ces: Kgnes, toujours plus vraies ‘#mésure ques'étend le cerole dés Révolutions'et que'se propage d'une si néfaste ma- ‘nière l'incufie-des Phnobs, Joseph dé Maistre ajoute”: «Dans ur dangér atissi pressant, rien-n’estplas'utilé dk intérêts de Sa Mijesté Impériale qu'une Sobiété dhiomimes! essenitieNément ennemis de'celle dont à * Russie à tout à crahsdre, surtout dans l'éducation de là jeunesse. Jé'nécrois' pas‘trème qu'il fat possible dé lüï'substituer avec avantage aucun autre présen vais! Cetté Société’ est le chien: dé garde” qu'il ait Hier vous:garder de congédiér: Si vous ne vouleziphs Tül'permettre dë mordre les voleurs, c'ést votre”ai fhiréS ‘inatslatéses-Ié rodèr au moins autour delà inaïson ‘et vos réveiller Iürsqu'il sert névesiaith, ‘avant quevos portés soietit‘crochetées où qu’on éttte ‘chier vous pér lé fenéthe. » non des doi bi RERO

DE LA COMPAGNIE De sÉsus. Li

‘‘Lécrivai diplémäte a réponse à chaque: dbjéétiôn. IE établissait tout 4 l'heure comment les Jésuites en: téndent la souveraineté; par des images empruntées aux mœurs militaires, il va démontrer qu'ils n'ont jaitiais cherclié à créer pour eux une autorité én dé: hors de l'autorité. « Les Jésuites, dit-on, veulent faire ün Etat dans l'État; quélle absurdité! dutant vaudrait dire qu'un régiment veut fire ün Etat dans l'Etat, parce qu'il ne veut dépendre:que de son colonèf/et qu'il se tiendrait pour humilié, par exemple, -et même insulté, si on le soumettaït à l'éxamen et mémié au contrôle d'un colonél étranger. Il ne s’enferme point dans son quartier pour faire l’éxercices il le fait sur la place publique. S'il manœuvre mal, les inspecteurs généraux et l'Empereur même le verront et y mettront ordre; mais que, sousprétexte d'unité,

on prive cë régiment (que je suppose fameux et irrépoctable depuis troisstèclés) de se régtér lui-méme, et qu’on le soumette avec tous ses chefs à un capitaine'dé milice bourgeoise qui n'a Jamais tiré l'épée.

c'Est'une idée qui serait extessivement risiblé si les suites né devaient pas en être extrémement fünestes. Voilà cépéndant, monsieur le comte, à quoi se réduit ce burlesque épouvantail de l'Etat dans l'Etat. Un. État dans l'Etat est un Etat caché. dans l'État ou in-. gens de l'État: Les Jésuités, comme toutes les aüti us sociétés légitimes, et même plus que lès autrex

soût sous la main du Souvérain; il n’a ra la Tatsses té bér pour l'anéanéte.

à bn) avait préparé 1e triomphe dé la $boiété de Jésup', lé Comté de Malstré le décida. En:1848, le: cofiégé dé Polütsk fut érigé par le Czar:en:Univers sité avee tous 165 privilèges des: autres Académies. Celle cohübeton était faîte d'la veille dès-calamiités 4. dés’gtotrés" dont' la Russie va’ dévonir Le: thédtre:

Napoléon portait la guerre au sein même de l’Empire moscovite, il menaçait sa nationalité ; et, préoccupé de soins encore plus graves que ceux de l'instruction publique, Alexandre en appelait à ses peuples d’une agression aussi injuste. Les Russes répondirent à leur Souverain par un sublime dévouement. Bzrozowski était Russe : sans prendre part à une lutte dont son caractère sacerdotal le tenait forcément éloigné. il pensa que les circonstances dans lesquelles se plaçait l’Empire étaient pour son Ordre un avantcoureur de reconstitution.

L'Espagne, livrée à un frère de Napoléon par un de ces guet-à-pens dont la voix des batailles ne couvrira, jamais l'iniquité, l'Espagne, affaiblie sous son dernier Roi, avait retrouvé dans les souvenirs de Pélage un nouveau baptême de force. A la voix de ses prêtres et de ses guérilleros, elle s'élançait pour maintenir son indépendance. Les Jésuites crurent que l’heure de rentrer dans la Péninsule avait sonné

pour eux. Leur nom y était populaire; un long re-.

gret les avait suivis sur la terre d'exil. Ils pouvaient rendre à. la famille des Bourbons bienfait pour outrage, et, victimes d’une erreur de Charles II, travailler efficacement à la restauration de sa postérité.

Le 28 août 1812, Bzrozowski se décide avec cinq Pêres de l'Institut à passer en Espagne, afin d'y préparer le retour de sa Compagnie. L'Espagne était le champ-clos ouvert à tous les ennemis de l’idée révoté. “ionnaire. Les Jésuites se proposaient d'aller y combau:"® avec les armes qui leur sont propres. Dans le-inême tes! ‘n$, Fopt-Fhilippe, duc d'Orléans, faisde tender à C* pays insurgé contre la France l'honneur de continuer: Sous le drapeau espagnol son apprentissage de la guerrs, ei Je moyen de réhabiliter ün nom si fatalement compromis dans les excèg

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réhabies ExCÈS

de 1793. Au mois de novembre 1812, le ministre des cultes, prince Alexandre Galitzin, répond en ces termes au Général des Jésuites :

« Très-révérend Père,

s J'ai mis sous les yeux de Sa Majesté Impériale la lettre du 50 octobre que vous m'avez adressée, ainsi que la note que vous avez l'intention de présenter à la Junte suprême concernant le rétablissement de votre Ordre.en Espagne. Sa Majésté m'a ordonné de vous faire connaître qu’elle ne mettait point obstacle à l'exécution de votre projet, sans vouloir autrement y prendre part; cet objet, par sa nature, ne pouvant que lui étreentièrement étranger, attendu que l'établissement en question ne doit avoir lieu que hors de ‘4 son Empire. »

Tandis que les Jésuites cherchent à regagner le % terrain que la Philosophie du dix-huitième siècle leur 4 fit perdre, il s’organisait au sein de la Russie une agrégation d'intérêts qui devait préparer leur chute.: Cette agrégation était la Société biblique. L'invasion des armées françaises sur le territoire moscovite avait rapproché l'Angleterre du cabinet de Saint-Péters bourg. L'Angleterre était l’alliée naturelle des Etats dont Napoléon se déclarait l'ennemi. Elle offrit à Alexandre de l'aider dans sa lutte contre l’homme qui révait l’anéantissement de la Grande-Bretagne. Pour arrhes de ce traité, qui allait changer la face | de l'Europe, elle obtint, dès 1811, que la Société biblique de Londres, cet. immense bazar couvrant le. monde de ses produits et transformant une œuvre de piété en spéculation mercantile, pourrait établir une succursale à Saint-Pétersbourg. Quelques mois plus tard, les docteurs Patterson et Pinkerton mirent

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